Le plus beau lundi de ma vie tomba un mardi !

Camille Andrea · Chapitre 46 sur 53

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Le plus beau lundi de ma vie tomba un mardi !

Le témoignage de Rosenbaum

 

Une personne avait demandé à être reçue à la Maison-Blanche. Une femme âgée, qui prétendait avoir des informations sur « l’affaire du moment ». On lui avait demandé « Quelle affaire ? » et elle avait répondu : « Celle de Jacob Stern. » Ces derniers temps, la médiatisation de l’exécution à venir de Hans Schultz, anciennement Jacob Stern, déchaînait les passions, alors que ces vingt-cinq années d’incarcération ne semblaient avoir dérangé personne. En tous sens. Il y avait ceux qui voyaient en lui le diable, en général des associations juives d’anciens déportés, et demandaient à ce que soit appliquée la peine capitale, même si cela ne réussirait pas à effacer la douleur, à effacer l’histoire, à ramener à la vie ces millions de personnes qui avaient souffert et avaient été assassinées par les nazis. De l’autre côté, il y avait ceux qui défendaient le vieil homme, disaient que cette exécution était ridicule, qu’elle ne changerait rien, et que Hans ne se souvenait de toute façon de pas grand-chose. À quoi bon tuer un vieillard de cent ans ? Pour montrer l’exemple ? Quel exemple ? Et puis Hans Schultz n’avait pas besoin d’une injection létale pour mourir, il suffisait d’attendre encore un peu. Il ne tarderait pas à y passer. Cent ans, tout de même !

Maintenant, il y avait elle. Simone Rosenbaum. Une femme entre deux mondes. Une juive qui demandait la libération de Hans Schultz. Pas par compassion, non, disait-elle, mais parce que le vieillard était innocent. La formule était assez originale pour remonter jusqu’au cabinet du président. Intrigué lui aussi, Noah avait accédé à sa requête.

Simone Rosenbaum était une vieille dame de quatre-vingts ans, au visage angélique et plissé, couleur olive, aux gestes élégants et doux. Elle était entrée dans le bureau Ovale assise sur un fauteuil roulant poussé par une jeune femme de type hispanique. Jamais le sourire n’avait abandonné ses lèvres.

« Le pouvoir suppose une grande responsabilité, avait-elle dit à Noah en guise de présentation. Vous êtes bien jeune et cela doit être terrible que de commencer votre mandat avec cette affaire. Cependant, il ne serait pas juste que vous preniez une décision sans avoir connaissance de tous les éléments. »

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