Iridescence, sauve-moi Harlow

Elma Hilde · Chapitre 33 sur 40

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Iridescence, sauve-moi Harlow

Chapitre 43 · — On se réveille, ma Belle au bois dormant…

 

Je m’étire tel un chat au son de la voix d’Evon qui chuchote à mon oreille avant d’ouvrir prudemment un œil. Il fait encore nuit dehors quand il vient me tirer du sommeil. L’aube se dessine à peine à l’horizon.

— Et si on restait au lit pour ce dernier jour de cours.

— Oui, pourquoi pas. J’ai un exam’ hyper important aujourd’hui. Comme ça je vais foirer mon année, j’aurais plus qu’à la repiquer. C’est bien comme idée, surtout avec le monstre qui pousse dans ton ventre…

— Il n’y a ni monstre ni bébé, Evon. Il faut que tu arrêtes de faire une fixette sur ça, je t’assure. Je vais avoir mes règles et tu vas vraiment être déçu…

— Ou pas…

— Ev’, tenté-je de protester, mais il me fait taire d’un baiser.

— C’est ce que j’ai mis sur ma liste de Noël, tu sais, un petit mogwai…

À court d’arguments, je pince les lèvres. Depuis notre retour de Pawleys Island, Evon n’a que ce « potentiel » bébé à la bouche. Si je l’ai toujours perçu comme un homme avec les pieds sur terre, il s’est envolé dans les nuages depuis ce week-end chez son grand-père. Il rêvasse tellement que même ce fameux examen m’inquiète. Evon a d’excellents résultats et son sérieux dans ses études n’a jamais faibli jusqu’à ce que nous omettions volontairement de mettre une capote lors de notre petite partie de jambes en l’air, dans les bois. J’en arrive à vraiment regretter cette décision. L’idée que je doive lui annoncer que je ne suis pas enceinte commence vraiment à me faire flipper.

Ne voulant plus m’attarder sur le sujet, je décide de me lever et de me rendre en cours pour cette dernière journée avant les vacances de Noël. Demain, nous partons pour Charleston et, si tout va bien, nous y resterons deux semaines.

Sous l’œil attentif d’Evon, je prends mon petit-déjeuner et me douche avant d’être fin prête pour me rendre en cours. Dans l’entrée, je ramasse mon sac rafistolé quand Evon m’interpelle. Tenant mon bonnet de laine dans la main, il me le met sur le dessus de la tête.

— Tu vas tomber malade, me rouspète-t-il. On a deux semaines de congés, à quoi tu penses ? Tu veux passer Noël avec le nez qui coule ?

Il pose les yeux sur mon épaule.

— J’ai rêvé ce nouveau sac que je t’ai acheté, ou pas ?

— Mais je l’aime, celui-là.

— Il est moche, on voit presque à travers tellement il est usé, et ta bretelle tient avec une épingle à nourrice.

— C’est ce qui le rend si cool !

— Tu m’épuises, Harlow…

— Je t’aime, dis-je en riant contre sa bouche avant de sortir.

Il soupire et ferme derrière nous.

— Je termine à 15 heures. Si tu veux, je peux aller à la bibliothèque prendre les livres dont tu as besoin pour les vacances.

— OK...

— Tu me donneras ta liste au déjeuner ?

— OK...

Je roule des yeux en l’entendant me répondre sans être certaine qu’il ait écouté ce que je lui ai dit.

— Comment tu te sens par rapport à ton examen ?

Il hausse les épaules.

— Ça va…

Je le saisis par l’avant-bras et le contrains à s’arrêter.

— Tu arrêtes, Ev’ ! Ça suffit, maintenant !

— Quoi ? s’étonne-t-il.

— T’es perché complet depuis l’épisode dans le jardin de ton grand-père. Je ne suis pas enceinte !

— Tu n’en sais rien…

Je lui porte un coup à l’épaule.

— Ne joue pas au con, Evon. C’est ton avenir que tu mets bêtement en péril.

— Mon avenir ? Qu’est-ce que tu me chantes ?

— Tu vas te planter si tu n’es pas plus concentré !

— Mais je suis carrément prêt, t’inquiète !

— Tu n’es pas très convaincant…

— Harlow, m’appelle-t-il en m’attrapant par les hanches. Je gère, ne te prends pas la tête avec ça.

— Mais j’ai peur avec tous ces trucs bizarres que tu fais…

— Quels trucs bizarres ?

— Tu parles sans arrêt de quelque chose qui n’existe sûrement pas, tu ne penses qu’à ça ! Tu as posé ta main sur mon ventre cette nuit, je t’ai senti. C’est super flippant !

Son regard s’assombrit. Je crois qu’il va s’énerver, mais il passe devant moi et se remet en route.

— Tu ne veux pas comprendre…

— Hein ???

Je le talonne.

— Comment ça, je ne veux pas comprendre ? Tu te moques de moi ? Je suis désolée, mais non, je ne vois pas pourquoi tu t’extasies d’un truc qui n’a pas d’existence réelle.

Il se fige et me toise durement.

— Aujourd’hui, tu n’as plus ta maman, ton père s’est tiré et tu en souffres. Mais pendant combien d’années as-tu été aimée, chérie par eux, Brownie ?

— Où veux-tu en venir ?

— Moi, je n’ai pas eu le quart de l’amour que tes parents t’ont donné. Ma mère se foutait de moi et mon père refusait d’ouvrir les yeux sur ce qui se passait chez lui. Alors oui, je suis sûrement trop enthousiaste quant à cette possible grossesse, oui, c’est débile si on y regarde de plus près. Je n’ai pas encore mon master et toi, tu n’as pas 19 ans. On a probablement d’autres choses à vivre avant d’en arriver à devenir parents. Je ne suis pas stupide et j’ai la tête sur les épaules, mais j’ai une putain de rage d’aimer qui me ronge de l’intérieur ! J’ai trop de choses à donner et c’est pour mes enfants, pour NOS enfants que je garde tout ça. Suis-je trop impatient ? C’est évident ! Mais j’attends depuis tellement longtemps de prendre une revanche sur ma propre vie.

— Ev’, marmonné-je en levant une main dans sa direction avec l’idée de le réconforter, mais il repart.

Les bras ballants, je reste plantée au milieu de la route avant qu’il ne revienne sur ses pas.

— Je vais gérer ! S’il n’y a rien, si tout ça, ce n’est qu’une chimère, je vais gérer, mais arrête de me parler comme si j’étais débile.

— Tu es injuste avec moi ! Je voulais seulement t’éviter une déception. Ça ne partait pas d’une mauvaise intention.

— On peut y aller ? On va être à la bourre !

Il se remet en marche. Je le suis et, un peu timidement, coule ma main dans la sienne. Il ne me rejette pas et je me contente de ça. Une fois que nous sommes arrivés au pied de mon bâtiment, il m’embrasse à la sauvette.

— On se retrouve au resto à midi !

— Evon, l’interpelé-je tandis qu’il galope dans le sens opposé.

Il m’ignore et disparaît au loin. Je soupire et grimpe les marches qui donnent accès aux salles de cours en fouillant dans ma veste à la recherche de mon téléphone. Une fois que je lui ai mis la main dessus, je rédige un SMS.

« Je t’aime, Bébé. Pardonne-moi si je t’ai blessé. Je t’offrirai tout ce que tu désires, tout ce que tu mérites, je te le promets. Evon, je vais tout te donner, mon amour. Ne me rejette pas, je t’en prie ».

J’entre en salle de cours sans aucune réponse de sa part.

**

12 h 15 – La cafétéria est blindée et tenir les places libres autour de moi devient vraiment compliqué. Je ne vais pas résister longtemps si Evon et les garçons ne se grouillent pas d’arriver. Et plus les minutes passent, plus conserver leurs places n’est plus ma seule préoccupation. Je finis par me demander s’ils vont venir. Après tout, je n’ai pas eu un seul signe de vie d’Evon depuis notre conversation de ce matin. Même mon message n’a déclenché aucune réaction chez lui. Quand Gavin me disait qu’il n’était pas simple de gérer Evon, je n’avais pas pensé que ce serait si intense entre nous. Rien à voir avec la relation que j’entretenais avec Levi. C’était bien plus simple. Nos problèmes l’étaient aussi, mais Levi n’avait pas un tempérament colérique, loin de là. Il prenait tout avec légèreté, c’était plus paisible.

— Salut, Harlow !

La voix de Leah me fait revenir à la réalité. Tenant son plateau entre ses mains, elle me dévisage bien plus gentiment qu’à son habitude.

— Salut…

— Comment tu vas ?

Je la jauge de haut en bas.

— Tu es vraiment en train de me faire des politesses ?

— Je voulais seulement m’assurer que ça allait depuis l’autre jour. Je t’ai parlé de Levi et…

Je balaie sa phrase d’un geste de la main.

— Je m’en fous de ce que vous avez fait, tous les deux. C’est bon, j’ai tourné la page et Levi m’a tellement déçue qu’on est plus à ça près.

Elle me sourit avec bienveillance.

— Tu l’aimes vraiment ! s’amuse-t-elle.

— Quoi ?

— Evon ! Tu l’aimes vraiment !

— Qu’est-ce que ça peut te faire ?

— C’est seulement que je suis contente pour toi. Tu as toujours été une bonne amie et tu ne méritais pas ce que je t’ai fait subir, alors si aujourd’hui, tu es heureuse et bien, je me sens un peu moins mal.

— Moins mal ?! ricané-je. Tu as une conscience subitement.

— Je m’aperçois que ça n’en valait pas la peine. Je l’aimais tellement que ça m’a rendue aveugle, mais finalement, je l’ai beaucoup idéalisé, notre relation aussi. Maintenant que c’est fini, que je prends du recul, je me dis que c’était absurde.

— OK !

— Je ne te dis pas ça pour que tu penses que j’espère quoi que ce soit…

— Il ne vaut mieux pas, parce que tu risques d’être déçue. Ne le prends pas mal, mais je ne veux pas qu’une nana comme toi tourne autour de moi et encore moins d’Evon.

Elle ravale sa fierté dans une grimace et se penche légèrement vers moi.

— Je comprends et je ne t’en tiens pas rigueur, mais en ce qui concerne Evon, je doute que ce soit ce genre de type. Il semble être droit et respectueux, et de ce que j’ai vu, il est fou de toi.

C’est ce que je croyais, mais je vais finir par me poser la question…

Leah commence à s’éloigner.

— Passe de bonnes vacances, H. Je te souhaite un bon Noël.

Je l’observe partir et hausse les épaules avant de revenir à mon déjeuner. Je récupère une frite et l’avale quand :

— Qu’est-ce que te voulait cette pute ?

J’abandonne mon assiette et découvre l’impériale silhouette d’Evon juste devant moi.

— Rien, lui affirmé-je sèchement avant de replonger le nez dans mes frites.

— Je vais me la faire, putain, vocifère-t-il en jetant son sac sur la table avant de la suivre.

Manquant de renverser mon plateau, je me jette sur lui et le retiens par le manteau.

— C’est bon, Evon, elle ne m’a rien fait !

— Je crois lui avoir dit de ne plus t’approcher, non ?!

— Elle voulait seulement savoir comment j’allais !

— Comment tu allais depuis qu’elle s’est tapé ton mec ? Ou qu’elle t’a tabassée avec ses copines ? J’ai pas saisi…

Je me laisse retomber sur le banc.

— Fais ce que tu veux, j’en ai marre de parler avec toi !

Il plisse les yeux un instant avant de s’asseoir autour de la table.

— Ça a été tes cours, ce matin ? me demande-t-il l’air de rien en tapant dans mes frites au passage.

— Je ne sais pas, à ton avis ? le provoqué-je.

— C’est quoi le problème, Brownie ?

— Il n’y a pas de problème, dis-je alors que je me rembrunis.

Le reste de la troupe arrive après quelques minutes d’un silence pesant, et leur présence n’arrange rien à ce climat tendu. Gavin, inquiet, a des petits coups d’œil pour moi. Evon, lui, dévore goulument le sandwich que lui a rapporté son ami. Si Tanner, Justin et Will bavardent dans leur coin, c’est le calme plat à l’autre bout de la table. Gavin, qui semble se soucier de ce qui se passe, nous zieute tour à tour tout en mangeant.

— Hé, Evon !

Evon et moi avons la même réaction au son de cette voix qui vient de l’interpeler au loin. À quelques tables de nous, un garçon à l’allure soignée agite sa main dans notre direction.

— Tu le connais ? m’informé-je.

— C’est un mec de mon cours.

Il bondit du banc.

— On a un projet à faire en binôme pendant les vacances, je devais le voir pour qu’on s’organise. Je reviens dans une minute.

— OK !

Je plonge le menton dans le creux de ma main et le regarde rejoindre son camarade en soupirant.

— Tu veux en parler ? m’interroge Gavin dès qu’Evon n’est plus dans les parages.

Je fais la moue.

— Il est un peu à l’ouest, mais ça ira mieux quand vous serez en vacances. C’est son examen de fin de semestre qui le travaille un peu.

— Son examen, tu parles, soupiré-je.

— À moins qu’il y ait un truc que je ne sache pas.

— J’ai fait une connerie, mais genre la grosse boulette.

— Raconte, m’encourage-t-il, en tapotant mon avant-bras.

— Le repas chez son grand-père, ça ne s’est pas si bien passé qu’on te l’a dit.

— OK, soupire-t-il en se laissant choir contre le dossier de sa chaise.

— Je suis tombée sur Levi et sur sa mère. Elle s’en est prise à moi et Levi a pris ma défense.

— Levi ? Et où était Ev’ ?

— Au début, il n’était pas là. Il m’a rejoint et avec sa mère, ils se sont lancé des mots tendres, ironisé-je. Levi est intervenu en disant à Abigail qu’elle n’avait pas à me parler mal, qu’elle devait tourner la page, tirer un trait sur ses querelles, blablabla… Pour finir, il lui a dit qu’il m’aimait, qu’il m’avait toujours aimée et qu’il ne voulait plus faire semblant pour lui faire plaisir.

— Sérieux ?

J’opine du chef.

— Evon m’a attrapée par le bras et on est partis. Il était furieux, Gavin.

— Ça ne m’étonne pas…

— Avant qu’on s’en aille, il a été marcher dans le petit bois qui borde la maison de son grand-père. J’ai tenté de parler avec lui et tout ce qu’il a été capable de me sortir, c’est que Levi m’aime, qu’il est sincère et que je devrais réfléchir à ce que je souhaite vraiment.

— Mais quel con, se lamente Gavin en se prenant la tête dans ses mains. Evon, putain…

— J’étais tellement furieuse après lui, Gavin, me confié-je émue. Sérieusement, c’est quoi, son problème !?!

— Qu’est-ce que tu as fait comme connerie, au juste ?

— On s’est engueulés et…

Je souffle.

— Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’étais tellement frustrée. Je n’ai rien trouvé d’autre que de lui sauter dessus.

Il fronce les sourcils.

— J’avais besoin de sentir qu’il m’aimait, mais aussi de lui faire sentir que moi aussi, alors on a…, hésité-je.

Il lève les yeux au ciel.

— Ouais, j’ai une vague idée de ce dont tu parles…

Je retiens un rire.

— Sauf qu’il n’avait rien sur lui, donc on ne s’est pas protégés.

— Vous êtes deux gros boulets, sérieux !

J’accuse le coup dans une moue confuse.

— Depuis, il est dans la lune.

Gavin me considère en se frottant le menton.

— C’est la merde, Princesse !

— Je sais…

S’accoudant sur la table, il se penche vers moi et me dévisage très sérieusement.

— Je ne t’ai pas caché que ça ne serait pas simple. Ce mec ne l’est pas ! Il a un tas de troubles émotionnels, il est en conflit perpétuel avec lui-même. Il y a d’une part Evon, le mec assuré avec la tête sur les épaules et qui sait ce qu’il veut dans la vie : sa carrière d’avocat, son envie de fonder une famille avec sa Brownie, tout ça, il gère nickel ! Mais il y a aussi Evon, le petit garçon en mal d’amour qui n’a jamais réussi à trouver sa place et à qui on n’a cessé de répéter que jamais personne ne l’aimera. Comment veux-tu qu’il pense autrement puisque personne ne l’a aimé ? Sa mère ne l’a pas aidé à se construire, elle l’a démoli. Créer une relation fraternelle avec Levi était impossible à cause de leur mère. Lui, il avait tout et Evon rien. Je ne te parle pas de jouets, de fringues ou je ne sais trop quoi, non je te parle d’amour, de tendresse, de mots doux. Il ne connaît pas tout ça.

— Mais je ne demande que ça, de lui offrir tout ce dont elle l’a privé, lui assuré-je en séchant mes larmes.

— Sauf qu’il n’a pas choisi la nana la plus simple. Tu es l’ex de son frère et ça, ça fout la merde, H. Il a toujours perdu face à Levi. Pourquoi ça serait différent aujourd’hui ?

— Parce que c’est lui que j’aime, pas Levi.

— Mais il a derrière lui vingt piges où ça ne s’est pas passé comme ça. Ce n’est pas un « je t’aime », un baiser ou une partie de jambes en l’air qui vont les effacer.

— Je suis censée faire quoi, alors ?

— Il a surtout besoin d’être rassuré. Il va souvent merder et tu vas en chier pendant un moment. Il n’est pas très adroit, mais H, on ne lui a jamais montré comment on aimait. Il agit à l’instinct, il se laisse guider par ses sentiments, par ses émotions et il ne les tempère pas. Tu dois t’armer de patience et garder à l’esprit que ce mec est dingue de toi.

— J’ai l’impression d’être nulle, de ne pas réussir à l’aider.

— Il y a un problème dont tu pourrais te débarrasser et qui réduirait considérablement les tensions entre vous, c’est Levi.

— Levi ?

— Moins il le voit, mieux il se porte. Et si Levi s’est mis en tête de te séduire, de tout faire pour te récupérer, ça ne va pas apaiser Evon.

— Comment je m’en débarrasse ? J’ai été claire avec lui, je lui ai dit que je ne l’aimais plus, mais il n’entend que ce qui lui chante.

— Je comprends…

Je lui mets un coup de coude discret quand Evon se rapproche de nous en nous observant curieusement.

— Dis-lui encore, Princesse, me chuchote Gavin tandis qu’Evon reprend sa place.

Je le remercie d’un sourire amical.

— Tu n’as rien mangé, Brownie, me fait remarquer Evon qui examine mon plateau.

— Je n’ai pas tellement faim.

— Je t’ai à l’œil, attention ! J’ai réussi à te remplumer, je ne vais pas te laisser gâcher mon dur labeur.

Je me lève.

— Je t’escorte jusqu’à ta salle d’examen, bouge ton cul, Mendoza !

Il récupère la pomme sur mon plateau avant que je ne le range dans le chariot dédié et m’imite.

— On se retrouve à l’appart, mon pote ?

— Ouais, OK ! Bonne chance pour cet aprèm.

— Ma puce, tu ne veux pas nous faire un petit dîner avant qu’on se tire tous en vacances.

— Si, avec plaisir.

— Un bon repas et un film ?

— Je suis chaud. Bébé ?

— Ça me va !

Je penche et embrasse Gavin.

— Merci pour tout.

— De rien, Brownie.

Evon m’attrape par le coude.

— Arrête de le papouiller, sérieux.

Gavin se marre avant de rejoindre les autres.

— Je pourrais te papouiller toi, mais tu es d’une humeur de chien, lui lancé-je en le laissant me traîner en dehors de la cafétéria.

— Vous parliez de quoi, tous les deux ?

— À ton avis !

Je prends la route de l’école de droit. Il me suit.

— Qu’est-ce que tu lui as dit ?

— Rien que tu n’aies besoin de savoir !

— Harlow !

— J’ai hâte d’être à Charleston, dis-je pour changer de sujet. Je vais profiter de Maisie, préparer notre premier Noël et…

Je me suspends à son cou et l’embrasse.

— T’aimer tranquillement, loin des problèmes et de tout ce qui te fait du mal.

— Il n’y a que toi qui as le pouvoir de me faire du mal, Harlow. Personne ne peut m’atteindre à part toi.

— C’est tout ce que je cherche à éviter, Evon. Je veux te rendre heureux, rien d’autre.

Il pose son front contre le mien.

— J’ai besoin de quitter cet endroit, de souffler un peu. J’ai besoin de n’être qu’avec toi.

— Je te promets que même si nous sommes chez David, nous aurons plein de temps pour nous et, si ce n’est pas suffisant et que tu veux que nous partions seulement toi et moi, alors je te suivrai. Je te demande juste de me laisser passer Noël avec ma sœur. Pour le reste, tu décides.

— Merci, ma puce. On va voir comment ça se passe, OK ?

— OK !

— Je t’aime, Harlow.

— Moi aussi, Evon.

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