Julie De Carneilhan
Julie resta un moment immobile, la bouche entrouverte.
– Ce n’est peut-être pas très opportun », dit Carneilhan.
Elle ne fit que hausser l’épaule. Il planta son regard aigu, habitué à estimer les chevaux, dans un regard identique, adouci par le fard.
« Ton mari est au plus mal.
– Par exemple ! s’écria Julie, scandalisée. Mon brave Becker ?
– Non, pas Becker, le second, Espivant. »
Julie resta un moment immobile, la bouche entrouverte.
« Pourquoi Espivant ? dit-elle d’une voix incertaine. Des gens l’ont vu hier… Un barman de chez Maxim’, qui a été maître d’hôtel chez moi, l’a entendu annoncer une interpellation pour la rentrée… Qu’est-ce qu’il a ?
– Il est tombé, le nez devant. On l’a rapporté chez lui.
– Sa femme ? Qu’est-ce qu’elle dit, sa femme ?
– On ne sait pas, ça date de trois heures après midi.
– Elle dénoue ses longues tresses, et elle implore un suprême baiser, tout en vérifiant d’une main le compte de ses rangs de perles… »
Ils rirent court, fumèrent un moment sans mot dire. Julie chassait la fumée par ses petites narines serrées et parfaites.
« Il va mourir, tu crois ? »
Léon claqua de la main ses genoux secs.
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