Julie De Carneilhan
Elle lui jeta au vol la moitié des billets neufs.
« Mon cher ! Tu manques d’imagination. Ou bien tu en as trop. »
Elle baissa les yeux, singea comiquement la pudeur :
« Ce pauvre petit Coco Vatard, tout de même… Il est gentil, tu sais… »
Elle parut changer brusquement d’idée, fouilla sa poche :
« Tiens, débarrasse-moi de ça. Mets-le dans une poche de poitrine. »
Elle lui jeta au vol la moitié des billets neufs.
« C’est quoi ?
– Cinquante billets. Gardes-les-moi pendant la route. Ce brave Becker, crois-tu ! Pour fêter ses soixante ans, il m’a envoyé ça. »
Carneilhan tardait à ranger les billets qu’il feuilletait d’un air incrédule.
« Ce brave Becker… Ce pauvre petit Coco… Tu ne fréquentes plus que des saints et des martyrs, il paraît ? Bientôt Espivant va passer archange. »
Julie fit un grand soupir excédé.
« Oh ! celui-là, je te l’abandonne. Il est plus coriace qu’une poule de sept ans. On part, Léon, ou one part pas ? Nous en perdons un temps… »
– 147 –