Kidnappé par un pirate: Romance MM (French Edition)

Épilogue

 

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UN JOUR PEUT-ÊTRE, Nathaniel en aurait assez de courir sur la plage balayée par le vent, tous les matins, quand le soleil se levait, puis le soir lorsqu’il descendait sur la terre et au-delà. Mais après trois ans, ce jour n’était pas encore visible à l’horizon.

Ne portant que son pantalon usé et confortable, il enfonça les pieds dans le sable mouillé. La sueur coulait sur son torse nu, sa peau désormais bronzée comme il ne l’aurait jamais imaginé si longtemps auparavant, en Angleterre.

Il écarta une boucle rebelle de ses yeux et fit un signe de la main à leur voisin, Juan, qui vidait des pièges à crabes sur le rivage avant la tombée de la nuit. La pêche semblait excellente et Nathaniel avait hâte de manger la soupe que Michael et lui prépareraient avec leur part.

— Je vais à Hispaniola pour chercher quelques denrées, cria Juan. Devrais-je vérifier si tu as une lettre au bureau postal ?

Nathaniel ralentit.

— Oui, s’il te plaît !

Juan était d’origine espagnole et était l’un des quelques hommes de confiance ayant rejoint Michael et Nathaniel qui s’efforçaient de créer une enclave paisible. Certains habitants de leur communauté hétéroclite étaient des esclaves qui s’étaient enfuis, d’autres des colons anglais désabusés – sans parler des Français et des Espagnols. Leur île acceptait rarement de nouveaux venus et ils les accueillaient seulement s’ils étaient strictement envoyés par quelqu’un de leur connaissance.

Nathaniel se demanda si Juan reviendrait également avec des rumeurs sur les derniers exploits du Faucon des Mers, soulageant de riches navires anglais de leur marchandise. Nathaniel ignorait s’il s’agissait d’Alan O’Connell ou d’un autre successeur, mais cela le réconfortait d’une manière qu’il ne pouvait expliquer.

Adressant un autre signe de la main à Juan et reprenant sa course, Nathaniel songea à l’écriture soignée de Susanna. Bien que les mots le perturbent encore, il aimait la regarder et sentir le faible parfum de lavande sur les pages.

Ses lettres joyeuses étaient envoyées à monsieur Nathan et devaient être récupérées au bureau postal. Michael les lui lisait autant de fois qu’il le lui demandait, sans se plaindre.

Il lui avait écrit pour la première fois deux ans auparavant, avec pour seule adresse son nom et la ville de Kingston, en Jamaïque. Toutefois, la missive qu’il avait dictée à Michael l’avait trouvée.

Juan et son fils n’allaient chercher des denrées que tous les quatre ou cinq mois, mais Nathaniel chérissait les aperçus de la vie prospère de Susanna, qui avait désormais deux enfants et dont l’époux, Bart, excellait dans l’entreprise de transport maritime de monsieur Davenport. Elizabeth s’était mariée et attendait un heureux événement, ce dont Nathaniel était ravi.

Ses orteils plongeant dans le sable chaud, ses jambes le brûlant plaisamment et ses bras s’agitant, Nathaniel respira profondément l’air salé. Il tourna sur un chemin bordé de fleurs étincelant d’orange, de rouge, de violet, de rose et de blanc. Elles étaient comme des couchers de soleil capturées par des feuilles qui paraissaient délicates, mais qui étaient pourtant robustes et inflexibles.

Bientôt, il se rapprocherait de la maison que Michael et lui avaient bâtie. Elle avait été construite avec les arbres les plus résistants de l’île, ceux qui se pliaient, mais ne se rompaient pas pendant les tempêtes, leurs racines restant fermement ancrées dans le sol.

Dejen, un charpentier, avait rejoint leur communauté et tout le monde travaillait tranquillement et paisiblement en harmonie. Dejen avait tant enseigné à Nathaniel, et il apprenait encore plus chaque jour.

Michael et lui n’avaient pas pu résister à l’envie de construire leur maison sur une colline, afin de voir la mer infinie, tous les matins en se réveillant. La cabane se trouvait sur un plateau et n’était composée que de deux pièces : l’une pour leur lit, face à des fenêtres qui s’ouvraient pour laisser entrer l’eau salée, et une pièce principale avec une cheminée, une table et une cuisine.

Ils n’avaient pas besoin de plus et leurs latrines étaient plus basses sur la colline, à l’ombre, en lisière de forêt – mais loin des noix de coco qui tombaient des arbres.

Le sommet de la colline était un bon point d’observation pour Michael et sa longue-vue puisqu’il scrutait l’horizon plusieurs fois par jour. Il pouvait voir dans toutes les directions en s’éloignant un peu de la maison.

Il y avait d’autres points d’observation sur l’île, ainsi qu’un stockage de munitions. Si cela s’avérait nécessaire, ils seraient prêts. Mais isolés comme ils étaient, Nathaniel ne s’inquiétait pas excessivement.

Michael se trouvait là, au sommet de la colline, et Nathaniel ralentit pour monter la pente herbeuse en marchant. Les pieds nus, son amant ne portait également que son pantalon. Ses cheveux étaient mi-longs et attachés par un nœud, et sa barbe taillée assombrissait une nouvelle fois son visage.

Nathaniel ignorait comment il pouvait la supporter sous cette chaleur. Lui-même choisissait de garder ses joues imberbes en été, même s’il réussissait enfin à laisser pousser une véritable barbe. En hiver, bien qu’il fasse rarement froid, il la laissait pousser librement.

Marchant devant leur maison et leur jardin, Nathaniel nota de venir récolter les tomates, qui prospéraient sous le soleil. Il scruta les palmiers grandissant dans le bosquet en lisière de forêt. Oui, les fruits seraient bientôt mûrs.

L’île n’était pas vraiment adaptée pour l’agriculture commerciale, mais leur jardin familial prospérait. Des poules caquetaient dans un enclos. Une vache à lait agita la queue et jeta un coup d’œil désintéressé à Nathaniel alors qu’il passait.

Il savait que Michael avait repéré son approche, bien qu’il surveille la mer. Avec un soupir satisfait, il enroula les bras autour de son amant, par-derrière, leur peau nue se collant l’une à l’autre.

Il se mit sur la pointe des pieds avant d’embrasser le lobe d’oreille de Michael, juste au-dessus de l’anneau doré de Susanna. La boucle d’oreille dorée du légendaire Faucon des Mers restait à sa place, sur le lobe de Nathaniel.

— Toujours rien à l’horizon ?

— Absolument rien.

— Hmm.

— Comment était ta promenade ? Tu l’as manifestement appréciée.

— Michael, tu es censé surveiller l’horizon, pas m’espionner.

Nathaniel posa la joue sur l’épaule chaude de son homme.

— Je ne l’ai fait qu’une minute. Ou deux. Peut-être cinq.

Il baissa sa longue-vue et la replia.

— Tu ne peux pas m’en vouloir. Je me demandais comment j’allais te prendre, ce soir.

Le désir monta en Nathaniel et il frotta son membre encore mou contre les fesses de Michael.

— Ah, vraiment ?

Il lui griffa légèrement le torse, traçant aveuglément les contours des ailes du faucon des mers.

Avec tout le plaisir qu’ils avaient partagé, il n’avait pas imaginé qu’il reste si vital au fil du temps. Le sexe de Michael était épais et inflexible, pourtant, ses baisers étaient souvent atténués par son affection et sa tendresse. À la fois sévère et doux, il ravageait Nathaniel et vénérait son corps nuit après nuit. Jour après jour.

— Il vaudrait mieux qu’on s’y mette. Je veux en apprendre plus sur la relation des Adam et Eve de monsieur Milton. Tu dois te lever avant le soleil pour attraper ces poissons et je vais avoir une longue journée puisque je dois construire la nouvelle pièce dans la maison de Maria. Nous avons presque terminé. Les enfants vont adorer cet espace supplémentaire.

— Maria aussi, sans aucun doute, répondit Michael en gloussant.

— Oui, répliqua Nathaniel en riant.

Il retourna son amant et s’appuya contre lui.

— Eh bien, il est clair que tu as effectivement pensé à ce que tu allais me faire.

Michael mit la main dans sa poche et sortit deux fruits ronds et jaunâtres.

— Sanaa a découvert un petit bosquet de l’autre côté de l’île. Cette petite prune ressemble à une pépite.

Il les lui tendit en essayant de ne pas trop sourire.

Le cœur de Nathaniel loupa un battement lorsqu’il en prit une.

— Une pépite ? Ah oui ?

La première bouchée fut légèrement amère, mais la seconde fut une explosion sucrée. La troisième était mêlée à l’acidité des baisers de Michael, et Nathaniel soupira contre lui, ses pensées sur la pêche, la menuiserie et le reste s’échappant dans la brise poisseuse et douceâtre.