Iridescence, sauve-moi Harlow

Elma Hilde · Chapitre 20 sur 40

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Iridescence, sauve-moi Harlow

Chapitre 26 · — Et n’oubliez pas que vos projets…

 

 

— Et n’oubliez pas que vos projets devront m’être remis avant les vacances de Noël !

N’écoutant que d’une oreille la consigne de mon prof d’arts visuels, je me hâte de ramasser mon classeur et de le ranger dans mon sac. Il est midi, j’ai rendez-vous pour déjeuner et aucune envie de faire attendre mon beau mâle.

Et le fait de ne pas l’avoir vu ce matin n’arrange rien à mon empressement. Evon dormait comme un loir lorsque j’ai quitté l’appartement pour me rendre en cours. Même si ça va à l’encontre de notre rituel qui consiste à ce qu’il me dépose à mon cours avant d’aller boire un café avec ses amis, j’ai volontairement repoussé son réveil d’une heure afin de lui permettre de se reposer davantage. Mon premier intercours a eu lieu à 10 h 30 et j’avais sur mon téléphone un SMS où je me faisais gentiment houspiller. C’était à prévoir…

En quelques minutes me voilà sur le chemin menant à la cafétéria. Tout en marchant, je rédige un message à son attention dans lequel je lui indique être bientôt là quand je pousse un cri de stupeur lorsqu’on me fait tournoyer dans les airs.

— Je t’ai fait peur, Brownie, se marre Evon en me reposant au sol.

Je lui assène un coup de coude dans les abdos.

— Ce que tu peux être con, sérieux…

Souriant comme un bienheureux, il m’offre son dos et m’invite à y grimper. J’accepte.

— C’était comment tes cours, ce matin ?

— Ennuyeux. Il me tardait que cette matinée se termine…

— Moi aussi, j’avais hâte de te rejoindre.

Je l’embrasse sur la joue.

— Tu as pu te reposer un peu ?

— Oui, grâce à toi. Merci, ma Brownie.

— Pas de quoi !

Je me plonge dans son cou et respire le parfum enivrant de sa peau.

— Nous sommes seulement lundi et il me tarde d’être à ce week-end !

Je lui mordille doucement le lobe de l’oreille.

— Qu’on reste sous la couette…

Arrivés tous deux au pied du restaurant, je regagne le bitume.

— En parlant du week-end prochain, il faut que je te dise un truc.

— Vas-y, je t’écoute !

— Il y a un moment que mes potes et moi avons prévu de passer deux jours près de Wedgewood et je…

Je lève les mains en l’air.

— Attends Evon, si tu as fait des projets avec tes amis, surtout, tu dois y aller. Il faut respecter tes engagements et si tu les plantes pour rester avec moi, ils vont m’en vouloir.

— C’est vrai, ça ne t’ennuie pas que j’y aille ?

— Mais non !!!

Il se remet en route.

— Vous allez faire quoi là-bas ?

Il balance la tête sur le côté.

— Picoler et nous envoyer plein de nanas.

Il a un sourire diabolique.

— Et c’est gentil de me permettre d’aller m’éclater avec eux, H !

Et il repart, l’air de rien.

— Non, non, pas si vite, je cours pour le rattraper, scandalisée par ce qu’il vient de m’annoncer.

Tirant d’un coup ferme sur son poignet, je le stoppe.

— C’est hors de question que tu y ailles, Evon !

— Mais tu viens de dire que tu étais d’accord, pleurniche-t-il.

Je le frappe sur le torse.

— Arrête de jouer au con, Mendoza ! C’est quoi, ces plans débiles que tu fais avec tes potes ?

Il rit avant de déposer un baiser rapide sur mes lèvres.

— Le plan, c’est un week-end en pleine nature au parc Poinsett. On a loué une cabane dans les bois. On peut y faire du canoé, du quad, du VTT…

Je râle contre lui et sa blague de merde en gravissant les marches du réfectoire quand :

— Je veux que tu viennes, ma puce !

— Quoi ?

Il me rejoint.

— Je n’ai pas envie de me rendre là-bas sans toi, Brownie.

— Avec qui tu y vas, précisément ?

— Tanner, Will et Justin.

— Et ils y vont avec leurs copines ?

Il éclate de rire.

— La seule copine qu’ils ont, c’est leur main droite…

Hein ? Quoi ?... Beurk !!! Dégueu !!!

Je virevolte et pousse la porte de la cafétéria.

— Je préfère décliner ton invitation !

— Mais, pourquoi ? me talonne-t-il. Ma puce, s’te plaît, dis oui !

— Non, c’est mort ! Je ne vais pas me faire un remake de « détour mortel » avec toi, t’es trop bizarre !

— Et si tu suis le scénario d’un bon slasher, la belle nana finit toujours par s’en sortir !

Je plante mes poings dans mes hanches.

— La même nana qui au début du film sort avec ce beau mec bodybuildé qui finit systématiquement les viscères à l’air ?

Evon m’emprisonne dans ses bras et me fait avancer jusqu’au self.

— Si tu ne viens pas, je ne bouge pas !

— Ce n’est pas un peu extrême comme réaction ? essayé-je de le raisonner.

— Tu as dû t’apercevoir de mon côté plutôt extrême...

Sa bouche parcourant ma nuque, il poursuit :

— Projette-toi une seconde, ma Brownie : toi et moi perdus au milieu de nulle part, pas la moindre civilisation à des kilomètres à la ronde, seulement nous dans notre chambre à coucher avec un feu de bois pour nous tenir chaud…

La gorge sèche, les mains moites, je déglutis lentement.

— Nous et tes amis, articulé-je péniblement tandis que ses lèvres vont et viennent le long de mon cou.

— S’ils nous font chier, on les enterre dans les bois, t’inquiète !

— Je vais…, balbutié-je dans un souffle. Je vais venir…

— Sûre ? insiste-t-il alors que le revers de sa main effleure mes fesses.

Incapable de prononcer le moindre mot, je me contente d’opiner du chef. Il glousse dans mon dos.

— Et nous ne sommes que lundi, ricane-t-il avant de me laisser pantelante.

 

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