La Princesse du Gangster
Chapitre Cinq
Andrei lui lança un regard et la vit, le visage collé à la vitre du taxi. Il réprima un sourire. Ce n'était pas grand chose à côté de New-York, mais Las Vegas en mettait plein la vue. Il s'y était rendu quelques fois, mais n'avait jamais vu la ville avec le même enthousiasme qu'elle.
« Est-ce que je dois craindre que tu ne t'échappes ? » plaisanta-t-il.
« Si tu me donnes un peu de ton fric, alors oui, » dit-elle, le souffle coupé. « J'adorerais jouer à quelques jeux. Un coup de chance et je pourrais rembourser mon prêt étudiant et celui d'Alana ! »
L'espace d'un instant, il ne put que la dévisager. Elle aimait vraiment Alana. Chaque fois qu'elle évoquait son avenir, son amie en faisait partie. Et, d'après les mots qu'il avait vu Alana prononcer dans la chambre d'hôtel, ses sentiments étaient les mêmes à l'égard de Tanya.
« Je t'aime, Vadim. Et je te suivrai n'importe où, mais il faut que tu me promettes que, quand ça ne risquera plus rien, je pourrai aller chercher Tanya. C'est ma meilleure amie. Je n'ai jamais rien fait sans elle. »
Il soupira. L'amour entre Vadim et Alana sautait aux yeux. Il n'avait jamais imaginé que Vadim puisse éprouver quoi que ce soit qui ressemblât à ce qu'il avait vu sur la vidéo. Et l'affection qu'elle éprouvait pour Tanya était évidente. C'était cette affection que Tanya était en train de remettre en question.
L'espace d'un étrange instant, Andrei voulut la rassurer en lui disant qu'Alana n'avait jamais cessé de penser à elle.
« Ou alors tu perdrais tout mon fric, » grommela-t-il à la place. « N'oublie pas qu'on est ici pour trouver Vadim. On n'est pas là pour jouer. »
Tanya se cala contre le siège. « C'est vrai. J'oubliais. Tu ne fais rien qui ne soit pas pour ta famille. On est à Las Vegas. Détends-toi un peu. »
Andrei se tourna vers elle. « Eh bien, je vais devoir t'emmener faire les boutiques. »
Ses yeux s'illuminèrent. « Les boutiques ? Pourquoi ? »
« Je dois rester sous couverture à Las Vegas. Et ça signifie que toi aussi. » Andrei pencha la tête sur le côté et la regarda longuement. « Je crois que tu seras ravissante en rouge. »
Il aurait juré qu'il l'avait vue rougir tandis qu'elle se détournait.
Elle serait tout aussi jolie lorsqu'elle retirerait ce rouge. Et il avait des projets pour ce soir.
***
Tanya lissa du plat de la main la robe osée qu'elle portait. La ligne du décolleté plongeait profondément entre ses seins, et la robe moulait chacune de ses courbes. « Je ne peux pas porter ça, » déclara-t-elle en s'observant dans le miroir. Andrei voulait qu'elle joue le rôle de sa maîtresse, mais porter cette robe était bien au-delà de ses compétences.
La femme qui devrait porter cette robe était sexy et sûre d'elle. Tanya était cuisinière dans un restaurant. Pas très sexy, tout ça. Et ses trois derniers petits amis l'avaient plaquée. Tant pis pour sa confiance en elle.
Elle s'empara cependant du fer à friser et entreprit de travailler sa coiffure. Andrei avait réussi à trouver une robe parfaitement assortie à son rouge à lèvres, et elle avait le sentiment qu'il l'avait fait exprès. Elle ne put s'empêcher de sourire en l'appliquant.
Le fait qu'il l'ait embrassée suffisait à la faire se sentir sexy et sûre d'elle.
« Très bien, encore une fois, » dit-elle à son reflet. « Ton nom est Lisa Banks, et tu es serveuse de banquet. L'homme que tu fréquentes est Tony Anderson, et il est riche au-delà de l'imagination. Il est aussi analyste. » Elle fit la grimace. « Qui diable pourrait croire qu'un homme avec des muscles pareils est un analyste ? »
On frappa à la porte de la salle de bains. « Tu parles toute seule, là-dedans ? » demanda Andrei.
« Je répète, » gloussa-t-elle. « Je ne fais que répéter. »
« Tu vas sortir un jour ? »
Elle se lança un dernier regard. Si elle avait su qu'elle devrait porter une robe pareille, elle se serait calmée sur les sauces à la crème. Par chance, son maquillage était d'assez bonne qualité pour cacher le bleu sur sa mâchoire. Et elle avait une marque de bronzage.
Lisa Banks n'arborerait jamais une marque de bronzage.
« Andrei, il faut que tu me trouves autre chose, » dit-elle en ouvrant la porte à la volée. « Cette robe, ça ne va jamais le faire. »
Il entrouvrit la bouche, et prit une brusque inspiration. « Bordel. Tanya. » Il s'éclaircit la gorge. « Tu es très bien. »
« Très bien ? » Son visage se décomposa. « Écoute, peut-être que tu n'as pas besoin de moi. Je peux rester ici. Je promets que je ne quitterai pas la chambre. Je ne veux pas te faire rater ton coup. »
Elle l'observa de pied en cap. Il était vêtu d'un smoking qui dissimulait tous les tatouages de son corps. Son regard remonta jusqu'à son cou. Elle tendit la main et l'effleura du bout des doigts. « Maquillage ? »
« Les analystes n'ont pas le cou tatoué, » dit-il d'un ton brusque. « Et tu vas venir avec moi parce que tu es à tomber. » Ses doigts glissèrent le long de sa joue. « Ne t'en fais pas. Je veillerai à ce qu'il ne t'arrive rien. »
Elle ferma les yeux et se délecta de son contact. « Andrei ? » demanda-t-elle doucement, sans pour autant savoir ce qu'elle demandait. Peu importait. Il se pencha plus près et effleura ses lèvres des siennes.
« Lisa Banks ne voudrait pas qu'on étale son rouge à lèvres, » murmura-t-il en s'éloignant.
Elle leva les yeux au ciel. « Lisa Banks n'a pas l'air très marrante. Très bien. C'est quoi, le plan ? »
« On a un contact à Las Vegas qui nous toyaute sur les gros flambeurs qui passent à Las Vegas. Certains d'entre eux doivent de l'argent à Gregory alors on surveille le montant de leurs gains de près. Je ne sais pas ce que Vadim faisait ici, mais s'il est venu, Vlad devrait le savoir. »
« Vlad sait que tu es Andrei ? Dans ce cas, pourquoi cette mascarade ? »
Andrei sourit. « Le fait qu'il s'appelle Vlad ne veut pas dire qu'il est russe. Il ne me connaît qu'en tant que Tony. Je ne parle pas directement à Vlad. Je garde un œil sur lui. »
« Tu ne risques pas de griller ta couverture en tant que Tony si tu lui parles ? » murmura-t-elle.
« J'aimerais ne pas le faire. Après tout, Vlad fait directement ses rapports à Gregory, et il ne sait pas que je suis à Las Vegas. Donc c'est là que tu entres en scène. »
Son cœur s'accéléra. « Pardon ? »
« Je vais t'expliquer en chemin. » Il tendit le bras. « Mademoiselle Banks ? »
« Monsieur Anderson, » fit-elle d'une voix tendue en lui prenant le bras. Côte à côte, il la conduisit jusqu'à la limousine qui les attendait. Le chauffeur leva la cloison, et Andrei se tourna pour glisser son doigt sous la bretelle de sa robe.
« Lisa Banks n'est pas qu'une simple serveuse de banquet. C'est une croqueuse de diamants qui cherche à viser un peu plus haut que ce pauvre vieux Tony Anderson. Alors quand Lisa posera des questions à Vlad à propos de Vadim, elle devra se montrer intéressée par lui. Surtout qu'elle les a vus ensemble il y a un mois ou deux. Compris ? »
« Est-ce que Lisa est intimidante ? » demanda-t-elle, les sourcils froncés.
« Non. Lisa est aguicheuse. Le sexe est une arme, ma chère. N'oublie jamais ça. » Il regarda à travers la vitre. « Nous y voilà. »
Tanya avait des papillons dans le ventre. Elle s'efforça d'entrer dans la peau de la sulfureuse Lisa Banks en descendant de la limousine, mais elle avait seulement l'impression d'être une enfant qui jouait à se déguiser. Heureusement, Andrei jouait bien son rôle, et elle pouvait facilement se reposer sur lui. Lorsqu'ils entrèrent dans le casino, il se mit à dépenser de l'argent en tous sens comme s'il s'était agi de petite monnaie.
Beaucoup d'argent.
Elle essayait d'affecter un air d'ennui, mais au fond d'elle-même, elle n'en revenait pas. Andrei était-il vraiment aussi riche ? Elle s'était dit qu'il la chambrait lorsqu'il lui avait commandé du caviar et du champagne, mais ces sommes-là dépassaient la plaisanterie.
Elle aurait deux mots à lui dire à propos de l'hôtel miteux où ils avaient séjourné. « Anderson ! Bon retour parmi nous ! » Les hommes lui donnaient des tapes dans le dos et la regardaient avec envie, et les femmes mettaient leurs seins en avant en lui lançant des regards haineux. Tony Anderson avait manifestement une réputation.
Et Andrei avait sans nul doute l'apparence qui collait à cette réputation.
Il se pencha en avant et lui chuchotta à l'oreille. « Jette un coup d'œil sur la gauche. L' homme assis au bar, c'est Vlad. Le deuxième à gauche. Je veux que tu lui rentres dedans, que tu t'excuses abondamment, et que tu le reconnaisses comme l'homme qui était avec Vadim. »
Son cœur battait la chamade dans sa poitrine tandis qu'elle tournait lentement la tête. Elle inspira profondément, embrassa Andrei sur la joue et traversa la foule. Il lui vint à l'esprit, tandis qu'elle s'éloignait de plus en plus d'Andrei, qu'elle pourrait prendre la fuite. Dans cette foule, avec tout ce qui se passait, il mettrait un moment à la retrouver. Peut-être qu'une fois qu'elle aurait obtenu les informations dont elle avait besoin, elle se lancerait elle-même sur les traces d'Alana et l'avertirait de ce qui se tramait.
Elle fit pivoter sa cheville au moment où elle se retrouva derrière lui et lui rentra dedans. « Oh ! » s'exclama-t-elle en heurtant la table. Fidèle à sa maladresse, elle était parvenue à ce que tous dexu percutent le bois. « Je suis tellement désolée ! »
Il tendit une main pour l'aider à reprendre son équilibre et parvint à la poser pile au-dessus de ses hanches. Ses yeux s'ouvrirent en grand lorsqu'il la regarda, et elle sourit en penchant la tête sur le côté. « Tout va bien ? »
« Oui, » baffouilla-t-il. Il retira sa main en hâte et remonta ses lunettes. Son accent était à cent pour cent américain, et l'on pouvait aisément comprendre pourquoi il gardait un œil sur les flambeurs. Vlad semblait capable de se fondre dans un mur s'il le souhaitait. Il passait complètement inaperçu. Voilà qui allait quelque peu compliquer la suite.
« Vous m'êtes familier. On se connaît ? »
Que ce fut dû au choc d'avoir marqué une mémoire, ou au choc d'avoir marqué celle d'une femme portant une robe aussi suggestive, Vlad recula d'un pas chancelant. « Familier ? » demanda-t-il comme s'il n'avait jamais entendu ce mot auparavant.
Elle prit le siège vide qui jouxtait le sien et se massa la cheville. Là, elle ne jouait pas la comédie. D'une manière ou d'une autre, elle s'était vraiment blessée au cours de la fausse chute. « Je m'appelle Lisa Banks. Je jurerais vous avoir déjà vu quelque part. »
« Vlad. Et croyez-moi, je me souviendrais de vous, » dit-il tandis qu'il la scrutait de la tête aux pieds.
Tanya claqua des doigts. « Vlad. Vous n'avez pas l'air d'un Russe. Oh, c'est ça ! Vous étiez avec cet homme si charmant, il y a quelques mois de ça. Quel était son nom ? Il avait un accent russe des plus sexy. Vincent ? Vadim. »
« Une fantaisie de mes parents. Vous connaissez Vadim ? »
Après cette vidéo, elle en savait beaucoup plus sur Vadim qu'elle ne l'aurait souhaité. « Non, mais j'aimerais bien en savor plus sur lui, c'est certain. Que pouvez-vous me dire ? »
Vlad lança un regard nerveux autour de lui. « Oh, vous avez l'air d'une fille bien. Je ne pense pas que vous ayez envie de frayer avec Vadim. De plus, la dernière fois que je l'ai vu, il avait l'air très amoureux. »
Bingo. Vlad avait vu Vadim au cours des dernières semaines. Comme conscient de la valeur de l'information qu'il venait de révéler, il se replia aussitôt sur lui-même. « Je crois que je vais faire une partie de dés. Veuillez m'excuser, » dit-il en glissant du tabouret.
Et merde. Si elle n'obtenait pas les renseignements dont ils avaient besoin, Andrei devrait les lui arracher par la force. Non seulement cela ruinerait sa couverture, mais le pauvre gars le sentirait certainement passer. Elle tendit la main et lui aggripa le bras. « Je ne laisse jamais une autre femme se mettre en travers de mon chemin. » Elle glissa de son tabouret de bar, se serra contre lui jusqu'à ce qu'il retombe sur le tabouret, et balaya de la main quelques peluches qui se trouvaient sur sa veste. « Pourquoi ne pas me dire où je pourrais trouver Vadim ? Il se trouve que je m'ennuie un peu, ce soir. »
Vlad rougit comme une tomate. « Vadim n'est plus en ville. Il n'est resté ici qu'un jour ou deux, puis je crois qu'il a parlé du Colorado. Je serais tout à fait ravi de vous divertir si vous cherchez quelque chose à faire. »
Elle ignora la dernière suggestion tandis qu'elle faisait courir son doigts le long de la bouttonière de sa chemise. « Le Colorado ? Mais il y fait si froid. »
« Boulder est superbe à cette époque de l'année. »
Bingo. Au moment même où ses doigts allaient descendre trop bas, elle sentit une main se refermer sur sa taille. « Chérie. Qu'est-ce que tu fais ? » gronda Andrei.
Les yeux de Vlad s'arrondirent sous l'effet de la peur, et Tanya s'écarta de lui. « Tony. J'aidais juste ce beau jeune homme à remettre sa cravate en place. Je la lui ai mise un peu de travers en le bousculant. » Elle sourit et leva la main pour redresser sa cravate.
« Très bien. Je n'aimerais pas me dire que tu cherches d'autres formes de divertissement. »
Tanya leva les yeux aux ciel à l'attention de Vlad et se retourna. « Je n'ai besoin que de toi, » dit-elle. Completely taken by her character, she pulled Andrei down and kissed him hard. Lorsque sa langue se glissa dans sa bouche, elle sentit ses mains errer le long de son dos et sur les courbes de ses fesses. Il la serra contre elle, et elle le sentit durcir.
Prenant conscience du fait qu'ils étaient en public, elle s'écarta de lui. « Tu as abîmé mon rouge à lèvres, » minauda-t-elle en le tirant à l'écart.
Il posa la main au creux de ses reins et la poussa pratiquement hors du casino. « Ton fric, » murmura-t-elle en s'arrêtant à l'entrée, mais il continua de s'éloigner.
« Je me contrefous du fric. » La limousine freina et, avant que Tanya ne comprenne ce qui se passait, Andrei l'attira sur ses genoux. Ses mains remontèrent le long de ses jambes, entraînant le tissu rouge. « Alors, qu'est-ce que tu as trouvé, Lisa ? »
Ils ne faisaient que jouer la comédie. Peut-être qu'Andrei devait donner le change devant le chauffeur. Elle n'en savait rien, et honnêtement, elle s'en fichait. Elle ne parvenait à se concentrer que sur sa main qui remontait de plus en plus haut sur l'intérieur de sa cuisse. Lorsqu'il atteignit l'espace humide où ses cuisses se rejoignaient, il s'arrêta, et ouvrit de grands yeux.
« Je ne pouvais pas me permettre d'avoir une marque de culotte, » dit-elle d'une voix étouffée. Seigneur, il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin, si ? Aucun obstacle ne l'empêchait de glisser ses doigts en elle. Alors pourquoi ne le faisait-il pas ?
Avec un grondement, il l'attira à lui et captura de nouveau ses lèvres. Ses genoux s'écartèrent, et il glissa un doigt en elle tout en appuyant de son pouce sur son bouton turgescent. Elle gémit et souleva ses hanches à la rencontre de sa main. Il fallait qu'il aille plus fort. Il fallait qu'il aille plus vite.
Au lieu de cela, il ne bougea pas du tout ses doigts. Ses yeux s'ouvrirent brusquement et elle le dévisagea. « Qu'est-ce que tu fais ? »
« J'attends que tu me répondes, » fit-il avec un sourire.
« Et le sexe est une arme ? » Elle haussa un sourcil et reserra lentement ses jambes. « Il va falloir faire mieux qu'un seul doigt si tu veux des réponses de ma part, » provoqua-t-elle.
Il renifla avec dédain, mais ne bougea pas. Au lieu de cela, il fit lentement aller et venir son doigt en elle. C'était le plus léger des mouvements, et pourtant, il avait sur son corps un effet incroyable. « Si tu attends jusqu'à l'hôtel, je te promets que je serai loin d'être aussi doux avec toi, » murmura-t-il en léchant l'extérieur du lobe de son oreille. « Tu ferais mieux de parler maintenant. »
Andrei appuya plus fort sur son clitoris, lui coupant le souffle. « Peu importe ce que tu comptes m'infliger, je peux l'encaisser, » murmura-t-elle tandis que le plaisir montait en elle. Seigneur, il la touchait à peine, et elle était sur le point d'exploser. Souriant comme s'il en avait conscience, il ralentit ses mouvements. Elle serra les dents pour s'empêcher de le couvrir de jurons, et la limousine s'arrêta enfin.
Il retira sa main et baissa lentement sa robe. Le chauffeur prit son temps pour ouvrir la portière, et au moment où il le fit, elle était sur son propre siège, et présentable.
Si l'on exceptait ses joues rougies.
Andrei ne la toucha pas tandis qu'ils entraient dans l'hôtel. Dans l'ascenseur, il s'installa dans le coin opposé et lui adressa un sourire entendu. Elle bouillait de colère en silence.
Il ouvrit galamment la porte et l'invita à entrer d'un geste de la main, mais elle ne le regarda pas dans les yeux. Si c'était sa façon de jouer, elle ne voulait rien avoir à voir avec ça.
Tout à coup, il saisit ses bras et la retourna. Elle poussa un cri aigu lorsque les menottes se refermèrent sur ses poignets, bloquant ses bras dans son dos. « Andrei ! »
Il radouçit son contact et la poussa doucement vers le lit. « Je t'aurai avertie, » dit-il d'une voix grave. « C'est ta dernière chance, Tanya. Dis-moi ce que Vlad t'a dit. »
Il était toujours en train de jouer, mais Tanya était sûre qu'elle n'avait rien à craindre d'Andrei. Au lieu de cela, elle leva le menton. « Vas-y. Lisa a peut-être peur qu'on étale son rouge à lèvres, mais pas moi. »
Avec un grondement, il la poussa sur le lit et se pencha sur elle. Il tira le haut de sa robe sur le côté d'un coup sec, il libéra l'un de ses seins. Il en caressa immédiatement le bout de son pouce. Encore et encore. Ses mamelons avaient toujours été sensibles, et frôlaient à présent la douleur tandis qu'il les pinçait et les caressait. Lorsqu'elle geignit, il se pencha en avant et le lécha.
« Tu vas devoir faire mieux que ça, » gémit-elle lorsqu'il s'arrêta. Le désir assombrit ses yeux tandis qu'il écartait l'autre pan de sa robe et dévorait son autre mamelon. Sa tête retomba en arrière, et l'inconfort dû au fait d'avoir les mains liées disparut. Il n'y avait plus rien d'autre.
« Dis-moi ce que tu as appris, » murmura-t-elle en glissant une main sous sa robe. « Et je te donnerai ce que tu veux. »
Son doigt se glissa en elle, et elle s'efforça de se concentrer sur ce qu'il disait. « Y compris me libérer ? » demanda-t-elle, à bout de souffle.
Il s'interrompit, se pencha plus près et appuya ses lèvres contre la base de sa gorge. « Tu peux franchir cette porte quand tu veux, je ne t'arrêterai pas. Vas-y. Essaie de t'enfuir. Tu ne le feras pas. Et tu sais pourquoi ? »
Elle le dévisagea, le souffle coupé. Son regard était dur, mais sa voix était douce, et ses doigts ne cessaient jamais de bouger. « Tu as trop envie de ça. Tu aimes l'aventure. L'adrénaline. Le danger. »
Avant qu'elle ne puisse le contredire, il appuya plus fort sur son clitoris, et elle poussa un cri tandis que son orgasme prenait le contrôle de son corps. Elle gémit et se débattit, puis s'effondra dans ses bras.
Mais elle garda son secret.
Alors qu'il retirait ses vêtements, il ne semblait même plus se soucier de ce qu'elle avait découvert. Ses yeux ne quittèrent pas ceux de Tanya tandis que sa chemise, puis son pantalon, tombaient. Elle émit une exclamation étouffée lorsqu'il en jaillit, et fut prise d'un violent désir de poser ses mains sur lui. « Enlève-moi les menottes, » haleta-t-elle.
« Pas avant d'avoir eu ce que je veux, » gronda-t-il.
« Je t'en prie. J'ai besoin de te toucher, » supplia-t-elle. Un grondement sourd roula dans sa gorge tandis qu'il extirpait la clé de sa poche et se penchait sur elle. Elle se retourna afin de lui faciliter l'accès, mais lorsque les menottes tombèrent, il appuya sur son dos pour la maintenir sur le ventre et dépouilla son corps de la robe.
« Tellement belle, » murmura-t-il tout en faisant courir sa langue le long de son dos. Elle gémit lorsque ses doigts parcoururent ses fesses, et, alors qu'elle soulevait ses hanches, elle était déjà de nouveau humide et prête pour la suite.
D'une poussée vers le haut, elle se dégagea de sous lui en se tortillant et referma ses doigts sur lui. Il était plus épais et plus long que tout ce qu'elle avait connu auparavant, et il lui fallait à tout prix l'avoir en elle. Il émit un grognement sourd et ferma les yeux alors qu'elle le caressait, et elle fut impressionnée par son endurance.
Combien de temps tiendrait-il en elle ? Combien de fois la ferait-il jouir ?
« Allonge-toi, » murmura-t-il. Elle le lâcha et se cala contre les oreillers. Il prit place entre ses jambes et se pencha sur elle. « J'ai pensé à ce moment depuis l'instant où ta photo a atterri sur mes genoux. Tu n'as aucune idée de ce que j'ai pu fantasmer. »
Tanya souleva ses hanches pour le frôler, et il émit un grognement. « Tu n'as plus besoin de fantasmer. Je suis là. »
Sans vraiment l'avertir, il souleva ses hanches et plongea en elle. Un cri de plaisir s'étrangla dans sa gorge alors qu'il s'arrêtait à peine. Il l'étirait et l'emplissait tout entière, et lorsqu'il fut entré aussi profondément que possible, il recula et donna un nouveau coup de reins.
« Putain, » siffla-t-il. « Tu es si étroite. »
« Ne t'arrête pas, » supplia-t-elle. Le sexe ne lui avait jamais procuré pareille sensation auparavant. Elle n'avait jamais rien éprouvé de tel auparavant. Il captura avidement ses lèvres et continua de donner des coups de boutoir en elle. Tandis que montait un second orgasme, elle roulait son bassin et se tortillait sous lui. Tout en l'envelopppant de ses jambes, elle se soulevait encore et encore pour le recevoir aussi profondément que possible.
Elle en voulait davantage.
« Dans l'autre sens, » murmura-t-elle.
Il les renversa. Elle agrippa la tête de lit tandis qu'elle l'enfourchait, il la saisit par les hanches, et, alors qu'elle le chevauchait, il atteignit des sommets auxquels personne ne l'avait conduit jusqu'alors. Et lorsqu'elle vola en éclats autour de lui, il la soutint et l' obligea à tenir plus longtemps. Elle le chevaucha à travers son orgasme, et au-delà. Ses jambes protestaient violemment, mais le plaisir était trop intense. Addictif.
« Andrei. Baise-moi, Andrei, » gémit-elle, son corps ruisselant de sueur. Ses mains la serraient si fort tandis qu'il l'empalait brutalement qu'elle savait qu'il lui ferait des bleus, mais elle s'en moquait. Tout à coup, ses gémissements à lui rejoignirent les siens, et lorsque son corps se tendit enfin tandis que l'orgasme le plus intense de sa vie s'emparait d'elle, il poussa un cri et se pressa contre elle tandis qu'il répandait sa semence.
Épuisée et tremblante, elle s'effondra sur lui. Elle n'avait jamais rien éprouvé de tel de toute sa vie.
“Boulder,” murmura-t-elle en fermant les yeux. « Il est à Boulder, dans le Colorado. »
Il l'enveloppa de ses bras, et elle s'endormit alors qu'il était encore en elle.
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