Le sorcier de Linn

Alfred E Van Vogt · Chapitre 17 sur 26

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Le sorcier de Linn

Chapitre 17

 

 

De retour sur le vaisseau géant, il parcourut les lettres de Czinczar avec le pressentiment de nouvelles complications imminentes. Il déjeuna, puis, faisant appel à son courage, il demanda au barbare irrité de se joindre à lui pour tenir conférence.

Il s’excusa dans sa lettre, expliquant où il avait été, mais sans dévoiler les raisons de sa visite à Marden.

Lorsque le barbare se rendit à sa convocation, il lui fit un compte rendu fidèle de sa démarche. Lorsqu’il eut terminé, l’autre demeura un bon moment silencieux. Il semblait profondément perplexe. Il dit enfin d’une voix douce :

— Vous n’avez pas confiance en la chlorodelle ?

— Nous n’utiliserons cette arme qu’en dernier recours. Nous ne devons pas l’employer avant d’être bien sûrs d’avoir prévu toutes les répercussions possibles.

Czinczar soupira.

— En découvrant que la chlorodelle était une arme efficace contre les Riss, vous m’aviez donné le sentiment que nous n’avions pas accompli ce voyage en pure perte. A présent, vous la dédaignez en proposant de poursuivre le voyage vers un autre système stellaire.

Il leva la main comme pour donner plus d’emphase à sa protestation. Il se rendit apparemment compte de la futilité de son geste car il reprit de nouveau la parole.

— J’avoue que votre idée me plonge dans la plus profonde perplexité. Qu’espérez-vous obtenir en vous rendant sur une planète occupée par les Riss ?

— Si Marden a vu juste, il ne faudra guère plus de trois mois pour faire le voyage, dit Clane gravement. En réalité, l’étoile des Riss n’est guère plus éloignée de la Terre que les Jumelles.

Il s’interrompit, anxieux d’obtenir un appui moral pour entreprendre ce nouveau voyage.

— En toute honnêteté, je crois qu’il est de notre devoir d’évaluer nos chances d’entreprendre une action efficace contre notre plus mortel ennemi. Cette guerre ne sera pas gagnée par une campagne défensive.

Il vit que Czinczar le regardait droit dans les yeux.

— Si Marden a vu juste, dit le barbare, cette phrase me met la mort dans l’âme.

Il secoua la tête, pris d’un véritable désespoir.

— Je renonce ! Quiconque lancera un vaisseau aussi gigantesque et aussi important dans une aventure à ce point risquée, en se basant sur les données dont Marden a gardé le souvenir après les avoir lues dans l’esprit d’un Riss...

Il s’interrompit.

— Sûrement il doit bien y avoir des cartes à bord de l’Etoile Solaire.

Clane hésita. L’autre avait touché un point sensible.

— Il s’est produit un regrettable incident au moment où nous avons pris possession du vaisseau. Chacun de nous se sentait une mentalité d’explorateur, et l’un des hommes s’est aventuré dans la chambre des cartes. Vous devinez le reste ?

— Ils avaient tendu des pièges énergétiques aux éventuels indiscrets.

— Il fut tué, bien entendu, dit Clane d’un ton lugubre. Cela nous a servi de leçon. J’ai découvert que toutes les commandes principales et les dispositifs mécaniques étaient semblablement piégés. Nous avons eu recours à des esclaves condamnés pour exécuter les travaux dangereux, en leur promettant la liberté en cas de réussite. Résultat : nous n’avons eu qu’un second accident à déplorer.

— Et cela s’est passé où ? demanda Czinczar toujours curieux.

— Dans le téléviseur d’intercommunication interstellaire, répondit Clane. (Il s’interrompit un instant.) Je regrette autant que vous, continua-t-il, d’être contraint d’entreprendre ce voyage sans autres données que les réminiscences de Marden.

Il marqua un temps.

— Czinczar, dit-il lentement, si je n’ai apparemment tenu aucun compte de vos opinions durant le voyage, je ne les en respecte pas moins pour autant. Je crois sincèrement que vous partez d’un point de vue pratique trop étroit. Vous êtes trop profondément lié au système solaire. Vous ignorez peut-être à quel point vous le considérez comme une patrie qu’il convient de défendre jusqu’à la mort. Mais peu importe. Ce que j’ai à vous dire ne se fonde plus désormais sur la logique ou sur le fait que nous soyons ou non d’accord.

« Je vous demande votre appui, d’abord parce que je suis le commandant de ce navire, pour le meilleur et pour le pire ; ensuite, si nous parvenons à la planète des Riss, j’entends que nous prenions des risques immenses ; troisième point : en dépit de tous vos doutes, vous sentez vous-même que la découverte des propriétés de la chlorodelle donne une justification partielle à notre voyage. Je ne suis pas de cet avis, mais cela prouve qu’il reste encore des secrets à découvrir sur cette planète. C’est tout ce que j’ai à dire, conclut-il. Quelle est votre réponse ?

— Pas plus dans notre correspondance que dans notre présente discussion, nous n’avions ni l’un ni ni l’autre fait allusion à la méthode de transport des Outlandais, dit Czinczar. Quelle raison avez-vous de tenir cette question sous silence ? Ne pensez-vous pas qu’elle offre une certaine valeur ?

Clane avait passé de longues heures à méditer sur ce sujet et c’est ce qui le retint de répondre immédiatement.

— Cela constituerait pour nous un prodigieux avantage, dit-il enfin, mais à mon point de vue ce ne serait pas un atout décisif dans la lutte. D’autre part, je ne vois pas comment nous pourrions assimiler le procédé.

Il décrivit les efforts qu’il avait tentés et l’impossibilité d’arracher leur secret à ces Outlandais évanescents.

— J’ai bien conçu un projet. Il consiste à laisser derrière nous des jeunes couples qui ont enfanté durant le voyage. Nous leur donnerions la consigne de faire en sorte que leur progéniture soit éduquée par les Outlandais. Cela prendra des années.

— Je vois, dit Czinczar, en fixant le plancher d’un regard soucieux. S’il faut en découdre, lorsque nous parviendrons à la planète des Riss, faites appel à moi. Est-ce de cette manière que vous comptez sur mon appui ?

Clane eut un sourire triste et se leva.

— En effet, dit-il, en effet !

*

Après avoir quitté Czinczar, le Seigneur Clane Linn se dirigea lentement vers la cabine de commande des armes. Il demeura longtemps assis sur l’un des sièges monumentaux, manipulant distraitement un appareil de télévision. Enfin il secoua la tête. Ce qui le chagrinait, c’est que la réticence du chef barbare à se fier aux indications de Marden avait eu sur lui un effet contagieux. La nécessité d’entreprendre un tel voyage demeurait inéluctable, mais sur des bases moins fragiles.

Malheureusement l’unique solution de rechange était si follement aventureuse, si chargée de périls qu’il ne s’en était pas encore ouvert à quiconque. Czinczar lui-même n’avait pas osé suggérer une attaque contre le croiseur de bataille des Riss.

Six heures s’écoulèrent. Puis un message lui parvint du chef barbare.

Cher Seigneur Clane,

Le vaisseau n’est pas encore entré en accélération. Que se passe-t-il ? Si nous devons vraiment entreprendre ce voyage, il n’y a pas un instant à perdre.

Czinczar.

Clane se mordit les lèvres à la lecture de ce billet. Il n’y répondit pas immédiatement, mais son incidence le raffermit dans sa décision de recourir à une action immédiate. « Du moins, pensa-t-il, je pourrais redescendre et revoir Marden. »

Il faisait déjà nuit lorsqu’il se posa dans le village. Marden ouvrit sa porte avec la répugnance d’un homme averti d’une visite importune.

— Je vous croyais en instance de départ, dit-il.

— J’ai une faveur à vous demander, dit Clane.

Marden glissa un oeil dans l’entrebâillement de la porte avec une politesse née de l’habitude.

— Nous voudrions tenter d’obtenir un accord avec les Riss, dit Clane. Pensez-vous que l’un de vos compatriotes – de ceux qui sont admis dans le vaisseau des Riss – puisse s’entremettre pour obtenir d’eux une entrevue avec mes émissaires ? ».

Cette requête eut sur le villageois l’effet d’une bonne plaisanterie et le fit éclater de rire.

— Je pense bien, dit-il, Guylan ne demanderait pas mieux.

— Guylan ?

— En apprenant l’hostilité qui vous oppose aux Riss, il a pensé qu’il fallait faire un effort pour vous réconcilier. (Le ton de Marden suggérait que Guylan ne manquait pas d’une certaine naïveté.) Je lui en parlerai demain matin, termina-t-il.

— Pourquoi pas tout de suite ? insista Clane. (Il dut réprimer son impatience.) Tout ceci est très sérieux, Marden. Si nos deux vaisseaux venaient à se rencontrer, il pourrait s’ensuivre une terrible bataille. La soirée n’est pas tellement avancée. Pourriez-vous le contacter immédiatement ?

Il s’efforçait de dissimuler son anxiété. Il encourait le risque de voir Marden percer ses véritables intentions. Mais il comptait sur leur complexité, leur caractère mécanique, pour abuser le soupçonneux Outlandais. Le villageois paraissait d’ailleurs hésitant.

— Il y a quelque chose dans votre projet... commença le villageois. (Il secoua la tête.) Mais vos pensées sont tellement contournées, n’est-ce pas ? (Il semblait en proie à un débat intérieur.) Cette crainte que je discerne en vous, dit-il tout haut d’un ton pensif... (Une fois de plus, il ne termina pas sa phrase.) Une petite minute ! dit-il.

Il disparut à l’intérieur de la maison. Plusieurs minutes s’écoulèrent, puis il reparut sur le seuil de la porte, accompagné d’un homme grand et mince au visage bonasse.

— Voici Guylan. Bonne nuit, ajouta-t-il en fermant la porte.

*

La bataille commença dans les ténèbres précédant immédiatement l’aube. Dans la salle de commande des armes, Clane était assis sur un siège en retrait. De ce poste d’observation, il avait sous les yeux tous les écrans de télévision.

A grande hauteur, sur l’écran central, le croiseur de bataille des Riss était clairement visible. Telle une monstrueuse torpille il se découpait sur le ciel outlandais.

Tous les téléviseurs fonctionnaient aux rayons infra-rouges et la visibilité était extraordinairement précise.

Une main se posa sur le bras de Clane.

— Est-ce le moment ? demanda anxieusement l’Out-landais.

Clane hésita et jeta un regard sur les trente volontaires qui attendaient dans le couloir extérieur. Ils étaient à l’entraînement depuis des heures, il ne convenait pas de permettre à la tension nerveuse d’atteindre un degré insupportable. Ils avaient reçu leurs consignes. Il ne lui restait plus qu’à donner le signal.

Son hésitation prit fin.

— C’est bon, Guylan, dit-il.

Il ne se retourna pas pour assister à la « disposition » des volontaires et toucha un bouton qui alluma une lampe devant l’homme aux commandes de l’arme moléculaire. L’officier visa soigneusement dans l’appareil de pointage, puis appuya sur la détente, sans abandonner la visée.

Une ligne de feu parcourut toute la longueur du croiseur de bataille ennemi. Le résultat dépassa de loin les prévisions de Clane. Les flammes montèrent haut et clair. La nuit s’illumina de la fureur de cet immense brasier. Le sol plongé dans les ténèbres reflétait l’éclat de l’incendie.

L’adversaire ne ripostait toujours pas. Clane lança un regard vers le couloir où s’étaient massés les volontaires : il était vide.

Un cri ramena son attention au vaisseau des Riss.

— Il tombe, hurlait quelqu’un.

Lentement, majestueusement, le vaisseau s’inclina sur l’une de ses extrémités tandis que l’autre s’élevait vers le ciel. Il effectua un retournement complet au cours des huit mille premiers mètres de sa chute, et puis le mouvement de bascule s’accéléra. L’homme qui suivait sa descente sur l’écran le perdit pendant quelques secondes. Lorsqu’il parvint de nouveau à le prendre dans le champ de sa caméra, il avait parcouru seize mille mètres de plus et poursuivait sa chute libre.

Il vint heurter le sol avec un curieux effet. On aurait pu croire que le sol était devenu liquide. Le vaisseau s’y enfonça sur le tiers de sa longueur.

Ce fut le seul indice de la violence de l’impact.

Les officiers armuriers poussèrent des vivats avec un fol enthousiasme. Clane ne disait rien. Il tremblait de tous ses membres, mais l’enthousiasme collectif était un sentiment auquel il lui était impossible de se joindre. Il surprit du coin de l’oeil un mouvement. C’était Guylan.

L’Outlandais avait un air consterné.

— Vous n’avez pas agi loyalement, dit-il, aussitôt qu’il put parler. J’avais cru qu’il s’agissait d’une tentative de réconciliation.

L’instant des remords était venu et avec lui l’amertume des idéaux foulés aux pieds. Clane secoua la tête. Il plaignait l’Outlandais mais n’éprouvait aucun regret.

— Ils ne pouvaient faire autre chose que nous attaquer, dit-il. On ne peut plaisanter avec des êtres qui ont anéanti à la bombe les cités terriennes.

— Mais c’est vous qui avez attaqué ! protesta Guylan. Dès l’instant où j’ai placé vos hommes à bord, ils n’ont rien eu de plus pressé que de courir chacun à sa machine et d’y faire exploser quelque chose.

— Les Riss possèdent d’autres vaisseaux, dit Clane diplomatiquement, des milliers. Nous ne disposons en tout et pour tout que de celui-ci. Pour les contraindre à parlementer, nous n’avons d’autre ressource que de les placer dans une situation inextricable.

— Mais ils sont tous morts, dit plaintivement Guylan. Ils n’ont pas résisté au choc.

Clane essaya de dominer son sentiment de triomphe.

— Il est en effet entré en contact assez rudement avec le sol, avoua-t-il.

Il se rendit compte que cette conversation ne menait nulle part.

— Ecoutez-moi, Guylan. Cette lutte est inexorable, et vous la considérez d’un point de vue étriqué. Nous désirons entrer en contact avec les Riss. Jusqu’à présent, ils nous ont opposé une fin de non-recevoir. Si vous lisez dans mes pensées, vous vous apercevrez que je ne mens pas.

— Je pense en effet que c’est vrai, dit Guylan d’un air malheureux. Mais je n’avais pas compris vos intentions auparavant. J’ai pourtant discerné quelque chose de trouble dans vos pensées, mais...

Clane comprenait en partie le débat intérieur qui se livrait dans l’esprit de son interlocuteur. Toute sa vie, Guylan avait cru comprendre ce qui se passait dans la tête des gens. Mais il n’avait pas pu concevoir que trente hommes pouvaient s’attaquer à un gigantesque croiseur de bataille, possédant un équipage de dizaines de milliers d’êtres puissants. Et qu’un aussi petit nombre d’individus serait capable de désamorcer les pièges tendus par les Riss pour protéger leurs secrets au cas où un de leurs vaisseaux tomberait entre les mains de l’ennemi. Pour le comprendre, il aurait dû posséder de profondes notions de mécanique. C’est pourquoi son entendement se trouvait totalement en défaut. Faute de la science nécessaire, des complexes associations d’idées, sa faculté de lire les pensées demeurait inopérante en de telles circonstances.

Clane voyait bien que le villageois était complètement démoralisé.

— Ecoutez, Guylan, dit-il vivement. Je voudrais vous montrer quelque chose.

— Je crois que je ferais mieux de rentrer chez moi, dit Guylan d’un ton lugubre.

— C’est important, dit Clane.

Il tira l’autre légèrement par la manche. Guylan se laissa conduire jusqu’au « protecteur ». Clane indiqua le levier principal.

— Avez-vous vu l’un de vos hommes couper l’appareil en l’actionnant de cette façon ?

Il saisit le levier et l’enfonça profondément dans son logement.

Guylan secoua la tête.

— Non, je ne me souviens pas.

— Il faut absolument que nous nous en assurions, dit Clane gravement.

Il expliqua le fonctionnement du « protecteur », et que tout Outlandais qui s’aventurerait aux alentours du vaisseau abattu se trouverait condamné à une mort certaine.

— Il faut que vous montiez à bord du vaisseau des Riss et que vous actionniez ce levier.

— C’est contre cela que les Riss nous mettaient en garde lorsque nous montions à bord ? demanda Guylan avec surprise.

— Parfaitement. Cet appareil tue tous les êtres vivants dans un rayon de quatre kilomètres.

Guylan fronça les sourcils :

— Pourquoi n’a-t-il pas tué les hommes que j’ai introduits à bord du vaisseau des Riss ?

Clane avala péniblement sa salive.

— Guylan, dit-il, avez-vous jamais vu un homme brûler vif ?

— J’en ai entendu parler.

— Est-il mort sur le coup ?

— Non, il courait comme un fou.

— Exactement, dit Clane sombrement. Guylan, le corps de ces volontaires s’est mis à brûler dès l’instant où ils ont mis le pied à bord du vaisseau des Riss. Mais ils ne sont pas morts immédiatement ; ils ont eu le temps de couper cette machine.

Ce n’était pas tout à fait de cette façon que les choses s’étaient passées, mais il lui était trop difficile d’expliquer au villageois de quelle façon le métabolisme humain était affecté lorsque chaque cellule de l’organisme voyait sa température subitement élevée de soixante degrés.

— Il vaut mieux que je me dépêche, dit l’Out-landais, mal à l’aise. Des accidents pourraient se produire.

Il disparut. Clane sursauta. C’était la première fois que le phénomène se produisait sous ses yeux et cela lui causait une impression étrange. Guylan reparut soudain devant lui.

— Ça y est, dit-il. Il paraissait soulagé.

Clane lui tendit la main.

— Guylan, dit-il avec chaleur, il faut que je vous remercie.

L’Outlandais secoua la tête. Il avait évidemment réfléchi.

— Non, dit-il, tout cela était déloyal. Vous avez pris les Riss en traître.

Son visage bonasse prit une expression butée :

— Désormais, inutile de me demander un service.

— Merci quand même.

Un peu plus tard, Clane pensa : d’abord je monterai dans le vaisseau, je prendrai les cartes et ensuite...

Il devait lutter contre la prodigieuse excitation nerveuse qui s’emparait de lui. Il se représentait le message qu’il enverrait à Czinczar avant le petit déjeuner. N’y pouvant plus tenir, il s’assit et, d’une main frémissante, écrivit ces lignes :

Cher Czinczar,

Vous serez certainement heureux d’apprendre que nous avons abattu le croiseur ennemi. Le vaisseau est tombé entre nos mains et tous les occupants ont été tués. Il est intéressant de noter que les cartes tombées en notre possession font coïncider l’étoile des Riss la plus proche avec celle choisie par Marden.

Clane.

La dernière phrase dut être rédigée une seconde fois avant que le message fût dépêché à son destinataire. Les cartes saisies sur le vaisseau des Riss prouvaient au contraire que Marden ignorait tout de la direction des étoiles. Le soleil en question se trouvait bien à trois mois de distance, mais dans la direction diamétralement opposée.

Dès le lendemain soir, l’Etoile Solaire avait pris le départ pour sa nouvelle destination.