Le plus beau lundi de ma vie tomba un mardi !

Camille Andrea · Chapitre 40 sur 53

Pages du PDF

Le plus beau lundi de ma vie tomba un mardi !

Le chauffeur d'Einstein

 

Au début de sa carrière, le jeune Albert Einstein partit aux États-Unis dans le but de donner des conférences aux quatre coins du pays. On lui avait affecté un chauffeur et il se déplaçait d’université en université afin d’exposer quelques-unes des théories qui le rendraient célèbre. Pendant ses conférences, n’ayant rien d’autre de plus intéressant à faire, son conducteur avait pris l’habitude de s’asseoir dans les gradins, au milieu des autres physiciens, et d’écouter le discours du physicien d’une oreille attentive. Un jour, alors qu’ils se rendaient à l’étape suivante de leur tournée, le chauffeur dit à Einstein : « Vous savez, à force d’entendre votre conférence, je la connais par cœur ! » Il regarda son patron dans le rétroviseur et sourit. « À tel point que je pourrais même la donner à votre place ! », ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie. À sa grande surprise, le scientifique le prit au mot. « Eh bien, soit, la prochaine, c’est vous qui la donnerez ! » Et ils éclatèrent de rire.

À cette époque, les physiciens connaissaient tous le nom d’Albert Einstein, mais pas son visage. Les photographies ne circulaient pas avec la même facilité qu’aujourd’hui. Arriva donc l’heure où le chauffeur, hésitant et mal à l’aise, monta sur scène, pendant qu’Einstein prenait place, amusé par sa blague, dans les gradins parmi l’audience. Lorsqu’il remarqua que personne ne s’était aperçu de la supercherie, le conducteur prit confiance en lui et amorça la conférence, exposant de manière brillante les théories de son patron. Einstein, spectateur, hochait la tête, incrédule, face à l’exploit auquel se livrait son acolyte. Il avait dit vrai. Il connaissait sa conférence par cœur.

Tout se passa à merveille jusqu’à ce que l’un des assistants, en fin d’exposé, lève le doigt et pose une question. Évidemment, le chauffeur, qui après tout n’était pas physicien, fut bien en peine de pouvoir y répondre, mais il ne se démonta pas. Il regarda son public avec un grand sourire, s’éclaircit la voix pour se donner une contenance et répondit à l’homme qui lui avait posé la question : « Écoutez, monsieur, votre question est tellement simple que même mon chauffeur, qui est assis parmi vous, là-bas, pourrait y répondre ! » Il désigna de son doigt tendu son patron, Albert Einstein, qui se leva et apporta la réponse tant attendue, causant ainsi la stupéfaction de tout ce beau monde.

OceanofPDF.com