L'Architecture romane

Édouard Corroyer · Chapitre 8 sur 37

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L'Architecture romane

Chapitre V[7]

[Image non disponible.]

FIG. 15.—PALAIS DE SARVISTAN (PERSE). (Coupole.)

(D’après les dessins de M. Dieulafoy.)

 

La construction tout entière se développe autour d’une salle ornée dont le rôle prépondérant est accusé: au dehors par une haute coupole, et au dedans par les vastes proportions du vaisseau et la largeur des baies percées au milieu des faces. Deux des entrées s’ouvrent sur les galeries extérieures: la première, située dans l’axe général de la construction, est précédée d’un porche composé de trois travées dissemblables; la seconde vient à la suite d’un vestibule communiquant avec le porche et une pièce voûtée.

«La partie la plus intéressante de l’édifice, celle qui mérite par cela même d’être étudiée avec le plus grand soin, est sans contredit la grande salle et l’ensemble des voûtes qui les surmontent.

«Le dôme, construit entièrement en briques, est de forme ovoïde. Il repose sur quatre trompes bandées entre les angles et sur quatre pendentifs qui raccordent la base de la coupole avec les trompes et les faces verticales des murs. Tout cet ensemble est soutenu par quatre grands arceaux elliptiques au milieu et au fond desquels s’ouvrent les portes...

«Le monument de Sarvistan est bien simple d’aspect; cependant il est du plus haut intérêt, car son étude éclaire d’un jour tout nouveau l’histoire de la coupole sur pendentifs dont Sainte-Sophie nous offre un des exemples les

plus célèbres[6]....»

 

CHAPITRE V [ 7 ]

T R A N S F O R M AT I O N D E S B A S I L I Q U E S C I V I L E S .

— O R I E N TAT I O N D E S B A S I L I Q U E S E T D E S

É G L I S E S C H R É T I E N N E S .

 

Dès les premières années du IVᵉ siècle, après la promulgation du célèbre édit rendu à Milan en 313, et par lequel Constantin proclama le christianisme religion de l’Empire, les architectes chrétiens comprirent le parti qu’ils pouvaient tirer des basiliques civiles admirablement disposées pour recevoir un grand nombre d’hommes et, avant de construire de toutes pièces les temples de la religion nouvelle, ils approprièrent pour l’exercice du culte nouveau les diverses parties des édifices anciens qu’ils avaient à leur disposition.

De par les Constitutions apostoliques l’église devant représenter la barque de saint Pierre, l’avenue centrale de la basilique devint la nef.

Des balustrades ou des murs d’appui la divisaient en deux parties.

Au bas de la nef était le pronaos, emplacement destiné aux catéchumènes et à une certaine classe de pénitents; en un mot, à tous les membres de la communauté chrétienne qui, ne pouvant entendre qu’une partie des offices, étaient tenus de sortir de l’église avant la consécration.

Plus haut, vers le transsept, se trouvait le chœur—chorus,—espace entouré d’une cloison basse dans laquelle étaient disposés des ambons, ou pupitres, pour la lecture, par les diacres, des Saintes Écritures; à cette place se tenaient les chantres, les instrumentistes, les exorcistes et de nombreux acolytes qui composaient avec eux le bas clergé des basiliques.

A l’extrémité de la nef, au centre du chalcidique, ou transsept, donnant au plan basilical la forme d’un T ou d’un tau, figure pour laquelle les chrétiens eurent une prédilection particulière parce que le tau était l’image de la croix, se trouvait l’emplacement de l’autel, le sanctuaire, l’altarium ou sacrarium, la place des diacres et des sous-diacres.

L’autel était placé au milieu, entre l’hémicycle ou abside ménagée dans le mur du fond et l’arc triomphal s’ouvrant dans la nef.

L’hémicycle ou abside, qui avait été jadis le tribunal, devint l’emplacement des prêtres ordonnés; c’est pourquoi on le trouve désigné sous le nom de presbyterium. Un banc circulaire, interrompu au milieu par un siège plus élevé, consistorium, contournait le mur du fond. La place éminente, suggestus, était celle de l’évêque ou du dignitaire qui en tenait lieu.

Les galeries latérales ou bas côtés recevaient l’assistance. Les dénominations de plaga ou de porticus étaient communes à l’une et à l’autre; on les distinguait par l’épithète de dextera et læva, droite ou gauche; ou par le déterminatif virorum, mulierum, parce que les sexes étaient séparés dans l’église et que les hommes devaient occuper la droite et les femmes la gauche; mais la détermination de la droite et de la gauche des églises a été de bonne heure une cause de confusion parce que l’orientation des églises a changé et que les liturgistes du moyen âge s’attachèrent à la lettre des anciens textes sans tenir compte de ce changement.