Le plus beau lundi de ma vie tomba un mardi !

Camille Andrea · Chapitre 15 sur 53

Pages du PDF

Le plus beau lundi de ma vie tomba un mardi !

Le plan

 

 

À onze heures le même jour, à plusieurs kilomètres de là, Gino laissait le restaurant entre les mains de Mary, une amie de confiance à qui il avait déjà demandé quelques menus services : ouvrir le restaurant, le fermer lorsqu’un imprévu lui tombait dessus, ce qui n’était pas rare, garder Noah un soir ou deux, voire une semaine lorsque son père était mort et qu’il avait dû se rendre de toute urgence à Rome.

— Je serai là dans deux petites heures. J’ai préparé quelques pizzas. Il suffira que, sans en avoir l’air, tu aiguilles le choix des éventuels clients de manière à ce qu’ils optent pour celles-ci. Cela ne devrait pas te poser de problème.

Mary acquiesça d’un mouvement de tête militaire. Elle avait été vendeuse de voitures, un temps, cela la connaissait de manipuler les clients, les faire repartir avec une voiture différente de celle pour laquelle ils étaient venus, refiler celle avec le plus mauvais moteur, le plus de kilométrages, en définitive, vendre la plus invendable. Oui, cela la connaissait. Elle enfila le tablier et dressa le couvert sur les tables afin de montrer au patron qu’il pouvait partir tranquille. Gino lui déposa un baiser sur la joue, enleva son calot et passa sa veste.

— Noah sera content de la surprise, lui dit-elle.

L’homme sourit et sortit du restaurant le cœur léger, une pile de cartons carrés sous le bras. Pour peu, on ne l’aurait pas reconnu. Il ne correspondait plus à la définition du dictionnaire du mot taciturne, pour une fois dans sa vie, il semblait heureux. Il avait été un peu dur avec son fils ces derniers jours. Noah était rentré chaque soir à l’heure, s’était démené, alternant devoirs de classe et service en salle. Ce n’était pas rien pour un petit bout d’homme comme lui. Alors, lorsque son garçon lui avait annoncé la kermesse de l’école, Gino avait élaboré son petit plan. Il apparaîtrait dans la cour, quelques pizzas bien chaudes sous le bras, et ferait le régal des enfants et des parents.

Il ouvrit la portière passager, posa les cartons sur le siège, referma et monta dans la voiture. Il se sentait pousser des ailes, il avait la joie de ceux qui savent qu’ils vont rendre quelqu’un d’heureux.

OceanofPDF.com