Kidnappé par un pirate: Romance MM (French Edition)
Chapitre 13
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LES NUAGES AVAIENT évidemment cédé la place à la lune et aux étoiles, qui s’effaceraient bientôt au profit de l’aube. L’obscurité était à présent brisée par une lumière pâle et argentée révélant la forme du bureau et du fauteuil sculpté, de la bibliothèque et des cartes enroulées, ainsi que des morceaux de cire fondue sur le candélabre.
Le lit de Faucon était toujours dans l’ombre et il devait prochainement le quitter. Il aimait être présent pour le changement de garde, être avec ses matelots, les guider si nécessaire. Mais généralement, il restait à l’écart pour les observer.
Il devait s’habiller et monter sur le pont principal afin de donner les ordres essentiels tandis que la journée approchait. Il devait remplir ses devoirs de capitaine de La Manta Maudite.
Pourtant, pendant un instant, il se retrouva parfaitement satisfait d’être un homme simple. Un homme plus que ravi de demeurer blotti dans l’obscurité avec… qui, exactement ?
Mon amant.
Ces mots traîtres le secouèrent autant que le cliquètement de la cloche du navire, solides et véridiques. Il les répéta périlleusement et perdit l’équilibre.
Mon amant. Nathaniel.
Malgré le danger, Faucon découvrit qu’il n’arrivait plus à penser à lui d’une autre manière. Ce n’était pas « Pépite », ce n’était pas « le garçon », ce n’était pas une simple marchandise à échanger contre une rançon. Il était un butin, mais d’un type bien différent.
Nathaniel ronfla et se tourna sur le dos dans un murmure, posant la main sur le bras de Faucon, passé sur son ventre. Même dans son sommeil, Nathaniel le séduisait. Il pensa alors une nouvelle fois que si ce n’était qu’une supercherie pour gagner les faveurs de son geôlier, la place du jeune homme était sur les scènes londoniennes.
Le capitaine pouvait seulement distinguer ses lèvres entrouvertes sous la faible lueur et il se demanda ce qu’il se passerait s’il les goûtait, s’il avalait les doux gémissements de Nathaniel et ses soupirs, s’il dévastait sa bouche et le besognait avec sa langue aussi assurément qu’il le faisait avec son membre.
Ledit membre se gonfla à cette idée et s’appuya contre la hanche de Nathaniel. Cela faisait des années que Faucon n’avait embrassé personne. Il y avait eu quelques autres hommes, après John, mais uniquement des coups rapides, des moyens pour arriver à ses fins. Il avait découvert que s’il ne connaissait pas l’individu ou s’il se moquait de lui, il préférait se satisfaire sans faire davantage d’efforts.
Généralement, sa main était suffisante, bien que sur le premier navire corsaire sur lequel il avait servi, il existait un petit placard avec un trou idéal pour un pénis ainsi que des bouches inconnues, impatientes et anonymes de l’autre côté de la paroi. C’était parfait pour se soulager aisément.
Il pensait désormais à Nathaniel à genoux pour lui, ces lèvres roses étirées autour de sa longueur, l’avalant naïvement. Cela n’arrangea aucunement son érection.
Il s’était juré de ne plus coucher avec le jeune homme, mais c’était hier. Il ne l’avait pas juré, aujourd’hui. La journée venait tout juste de commencer et s’étendait cruellement devant eux.
Fermant les yeux, il reporta son attention sur le clapotis des vagues contre la coque et le tangage du bateau, plus doux maintenant que la nuit dernière. Ils avaient jeté l’ancre et ne dérivaient que légèrement.
S’il trouvait un moyen de prendre sa retraite, le bercement des vagues lui manquerait-il ?
La mer avait été son foyer pendant bien plus d’années que la terre et il ne pensait pas pouvoir la quitter totalement. Oui, une île serait parfaite. Une maison avec vue sur l’eau, un bateau de pêche se décolorant au soleil, là où le sable et l’herbe se rejoignaient, loin de la marée.
Il n’avait pas pêché depuis qu’il était enfant et il aimerait réapprendre. Peut-être même qu’il monterait à un arbre ou deux.
Des images de Nathaniel agrippé au gréement firent leur apparition et le cœur de Faucon accéléra, diminuant son érection. Merde, la terreur qui l’avait saisi quand le jeune prisonnier avait grimpé sans réfléchir au danger avait été… bouleversante.
Il avait grimpé si vite, époustouflant l’équipe et même Faucon dans les moments cruciaux. Quand le capitaine avait bondi pour le suivre, Snell l’avait retenu et lui avait légitimement expliqué que ce mouvement supplémentaire représenterait un danger de plus pour O’Connell et Nathaniel.
Ce dernier n’avait semblé qu’une poussière dans le ciel, bien au-delà de sa portée. L’instant où O’Connell avait été libéré de la corde effilochée et s’était balancé sur l’échelle du gréement était gravé dans la mémoire de Faucon.
Son esprit y substituait une issue différente, lors de laquelle le poids de l’Irlandais attirait Nathaniel et ils s’effondraient sur le pont, leurs crânes s’ouvrant comme des œufs, le sang et leur cervelle s’éparpillant sur le bois tandis que Faucon ne pouvait que les observer inutilement.
Voir cette lumière s’éteindre, ces yeux couleur miel devenir plus froid et distants, ne pas avoir l’opportunité de dire à Nathaniel… Quoi ? Faucon n’en était pas certain puisqu’un tumulte d’émotions mêlées le tourmentait.
Comment pouvait-il ressentir autre chose que du mépris à l’égard du fils de Walter Bainbridge ? Comment pouvait-il avoir envie de le garder près de lui, en sécurité ? Il ne devrait se préoccuper que de la rançon, de la revanche, et pourtant…
Grognant, Nathaniel étira ses bras au-dessus de sa tête. Lorsqu’il grimaça, toutes les autres pensées de Faucon furent balayées. Le jeune homme ouvrit ses yeux qui brillèrent, vaseux, dans le léger éclat de lune.
— Attention. Comment va ton épaule, ce matin ? murmura Faucon.
Nathaniel lécha ses lèvres sèches, et sa voix fut rauque.
— Ça va. Encore endolorie, mais ce n’est pas trop mal. Le physicien sait ce qu’il fait.
Le pirate étouffa le picotement irrationnel de rancœur envers le bon monsieur Pickering. Il était incroyable qu’il ait été jaloux de lui parce qu’il avait tenté de retirer la chemise de Nathaniel.
Toutefois, l’idée qu’un autre homme le touche déclenchait un feu dans ses veines qui attirait ses doigts impatients vers le manche de son coutelas.
Quelle est cette folie ?
Soupirant pour chasser la tension et réussissant à garder un ton aimable, Faucon tapota légèrement la tête de Nathaniel.
— Et là-dedans ?
— Hmm. Elle est assez… lourde.
Faucon ricana.
— Tu avais déjà bu du rhum, par le passé ?
— Non. Du vin pendant les dîners tardifs. Du scotch ou du porto, mais uniquement quelques gorgées.
— C’est ce que je me disais. Tu as géré ça comme un homme. Les autres étaient impressionnés.
Nathaniel grimaça.
— Jusqu’à ce que je vomisse sur vous. Je suis vraiment navré.
Il aurait dû feindre la colère, mais il se contenta de hausser les épaules.
— J’ai connu pire.
— Et j’ai mis de ce truc infâme partout sur vous et votre lit, n’est-ce pas ?
Il tapota le torse de Faucon, à la recherche des traces de ce liquide atroce.
— Vous auriez dû me laisser dans le coin.
Le pirate l’ignora.
— Plus d’actes héroïques et plus de rhum, ou du moins, un peu moins de rhum.
La main de Nathaniel se posa sur son torse et continua de le caresser. Faucon devrait rouler sur le côté, trouver des vêtements propres, nettoyer ses bottes et monter sur le pont. Huit coups de cloche avaient déjà résonné pour le changement de garde à quatre heures, puis un seul, une demi-heure plus tard et deux après trente minutes supplémentaires, marquant le temps qui passait.
Pourtant, il était là, à regarder Nathaniel, sa propre main se déplaçant sur son flanc et sa hanche. Bientôt, trois coups de cloche se feraient entendre.
— Vous aimez bien vos hommes ? chuchota Nathaniel.
Faucon n’était pas certain d’avoir bien entendu la question.
— Est-ce que je… les aime ?
— Hmm. Manifestement, vous ne leur parlez que pour leur donner des ordres.
— Je… Eh bien, ils sont nécessaires pour faire fonctionner ce navire. Je me préoccupe de leur avenir, tout comme eux. Tant qu’ils me sont loyaux, je leur suis loyal également.
— Mais ce ne sont pas des amis. Des frères.
L’écho du sourire espiègle de John apparut dans son esprit avant de disparaître.
— Ils l’ont un jour été, peut-être. Mais en tant que capitaine, je dois me tenir à l’écart.
Snell était un ami, en quelque sorte. Faucon lui faisait confiance. Il dépendait de lui pour maintenir la paix.
— Tant que nos buts sont les mêmes, les matelots et moi sommes tous d’accord. C’est tout ce qui compte.
— Ça ressemble à une vie de solitaire.
Nathaniel taquina les poils sur son torse avant de remonter sur la peau vulnérable de sa gorge. Lorsque Faucon déglutit, le jeune homme suivit le mouvement de sa pomme d’Adam du bout des doigts. Son cœur tambourina si fort qu’il était certain que son prisonnier pouvait l’entendre.
Ces doigts habiles effleurèrent son visage – entourant sa bouche, traçant la courbe de son nez, puis cherchant quelque chose près de sa tempe, explorant jusqu’à trouver la chair bombée d’une cicatrice. Il suivit cette vieille blessure de haut en bas avant de remonter.
Les lèvres de Nathaniel étaient très légèrement entrouvertes, et il serait facile de se pencher pour les réclamer. Il serait si facile de se perdre et de découvrir quels bruits adorables le pirate pouvait lui arracher rien qu’en utilisant sa bouche…
Assez !
Gonflant ses poumons, il saisit le poignet de Nathaniel et l’appuya contre le matelas alors que le jeune homme l’observait. Faucon n’allait pas l’embrasser – il avait déjà trop dérivé et le temps continuait de s’écouler.
Il devait retrouver son chemin jusqu’à la côte avant qu’ils atteignent l’Île Primevère, avant qu’il rende Nathaniel à la vie qu’il avait interrompue et qu’il récupère sa rançon. Le prisonnier ne pouvait pas être plus pour lui qu’un moyen d’arriver à ses fins.
Et si Walter Bainbridge ne paie pas ? J’ai promis un bain de sang aux hommes, dans ce cas-là. J’ai juré de tuer Nathaniel.
Faucon ignora toute son inquiétude, apaisant son esprit récalcitrant et prenant une profonde inspiration pour calmer son cœur galopant soudainement. Bainbridge allait payer. Nathaniel retournerait avec sa famille, indemne, et ce serait la fin de cette histoire. Pour l’instant…
Non. Faucon n’allait pas l’embrasser, mais il allait mettre ses lèvres au travail. Quel mal à ça ? Le jeune homme avait-il déjà connu le glissement chaud d’une bouche autour de son membre ? Le capitaine se disait que non, puisqu’il avait affirmé que sa verge n’avait jamais été touchée par autre chose que par sa propre main.
Faucon roula au-dessus de lui, l’encourageant à ouvrir les jambes pour se placer entre elles. Collant son visage contre le torse de Nathaniel, il ne perdit pas une minute et tira sur un téton, la fierté grandissant en lui lorsqu’il entendit un halètement choqué. Non, il n’allait pas l’embrasser, mais il comptait revendiquer cette partie de son corps.
Nathaniel gigota.
— C’est bon. Oh, Seigneur.
Faucon donna un coup de langue contre le bourgeon de peau sensible.
— Il n’y a que des diables ici.
Le jeune prisonnier cambra les hanches, son membre gonflé recherchant une certaine friction.
— Patience, lui dit le pirate en passant un bras au-dessus de ses hanches, près de sa verge. N’y mets pas trop de vigueur. Tu es encore en train de récupérer, tu te souviens ?
— C’est un bon remède contre le mal de tête.
Pouffant, Faucon se sentit étrangement léger alors qu’il embrassait, suçait et taquinait les tétons de Nathaniel jusqu’à ce que cela en devienne presque douloureux. Il sourit contre son ventre, frotta sa barbe sur la peau douce dissimulant des muscles solides et plongea la langue dans le creux qui l’avait un jour relié à sa mère.
Ce geste arracha un gloussement au jeune homme chatouilleux. Faucon était incapable de se souvenir de la dernière fois qu’il s’était amusé pendant le sexe. Il explora le nombril de Nathaniel, espérant reproduire ce son.
Leurs fornications avaient été intenses et parfois brusques. Faucon apprit qu’il se délectait de la chance de pouvoir le caresser, le découvrir, explorer des endroits secrets et sensibles qu’il avait envie de cajoler plutôt que de besogner.
Quand Faucon saisit le gland sans avertissement, le cri de Nathaniel fit trembler les fenêtres. Le navire entier l’entendrait dans la tranquillité de la nuit, et cette idée donnait la nausée au capitaine. C’était entre eux. C’était privé.
Son bras était suffisamment long pour qu’il puisse coller sa main sur la bouche du jeune captif.
— Laissons les cloches réveiller les hommes, chuchota-t-il.
Tandis que Faucon le suçait fermement de la racine à la pointe, puis descendait, Nathaniel haleta contre sa paume avec son souffle humide. Cela faisait des années que Faucon n’avait pas goûté un membre palpitant et il grogna autour avant de se retirer pour respirer.
Il donna un petit coup de tête dans les cuisses de Nathaniel et celui-ci les écarta davantage, pliant les genoux pour exposer ses testicules, ces deux globes foncés sur les draps.
— Tu es un si bon garçon, lui dit-il.
Le prisonnier gémit contre sa main et leurs regards se croisèrent. Faucon titilla la fente de son membre avec sa langue et Nathaniel haleta contre sa bouche, fermant les yeux, ses cils retombant sur ses joues.
De ce point de vue privilégié, le minuscule trou sur son menton était visible. Faucon baissa la main pour le suivre du pouce. Des poils bouclés irritèrent son visage tandis qu’il suçait les testicules lourds de Nathaniel, les léchait et taquinait la peau sensible derrière.
Les gémissements et tremblements de son amant firent palpiter le sexe de Faucon contre le matelas. Il ne put lécher le membre du jeune homme et faire tourbillonner sa langue autour du gland suintant qu’une dernière fois avant que Nathaniel jouisse. Celui-ci inonda la bouche du pirate d’un fluide salé avec un soupçon de sucré et d’une odeur musquée et terreuse que Faucon avala comme un vin des plus délicats. Il commença à avoir le vertige, comme s’il s’agissait effectivement de vin.
Lorsqu’il lécha Nathaniel pour le nettoyer, il baissa la main afin de se masturber brutalement, sachant que cela ne lui prendrait pas longtemps. Néanmoins, le jeune homme figea son bras.
— Puis-je ? Je veux goûter votre semence.
Faucon ne pouvait le lui refuser – ou se refuser ce plaisir quand il était demandé si poliment. Il sourit contre la peau de son prisonnier. Toutefois, lorsque ce dernier grinça des dents et inspira brusquement pour tenter de se mettre dans une position plus confortable, le capitaine l’immobilisa.
Prenant soin de ne pas bousculer l’épaule de Nathaniel, Faucon chevaucha son torse et lui offrit son membre, grognant quand il fut avidement sucé. La bouche du captif était mouillée et il creusait bien ses joues, lui provoquant des frissons et la chair de poule.
Posant une main sur le mur, il se balança doucement. Nathaniel encaissa son rythme, apprenant vite, comme pour toute activité physique.
À présent, le jour filtrait suffisamment par les fenêtres à la poupe pour que Faucon puisse voir sa verge disparaître entre les lèvres roses de Nathaniel. Celui-ci le léchait et le suçait assidûment, la sueur trempant et bouclant ses cheveux. Faucon baissa sa main libre afin d’écarter ses mèches soyeuses et de les lisser entre ses doigts.
Nathaniel leva les yeux vers lui, la bouche pleine, les pupilles brillant d’une lumière à la fois tendre, sublime et profonde. L’orgasme traversa le corps du capitaine et il grogna en se déversant et en crispant la mâchoire pour retenir un hurlement de pur bonheur.
Il se vida par longs jets puissants et Nathaniel tenta vaillamment de tout avaler avant d’émettre un bruit désespéré depuis le fond de sa gorge et d’écarquiller les yeux.
Faucon se retira, les derniers jets éclaboussant le menton et les joues rougies du jeune homme. Un fluide laiteux suintait des bords de sa bouche et il le lécha, comme s’il était déterminé à en réclamer chaque goutte. La gorge du pirate s’assécha et l’envie de se pencher pour goûter sa semence sur la langue de Nathaniel palpita en lui.
Avant qu’il puisse commettre une autre idiotie, il roula sur le dos et son prisonnier se rapprocha de lui après s’être essuyé le visage. De son propre chef, le bras de Faucon glissa autour de Nathaniel, prudent au niveau de son épaule.
Tandis que la lumière perçait l’horizon et illuminait le plafond, le capitaine songea à son illusion d’île mythique et de bateau de pêche, sa simple maison et ses arbres fruitiers sur lesquels grimper. Il pensa ensuite à Nathaniel, qui monterait précipitamment dans les branches alors que le soleil illuminerait ses cheveux et que son rire résonnerait avec la brise quand des oiseaux s’envoleraient au-dessus de sa tête.
Son cœur se serrant puissamment, il frissonna et lutta pour respirer. Nathaniel, chaud et merveilleusement mou, blottit son nez contre le torse de Faucon.
— Tout va bien ?
Le pirate réussit à grogner son affirmation. Il devait le repousser. Il devait reprendre le contrôle du courant périlleux dans lequel il s’était laissé emporter. Il voulait chasser Nathaniel sur le côté, imposer sa volonté et rétablir l’ordre dans le monde de la Manta Maudite. Il serra plutôt le jeune Bainbridge contre lui encore une minute ou deux, attendant quatre coups de cloche.
Peut-être cinq.
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