La porte de Bosch

Christophe Vasse · Chapitre 41 sur 45

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La porte de Bosch

Rebecca et Peter – Hôpital de Montauban, France

Rebecca et Peter – Hôpital de Montauban,

 

France

 

Rebecca ouvrit les yeux, les referma aussitôt. La lumière était aveuglante. Elle entendit le son d’un volet roulant que l’on manœuvrait et la pénombre se fit.

– C’est mieux comme ça ?

Elle tourna la tête. Peter portait une blouse bleue dont certaines coutures semblaient sur le point de craquer. Il souriait. Elle ne trouva pas la force de lui rendre son sourire, il lui fallait d’abord remettre de l’ordre dans ses idées. Elle jeta un coup d’œil autour d’elle : des murs nus, vert pâle, un chariot près du lit, un mât de perfusion, une table, deux chaises, et une fenêtre derrière laquelle elle devinait la lumière à travers les interstices du volet.

La lumière du jour.

– Rouvre-le, s’il te plaît.

– Tu es sûre ?

Elle hocha la tête. Il s’exécuta. Elle cligna des paupières le temps que ses yeux s’habituent à cette soudaine clarté, puis elle parvint à les ouvrir complètement pour contempler un ciel bleu sans nuages. Elle sourit.

– Il fait un temps splendide, dit Peter en s’asseyant sur le bord du lit. Comment te sens-tu ?

Elle se redressa et appuya son dos contre la tête du lit. Elle resta silencieuse quelques secondes, le regard fixe, semblant s’assurer que tout fonctionnait correctement à l’intérieur de son corps et de son esprit.

– Pas trop mal, répondit-elle finalement, comparé à ce qu’il me semble avoir enduré. Où sommes-nous ?

– À l’hôpital de Montauban, c’est à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Antonin.

– Saint-Antonin…, murmura-t-elle.

Des souvenirs douloureux refirent surface, qui posèrent un voile sombre sur son visage.

– Je me rappelle… les spectres, le vent, le froid…

Une lueur s’alluma dans ses yeux, elle se tourna vers Peter.

– Lui…

Elle l’interrogea du regard.

– On nous a trouvés sur le trottoir tout près du musée, inconscients, lui expliqua-t-il.

Il émit un petit rire.

– Ils ont dû nous prendre pour des clodos…

Il lui tendit un journal.

– C’est l’édition d’aujourd’hui.

Son regard se posa d’abord sur les gros titres de la première page puis elle ouvrit de grands yeux en voyant la date.

– 18 décembre…

Il confirma d’un mouvement de tête.

– Mais… Je ne comprends pas…

Elle chercha une explication dans le regard de Peter.

– Je crois que ton petit gri-gri a fonctionné au-delà de toutes nos espérances, dit-il simplement.

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