La Princesse du Gangster

Bella Rose · Chapitre 26 sur 28

Pages du PDF

La Princesse du Gangster

Chapitre Huit

 

Marriés. Andrei avait du mal à le croire. Vadim avait réellement l'intention d'épouser cette femme. Que diable était-il censé faire de cette information ?

Frustré, il laissa Tanya à l'hôtel et partit à la recherche de tenues appropriées pour la soirée. Elle avait insisté pour acheter sa robe seule, mais il n'avait pas envie de la voir pour l'instant. En réalité, c'était plus compliqué que cela. Il ne voulait pas se la rappeler en permanence. Le goût de sa peau. La façon dont elle l'enveloppait si étroitement.

Sa manière d'embrasser.

Avec un juron, il s'arrêta dans la rue et s'appuya contre le mur. Vadim n'était pas du genre à se marier. Andrei avait toujours pris son cousin plus âgé pour modèle, et à présent que Vadim s'écartait du chemin, il ne savait plus quoi faire. Vadim quittait le troupeau. Vadim était amoureux et allait se marier.

Andrei aurait voulu dire que cela lui échappait entièrement, mais la vérité, c'était qu'il comprenait très bien. Il voyait en Tanya des choses qu'il ne voulait pas voir. Il aimait en Tanya des choses qu'il ne voulait pas aimer.

Elle suscitait en lui des réactions qui n'étaient pas seulement physiques.

Agacé, il la repoussa hors de ses pensées et continua de marcher en direction de la boutique. Il trouverait Vadim ce soir, et il savait exactement ce qu'il lui dirait.

Andrei il lui dirait qu'il était un imbécile. Il était en train de laisser une femme l'attendrir. Il fallait qu'il la quitte et qu'il revienne vers Gregory. Alors, peut-être qu'Andrei quitterait Tanya.

Au souvenir de la réaction de Tanyaà la robe rouge, il opta pour quelque chose de plus sobre. La robe noire moulerait quand même ses courbes, et elle était fendue dangereusement haut, mais le tissu était taillé haut sur sa poitrine et couvrait la majeure partie de son dos. Elle serait toujours sexy, mais les chances seraient moindres pour qu'elle fasse une attaque de panique en la portant.

Après avoir acheté son costume, il s'empara de ses sacs de vêtements et repartit à pied en direction de l'hôtel. Lorsqu'il y arriva, la chambre était vide.

« Tanya ! » Il laissa tomber les vêtements et se précipita dans la salle de bains. Elle était également vide. La panique le submergea alors qu'il se ruait dans le couloir et dévalait les escalier. Les hommes de Sousa l'avaient eue. Bordel, peut-être que Gregory avait envoyé des hommes à leur poursuite. Dans tous les cas, elle avait disparu.

Elle est peut-être partie toute seule, railla une voix dans sa tête. Il était impossible qu'elle le quitte, n'est-ce pas ?

La triste vérité était qu'il aurait préféré qu'elle soit blessée ou même morte. Il fouilla le hall d'accueil et les pièces alentour, mais il n'y avait aucune trace d'elle. Le cœur battant la chamade, il monta les escaliers à toute vitesse pour fouiller la chambre à la recherche d'indices.

Lorsqu'il ouvrit la porte à la volée, elle poussa un hurlement. Elle était assise sur le lit, couverte de Doritos qui avaient jailli de son sac lorsqu'elle avait sursauté. « Andrei, tu veux me faire faire une attaque ? » demanda-t-elle.

« Bordel, où est-ce que tu es partie ? » demanda-t-il.

« Au premier étage, » dit-elle comme s'il s'était agi de la chose la plus évidente au monde. « On n'a rien mangé depuis hier soir. J'avais besoin d'un casse-croûte, et ils ont un distributeur de cochonneries là-bas. »

« Tu es partie pour des chips ? Tu ne devais pas quitter la chambre. Je t'ai donné des ordres bien précis. »

« Des ordres ? » Elle fronça les sourcils et se leva du lit. « Tu n'as rien dit de tel. J'aurais pensé que tu ne serais pas stupide au point de me donner des ordres. »

« C'était implicite, » dit-il, les dents serrées.

« Implicite ? » rétorqua-t-elle. « Tu m'as dit que je pouvais aller où ça me chantait. Je n'avais pas compris que ça voulait dire partout sauf au premier étage pour acheter un putain de casse-croûte ! »

Les yeux étrécis, il s'approcha d'elle. « Tu aurais pu nous compromettre. »

« Tu as quitté l'hôtel. J'ai à peine quitté le putain d'ascenseur. C'est quoi, le vrai problème, Andrei ? Hein ? Tu n'es pas en train de m'engueuler pour des Doritos, alors c'est quoi qui t'ennuie vraiment ? Sergei t'a dit quelque chose ? Tu t'es enfin rendu compte que Vadim risque de ne pas revenir avec toi ? »

« Fais gaffe, » dit-il lentement.

« Pourquoi c'est si important que tu le trouves ? C'est ton cousin. Tu ne veux pas qu'il soit heureux ? » le provoqua-t-elle.

« Ferme ta gueule, Tanya. Je te préviens. »

« Ça t'ennuie qu'il ait une vie et pas toi ? »

« Oui, » vociféra Andrei. « On n'est pas élevés pour tomber amoureux et se tirer avec des nanas. S'il ne revient pas, ça signifie quoi pour moi ? »

Elle le dévisagea, bouche bée. « Andrei, vous n'êtes pas la même personne. Mais ça ne veut pas dire que tu ne peux pas partir aussi. »

« Je ne quitterais jamais ma famille, » siffla-t-il.

« Même pas par amour ? » demanda-t-elle doucement.

L'air s'alourdit lorsqu'il se rendit compte de ce qu'elle lui demandait. « Je sors m'éclaircir les idées, » dit-il doucement. « Je veux que tu sois habillée et prête à partir quand je rentrerai. »

«Andrei, attends. »

Il fit volte-face. « C'est pas de l'amour, Tanya. C'est une mission. La nuit dernière, ce n'était rien d'autre que du sexe. Du sexe génial, et crois moi, ma jolie, j'adorerais te baiser encore, mais ce ne sera jamais rien de plus que ça. Arrête de me regarder comme un chiot battu. C'est comme ça. »

Andrei lui tourna le dos, ramassa son costume sur le sol, et sortit en claquant la porte. Une fois dans le couloir, il s'adossa au mur et inspira profondément. C'était censé le faire se sentir mieux. C'était censé alléger l'atmosphère et lui faire savoir ce qu'il ressentait vraiment.

Alors pourquoi avait-il l'impression d'avoir brisé son propre cœur ?

***

Tanya garda les yeux rivés sur la porte. Seigneur. Elle l'aimait, et il venait de la mettre au tapis. Bon sang, il avait piétiné, écrasé et tapé sur son cœur jusqu'à ce qu'il ne soit plus que poussière. Elle n'avait jamais autant souffert. Elle ne s'était jamais sentie à ce point brisée auparavant.

Elle l'aimait, et il n'éprouverait jamais la même chose pour elle.

« Tu ne vas pas pleurer, » se dit-elle. « Tu ne vas pas pleurer. Tu vas le prendre par le bras ce soir et tu ne ressentiras rien. Tu vas trouver Alana et tu vas la convaincre que cette famille n'est rien de plus qu'une bande de criminels endurcis. Il n'y a pas de fin heureuse possible. »

Elle traversa lentement la pièce et se pencha pour ramasser la robe. Elle en retira lentement le plastique et la regarda longuement.

Noire. Sexy. Sobre. Il avait dû l'écouter, après tout, car c'était exactement la robe qu'elle aurait choisie. Dans cette robe, elle pourrait être sûre d'elle et se sentir magnifique.

Du moins, elle aurait pu, si l'homme à son bras ne venait pas de la dépouiller de tout son amour-propre.

Elle était légèrement froissée d'avoir traîné sur le sol, elle ouvrit donc à fond le robinet d'eau chaude de la douche et la suspendit pour laisser la magie de la vapeur opérer. De là, elle se mit à rassembler lentement ses affaires éparpillées dans la chambre. Après ce soir, qu'elle trouve Alana ou non, elle quitterait Andrei. Elle n'avait peut-être pas ses relations, et sans lui, elle ne trouverait peut-être jamais son amie, mais elle ne pouvait plus rester près de lui. Ce qu'elle avait éprouvé lorsqu'elle étaut dans ses bras la hantait déjà. La sensation de ses baisers, de le sentir en elle, la hanterait toujours.

C'était une chose qu'elle ne surmonterait jamais.

Elle fourra quelques objets dans les poches de son jean et jeta le reste dans son sac. Alors qu'elle sortait son maquillage, elle entendit la porte s'ouvrir. « Tu ne t'attendais quand même pas à ce que je sois déjà habillée, » dit-elle sèchement en se retournant.

Ce n'était pas Andrei.

À sa place, l'homme qui s'était introduit de force dans son appartement entra accompagné de trois hommes. Et ils avaient tous une arme au poing. « Je pense que cette tenue fera l'affaire, » dit-il avec un sourire.

« Andrei sera de retour d'une minute à l'autre, » dit lentement Tanya en se redressant.

« On l'a vu sortir, et on a deux gars qui le suivent. Même si on ne le capture pas, crois moi, il ne sera pas là à temps pour te sauver. » Il leva son arme et l'agita dans sa direction. « Tu peux me suivre maintenant, ou bien je peux te tirer dessus et te traîner dehors. »

« Ça ferait beaucoup de bruit, » dit nerveusement Tanya. « On est au troisième étage. Quelqu'un remarquera bien une traînée de sang et une femme qui hurle. »

« On a déjà soudoyé le gérant de l'hôtel et son personnel. Je ne pense pas que ça posera problème. »

« Et les clients ? » souligna-t-elle rapidement. « Les autres clients de l'hôtel appelleront les secours. »

Il sourit. « Et je les soudoierai également. Mais ce serait mieux si tu venais de ton plein gré. »

Tanya renifla dédaigneusement. « Et pourquoi je ferais ça ? »

L'homme fourra son arme dans sa poche et lui tendit son téléphone. Tanya sentit la peur la transpercer tandis qu'elle s'approchait. C'était une vidéo d'Alana attachée à une chaise. Et quelqu'un appuyait un pistolet contre sa tête. « Parce que si tu ne le fais pas, tu pourras regarder ton amie mourir. D'une horrible mort. »

Il s'écarta, et Tanya se dirigea sur des jambes flageollantes vers l'ascenseur. Il semblait qu'elle allait bel et bien voir Alana ce soir en fin de compte.

 

OceanofPDF.com