Julie De Carneilhan

Colette · Chapitre 21 sur 39

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Julie De Carneilhan

Julie cligna des paupières.

« Dis-moi bonjour, au moins, Julie !

– Bonjour, mon petit cœur. Tu es bien jolie jolie aujourd’hui, dit Julie machinalement.

– Mais pourquoi ne peux-tu pas venir ? Mais pourquoi m’as-tu dit que tu pouvais venir ? Mais alors qu’est-ce que je ferai si tu ne viens pas… »

« Elle est affreuse, pensait Julie. Quand elle ouvre les yeux à ce point-là, j’ai mal dans le front. Et ce petit chapeau violet… » Elle se tourna vers Coco Vatard comme pour l’appeler à son aide.

« Coco peut te dire qu’un mot que j’ai reçu bouleverse tous mes plans d’après-midi… N’est-ce pas, Coco ?

– Oui, dit Coco impassible. Julie ne vient pas avec nous, elle veut aller chez M. d’Espivant. »

Julie cligna des paupières.

« Comment ?… Mais il n’a pas été question de M. d’Espivant, que je sache ?

– Ça n’a rien à voir, dit Coco. Moi je dis que tu veux aller chez lui. Je dis aussi que non seulement ce n’est pas chic pour nous, mais encore que tu n’as pas raison. Si tu veux mon avis, tu ne devrais pas y aller. »

« Qu’est-ce qu’il dit ? Qu’est-ce qu’il dit ? Il me conseille de ne pas y aller. Il m’offre son avis. C’est comique. C’est… » Elle était devenue si rouge que le duvet de sa peau, sur ses joues et près de ses oreilles, voilait sa peau comme une gaze d’argent.

 

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