Le sorcier de Linn
Chapitre 26
Durant la première minute, l’entrée de Clane passa inaperçue. Il en profita pour faire un rapide examen de l’assistance.
C’était une assemblée fort distinguée qui s’était réunie dans les grands laboratoires de physique, à bord du magnifique croiseur de bataille l’Etoile Solaire – autrefois propriété des Riss, et aujourd’hui linnien. Les savants du temple avaient fort belle allure dans leurs robes blanches d’apparat. Les hauts dignitaires du gouvernement avaient revêtu des uniformes extraordinairement somptueux ; c’étaient de puissants personnages, bien entendu, et l’on ne pouvait rien leur refuser.
De tous les invités, c’étaient les membres de la noblesse qui portaient les tenues les plus modestes. Leurs propriétés étaient pratiquement tombées entre les mains de hordes de réfugiés, et il était devenu de bon ton, durant la crise, d’affecter une austérité quelque peu démagogique. Comme l’avait observé Clane, pendant l’invasion barbare, cette pratique avait l’avantage de satisfaire également les mal lotis, les impécunieux et les têtes folles, en évitant de donner prise à leurs revendications.
Le mutant s’aperçut soudain que l’attention générale se portait sur lui. Le murmure des conversations s’éteignit. Le Seigneur Clane hésita encore un peu, puis suivit le cordon de soldats qui avaient reçu pour consigne de protéger la rangée de machines contre les indiscrétions des visiteurs trop curieux.
Il brancha le microscope polyénergétique, la caméra polyénergétique et tous les autres instruments qui devaient participer à l’expérience. Puis il se tourna face aux visiteurs dont les derniers s’installaient sur leur chaise.
Clane fit signe aux porteurs de faire avancer la sphère et le coffre qui lui servait de logement. Lorsqu’elle fut mise en place sous l’une des machines rutilantes, il pressa un bouton.
Une caméra de télévision plongea son objectif dans la surface externe de la sphère, animée de son perpétuel mouvement de va-et-vient et, dès ce moment, elle suivit ses déplacements avec un synchronisme rigoureux.
Il appuya sur un autre contact ; les lumières s’éteignirent. Un écran géant s’abaissa du plafond sur lequel on apercevait l’image de l’univers stellaire. Clane désigna la sphère faiblement lumineuse qui poursuivait son mouvement alternatif à droite de l’écran.
— L’image que vous apercevez en ce moment est captée dans l’intérieur de ce globe, dit-il.
Il attendit que la masse des étoiles eût atteint une parfaite stabilité. Puis, par un simple mécanisme de pensée, il mit en mouvement la masse entière. Au début le déplacement était imperceptible. Et soudain un soleil éclatant s’avança majestueusement vers le premier plan. Il grossit, petit à petit, au point d’occuper presque toute la surface de l’écran, puis commença à dériver ; une planète, prodigieusement proche, franchit le bord de l’écran et apparut dans toute son imposante majesté. Une lune était visible dans le lointain.
— La Terre et la Lune, dit-il. L’astre que vous avez vu passer était le Soleil. Si vous le voulez bien, nous allons les faire apparaître dans la salle.
Il ne s’attendait pas à les voir comprendre le phénomène. Il coupa la caméra, attendit que l’image eût disparu de l’écran, et se plongea un instant dans ses pensées. L’assistance poussa un cri unanime. Une boule blanche éclatante venait d’apparaître dans l’espace ; elle vint se placer sous les lentilles du microscope. Soudain la salle se trouva éclairée comme en plein jour.
Clane dit, dans le silence de mort qui s’était établi dans la pièce :
— Bien qu’une telle chose soit difficile à imaginer, ce globe de feu est effectivement et réellement notre soleil. Bien qu’il soit impossible de les distinguer à l’oeil nu, toutes les planètes, Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, etc., l’accompagnent.
Un homme intervint d’une voix altérée :
— Mais comment est-ce possible ? Nous nous trouvons à bord d’un vaisseau qui survole la Terre à quelques kilomètres d’altitude.
Clane ne répondit pas. Car il s’agissait en l’occurrence de l’un des aspects fondamentaux du continuum de l’espace-temps. Les Riss en avaient isolé un sous-produit au moyen de leur « protecteur » dont le flux d’énergie résonante faisait une incursion momentanée dans tous les champs de l’espace-temps.
Mais ici, dans la sphère et ses sous-produits, devait se trouver une réponse plus proche de la réalité finale que toutes celles dont on avait rêvé auparavant.
S’agissait-il d’une cosmologie rationnelle ? Pour la première fois dans l’histoire de la vie, il était donné aux hommes de plonger leur regard au plus profond de l’essence même de la matière. Qu’est-ce qui avait le plus d’importance ? Le concept de l’Univers, ou l’Univers lui-même ? La réponse devait se trouver intimement mêlée à la nature même des choses. Les notions de grandeur, de vitesse, d’espace, de situation, n’existent que dans l’esprit de l’observateur, mais nullement dans la réalité. Un homme mort ne possède pas la moindre conscience de ces notions. Le regard d’un homme vivant peut plonger par-delà les milliards d’années-lumière jusqu’aux lointaines galaxies qui poursuivent leur course fantastique vers les abîmes encore plus lointains. Mais il peut difficilement s’adapter au concept quadridimensionnel qui lui permettra d’appréhender l’univers entier, d’une seule étreinte de son esprit. Cet univers n’aurait d’autre dimension que celle que son esprit est capable de concevoir ; nulle vitesse, si ce n’est par rapport à lui-même.
— Et maintenant, dit Clane, nous avons ici une Terre dont la taille n’excède pas celle d’un grain de poussière. C’est déjà énorme. Au moyen du microscope polyénergétique, nous pouvons le grossir des centaines de millions de fois. Ce procédé fera apparaître sous nos yeux un vaste globe que – et ceci n’est qu’un simple espoir que je formule –, nous pourrons peut-être voir d’une façon relativement détaillée.
Il sentait peser sur lui des vingtaines de regards, tandis qu’il se penchait sur l’instrument. Il opéra les réglages indispensables, puis se redressa.
— J’ai pourvu l’appareil d’une micro-aiguille, dont je ne puis vous donner la description que par des comparaisons inadéquates. Les Riss les utilisaient pour percer des objets dont l’épaisseur n’excédait pas un dixième de millionième de millimètre. Je m’en servirai comme d’une sorte de poignard.
Il s’interrompit pour laisser le temps à ces paroles sibyllines de pénétrer dans l’esprit de ses auditeurs.
— Maintenant, je vais donner à ce soleil minuscule et à ses planètes une position telle qu’il me sera possible de braquer l’objectif du microscope sur la Terre.
Il plaça son oeil sur l’oculaire.
— J’aperçois la Terre au-dessous de moi. Elle n’est animée d’aucun mouvement de rotation apparent, et pourtant cette vitesse de rotation doit être approximativement de douze mille tours par seconde. Ce qui découle automatiquement du rapport des vitesses linéaire et angulaire. Je n’ai pas fait le calcul, puisque ce que je compte faire repose entièrement sur l’automaticité des machines.
» Le fait que des milliers de journées de vingt-quatre heures s’écoulent dans l’espace d’une seconde ne constitue qu’une simple apparence. Il existe une corrélation irréductible entre nous-mêmes et cette Terre. Le synchronisme sera rigoureusement exact.
» Vous pourriez vous demander, continua-t-il, comment je puis espérer distinguer quelque chose sur un objet animé d’une vitesse de rotation aussi fantastique. Surtout si l’on pense que dans le même temps il décrit trente fois par seconde son orbite autour du Soleil. Je répondrai à cela que les Riss ont conçu et réalisé les dispositifs automatiques nécessaires. C’est une simple question de synchronisation stroboscopique, impossible pour l’esprit humain, mais dont les circuits énergétiques s’acquittent sans peine. Je me suis livré hier à quelques expériences sur la Lune, pour vérifier l’exactitude de la théorie.
Il se redressa, saisit un paquet de photographies et se dirigea vers le spectateur le plus proche.
— Faites-les circuler, dit-il.
Il ignora les « oh » et les « ah » qui naquirent presque aussitôt dans l’assistance. Revenu devant son imposant microscope, il reprit le fil de ses explications.
— La vitesse ne compte pratiquement plus, lorsque ces relais sont entrés en action. Cette caméra, fabriquée par les Riss, est capable de prendre des milliers de photographies par seconde. Les images n’impressionnent pas des pellicules mais sont emmagasinées dans un tube électronique. On peut ensuite les utiliser selon une méthode qui est approximativement la suivante :
» Dans la journée d’hier, vous vous en souvenez, nous avons inspecté les cités montagneuses et nous les avons examinées l’une après l’autre, à distance respectueuse. Ce que vous ignorez, c’est que j’ai pris des « photographies » de chacune d’elles que j’ai emmagasinées dans des tubes électroniques.
Pendant qu’il parlait, son oeil était resté collé à l’oculaire du microscope. Il se redressa une fois de plus.
— En ce moment, la caméra prend des « photos » de la Terre selon un rythme déterminé. Lorsque j’enfonce ce levier, elle se limitera aux seules portions du globe correspondant, pour la structure, à l’un des clichés que j’ai pris hier des cités tombées sous la domination des Riss.
Il actionna le levier.
Un écran vint s’interposer entre le brillant soleil et l’assistance, atténuant notablement l’éclat éblouissant de l’astre. Une plage de l’écran était couverte d’un halo lumineux.
— Je vois que l’image n’est pas au point, dit Clane.
Il fit un nouveau réglage. Le halo se précisa et devint une cité dans un paysage de montagne.
— Mais c’est Denra, dit une voix basse.
— Nous serons aux premières loges pour voir le spectacle, dit Clane.
Il s’aperçut, aux faibles réactions de l’auditoire, que celui-ci n’avait pas la moindre idée de ce qui allait venir. La chose n’avait rien d’étonnant, il devait bien l’admettre. Ils assistaient à la coopération des sciences riss et humaine, au niveau le plus élevé, et ils ne possédaient pas la culture scientifique suffisante pour saisir le caractère fantastique de l’expérience qui allait se dérouler sous leurs yeux.
Il poursuivit inexorablement :
— L’étape suivante consistera à stabiliser notre aiguille-poignard. Rendez-vous compte que, lorsqu’on utilise contre une Terre de la taille d’un grain de sable une aiguille dont la pointe possède un diamètre d’un dixième de millionième de millimètre, l’impact résultant prend les proportions d’une catastrophe. En conséquence, les instruments doivent être réglés minutieusement, afin que le coup porté soit d’une extrême précision ; voyez...
Sur l’écran la cité de Denra se désintégra dans un nuage de poussière. Une partie de la montagne se trouvait entamée à une profondeur de quinze cents mètres, comme sous le coup d’un colossal marteau.
— L’avantage de ce procédé, continua Clane de la même voix inexorable, c’est l’absence totale de radioactivité et l’impossibilité de toute contre-attaque. Bien entendu, nous n’allons pas détruire nos propres cités à moins de nécessité absolue, bien qu’elles soient momentanément occupées par les Riss. Nous devrons donner la possibilité aux envahisseurs de réfléchir à ce qui leur arrive, pendant que nous porterons nos coups sur une autre ville située cette fois, non pas sur la Terre, mais sur la planète des Riss que l’Etoile Solaire a visitée. J’ai pris les « photographies » nécessaires, pendant notre séjour, en prévision de l’« expérience » actuelle.
Il fallut environ une minute pour amener cet astre et ses planètes sous l’objectif du microscope poly-énergétique.
— Comme vous le savez, dit Clane, notre ultimatum a été largement diffusé. Nous avons eu recours à une série de dessins pour expliciter nos intentions. Nous exigeons la reddition de la moitié des croiseurs de bataille qui ont envahi le système solaire, une collaboration sincère et efficace à notre programme de coopération pacifique intergalactique, comportant un développement concerté des planètes habitables nouvellement découvertes et le partage partiel de certains mondes déjà habités. Le mécanisme de télévision interstellaire, prélevé sur le second vaisseau que nous avons capturé, se trouve à bord et fonctionne dès à présent. Malheureusement l’astronef lui-même est hors d’usage. Jusqu’à présent nous n’avons pas encore reçu de réponse à notre ultimatum. Je suis donc contraint d’attaquer son propre territoire, afin de convaincre un ennemi buté qu’il n’a le choix qu’entre la coopération ou la mort.
Il enfonça un bouton et, sur l’écran, la cité des Riss fut réduite en poussière. Ce second impact fut apparemment plus puissant que le premier, car non seulement la ville, mais également la montagne fut broyée et se déchira en deux comme une vulgaire pièce de tissu.
— Je me prépare à présent à leur porter un coup encore plus dur. La raison en est que nous avons « photographié » des villes contrôlées par les Riss à la fois sur la Terre et uniquement sur celle de leurs planètes que nous avons visitée. Mais si nous voulons attaquer d’autres planètes, figurant sur les cartes stellaires dont nous nous sommes emparés, nous devrons opérer au hasard, c’est-à-dire sans le secours de « photographies » préalables. Je pense que nous pourrons toujours atteindre des régions montagneuses, mais l’impact devra être suffisamment violent pour être ressenti dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres.
En dépit de sa volonté de demeurer calme, sa voix s’étrangla. Un silence de mort régnait sur l’auditoire, mais chacun de ses membres ne pouvait se rendre compte, autant que lui, de la gigantesque ampleur de l’action entreprise. L’Univers était dompté. Désormais l’homme pourrait contempler le ciel étoilé et ne plus se sentir faible et désarmé. La grandeur de l’espace-temps demeurait inaltérée, mais le voile était en train de se lever. L’époque où le mystère et l’immensité accablaient l’âme de l’être microscopique qui osait porter son regard sur les espaces infinis n’était pas encore révolue. Mais désormais ce regard ne serait plus le même.
Clane couvrit son propre désarroi en faisant traîner en longueur les préparatifs du prochain coup de boutoir. Ayant enfin recouvré son sang-froid, il dit :
— Il leur faudra du temps, j’imagine, pour accepter l’amère réalité de leur défaite. Nous poursuivrons notre oeuvre de destruction tant qu’ils ne nous aurons pas fait savoir qu’ils sont prêts à discuter les termes de leur capitulation.
Quatre heures s’écoulèrent et les Riss, enfin, demandèrent grâce.
*
Une année s’était écoulée depuis ces événements. Deux hommes marchaient côte à côte dans la rue.
— Il me semble toujours aussi laid, dit Clane.
Le mutant était vêtu de la modeste robe sacerdotale et Czinczar portait l’uniforme de simple soldat de l’armée barbare – spectacle banal dans l’empire de Linn à cette époque. Les deux hommes s’approchaient lentement du monument de la victoire, récemment érigé.
Il s’élevait sur la Grand-Place, devant le Palais Central. Son érection avait été décidée à la suite d’un vote du Patronat et il était composé d’un énorme socle de marbre au sommet duquel on apercevait une silhouette composite. Un homme portant la robe d’un savant du temple était debout, chacune de ses jambes écartées prenant appui sur une planète. De ses mains dressées très haut au-dessus de sa tête il étreignait une troisième planète. Il se tenait sur la pointe des pieds, comme pour s’efforcer d’atteindre encore plus haut. Tout autour de ses pieds, on apercevait d’autres planètes et des étoiles.
La robe, dissemblable en cela de toutes celles que Clane eût jamais portées, était couleur d’or rutilant.
Elle resplendissait sous les rayons du soleil vespéral.
Le visage de la statue offrait une ressemblance frappante avec les traits de Clane, mais le corps était gigantesque, hors de proportion avec le reste du monument. Une stature de géant.
Clane se retourna vers Czinczar et s’aperçut que son compagnon observait un couple qui s’était arrêté à quelques pas de là.
— Regarde-moi ça, disait l’homme à la femme. C’est le sauveur de la race, paraît-il. Ces familles régnantes ne savent plus quoi inventer.
— Es-tu certain que ce soit un membre de la famille régnante ? demanda la femme. Je crois bien que je vois son nom sur le socle.
Elle remuait les lèvres en lisant.
— Clane Linn, dit-elle. C’est lequel ?
Ils s’éloignèrent dans la direction du Palais.
— Ainsi va la gloire, dit Clane.
Il vit que Czinczar souriait.
— Le monde est grand, dit-il, pourquoi voudriez-vous qu’ils connussent votre nom ou votre aspect ? Ils ne vous ont pas vu à l’oeuvre. Peut-être, lorsque la télévision sera plus répandue, vous reconnaîtra-t-on à chaque coin de rue.
— Je n’en discute pas, dit Clane. Quelle est la part des grands hommes du passé dans mes pensées ? Divisons cela en dix et nous aurons une idée de ma situation dans le panthéon de la gloire. Il est heureux que les hommes oublient leurs héros et leurs dieux, ajouta-t-il, sans quoi la vie s’ouvrirait, pour les nouvelles générations, sous de bien sinistres auspices.
— Je regrette de n’être pas arrivé à temps pour l’inauguration, dit Czinczar. Asseyons-nous une minute, voulez-vous.
Il indiqua du geste l’un des bancs de pierre. Bientôt s’approcha un groupe de jeunes filles rieuses. Elles ne jetèrent un regard ni au monument ni aux deux hommes assis au-dessous de lui.
Deux jeunes gens, portant un attirail d’artiste peintre, s’installèrent à quelque distance, face au monument, et se mirent à travailler.
— Ce qui me plaît dans cette oeuvre, dit l’un d’eux, c’est la façon dont elle se découpe sur le ciel. Si j’arrive à estomper convenablement les premiers plans, je crois que j’obtiendrai un effet assez sensationnel.
— Artistiquement parlant, c’est une atrocité, dit l’autre. Mais les reproductions de monuments se vendent rudement bien. L’essentiel c’est de s’arranger pour arriver les premiers, sitôt qu’une nouvelle statue est érigée. Si je réussis à placer une douzaine de tableaux dans les galeries les plus cotées, je recevrai ensuite des commandes par centaines.
Après plusieurs minutes de silence, le second peintre s’approcha de Czinczar et de Clane.
— Je voudrais peindre cette statue, dit-il, et, si vous voulez bien m’excuser, je me permettrai de vous dire que votre présence sur ce banc n’ajoute rien au monument. Pourrais-je vous demander de vous lever et de tendre le bras droit comme pour rendre hommage au héros ? Ce ne sera pas long, je travaille vite et il me suffira de quelques minutes pour camper votre silhouette.
Il dut se méprendre sur l’expression de Clane, car il haussa les épaules.
— Si cela vous déplaît, pourrais-je du moins vous demander d’aller vous asseoir un peu plus loin sur l’un de ces autres bancs ?
Czinczar lança un regard ironique à l’Empereur de Linn puis il se leva :
— Je doute fort, dit-il, que mon ami consente à prendre la pose que vous souhaitez devant cette statue-là ; quant à moi je me ferai un plaisir de me conformer à votre désir.
— Merci beaucoup, dit l’artiste.
Et il reprit place derrière son chevalet.
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Dépôt légal : 1e trimestre 1972
PRINTED IN FRANCE
Vous avez terminé Le sorcier de Linn
Alfred E Van Vogt