La porte de Bosch

Christophe Vasse · Chapitre 11 sur 45

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La porte de Bosch

Rebecca et Otto – Kelsingstraat, Pays-Bas, J-13

Rebecca et Otto – Kelsingstraat,

Pays-Bas, J-13

 

Rebecca proposa à Otto de ne pas rester seul au manoir, au moins pour cette nuit. Devant l’insistance de la jeune femme, il capitula, en réalité plus pour jouir un peu plus longtemps de sa compagnie que par souci de sa propre sécurité.

– Que vous rappelez-vous exactement de ce que cette chose vous a dit ? lui demanda Otto dès qu’ils eurent repris le chemin du centre-ville.

– Il faut que je me remette les idées en place. J’ai besoin de me poser et de réfléchir. Attendons d’être arrivés si cela ne vous fait rien.

Otto préféra ne pas insister et le reste du trajet se fit dans le silence.

Ils firent halte dans un restaurant chinois pour passer commande de plats à emporter et s’attablèrent sitôt arrivés dans la vieille demeure de Kelsingstraat. Rebecca ne décrocha pas un mot de tout le repas. Otto, qui observait à la dérobée son visage concentré, comprit que des rouages compliqués tournaient à plein régime sous ces belles boucles blondes et il ne fit rien pour interrompre l’intense processus de réflexion.

– Je vais me faire chauffer de l’eau pour une infusion, ça vous tente ? demanda subitement Rebecca à Otto qui avait fini par se résoudre à la compagnie de ses propres interrogations.

– Euh… oui, merci.

Elle se leva et s’activa un moment du côté du plan de travail. Le chuintement de l’eau montant en température dans la bouilloire fut une bénédiction après le long silence du repas.

– Elle veut que je me rende quelque part.

Otto, perdu dans ses pensées, releva la tête.

– Pardon ?

– Cette créature au manoir m’a dit d’aller jusqu’aux sources du Mal.

– Qu’est-ce que ça signifie ?

– Elle m’a parlé de la Babylone moderne, d’anges qui descendront du ciel pour infester la Terre, et d’une porte. Et… elle connaissait mon prénom…

Elle observa un instant le creux de sa main puis se tourna vers Otto.

– Je tiens la vie de milliards de gens au creux de ma main… Ce sont ses mots.

Otto réfléchit quelques secondes au sens de ces propos.

– Vous avez parlé d’un œil aussi…

Elle confirma d’un hochement de tête.

– Un œil est apparu dans ma main, il y avait des dessins tout autour, mais ils se sont rapidement brouillés…

Son front se rida sous l’effet d’une intense réflexion.

– J’ai déjà vu cet œil…

Son visage changea subitement d’expression. Elle quitta soudainement la pièce et réapparut quelques secondes plus tard avec un livre entre les mains.

– Je l’ai emprunté à la bibliothèque.

Elle tournait les pages de l’ouvrage avec une telle rapidité qu’Otto se demanda un instant comment elle allait bien pouvoir s’arrêter sur l’information qu’elle s’était visiblement mis en tête de trouver. Mais son doigt s’immobilisa brusquement sur la photo d’une peinture en forme de cercle.

– C’est ça.

Otto se leva et s’approcha pour mieux voir la reproduction.

– Les Sept Péchés capitaux et les quatre dernières étapes humaines, lut-il.

Il connaissait ce tableau par cœur. Il avait indéniablement l’aspect d’un œil. En son centre, le Christ, et tout autour la représentation des sept péchés capitaux.

– C’est ce qu’il y avait dans ma main, j’en suis persuadée.

– Bosch, encore… Enfin, la question de l’authenticité de ce tableau est toujours d’actualité.

– C’est un faux ?

– Pas un faux, non, mais les historiens ne sont pas unanimes pour dire que c’est bien Bosch qui a réalisé cette peinture.

Rebecca reporta son attention sur la gravure et parcourut le texte qui l’accompagnait. Après une bonne minute de silence, elle reposa deux doigts sur le papier glacé.

– « Je leur cacherai ma face, je verrai quelle sera leur fin », elle m’a dit quelque chose comme ça, c’est ce qui est écrit dans la banderole en dessous du tableau. Tout converge…

Elle médita une bonne minute encore puis se tourna vers Otto.

– Les sept péchés capitaux, la Babylone moderne, ça ne vous dit rien ?

Otto l’interrogea du regard.

– La ville du péché, Sin City…

– Vegas ?

Elle confirma de la tête.

– C’est de Las Vegas que cette créature parlait ? C’est là qu’elle veut que vous alliez ? Pourquoi Vegas ? Pour y faire quoi ?

– « La Babylone moderne enfantera le Mal », c’est ce qu’elle m’a dit. Il va se passer quelque chose là-bas en lien avec votre tableau, je le sens.

– Alors on y va.

Rebecca fixa Otto avec intensité. Il lui rendit son regard sans sourciller. Son sang-froid l’impressionnait.

– On y va ? répéta-t-elle.

Otto sourit largement et inclina la tête.

– Vous dites qu’il va se passer quelque chose là-bas, alors c’est la bonne piste. Vous voyez bien dans le futur, non ?

– Ça n’a rien à voir avec ça, répliqua Rebecca qui crut à une moquerie.

Le vieil homme, qui avait fait cette remarque le plus sérieusement du monde, ne se formalisa pas du ton revêche de la jeune femme.

– Vous dites que vous le sentez et ça me suffit. Je vous fais entièrement confiance. Il faut y aller, oui, et sans la moindre hésitation. Vous rendez-vous compte de ce qui se passe ?

Elle s’en rendait compte, oui, et la tournure que prenaient les évènements était au mieux inattendue, au pire très inquiétante. Elle repensa à toutes ces allusions faites sur sa grand-mère par la créature, dont elle n’avait pas répété un seul mot à Otto. Ils s’observèrent en chiens de faïence pendant quelques secondes. La bouilloire émit un petit bip.

– Je dois m’y rendre seule, lâcha Rebecca.

Otto leva un sourcil.

– Pardon ?

– Cette chose a bien insisté : je dois aller seule là-bas, mentit-elle.

Elle ne s’expliquait pas ce mensonge. C’était si injuste envers celui qui plaçait toute sa confiance en elle… Mais cette abomination lui avait parlé de sa grand-mère, du jour de sa mort… Ses mots lui revenaient à l’esprit, clairs comme de l’eau de roche, froids comme de la glace… « Où étais-tu, ce jour-là ? Sais-tu réellement ce qui s’est passé ? Aimerais-tu savoir ? »

Oui, elle brûlait de savoir, mais cela la concernait, elle et elle seule.

– C’est à moi qu’elle s’est adressée, à moi seule…

– Soit, mais que croyez-vous qu’il puisse nous arriver si je vous accompagnais ?

– Ce qui pourrait nous arriver ? Je dirais… à peu près n’importe quoi, vu ce qui s’est passé jusqu’à présent. Il ne faut courir aucun risque.

– Vous y allez seule, alors ?

– Tout dépend de vous, Otto, vous êtes mon client. Un séjour à Las Vegas, c’est une somme, que je comprendrai que vous n’acceptiez pas d’engager.

– C’est d’accord.

Rebecca pencha la tête de côté.

– C’est d’accord, répéta-t-il. J’ai horreur de dire ça, mais j’ai amassé suffisamment d’argent pour vivre plus que confortablement jusqu’à la fin de mes jours, et tout ça pour quoi ? Pour rester cloîtré dans un manoir avec mes chiens, mes livres et mon mauvais caractère. Je ne dis pas que je souffre de cette situation, mais je trouve que c’est quand même un beau gâchis.

Il afficha un sourire énigmatique et approcha son visage de celui de Rebecca.

– Alors, quand les personnages de l’un de mes tableaux disparaissent comme par enchantement de leur cadre et se matérialisent dans mon manoir, il est hors de question que je reste les bras croisés à ne rien faire. Soit, je ne viens pas avec vous, mais je veux des réponses.

– Ce qui se passe dans votre manoir est complètement irrationnel.

– En effet, mais vous étiez là et vous l’avez vu, comme moi. Ce qui est irrationnel le reste tant qu’on n’a pas trouvé une bonne explication qui remette les choses à leur place. Vous voulez téléphoner à la police pour leur demander cette explication ? Vous allez passer pour une folle.

– Ce ne serait pas la première fois…

Le sourire d’Otto s’élargit.

– Dites-le-moi. Dites-moi que vous n’avez pas envie de savoir.

Il tendit un doigt et l’approcha à quelques centimètres seulement de sa poitrine.

– Elle s’est adressée à vous personnellement. Bon sang, je fais appel à vous presque par hasard et c’est justement vous qu’elle attendait. Merde alors – excusez mon langage –, vous voulez me faire croire à une coïncidence ?

Il secoua la tête.

– Non, je n’y crois pas, et vous n’y croyez pas non plus. Et c’est pour ça que vous voulez aller là-bas.

Ils se jaugèrent un long moment du regard. Rebecca sortit de l’immobilité avec un hochement de tête.

– Très bien, je pars.

– Quand ?

Elle se rappela la dernière phrase prononcée par la créature. Ses notions de latin ne lui avaient permis de n’en retenir que deux mots.

– Tempus fugit… Le plus vite possible.

– Alors je ne sais même pas pourquoi on est encore en train de discuter, objecta Otto. On le prend, ce billet ?

Le premier vol disponible partait le lundi suivant. Ce ne fut qu’une fois l’avion et l’hôtel réservés que Rebecca réalisa qu’elle n’avait aucun plan à l’esprit.

– Je ne sais même pas ce que je dois faire là-bas, observa-t-elle. Par où vais-je commencer ?

Otto se lissa la barbe d’une main.

– Très bonne question…

– Et si ce n’était pas Las Vegas ?…

Ils s’observèrent sans un mot durant de longues secondes, soudain remplis de doutes, mais n’osant pas les partager avec l’autre de peur de l’enfoncer encore un peu plus dans ses propres angoisses. Rebecca jeta un coup d’œil à sa montre.

– Je peux peut-être retenter ma chance. Les vingt-quatre heures réglementaires sont passées.

– Les cartes ?

– Non, les cartes ne sont pas très bavardes ces temps-ci, je vais interroger les runes. Venez.

Elle prit la direction du salon, Otto dans son sillage. Le petit sac de jute contenant les runes était là où elle l’avait laissé la veille. Rebecca arrangea ses cheveux en un rapide chignon désordonné qu’elle noua d’un geste sec, ferma les yeux et procéda au tirage. Otto était comme hypnotisé par les lents mouvements de ses mains, des mains ivoire longilignes qui avaient gardé toute leur jeunesse, à peine marquées par de minces stries aux jointures. La jeune femme amena les trois runes face à elle et ouvrit les yeux. « Hoel », « Lagu » et « Wyrd ». Exactement le même tirage que la veille… Il ne fallait plus y voir une simple coïncidence.

– Alors ? interrogea Otto.

Rebecca, mystifiée par les runes, l’avait momentanément oublié. Elle prit une profonde inspiration avant de répondre :

– Alors rien.

– Euh… Vous pourriez être plus précise ?

– Pour faire court, disons simplement que cette rune, « Wyrd », qui évoque le futur, prédit un évènement inéluctable qui ne doit pas être révélé au consultant. En gros, les runes nous… suggèrent de ne pas chercher à en savoir plus par leur intermédiaire. Ajoutez à cela l’échec des cartes d’hier et j’ai le sentiment que mes compétences ne vont pas nous être d’un très grand secours.

– C’est dommage, c’est justement pour vos compétences que j’ai fait appel à vous.

Elle le fusilla du regard.

– Je plaisantais…, dit précipitamment Otto.

Rebecca, radoucie, ramassa les runes et les fit disparaître dans le sac.

– Ce n’est pas gagné…, souffla-t-elle.

Elle secoua la tête et passa une main sur ses yeux.

– Je suis crevée. Vous ne m’en voudrez pas si je vais me coucher ?

– Bien sûr que non.

– Je vais vous préparer un lit.

– Ne vous dérangez pas pour moi, je saurai me contenter du canapé.

– Vous n’allez pas dormir avec eux ?

Elle pointa un doigt en direction de Zao et Wouki.

– Ils vont vous sauter dessus à la première occasion.

Les deux chats étaient couchés de tout leur long sur le dossier du canapé. Otto les fixa quelques secondes.

– Ils n’ont pas l’air bien méchant.

– Méchants, non, agités, certainement. Attendez que vous vous allongiez sur le canapé. Croyez-moi, vous serez mieux dans un lit. Cela ne prendra que quelques minutes.

Rebecca projeta le drap au-dessus du matelas. Otto le saisit maladroitement de son côté et l’aida à border le lit. C’était dans cette chambre qu’elle dormait lorsqu’elle était petite, lui avait-elle dit. Un lit de style ancien, encadré par deux chevets sur lesquels étaient posées des veilleuses rectangulaires marquées de calligraphie. Les deux lampes projetaient deux cônes brillants sur les murs – c’était la seule lumière dispensée dans la pièce considérée par Rebecca comme une espèce de sanctuaire qu’elle s’efforçait de maintenir dans une semi-obscurité propice au souvenir. Elle tira les deux lourds rideaux de velours jaune.

– J’espère que ma présence chez vous ne fera pas jaser, glissa malicieusement Otto.

– Le quartier est rempli de vieilles pies bavardes. Elles ne manqueront pas de faire marcher leur imagination à plein régime, mais c’est bien la dernière chose dont je me soucie.

Otto s’approcha d’une bibliothèque posée dans un angle de la pièce.

– Je peux vous emprunter un livre ? Je ne peux pas m’endormir sans lire ne serait-ce que quelques minutes.

– Bien sûr, faites comme chez vous.

Il parcourut les reliures du regard. La plupart des auteurs portaient un nom à consonance asiatique. Son hôte semblait avoir un goût prononcé pour la littérature orientale. Il s’attarda un instant sur un portrait posé au sommet de la bibliothèque.

– Qui est-ce ? demanda-t-il machinalement.

Rebecca, qui s’apprêtait à prendre congé, se retourna et suivit le regard d’Otto.

– Ma mère.

Oui, bien sûr… La ressemblance était frappante. Otto comprenait à présent d’où Rebecca tenait sa beauté. La jeune femme sur la photo devait avoir une trentaine d’années. Elle était assise en tailleur sur une serviette étendue sur l’herbe, elle portait un débardeur blanc et un ample pantalon qui révélait deux chevilles délicates. Elle tenait ses deux mains fermement calées sous son menton et fixait l’objectif avec un regard doux et un très léger sourire aux lèvres – ce sourire délicat était la touche finale qui sublimait le cliché tout entier. Les yeux de Rebecca avaient la forme de ceux de sa mère, mais ils n’en avaient pas la douceur.

– Elle est décédée, fit Rebecca brutalement.

Otto se tourna dans sa direction.

– Oh… Je suis navré.

– J’avais deux ans. Une embolie cérébrale. La photo a été prise un mois avant sa mort.

Ce fut presque un choc pour Otto. Il revint vers ce portrait angélique, observa un long moment encore ce splendide visage. Comment était-ce possible ? Comment cet être merveilleux avait-il pu être emporté auréolé d’une telle beauté ?

– C’était une femme magnifique.

Ce fut tout ce qu’il trouva à dire. Ces mots insignifiants lui semblèrent aussitôt bien fades.

– Je n’ai quasiment aucun souvenir d’elle, poursuivit Rebecca. C’est peut-être aussi pour ça que la douleur n’est pas aussi vive qu’elle devrait l’être.

– Ça a dû être très dur pour votre père.

– Je n’ai pas connu mon père. Il a quitté ma mère juste avant ma naissance. C’est ma grand-mère qui s’est occupée de moi.

Otto ne pouvait pas imaginer qu’un homme pût délibérément tourner le dos à une si belle femme. Il fixa le visage de Rebecca dont le regard s’était brusquement endurci. Non, décidément, elle n’avait pas le regard de sa mère, peut-être son expression si dure était-elle tout ce qui lui restait de son père, à moins que les épreuves par lesquelles elle était passée se fussent chargées de la lui forger. Elle releva brusquement les yeux et sourit franchement. La métamorphose déconcerta Otto.

– Je vous laisse à votre lecture, déclara-t-elle à son invité.

– Euh… Par un miraculeux hasard, fit-il rapidement avant qu’elle ne quittât la chambre, vous n’auriez pas un… pyjama à ma taille ? J’ai horreur de dormir tout… Enfin, je ne peux pas dormir sans pyjama, et dans la précipitation j’ai oublié le mien au manoir.

Il y eut un bref silence.

– Je suis désolée, Otto, je ne porte pas de pyjama. Et… je ne pense pas avoir quoi que ce soit qui… vous convienne.

– J’ai été mince autrefois…

Rebecca fixa son invité, un léger sourire aux lèvres.

– … il y a longtemps, ajouta-t-il.

Le sourire de la jeune femme s’élargit.

– Bonne nuit, Otto.

Rebecca était allongée dans son lit, les mains derrière la tête, les yeux fixés au plafond.

Tu as vraiment le chic pour te mettre dans des situations pas possibles. J’espère que tu sais ce que tu fais, ma grande… Si tu t’en mords les doigts par la suite, tu sauras sur qui en rejeter la faute…

Elle n’était plus si sûre d’elle maintenant. Dans un peu plus de vingt-quatre heures, elle embarquait pour Las Vegas… Pour y faire quoi ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Mais qu’est-ce qui lui était passé par la tête ? Elle était peut-être allée un peu vite, pour le coup… Emportée par l’excitation d’Otto, sûrement. Aurait-il eu autant d’ardeur s’il avait lui-même poussé la porte de cette chambre au manoir ? Elle repensa à cette rencontre effrayante qui avait tout déclenché. Son poignet la lança brièvement. Elle leva son avant-bras en l’air et l’examina avec attention. Il n’y avait plus aucune trace de l’étreinte de la créature. Elle se rappela l’œil, le fluide immonde qui s’était écoulé sous sa peau. Mais que lui avait-elle fait ?…

« Te souviens-tu de ta grand-mère, Rebecca ? »

Comment cette créature pouvait-elle savoir ? Savait-elle vraiment ? Elle se tourna de côté et son regard se posa sur l’éclat de lumière que la lune avait fait naître sur la photo disposée sur la commode de la chambre. Elle ferma les yeux, serra les dents et tenta de calmer sa respiration tandis que les images commençaient à envahir son esprit.

Elle aurait voulu les chasser pour toujours, les faire disparaître une bonne fois pour toutes de sa vie…

« Aimerais-tu savoir, Rebecca ? »

Elle se jetait dans la gueule du loup, mais cette créature avait su trouver le seul argument qui pût lui faire oublier toute raison.

La porte de la chambre d’Otto s’ouvrit et une main apparut, tenant Zao par le cou. Il y eut un petit grognement, sans qu’on pût dire avec certitude s’il avait été exprimé par l’homme ou par l’animal, le félin fut déposé à terre avec délicatesse. Otto émit une plainte indistincte et s’enferma définitivement pour la nuit.

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