Iridescence, sauve-moi Harlow
Chapitre 29 · Il est un peu plus de 20…
Il est un peu plus de 20 heures lorsque la BMW d’Evon pénètre à Columbia. Comment dire que je n’avais aucune envie de quitter cet endroit magique où nous nous sommes cachés pendant ces deux derniers jours. Je n’ai jamais été spécialement attirée par la nature, alors l'idée de passer un week-end dans une cabane située au milieu des bois et le vivre dans un confort relativement sommaire ne me serait jamais venue à l’esprit avant ma rencontre avec Evon. C’est en ça que je m’aperçois de toutes ces différences qui existent entre lui et son frère. Levi est un sportif, même un sportif professionnel. Evon, lui, est un vrai passionné. Passionné par tout ce qui exige de lui de repousser ses limites, par l’extrême. Incapable de rester en place, il veut tout vivre, tout voir. Levi, lui, ne vit que pour le football américain et à ma connaissance, c’est le seul sport qu’il pratique. Tout a toujours tourné autour de cette discipline. Les entraînements, les matchs, il n’y avait que ça pour rythmer son adolescence. Ça et moi, jusqu’à nos 16 ans. J’étais si fière d’être sa petite amie.
Aujourd’hui, si je fais une rétrospective de notre histoire, si je la compare avec ce que je partage avec Evon, ça ne fait que mettre en exergue tout ce qui a changé en moi. Je crois que je ne m’en étais jamais autant aperçu qu’au contact d’Evon. Je suis passée de l’innocence de mon adolescence, où tout mon monde sonnait comme une sublime mélodie, à ces tragiques évènements, et j’ai dû grandir vite et bien pour assurer les soins de maman et prendre le relais avec Maisie quand elle n’avait plus la force de rien. Ensuite, est venu le temps du deuil. Je pensais qu’après qu’elle aurait cessé de souffrir, qu’elle aurait trouvé une certaine paix dans la mort, je pourrais me reconstruire et aider ma sœur à en faire de même. Grandir encore un peu et devenir responsable de ma sœur. Mais tout a dérapé lors de mon retour à Georgetown. On m’a volé mon deuil. Là où j’aspirais à prendre le temps de pleurer ma maman, d’apprendre à vivre sans elle, mais grâce à tout ce qu’elle m’a appris durant les seize années où elle a été là pour veiller sur moi, on a bafoué sa mémoire et insulté sa vie. J’ai regardé, impuissante, tout ce que je pensais savoir, tout ce que je croyais être ma vie, s’effondrer comme un château de cartes.
Alors quand un tel cataclysme vient bouleverser tout ce que vous êtes, c’est comme vivre dans un monde post-apocalyptique. Plus rien n’est comme vous l’avez connu, il faut survivre, essayer d’avancer et trouver un nouvel espoir. Et mon nouvel espoir est assis au volant de sa voiture, il me ramène dans cet appart un peu moche. Pourtant, il n’y a pas un autre endroit sur terre où j’aimerais vivre. Le premier endroit où je me sens chez moi depuis la maison de mes parents à Georgetown.
— Ma puce ?
Perdue dans ma contemplation de la ville, je ne réagis pas immédiatement au son de son grain de voix pourtant si puissant.
Le contact de sa peau sur la mienne finit de me ramener vers lui.
— Tu es partie où, ma Brownie ? me questionne-t-il en caressant mes cheveux.
— Nulle part, je me disais juste que même si j’ai adoré passer deux jours dans la forêt, je suis heureuse de rentrer à l’appart.
— Tu sais ce qu’on dit : « On n’est jamais mieux que chez soi. »
J’enroule mon bras autour du sien et pose ma tête sur son épaule.
— Et c’est ce que je ressens quand je passe la porte de l’appartement, j’ai l’impression d’être chez moi.
— Parce que c’est le cas, Harlow. Je sais qu’en le voyant on comprend tout de suite qu’il est habité par deux mecs pas vraiment portés sur la décoration et qu’il n’a jamais vu de nanas, mais…
— Jamais ? rebondis-je, un peu surprise d’apprendre ça.
— Bah oui !
— Vous vivez là depuis cinq ans et vous n’avez jamais ramené une fille, ni toi, ni Gavin.
— Entre nous, je crois que Gavin…
Il passe la main dans ses cheveux. Poursuivre semble le faire hésiter.
— Enfin, tu vois…
— Non, pas vraiment...
— Je ne pense pas qu’il soit très branché « filles »…
— NON ! m’écrié-je, choquée par ce qu’il avance.
— Mais je n’en ai pas la certitude, il ne me l’a jamais dit !
— Et tu ne lui as jamais posé la question ?
— Bien sûr que non ! Et je t’interdis de mettre ton nez de petite fouine là-dedans, s’empresse-t-il d’ajouter en me pinçant la joue. Si j’ai vu juste et qu’il ne dit rien, c’est probablement qu’il n’est pas prêt à le faire.
— Même après toutes ces années…
— Peut-être qu’au début un tel aveu était délicat parce qu’on ne se connaissait pas vraiment, et maintenant qu’on cohabite depuis si longtemps, j’imagine que me dire qu’il est gay n’a rien de simple.
— Il redoute sûrement ta réaction. Il y a plus d’une personne qui le prendrait mal...
— Mais moi, je m’en cogne. Il devrait le savoir depuis le temps.
— Peut-être t’es-tu trompé...
Trouvant qu’il me parle beaucoup de son ami et peu de lui, je m’invite sous son pull et parcours la perfection de son torse.
— Et toi ?
— Moi, quoi ?
— Pas une fille en cinq ans ? demandé-je, perplexe.
— Il y en a eu quelques-unes, seulement elles n’ont jamais mis un pied chez moi et encore moins dans mon lit.
— Pourquoi ça ?
— Parce que ce n’était que du cul, Harlow. Des coups d’un soir dont je me foutais complètement.
— Alors…, lui dis-je en me mordant lentement les lèvres. Je suis la première à avoir eu le droit de voir ta tanière et de dormir dans ton lit.
— La seule et l’unique, oui !
— Et tu ne regrettes pas de m’avoir conduite chez toi lorsque j’étais bourrée parce que depuis c’est pas simple de me faire dégager, gloussé-je.
Prenant mon visage entre ses mains, il m’attire à lui. Sa langue vient effleurer ma bouche.
— Si tu n’es pas partie, c’est parce que j’ai tout fait pour que tu restes, me dit-il sans cesser de me torturer.
Il flirte avec moi, me titille, mais ne m’embrasse pas franchement. J’agrippe son manteau et tente de l’approcher suffisamment afin qu’il ne puisse plus me priver de sa bouche. Ses mains se referment sur les miennes et les défont de leur emprise.
— On est à la maison.
— Evon, murmuré-je avant de lancer une nouvelle offensive, mais une fois de plus, il s’éloigne et me laisse en plan sur mon siège.
Frustrée, je croise les bras et boude tandis qu’il descend de la voiture et vide le coffre de nos valises. Il finit par ouvrir ma portière.
— Tu veux passer la nuit ici ?
Je soupire et ne bouge pas d’un millimètre. L’instant d’après, il s’accroupit près de moi.
— Ma jolie petite boudeuse, ricane-t-il. On mange un morceau avec Gavin et après, on file au lit que je te donne ce que tu réclames…
— Alors là, dans tes rêves !
Il se marre de plus belle.
— Allez, ma Brownie, on rentre chez nous.
— Sauf que ce n’est pas vraiment chez moi...
Il m’attrape par le menton et me guide jusqu’à lui.
— Je ne veux pas t’entendre dire ça, Harlow. Tu seras toujours chez toi, ici. Même si on s’engueule, même si je suis en colère après toi, tu as ta place dans cet appart, et s’il te prend l’envie de t’en aller, je reviendrai te chercher, sois-en certaine !
Comment faire la tête de mule avec un mec aussi adorable ? Je me suspends à son cou et lui vole ce baiser qu’il m’a refusé.
— Il n’y a aucune chance que je m’en aille ! Tu n’as pas idée comme ça m’avait manqué de vivre dans un endroit où je me sente bien, où je trouve ma place. Parfois, c’était si violent cette sensation de n’être la bienvenue nulle part, d’être sans arrêt celle dont personne ne veut…
Son pouce repousse ces deux larmes que je sens rouler sur ma peau.
— Violent à finir ivre morte sur le bord de la route, étendue dans ton vomi.
— Ce soir-là, articulé-je la voix tremblante. Je voulais… je suis allée là-bas pour…
Je voudrais soulager mon cœur de ce poids, lui dire jusqu’où mon chagrin et ma solitude m’ont conduite. Il pose ses mains de part et d’autre de ma tête.
— Je sais, ma chérie, j’ai tout de suite eu des doutes sur la raison de ta présence là-haut. Gavin aussi. Pourquoi crois-tu que j’étais fou de rage ?! Boire autant, c’était te rendre vulnérable et j’ai eu envie de t’étriper en pensant à tout ce qui aurait pu t’arriver si quelqu’un de malintentionné t’avait trouvée. Je t’ai prise dans mes bras, je t’ai portée jusqu’à la maison et tout le long de ce putain de chemin, je les ai tous maudits de t’avoir fait tant de mal. Une fois que je me suis occupé de toi, que tu étais allongée dans mon lit, je t’ai regardée dormir en me demandant ce que tu foutais près de cette route. Et comme il n’y a que ce pont dans les parages...
— Je me sentais si seule, Evon, je n’en pouvais plus, sangloté-je.
Il me prend dans ses bras. Le nez enfoui dans mes cheveux, il inspire profondément.
— L’alcool a tout amplifié. J’avais trop mal, je voulais que ça s’arrête, lui expliqué-je en pleurant.
— Je sais ce qu’on éprouve quand nos émotions nous submergent. Tout paraît si noir que tout espoir semble perdu, et je te jure de toujours tout faire pour que plus jamais tu n’en arrives là, Brownie, tu entends ?
J’acquiesce avant de sécher mes larmes. Je me blottis davantage contre lui.
— On rentre à la maison, maintenant ?
Il se redresse et m’offre sa main.
— Avec plaisir, ma magnifique colocataire.
Je ris en l’acceptant.
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Chapitre 30
L’école de droit de l’université de Caroline du Sud est une grande bâtisse moderne de deux étages faite en briques blanches et disposant de nombreuses vitres. La porte d’entrée est agrémentée de deux imposantes colonnes qui lui donnent un prestige impressionnant. Entouré de grandes étendues d’herbe traversées de chemins pavés, il est l’un des bâtiments les plus imposants du campus. C’est entre ces murs qu’étudie Evon pour sa dernière année de droit. Là où je me trouve en cette fin d’après-midi à attendre qu’il quitte son cours pour que nous puissions rentrer à l’appartement. Je patiente assise sur un banc depuis quelques minutes quand il apparaît enfin dans mon champ de vision, et je dois avouer que ce que je découvre n’a rien pour me ravir. Il descend les marches en bavardant avec une jeune femme brune riant à ses dires alors qu’elle le dévore des yeux.
La jalousie n’est pas un aspect de ma personnalité, habituellement. Je pouvais voir Levi avec d’autres filles sans ressentir de pulsion possessive. J’avais pleinement confiance en lui, en ses sentiments pour moi. Alors pourquoi aujourd’hui, je colère de voir Evon avec cette nana à un point que j’aimerais aller la trouver et lui péter cette main qu’elle a posée sur son avant-bras ? Pour qui elle se prend celle-ci ? N’hésitant pas une seconde, je bondis sur mes pieds et m’en vais à leur rencontre tandis qu’ils ont pris racine au pied du bâtiment. Evon me tourne sensiblement le dos lorsque je m’approche. Bien déterminée à faire passer un message clair à cette pimbêche aux mains baladeuses, je m’enroule autour de sa taille et dépose un baiser sur sa joue.
— Bonjour, Bébé ! m’exclamé-je joyeusement.
— Ma puce ? dit-il, surpris de me trouver là.
Il enroule son bras autour de mes épaules. Je pose un bref regard sur cette fille qui m’inspecte de la tête au pied.
— Je devais aller chercher quelques livres à la bibliothèque et je me suis dit que j’allais venir te chercher pour qu’on rentre ensemble à la maison.
— Tu as bien fait, ma Brownie.
Il s’intéresse à sa camarade.
— Ruby, je te verrai, demain !
— Oui, à plus tard.
Je lui offre mon sourire le plus hypocrite avant qu’elle tourne les talons.
— On peut se mettre en route ? me demande Evon avant de se pencher à mon oreille et d’y glisser : « Enfin si tu as fini de marquer ton territoire… »
— Oui, je crois qu’elle a compris, rétorqué-je sans me démonter.
Main dans la main, nous nous mettons en route.
— Alors, cet après-midi ?
— Interminable ! Mais j’ai eu Maisie au téléphone en sortant de la bibliothèque et je me suis gentiment fait engueuler.
— Elle veut te voir, c’est ça ?
— Oui ! Ça ne t’ennuie pas si on y va ce week-end ?
— En fait, j’ai déjà pensé que vous auriez envie de vous voir. Je t’ai beaucoup accaparée et si je ne veux pas qu’elle me déteste, j’ai intérêt à lui rendre un peu sa sœur.
Je glousse.
— Alors, je voudrais que tu y ailles, mais sans moi…
— Mais Evon !
— Il faut qu’on apprenne à faire la part des choses entre notre histoire, Maisie et tout le reste. Un week-end entre sœurs vous fera le plus grand bien.
Il me saisit par la taille et me soulève contre lui.
— Et imagine comme tu seras heureuse de me revoir après deux jours séparés.
— Hum, dis-je en gémissant cachée dans son cou. Ça risque d’être sportif dimanche soir…
— Tu n’as pas idée !
Nous sommes toujours collés l’un à l’autre lorsque nous pénétrons dans le hall de notre immeuble et toutes ces caresses, toutes ces provocations ont fait de nous deux êtres avides de plaisir. À peine la porte du sas s’est-elle refermée que je suis plaquée contre le mur adjacent par le corps d’Evon. Les doigts subtilement serrés sur ma gorge, il m’investit de sa langue, m’embrasse à pleine bouche. Accrochée au revers de son manteau, je glisse ma cuisse entre ses jambes jusqu’à venir apprécier la protubérance naissante dans son pantalon, et ce contact le fait grogner entre mes lèvres.
— Evon, murmuré-je lorsqu’il écarte brusquement ma veste pour se glisser sous mon pull.
Il remonte du bas de mon ventre jusqu’au creux de mes seins dont il redessine les formes à travers mon soutien-gorge avant de les délaisser pour m’empoigner vivement par les fesses. Ramenée contre son érection, je ceins mes jambes sur ses hanches et avec une lenteur provocante, j’ondule du bassin. Evon s’engage dans l’escalier et gravit avec une facilité incroyable les trois étages qui nous séparent de notre appartement. Me maintenant contre la porte d’entrée, il se débat avec ses clefs pour tenter de la déverrouiller sans jamais cesser de m’embrasser. Une fois à l’intérieur, tout va très vite. Nos sacs tombent lourdement sur le sol, je lui retire son manteau, son pull et commence à m’intéresser à la boucle de sa ceinture lorsqu’il me pose sur la table de la cuisine. Son jean lui tombant sur les hanches, il m’ôte ma veste et d’un seul et même geste il me dévêt de sorte que je finisse seulement couverte de mon soutien-gorge. Je le débarrasse de son tee-shirt avant de laisser ma langue s’aventurer dans son cou. Il jette sur le sol ce bout de coton ridicule qui recouvrait ma poitrine qu’il prend à pleine main avant de me basculer. Mon dos rencontre le plateau en acier. Dans cette position, Evon me domine de sa grande taille. Du bout des doigts, il parcourt le haut de mon corps et descend jusqu’à s’immobiliser sur le bouton de mon jean noir. Il le défait et commence à le faire glisser sur mes cuisses, le tire jusqu’à ce que je ne porte plus que ma culotte dont il attrape l’élastique avant de me contempler dans mon ensemble.
— Pourquoi es-tu jalouse de Ruby, Brownie ? Tu n’as pas confiance en moi ?
— Si, j’ai pleinement confiance en toi, Evon.
— Alors, c’est bien ce que je craignais, c’est de toi dont tu doutes ! affirme-t-il comme s’il avait déjà longuement pensé cette possibilité.
— Non, je…, ânonné-je ne sachant quoi répondre.
Comme toujours, il voit clair en moi.
— Tu n’as aucune conscience de ta beauté, de la splendeur de ton corps.
— Je… je ne sais pas, Evon, bafouillé-je en recouvrant mes yeux de mes mains, mal à l’aise qu’il me scrute d’une manière aussi intrusive.
Je sens alors sa bouche recouvrir mon sein et happer mon téton.
— Moi, je le sais. Tu es sublime !
— Tu as dit que j’étais moche, lui rappelé-je avec toute la peine que ses paroles ont laissée en moi.
Il attrape mes poignets et dégage mes mains avant de se planter dans mon regard.
— Qu’est-ce que tu me racontes ? Comment j’aurais pu te dire un truc que je n’ai jamais pensé ?
— Tu as dit que j’étais trop maigre, que c’était moche.
Je vois un rictus se former furtivement avant qu’il ne reprenne son sérieux.
— Je voulais seulement que tu te nourrisses, je ne l’ai jamais pensé. J’avais peur que tu ne manges pas convenablement et je pensais que c’était délibéré de ta part.
— Tu croyais que j’étais anorexique ?
Il acquiesce.
— J’ai compris plus tard que tu avais surtout des problèmes d’argent.
Il emprisonne mon visage entre ses paumes.
— Harlow, pardonne-moi si mes propos t’ont blessée, ce n’était pas le but ! Je t’ai toujours trouvée très belle.
Son corps me recouvrant, il presse ses lèvres contre les miennes. Je profite de l’avoir si près de moi pour me faufiler entre nous et finir de le déposséder de son pantalon ainsi que de son boxer. Il sourit contre moi lorsque mes doigts viennent effleurer son sexe fringant, mais ça ne dure qu’un instant avant qu’il ne s’éloigne. En tenue d’Adam, il traverse le salon où tous nos habits sont éparpillés jusqu’à son manteau. Il fouille dans les poches avant d’en sortir un petit étui argenté.
— Dans ton manteau, dis-je en riant.
— Avec toi, je préfère être prêt à entrer en action n’importe quand.
Il me dit ça tout en enroulant le latex autour de son pénis et en revenant vers moi.
— Qu’est-ce que tu insinues ? m’offusqué-je.
— Je n’insinue rien. Je dis juste que tu me rends barge, que j’ai envie de toi en permanence et que s’il te prend l’idée de me chauffer, je ne pourrais pas retenir de te faire l’amour et je me fiche bien du lieu et du moment. Je préfère être prévoyant et avoir une capote sur moi parce que même ça, ça ne m’arrêtera pas !
— Tu ne m’as pas entendu quand je t’ai dit que je ne prenais pas la pilule ?
Il me soulève dans ses bras.
— Si, et je m’en fous !
Il me jette sur le canapé et me manipule de sorte que mes fesses reposent sur l’accoudoir.
— Je suis en mesure de gérer ce qui pourrait sortir de ton ventre.
— Bah pas moi, alors fourre tes poches de capotes, Mendoza !
Il ricane avant de me saisir par les hanches.
— On peut reprendre là où nous en étions, Mademoiselle Jonas ?
Du plat du pied, je le ramène à moi. Il s’incline dans ma direction. Je viens apprécier ses larges épaules tandis qu’il fonce vers ma bouche. Peau contre peau, nous nous embrassons langoureusement. Ses doigts enfoncés dans la chair de mes fesses, il me garde en place contre le sofa, alors que son entrejambe trouve naturellement sa place entre mes cuisses et se lance dans de longs et profonds mouvements du bassin qui décuplent mon appétence. Les ongles plantés dans son dos, je n’attends que ce moment où il s’enfoncera en moi. Les dents serrées sur mon sein, il le torture quand sa main vacante se ferme sur son sexe pour le guider jusqu’à mon ouverture. Je sens cette pression annonciatrice d’un plaisir imminent, celui de le posséder de la façon la plus intime qui soit. Il commence à pousser en moi, toujours avec la même prudence quand le bruit d’une clef qu’on tourne dans la serrure le fait tout abandonner.
— Putain, fais chier ! râle-t-il avant de s’emparer du plaid plié sur le dossier du canapé.
Il me recouvre avec. Même ma tête finit sous le tissu moelleux et doux. La porte s’ouvre.
— Oh, putain de merde ! s’écrie Gavin en nous découvrant ainsi.
Je porte une main à mes lèvres, y retiens un rire.
— Salut ! l’accueille Evon avec entrain.
— Dis-moi qu’elle est sous ce putain de plaid, que tu n’es pas réellement en train de te taper ce coussin, parce que je fais mes bagages, sinon !
— Non, elle est là ! se marre-t-il. Hein, ma Brownie ?!
— Coucou, Gavin, le salué-je en lui faisant un geste de la main.
— Vous êtes des porcs, sérieux ! Et quand tu n’auras plus la bite à l’air, il faudra qu’on cause de deux ou trois règles de vie qu’il serait bien de s’imposer, parce que j’ai pas envie de voir ton cul défiler à longueur de temps, Evon !
— Ouais, mais on est un peu occupés, là. Tu peux te tirer dans ta piaule, s’te plaît !
— Je vais bosser mes cours !
Je l’entends marcher dans le salon.
— Surtout, prends ton temps, mon pote.
— Va te faire foutre, et je ne veux plus jamais revoir ce coussin !
L’instant d’après, il claque la porte de sa chambre. Evon tire sur le plaid. Nos regards se croisent et instantanément, nous éclatons de rire.
— Tu crois qu’il est fâché ?
— Mais non, ne t’en fais pas !
Je tente de me redresser quand il me retient à la force de sa main.
— Tu vas où là ?
— Attends, on ne va pas rester ici !
— Tu es parfaite le cul en l’air, et je t’interdis de bouger.
— Et s’il a envie de sortir de sa chambre ?
Evon revient vers moi et m’embrasse à nouveau.
— Eh bien, il a intérêt à s’annoncer s’il ne veut pas d’un nouveau tête à tête avec mon cul ! Maintenant ma chérie, je crois que ce gros nul nous a interrompus au moment où les choses devenaient sérieuses.
— Délicieusement sérieuses.
J’écarte les jambes devant lui, il y retrouve sa place sans plus attendre.
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