Kidnappé par un pirate: Romance MM (French Edition)

Chapitre 14

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— QU’EST-CE QUE tu crois faire avec ça ?

Nathaniel quitta des yeux la dague qu’il retournait dans ses paumes. Il était assis, les jambes croisées, sur le lit trop ferme de Faucon où il tentait de ressentir la brise à travers les fenêtres ouvertes à la poupe.

— Je me dis que je ne sais pas comment l’utiliser. Et je devrais apprendre.

Le pirate se trouvait sur le seuil, clé à la main, ses manches foncées roulées jusqu’à ses coudes et la sueur luisant dans le creux de sa gorge exposée. Il portait ses bottes aux embouts dorés, même si la journée était poisseuse et chaude.

Il ferma la porte avec son pied, puis observa le coffre ouvert par terre. Il regarda une nouvelle fois Nathaniel, son expression se durcissant.

— Je sais que je l’avais verrouillé.

— Oui. J’ai réussi à le crocheter.

Il hocha la tête en direction du bureau tout en grattant son torse nu. Il n’avait pas pris la peine de remettre sa chemise après avoir appliqué l’onguent sur son épaule, qui allait mieux.

— J’ai trouvé une épingle là-dedans.

— Une épingle ? Qui venait d’où ?

— Aucune idée. Mais j’ai finalement réussi à la placer comme il fallait dans le verrou et ça s’est ouvert.

Les sourcils de Faucon disparurent presque dans ses cheveux.

— Et tu… me le dis simplement ? s’enquit-il en jetant un coup d’œil vers la porte. Dois-je mettre une barricade ?

— Où irai-je ? À part sur le pont pour prendre l’air. Sincèrement, je suis plus libre dans cette cabine que je ne l’ai jamais été.

— Ah oui ?

Faucon posa les mains sur ses hanches.

— Oui, répondit le jeune homme en haussant les épaules. Vous me voyez comme je suis. Un sodomite. Un simplet.

— Tu n’es pas…

Faucon se pinça les lèvres et avança vers le coffre dont il ferma brutalement le couvercle alors que ses bottes martelaient le plancher. Il ne le verrouilla point.

— Je devrais te punir. Te retirer tes rations un jour ou deux.

Mais vous ne le ferez pas.

— Hmm, déclara simplement Nathaniel en soupesant toujours le poignard.

Une journée et demie s’était écoulée depuis qu’il avait été spectaculairement ivre et malade. Faucon n’avait fait que le harceler afin qu’il mange et boive suffisamment.

Au moins, le navire avait embarqué des denrées fraîches à Nassau, bien que les fortes épices n’aient aucunement aidé son estomac à s’en remettre. Finalement, il avait eu un bouillon clair et parfaitement chaud. Il soupçonnait le capitaine de l’avoir demandé spécialement pour lui.

Nathaniel avait également dormi dans le lit de Faucon une nouvelle fois, au lieu d’être banni dans un coin. Plus que ça, il s’était assoupi blotti dans les bras de l’homme, même s’ils n’avaient aucunement recherché le plaisir.

Une part du jeune Bainbridge voulait confronter Faucon et affirmer qu’il croyait de plus en plus que le pirate ne lui ferait pas de mal, peu importait ce qu’il advenait de la rançon. Qu’il n’était pas un monstre sans sentiments et qu’il en avait d’ailleurs pour Nathaniel.

Toutefois, il était méfiant à l’idée de briser et de dévoiler l’intimité qui grandissait en eux comme une plante grimpante, s’enroulant et cherchant. Il devait attendre qu’ils soient trop entrelacés pour pouvoir le nier.

— Pourquoi souris-tu ?

— Pour rien, répondit-il sans essayer d’arrêter de sourire. Voulez-vous bien m’apprendre ? À utiliser ça ?

Faucon ouvrit son carnet de bord en ricanant.

— Pour que tu puisses m’étriper avec ? Je ne crois pas.

— Vous n’imaginez certainement pas que je peux apprendre si rapidement ? Bien sûr, j’ai gagné notre pari concernant les nœuds. En parlant de pari, je n’ai toujours pas eu ma récompense pour avoir prédit correctement que vous auriez besoin de sutures afin de fermer cette blessure.

— Tu courras bien assez tôt, grommela Faucon en plongeant sa plume dans l’encre et en baissant la tête vers les pages.

— Si ce n’est pas le cas, me récompenserez-vous en me suçant à nouveau ?

Faucon releva brutalement la tête et… le voilà. Malgré son rire incrédule, Nathaniel remarqua un véritable sourire qui creusait ses joues. Les rides autour de ses yeux bleus ressortaient et ses dents scintillaient de blanc, sans trahir cet habituel aspect féroce. Non, ce sourire était doux et sincère. Le jeune homme imagina qu’il était le seul à avoir été gratifié de cette vue.

Le sourire de Faucon devint légèrement sournois, un côté de sa bouche s’élevant et sa voix baissant d’une octave.

— Tu as aimé ?

— Vous savez bien que oui.

Son membre tressauta lorsqu’il se souvint de la pression mouillée et parfaite de la bouche ainsi que de la langue du pirate le taquinant sans cesse. Il aurait aimé que cette torture ne cesse jamais.

Plus que ça, la vue de son sexe disparaissant entre les lèvres de Faucon, se faisant chérir d’une telle façon – avec tendresse et intensité, l’unique but du pirate semblant être la jouissance de Nathaniel – avait été une chose dont il n’avait jamais osé rêver.

— Hmm.

Faucon l’observa. La plume toujours en main, il la plongea dans l’encrier.

Le jeune homme songea à la question avant de froncer les sourcils.

— Mais honnêtement, qui n’aimerait pas ça ?

Là. Un autre sourire se dessina sur le visage de Faucon et ses yeux se mirent à scintiller.

— Effectivement.

Nathaniel avait envie de s’accrocher à ces sourires et de les collecter comme une pie le faisait avec les objets brillants. Bien que ces cadeaux ne soient pas de simples babioles.

— Je peux vous sucer, alors ? C’est en forgeant qu’on devient forgeron, comme mon tuteur le disait toujours.

Le capitaine se rembrunit.

— Ce salaud inutile aurait dû t’apprendre comment utiliser ce poignard, dit-il en triturant quelque chose sur son bureau, la tête baissée. On a suffisamment discuté. J’ai du travail.

Était-ce une jalousie étrange envers monsieur Chisholm ? Nathaniel dissimula son sourire.

— Alors… Vous ne voulez pas que je me mette à genoux pour vous ? J’aimerais vraiment goûter une queue à nouveau. Si vous n’êtes pas intéressé, devrais-je trouver un volontaire parmi les membres d’équipage ?

Nathaniel lutta contre un sourire victorieux quand le pirate cracha :

— Je ne crois pas, non.

Il lui lança un regard noir.

Comme il mourait d’envie non seulement de goûter Faucon, mais aussi de lui faire perdre la tête… Faucon avait gardé le contrôle, comme toujours, quand il avait baisé la bouche de Nathaniel et celui-ci voulait qu’il gémisse et soit à sa merci.

Il tenta un ton éhonté et un clin d’œil joueur.

— Ce ne serait que pour m’entraîner, bien sûr. Si vous avez d’autres engagements.

— Je ne pense pas que ton habileté à sucer des queues te sera très utile avec ta promise.

Nathaniel se redressa sur le lit, toute trace d’hilarité ayant disparu.

— Quoi ?

Il ouvrit et ferma la bouche.

— Mais… Non. Je ne peux plus l’épouser, à présent. Ce serait impossible.

Il n’avait pas formulé cette pensée jusqu’à maintenant, mais il reconnaissait qu’elle était véridique.

— Non ? Pourquoi pas ?

La tête de Faucon était toujours baissée alors qu’il fouillait sur son bureau.

— Vous savez pourquoi.

L’idée d’épouser Elizabeth Davenport, de battre une nouvelle fois en retraite et de dissimuler non seulement son incapacité à lire, mais son essence-même lui provoquait des frissons dans la colonne vertébrale malgré l’humidité.

On disait que les humains possédaient des âmes et il venait tout juste de découvrir la sienne, qui avait pris depuis un certain poids et une certaine forme.

Faucon fronça les sourcils.

— Tu comprends sans doute que d’innombrables hommes comme nous épousent des femmes et dissimulent leur nature. De nombreuses femmes le font aussi, d’ailleurs.

Tenant le poignard, Nathaniel imagina ce qu’il ressentirait s’il se transperçait la chair avec. C’était probablement la même sensation que lorsqu’il pensait vivre le reste de sa vie cloîtré, sa véritable nature rendue secrète. Sa voix se brisa quand il répondit.

— Oui. Je n’en ferai pas partie. Je ne peux pas. Je me transformerai en pierre.

Il fit apparaître une goutte de sang sur l’extrémité de son pouce. Elle resta là, sur sa peau. Un cercle parfait. Il fit ensuite glisser la lame sur la pulpe et vit la ligne prendre une teinte cramoisie.

— Mais qu’est-ce que tu fais ?

Faucon arriva de l’autre côté de la cabine grâce à ce qui ressemblait à un unique pas, lui arracha la dague et saisit le poignet de Nathaniel dans sa main de fer. Il suçota le doigt du jeune homme en y mettant une grande pression, et se pencha au-dessus de lui alors que celui-ci restait assis sur le lit.

— Vous voyez ? J’ai besoin de leçons, répondit Nathaniel d’une voix étouffée.

Relâchant son doigt dans un bruit sec, le pirate referma son poing autour de lui. Il souffla.

— Tu n’avais pas besoin de leçons pour savoir qu’il ne fallait pas te couper.

— J’ai toujours été un élève lent.

Faucon le regarda de ses yeux embrasés.

— Pas besoin d’employer de mots dans ce cas précis, donc cette excuse ne fonctionne pas.

— Je… m’assurais simplement d’être encore réel.

Je ne suis pas en pierre. Il me voit. Il me voit comme je suis concrètement.

Faucon fronça les sourcils et serra davantage le doigt de Nathaniel.

— Je t’assure que c’est bien de la chair que je tiens.

Que ressentirait-il en goûtant ces lèvres, en lui volant un baiser et en se rapprochant de lui pour s’en délecter ? Goûterait-il son sang sur la langue de Faucon ? Ce dernier le regardait et Nathaniel chercha donc quelque chose à dire.

— Pensez-vous que ce pirate nous attaquera à nouveau ? demanda-t-il. L’homme qui n’a qu’un œil ?

Faucon devenait de plus en plus troublé.

— Peut-être. Impossible de le savoir.

— Ou les Anglais, ou les Espagnols ? Que m’arriverait-il si vous et l’équipage, vous étiez vaincus ?

— Nous ne le serons pas.

— Tout de même. Je devrais apprendre à me défendre. Si ça ne m’est pas utile sur ce navire, ça le sera dans le Nouveau Monde.

— Ton père aura certainement des hommes. Tu seras en sécurité.

— Je ne resterai pas sur l’Île Primevère. Je l’ai décidé. Je dois m’inventer une nouvelle vie.

Il songea à Susanna et son cœur se pinça. Elle lui manquerait désespérément, mais elle aurait Bart et également un enfant, bientôt. Il se demanda pour la centième fois si elle était arrivée saine et sauve sur la colonie et priait pour que ce soit le cas.

Il s’éclaircit la gorge.

— Je ne vais pas suivre aveuglément et obligeamment parce que le monde dit que j’y suis forcé. Si être kidnappé par des pirates m’a appris une chose, c’est qu’il y a un univers derrière mes frontières.

S’asseyant derrière lui dans un léger grognement et lui tenant toujours le doigt, Faucon lui demanda :

— Alors, que feras-tu ?

— Je n’en sais rien.

La boucle dans son estomac se resserra tel un nœud en demi-clé ou peut-être en huit.

— Je vais m’enfuir, j’imagine. J’irai ailleurs, dans les colonies. Boston, peut-être ? Ou en Caroline. J’espère que ce sera plus facile pour quelqu’un comme moi dans le Nouveau Monde. Que ferez-vous ? Une fois que vous m’aurez échangé contre la rançon ?

Me laisserez-vous partir ? Ai-je une quelconque signification à vos yeux ? Ou bien tout ça n’est que dans ma tête ?

L’idée que Faucon et lui se sépareraient saisit Nathaniel bien plus profondément qu’il ne l’aurait cru possible. Cet homme l’avait kidnappé, menacé, et pourtant, voilà qu’il était là à arrêter le saignement de son captif, même si la coupure n’avait rien d’inquiétant.

Nathaniel avait réellement vu au-delà de ses frontières pour la première fois et il ne pouvait retourner à son ancienne vie. Et Faucon ? Était-il satisfait par l’existence incertaine et brutale des pirates ? Nathaniel ne le pensait pas. Il soupçonnait le Faucon des Mers de ne pas être du tout l’homme qu’il prétendait.

Frottant son menton poilu de sa main libre, le capitaine regarda au loin par les fenêtres de la poupe.

— Continuerez-vous à hanter les voies maritimes, à soulager les navires marchands de leur cargaison ? À fuir la marine ? Et la potence ?

Faucon soupira et resserra sa prise autour du doigt de Nathaniel, mais il le tenait toujours, bien que le sang ait sans doute cessé de couler.

— Peut-être que le moment où je recevrai mon butin marquera la fin du Faucon des Mers. Je pourrais trouver une île tranquille. Me construire une maison suffisamment résistante pour supporter les tempêtes estivales. Pêcher et cultiver. Rester proche d’un port sûr.

Ses mots étaient manifestement la vérité pure, et Nathaniel retint sa respiration, craignant de bouger et de briser l’enchantement.

Après avoir cligné des yeux pendant quelques instants de silence, Faucon se redressa et scruta Nathaniel comme s’il avait oublié sa présence. Il se leva ensuite et posa la main dans le creux de ses reins pour s’étirer.

— C’est n’importe quoi, évidemment. Les pirates meurent sur la potence ou dans les profondeurs de l’océan.

Il redonna le poignard au prisonnier.

— Viens. Lève-toi.

Le cœur bondissant, Nathaniel se releva d’un saut. Faucon arriva derrière lui.

— La première chose qu’il faut apprendre, c’est comment le tenir.

Il couvrit la main de Nathaniel avec la sienne, moulant parfaitement leurs doigts autour de la poignée de la dague avant de le relâcher.

— Bon. Que ferais-tu si ton assaillant s’approchait derrière toi ?

Le coude collé à son flanc, Nathaniel tenta de tordre son bras, mais bien sûr, c’était inutile. Avec une paume sur la hanche du prisonnier pour l’immobiliser, Faucon couvrit de nouveau celle qui tenait le poignard.

— Dans cette situation, tu dois changer ta façon de le tenir.

Nathaniel regarda Faucon réarranger ses doigts et tourner la dague vers son poignet. Il s’appuya contre le mur formé par le torse du pirate et la chaleur se propagea jusqu’à lui.

— Là. Maintenant, souviens-toi au fur et à mesure de ce que tu sais grâce à tes leçons de lutte ?

— Que je suis un sodomite qui meurt d’envie d’être troussé par des hommes ?

Le rire de Faucon balaya les cheveux de Nathaniel et lui provoqua un frisson dans la colonne vertébrale. Le pirate lui donna un coup sur la hanche et le jeune prisonnier se surprit à sourire.

— Oh, vous voulez parler des stratagèmes de ce sport. D’accord.

Il se baissa et se retourna, se servant de l’élément de surprise pour tenter de déséquilibrer Faucon.

Ce dernier tituba et un éclat féroce se lut dans son regard quand il se redressa.

— Commençons.

Il lui enseigna ensuite les techniques de prise et de coup de poignard. Ils tournèrent en rond, l’un en face de l’autre, tandis que Nathaniel parait et donnait des coups, esquivait et slalomait. La sueur luisait de plus en plus sur leur peau au fil du temps et la cloche sonnait sur le pont pendant que le navire était ballotté par des vents plus forts.

Ils n’avaient d’yeux que l’un pour l’autre et Nathaniel écouta avidement le pirate corriger sa posture. Son épaule palpitait, mais il l’ignorait.

Au moins une heure s’était écoulée lorsque Nathaniel lança sa lame, utilisant l’élan de la fuite de Faucon pour s’accrocher à sa cheville et le faire chuter.

Au-dessus de lui, avec sa jambe gauche sur les hanches de Faucon, Nathaniel avait le poignard dans la main droite et la collait à la gorge du capitaine. Bien qu’il sache que ce dernier avait la force de le soulever et de renverser la situation en un clin d’œil, il ne put résister à un « aha ! » victorieux.

Faucon le laissa gagner. Il demeura immobile. Seul son torse s’élevait et retombait, tandis qu’ils respiraient tous les deux lourdement, leurs cheveux mouillés.

Sans y réfléchir, Nathaniel posa la main gauche sur l’entrejambe de Faucon et le pinça, la lame contre sa gorge.

— As-tu toujours été si impudent ? s’enquit le pirate en riant.

— Seigneur, non. Pas jusqu’à ce que je vous rencontre.

Il referma à nouveau sa main, sentant le membre de Faucon gonfler et le sien encore à demi dur depuis la leçon. Un grognement rauque échappa au capitaine et Nathaniel le caressa à travers le tissu rêche de son pantalon.

— Puis-je vous sucer, maintenant ?

— Est-ce le prix que tu désires pour ta victoire ?

Le jeune homme resserra sa main et la fit rouler sur le renflement. Il se lécha les lèvres. Le regard de Faucon, sous ses paupières lourdes, suivit le mouvement et son sexe tressauta contre la paume de Nathaniel, étirant le tissu.

— Oui. Je veux goûter votre verge. La rendre bien mouillée et l’avaler jusqu’à ce qu’elle soit aussi profonde que possible et que je puisse à peine respirer.

Il appuya son érection contre la hanche de Faucon.

— Je veux vous faire jouir et tout boire jusqu’à la dernière goutte.

Sa main trembla. L’extrémité de la dague restait contre la peau de Faucon, mais celui-ci ne tressaillit aucunement. Nathaniel pouvait lui trancher la gorge et plonger la lame dans cette chair vulnérable, mais le capitaine se contentait de le regarder et de se cambrer contre ses doigts.

Cette confiance coupait le souffle du jeune homme et en réponse, une impulsion le traversa. Il était difficile de croire que c’était le même pirate féroce et imposant qui avait embarqué sur le Fier William et qui l’avait kidnappé. Quel spectacle avait alors offert Faucon !

Maintenant que son bouclier avait été abaissé et que les couches de son déguisement avaient disparu, Nathaniel était déterminé à creuser davantage.

— Ou peut-être que je ne vous laisserai pas jouir tout de suite, ajouta Nathaniel en serrant le pénis de Faucon. Peut-être qu’une fois que votre queue sera bien mouillée, je vais la chevaucher. Prendre chaque centimètre en moi si profondément que j’aurai peur de me briser.

Faucon cambra les hanches.

— Comme la première fois ?

— Oui, souffla-t-il en massant le membre de Faucon et en se frottant contre lui.

À ce rythme, ils allaient jouir dans leur pantalon. Il s’inclina et saisit la boucle d’oreille dorée de Faucon entre ses dents, puis entre ses lèvres. Il suça le lobe tout entier, traçant le contour du carré doré avec sa langue.

Sa bouche contre l’oreille de Faucon, il chuchota :

— Peut-être que je vais me mettre à quatre pattes pour vous ou que je me pencherai au-dessus de votre bureau. Ou que j’écarterai les mains sur la coque et que je me préparerai à prendre votre queue comme si j’étais né pour ça.

Faucon grogna et Nathaniel se redressa suffisamment pour voir son visage. Les lèvres du pirate étaient entrouvertes et ses yeux bleus, assombris par le désir. Nathaniel se rapprocha. Il palpitait tant il avait envie de l’embrasser, de sceller ce pouvoir mystérieux entre eux qui était comme le courant de l’océan et qui les attirait tous les deux sous…

On frappa à la porte quelques secondes seulement avant qu’elle soit ouverte et Nathaniel releva la tête, scrutant avec perplexité monsieur Snell, puisque son cerveau était toujours troublé par l’idée d’embrasser Faucon jusqu’à ce que l’un et l’autre aient le souffle coupé ou celle de frotter sa barbe presque inexistante contre celle de Faucon jusqu’à ce que sa peau le brûle, que leurs langues s’emmêlent et les consument.

Toutefois, monsieur Snell sortit son pistolet.

— Espèce de salaud ! Lâche-le !

Serrant la poignée chaude de la dague oubliée, Nathaniel se redressa précipitamment et recula alors que Faucon hurlait :

— Non !

Il s’agenouilla sur le lit devant lui. Le pistolet brandi, monsieur Snell les regarda fixement, puis il soupira et secoua la tête en saisissant le sens de tout ça.

— Oh, merde alors, Faucon.

Il rangea l’arme dans sa ceinture. Ses lèvres n’étaient plus qu’une fine ligne maussade et les mots qu’il prononça ensuite furent saccadés.

— Si vous pouvez vous détacher de notre prisonnier – le sale morveux de Walter Bainbridge, la petite merde riche et pourrie gâtée qui ne vaut que cent mille livres à nos yeux – pendant quelques instants, on a besoin de vous sur le pont. Capitaine.

Leur excitation était évidente. Nathaniel se décala, haletant. Faucon se leva.

— Passez devant, monsieur le Quartier-Maître, déclara-t-il calmement à monsieur Snell.

Nathaniel les regarda partir, son souffle se coupant douloureusement. Le besoin de revoir le visage de Faucon – d’être reconnu – était plus grand que son besoin de respirer. Le capitaine n’avait apparemment pas ressenti ce tiraillement, ce courant entre eux parut s’évanouir aisément pour lui, comme la lune derrière un amas de nuages tempétueux.

Faucon regarda alors par-dessus son épaule et sourit, ses yeux se plissant et les creux dans ses joues devenant presque des fossettes. Quand la porte se referma et que le bruit de leurs pas s’estompa, Nathaniel crut presque qu’il l’avait imaginé. Mais non, tout cela avait été réel et ce geste n’avait été que pour lui.

Il était insensé d’inventorier les sourires de Faucon et de tenter de penser qu’ils n’étaient que pour lui. Il était insensé de mourir d’envie d’être caressé par Faucon, d’être pris par son membre, d’entendre ses doux gloussements et de voir ses terribles sourires narquois.

Pourtant, il ne pouvait résister, puisque dans ces instants, Faucon n’était pas tout en muscles et en os, mais il était plutôt comme un sable mouvant se façonnant entre les orteils de Nathaniel.

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