L'Architecture romane
Chapitre VIII
(Coupe transversale.)
formée par deux rangées d’arcades retombant sur des colonnes rappelant le dorique romain.
Parmi les baptistères élevés en grand nombre au Vᵉ siècle, celui de Novare est à citer parce qu’il rappelle les dispositions d’un édifice plus ancien destiné au même usage, élevé à Rome au IVᵉ siècle par saint Sylvestre, près de Saint-Jean-de-Latran.
Suivant l’usage adopté par les premiers chrétiens, le baptistère était séparé de la basilique; celui de Novare se compose d’une enceinte de forme octogonale couverte par une voûte en arc de cloître surmontée d’une lanterne ajourée.
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FIG. 27.
BAPTISTÈRE DE NOVARE. (Plan.)
Au milieu était la piscine dans laquelle on baptisait par immersion; le mur était évidé par quatre niches semi-circulaires et par quatre enfoncements rectangulaires; dans celui du fond était placé l’autel, dont l’usage était prescrit par les cérémonies liturgiques du baptême. L’édifice était éclairé par des fenêtres, percées, sur chaque pan de l’octogone, au-dessus de la toiture en appentis couvrant les niches formant la base de l’édifice.
CHAPITRE VIII
S Y R I E C E N T R A L E . — B A S I L I Q U E D E TA F K H A . —
B A P T I S T È R E D E M O U D J E L E I A . — É G L I S E S D E
B E H I O E T D E B A B O U D A .
L’architecture chrétienne qui avait pris à Rome, dès les premières années du IVᵉ siècle, un essor si puissant, se répandait et se développait au même temps en Orient et particulièrement dans la Syrie centrale. L’influence romaine s’était d’ailleurs manifestée dans ce pays dès le IIᵉ siècle et il fut pendant plusieurs siècles un foyer d’art dont le rayonnement s’étendit
jusqu’en Europe [10].
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disponible.]
FIG. 28.
BASILIQUE DE TAFKHA
(SYRIE CENTRALE).
(Plan.)
La basilique de Tafkha (Syrie centrale) est un édifice chrétien bâti du IVᵉ au Vᵉ siècle sur le modèle des basiliques antiques.
On saisit ici sur le fait la transition de la basilique civile romaine à
l’église chrétienne[11].
Le système de construction est des plus simples: la nef était formée par des rangées d’arcs parallèles, un grand arc pour le vaisseau central et deux
plus petits, superposés, pour les bas côtés (fig. 29). Ceux-ci avaient deux étages; le plancher de la galerie haute était en pierre, comme l’édifice tout entier, et il se composait de dalles portées sur des corbeaux engagés dans les murs transversaux.
Ces murs étaient espacés à environ trois mètres l’un
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FIG. 29.—BASILIQUE DE TAFKHA (SYRIE CENTRALE).
(Coupe transversale sur A-B du plan.)
de l’autre et le plafond était fait par de larges dalles posées sur leur sommet, la portée des dalles du plafond étant diminuée par la saillie d’une corniche courant sur toute la largeur de la nef. Sur ces dalles, une aire en béton ou en ciment assurait, par des pentes, l’écoulement des eaux pluviales.
Les coupes transversale et longitudinale (fig. 29 et 30) montrent clairement ces curieuses dispositions en même temps que l’habileté des constructeurs qui, n’ayant que la pierre à leur disposition, ont su en tirer parti de la manière la plus pratique pour la construction proprement dite; ils ont même remplacé le bois, qui, sans doute, était rare dans la région, par la pierre, car la fenêtre, percée dans le mur du fond, à gauche de l’abside, est fermée par une dalle mobile faisant office
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FIG. 30.—BASILIQUE DE TAFKHA (SYRIE
CENTRALE).
(Coupe longitudinale sur C-D du plan.)
de volet; une des fenêtres de la tour a également conservé son volet de pierre.
Cette tour, à trois étages, est accolée au flanc gauche de la façade. Ce genre de construction est fréquent dans la Syrie centrale. Les grandes maisons antiques sont accompagnées de tours, et les monuments funèbres
affectent cette forme[12].
Le monument de Moudjeleia (Syrie centrale) présente tous les caractères d’un baptistère du Vᵉ siècle; il n’existe pas, d’ailleurs, dans toute la région, d’église de forme polygonale.
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disponible.]
FIG. 31.—BAPTISTÈRE DE
MOUDJELEIA (SYRIE
CENTRALE).
(Plan.)
Le centre de l’édifice était sans doute hypèthre; on ne voit, d’ailleurs, aucune trace des dispositions primitives de la couverture sur la partie centrale, tandis que la charpente des bas côtés a laissé des encastrements qui déterminent son ancienne disposition. Une toiture à simple pente recouvrait l’abside et ses annexes.
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FIG. 32.—BAPTISTÈRE DE MOUDJELEIA (SYRIE
CENTRALE).
(Coupe transversale.)
Ce petit édifice est disposé selon les traditions chrétiennes suivies pour l’établissement des baptistères; l’absidiole ménagée en face de la partie octogonale devait recevoir un autel afin qu’on pût dire la messe et donner la communion aux néophytes.
La basilique de Behio (Syrie centrale), bâtie vers le
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FIG. 33.—BAPTISTÈRE DE MOUDJELEIA (SYRIE
CENTRALE).
(Coupe longitudinale.)
commencement du VIᵉ siècle, diffère des édifices élevés dans le même temps par la forme de l’abside, carrée au lieu d’être hémisphérique, et par la galerie ou portique s’étendant sur le flanc de l’édifice.
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FIG. 34.—ÉGLISE DE BEHIO
(SYRIE CENTRALE).
(Plan.)
Le pignon au-dessus de l’arc de l’abside montre très nettement les dispositions de la toiture qui couvrait la basilique, et l’on voit avec quels soins les constructeurs ménageaient dans la maçonnerie la place que devaient occuper les diverses parties de la charpente apparente indiquées
dans tous leurs détails par la figure 45.
La petite église de Babouda (Syrie centrale) est un
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FIG. 35.—ÉGLISE DE BEHIO (SYRIE CENTRALE). (Coupe
transversale.)
exemple, admirablement conservé, d’une église rurale
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FIG. 37.—
FIG. 36.—ÉGLISE DE ÉGLISE
BABOUDA DE BABOUDA
(SYRIE CENTRALE). (SYRIE
(Façade.) CENTRALE).
(Plan.)
élevée dans les premiers siècles de l’ère chrétienne—Vᵉ siècle.
Elle se compose d’une seule nef, couverte en charpente apparente et à l’extrémité de laquelle a été établi l’hémicycle, ou plutôt l’abside voûtée en quart de sphère.
La nef est précédée d’un portique à trois arcades sur lequel s’ouvrent les trois portes donnant accès dans la salle; au-dessus du porche, une loge à jour éclairant la nef et une tribune à laquelle on devait accéder par un escalier intérieur.