Les contes interdits : Krampus

David Bédard · Chapitre 10 sur 28

Pages du PDF

Les contes interdits : Krampus

Chapitre 6

 

Les hurlements de terreur de Geneviève et de Nicolas arrivent à s’élever

au-delà du boucan perpétré par les tables que le monstre déracine du

plancher et fait voler d’un seul élan, alors qu’il se fraye un passage en ligne

droite jusqu’à ses nouvelles proies. En dépit de sa blessure, Tanguay se

relève, imité par la femme et la fille qui sont avec lui. Tous les trois se

retrouvent malgré eux mêlés au groupe, qui recule jusqu’à ce qu’il soit

acculé au mur du fond après seulement quelques pas.

— On doit se séparer ! hurle le blessé. Faut surtout pas qu’on reste dans

le même motton !

Sans attendre de réponse, il tire avec lui celles avec qui il partageait la

table et les entraîne vers la gauche de la cafétéria. Peu enclin à épargner qui

que ce soit, le monstre utilise son énorme chaîne comme un fouet, qu’il fait

claquer vers eux. L’arme métallique rate ses cibles et pulvérise plutôt la

table qu’ils contournent.

— L’escalier ! s’écrie Alex, qui bouscule Jacques pour aller agripper et

secouer sa mère, paralysée par la peur.

Voyant que celle-ci est incapable de bouger, il se résigne à tirer son frère

et sa sœur vers lui. Le temps presse. S’il ne peut pas sauver sa mère, il les

sauvera, eux.

Dès qu’on lui retire ses enfants, Carole reconnecte avec le réel et part à

leur suite. Trahie par les muscles de ses jambes, que la frayeur s’est chargée

de raidir, elle aurait assurément perdu pied au bout de quelques pas

seulement si son mari ne s’était pas jeté sur elle pour la soutenir et l’aider à

fuir à son tour. Ses yeux embués l’empêchent de bien voir, mais elle est à la fois guidée par Jacques et par les cris apeurés de ses enfants. En ce qui la

concerne, grimper l’escalier de métal est particulièrement ardu.

— Allez-y, je vous suis, annonce Bolduc, qui s’assure que madame St-

Laurent passe devant lui avant de gravir les marches à son tour.

Avant de débuter son ascension, l’agent correctionnel prend une

seconde pour évaluer la situation de son partenaire, qui vient de justesse

d’éviter pour la seconde fois d’être décapité par la chaîne de la créature.

Plus que jamais, il se sent ridicule avec son pistolet à impulsions

électriques.

Aussi bien être armé d’un tire-pois.

Du haut de la passerelle, Alex tourne la tête et regarde à son tour. En

bas, le monstre semble fou furieux. Ou excité, il ne saurait dire. Pendant un

bref moment où la chose leur fait dos, Alex remarque un étrange objet

accroché à ses épaules. Comme une sorte de contenant cylindrique, ou de

panier.

— Accélère, Alex !

Derrière lui, Jacques et sa mère l’ont rattrapé. Mais les yeux d’Alex

refusent d’abandonner la scène.

À son troisième assaut, le monstre fait mouche. Projetée avec une force

inimaginable, la chaîne traverse le corps de Tanguay de part en part et

termine sa course dans le mur de la cafétéria, qu’elle transperce à son tour

et s’y coince. Alex devine qu’une sorte de poids doit se trouver à son

extrémité.

— Tanguay ! s’égosille Bolduc en constatant avec effroi que son

compagnon vient d’être mortellement happé.

Son cri se rend jusqu’aux oreilles du monstre. D’une féroce motion, il

déloge son arme du mur et du corps transpercé de Tanguay. Sitôt libérée, la

chaîne est propulsée vers la passerelle. Alex a tout juste le temps d’entraîner

son frère et sa sœur au sol avec lui que le lourd crochet, soudé à l’extrémité, éventre la rampe de métal et leur siffle le dessus de la tête, avant de

s’abattre contre le mur de brique, sur lequel se forme un profond cratère.

— NON ! hurle au même moment Carole.

Les douzaines de fragments de brique qui volent en éclats n’ont même

pas tous touché le sol que déjà, Alex se relève avec une célérité

impressionnante. Nullement affecté par son souffle coupé par la chute, il

soulève sa sœur d’une main et son frère de l’autre. Bien avant que la

créature ne ramène à elle son arme infernale, tous les trois sont déjà

repartis.

Un grognement de frustration retentit.

Le lancer suivant, effectué avec plus de force que jamais, sectionne une

série de tuyaux longeant le plafond, au-dessus de la passerelle. Carole,

Jacques, Julie et Richard doivent freiner leur course et protéger leurs

visages à l’aide de leurs bras afin de ne pas se faire ébouillanter par la

vapeur qui s’échappe en sifflant.

— Attention ! s’écrie Jacques.

— Geneviève ! Nicolas !

— La passerelle est pas assez large, estime Bolduc. Impossible de

passer ; faut qu’on revienne sur nos pas ou qu’on saute en bas !

Même s’il a été séparé de ses parents, Alex ne ralentit pas la cadence.

En bas, il remarque que la femme et la fille qui accompagnaient Tanguay

n’ont maintenant qu’une courte avance sur le monstre.

Un nouveau tintement.

Un puissant rugissement.

L’arme happe la cheville de la jeune fille de plein fouet. Son pied se

tord dans un angle impossible, comme si tous les os qu’il contient avaient

été pulvérisés. La chute est violente et s’étire sur plusieurs mètres.

— MAGALIE !

Sa mère freine brusquement et fait demi-tour, sans aucune considération

pour la créature démoniaque qui les a prises en chasse, quelques mètres seulement derrière elles.

— Magalie ! Magalie, lève-toi ! lui implore sa mère en la tirant par le

bras.

Sa fille, victime d’une sévère commotion, réagit à peine. Ses yeux

errent, sans rien fixer. Sa mâchoire s’active, mais sans émettre le moindre

son. C’est alors qu’une énorme main lui enveloppe la tête et la cueille. À

l’opposé de sa mère, qui hurle à s’en faire exploser les poumons, Magalie

n’a aucune réaction.

— Lâche-la ! Lâche-la ! Pas elle ! Pas ma p’tite fille !

La créature n’a cure des doléances de la génitrice.

De son autre main, elle gifle la mère, qui va frapper durement contre le

mur et s’écroule. Satisfaite, la chose soulève Magalie, de sorte que leurs

yeux se retrouvent à la même hauteur. De la gigantesque main émane alors

une sinistre lumière violacée, comme une forme d’énergie, qui est

transférée à l’intérieur du crâne de la fille dès l’instant où elle est diffusée.

Aussitôt, les yeux de la captive s’ouvrent aussi grands que lui permettent

ses paupières, tandis que ses bras et ses jambes convulsent. Le processus,

qui n’est pas sans rappeler les pauvres âmes qui subissent le châtiment de la

chaise électrique, semble excessivement douloureux. Une petite quantité

d’écume commence à se former aux commissures des lèvres.

— J’t’ai dit de la lâcher, trou d’cul !

La mère de Magalie appuie sur la détente du pistolet Taser que lui a

refilé Tanguay, plus tôt. Les deux dards s’enfoncent de peine et de misère

dans l’épiderme coriace et velu de la chose. La charge électrique qui lui est

délivrée semble davantage l’agacer que lui causer le moindre tourment. Ses

doigts s’ouvrent et libèrent la captive de leur emprise, qui s’affale comme

une vulgaire poupée de chiffon.

Le monstre tourne la tête et fixe directement la mère.

Cette partie du couloir, dont aucune ampoule n’a été détruite, permet à

la femme de détailler la chose avec précision. Elle doit faire au bas mot une fois et demie sa propre taille. En plus des longues cornes qui lui saillent du

crâne, son visage arbore une horrible barbe, cendrée et crasseuse, souillée

de l’excédent de salive qui s’échappe de sa gueule ouverte et de sang séché.

La peau sur son visage est épaisse et craquelée, comme du cuir usé. Entre

ses longues dents décrépites s’étire avec démesure une langue fourchue.

La vision d’horreur foudroie la femme, qui laisse le pistolet glisser

d’entre ses doigts. À son tour, elle se laisse saisir sans réagir par la main du

monstre, qui l’empoigne autour de la taille, emprisonnant ses bras du même

fait. Avec une flagrante aversion, la chose accentue la pression qu’elle

exerce. Une à une, les côtes se fendent. Les coudes et les épaules se

disloquent. Pendant que ses organes internes se font broyer, ses yeux

s’imprègnent d’une dernière image de sa fille, gisant tout près. Si celle-ci

n’a pas survécu, au moins, elles seront toutes deux réunies à nouveau d’ici

peu.

L’avance qu’ont Alex, Geneviève et Nicolas sur la bête est insuffisante

pour leur épargner les bruits qu’émet le corps que l’on moud. Leurs glandes

surrénales leur fournissent une telle quantité d’adrénaline qu’aucun d’entre

eux ne ressent la fatigue qui commence à leur ronger les muscles des

jambes.

Lorsqu’un couloir, haut mais plutôt étroit, se présente à leur droite, Alex

les y dirige sans hésiter.

— Par ici !

À l’intersection, un escalier leur offre la possibilité de regagner le

niveau du sol, mais le grand frère préfère demeurer en hauteur. Il cherche à

ouvrir chacune des portes qu’il croise mais toutes résistent, elles aussi

figées dans une inexplicable couche de glace. Sans en avoir la preuve, Alex

devine que les portes qu’il aperçoit au niveau du sol le sont aussi. Bien qu’il

ignore comment le phénomène s’est produit, il est maintenant convaincu

que toutes ces portes n’ont pas été condamnées par hasard : on les a pris au

piège.

Bien entendu, hors de question de partager cette déduction pour

l’instant.

Après la cinquième porte, qui refuse également de bouger, la passerelle

se termine par un nouvel escalier qui oblige tout le monde à descendre.

— Maman et Jacques sont pas là ! s’alarme Geneviève en regardant par-

dessus son épaule une fois en bas. La chose les a tués !

Elle se remet à pleurer. Elle a bien entendu une voix féminine s’élever,

voilà quelques secondes à peine. Tout comme elle a entendu les bruits d’os

que l’on rompt.

— Y sont pas loin derrière, Gen. Y vont nous rejoindre bientôt, tu vas

voir, lui répond Alex, sans trop savoir si lui-même y croit.

Le corridor se termine sur une immense porte de hangar qui s’ouvre à la

verticale, devant laquelle plusieurs sacs à ordures sont éparpillés, éventrés.

Les conteneurs à déchets doivent se trouver de l’autre bord, devine

Alex.

Sur le mur de gauche, la porte d’une salle de bain. À droite, une autre

menant à une cage d’escalier.

— Gen ! Va vérifier si la porte est barrée, lui somme-t-il. Nico ! Va voir

celle des toilettes, au cas où on n’aurait pas le choix de se cacher !

Tous les deux partent chacun de leur côté. Alex, quant à lui, inspecte la

porte du fond. Non seulement celle-ci est-elle verrouillée d’un cadenas,

mais même ce dernier se retrouve prisonnier dans la glace. Il décide donc

de se jeter dans le tas de détritus et de palettes de bois endommagées, à la

recherche de n’importe quel objet pouvant être susceptible de l’aider à venir

à bout de cette satanée glace.

— Tu perds ton temps, y’a rien là-dedans qui va t’aider, lui souffle une

voix qui lui est étrangère. J’ai déjà vérifié.

Alex cesse aussitôt d’agiter les bras et se retourne. Mais alors qu’il

espère découvrir d’où provient cette voix, ses yeux repèrent plutôt l’horrible

créature qui les traque. Après s’être immobilisée à l’intersection, la chose prend le temps d’examiner les options qui s’offrent à elle. Sa chaîne

meurtrière n’est plus enroulée entre ses doigts, mais plutôt autour de son

corps, sur son épaule. Lentement, elle ouvre sa gueule et libère sa langue

qui s’en échappe en se tortillant comme un serpent gluant. Ses narines

hument l’air. Sans doute repèrent-elles une odeur attrayante, puisqu’elles

incitent le monstre à faire un choix : le corridor de droite, au bout duquel les

trois fuyards se retrouvent pris au piège.

— Si jamais vous réussissez à le semer, trouvez-vous une cachette et

restez-y. C’est la seule façon de lui survivre, prétend la voix.

Alex aperçoit alors une poubelle en plastique à deux mètres de lui sur sa

droite. Il remarque également la mince fente sous le couvercle qui lui

confirme que celui ou celle qui s’y planque l’observe. Sûrement quelqu’un

qui a réussi à échapper au massacre de la cafétéria avant leur arrivée.

Le semer… plus facile à dire qu’à faire, ne peut s’empêcher de grogner

mentalement Alex.

Après sa tentative infructueuse, Nicolas revient rapidement vers son

grand frère, tandis que Geneviève, elle, s’énerve et insiste.

Rien à faire.

La porte demeure soudée.

— Calme-toi, Gen. Ça sert à rien. Écoute-moi, on va retourner sur la

passerelle pis courir de toutes nos forc…

Alex est subitement interrompu lorsque des rondelles de métal –

 certaines volant dans les airs, d’autres rebondissant sur le sol –, qui filent à

une vitesse ahurissante, passent près de l’atteindre, avant de mitrailler

violemment la porte du hangar. D’où il se trouve, le monstre vient de

sectionner d’un puissant élan l’un des poteaux supportant la passerelle à

l’aide de ses griffes. Il se déplace d’un pas et en fait de même pour le

suivant. Puis l’autre, encore. Privée d’appui, la passerelle ploie sous son

propre poids. La créature décroche entièrement celle-ci du mur, dont une partie s’effondre en même temps que les chances de survie des trois

fuyards. Plus le moindre doute possible : la chose les a aperçus.

— OK, restez en arrière de moi, somme Alex en attirant son frère et sa

sœur derrière lui. On va trouver autre chose. Veux-tu ben m’dire c’est quoi

cette grosse cochonnerie là ?

Pour toute réponse, il n’a droit qu’aux pleurs de Nicolas et aux cris de

Geneviève. Pendant qu’elle continue d’arracher les poteaux qui soutiennent

le reste de la passerelle, la créature étire son autre bras et trace de profonds

sillons dans le mur et les portes qu’elle croise.

— Fais quelque chose, Alex ! l’implore sa sœur. Envoye, fais quelque

chose !

Mais Alex n’a pas besoin qu’on lui rappelle qu’ils se retrouvent dans

une situation périlleuse. Il se penche et déloge une des planches de bois

d’une des palettes, qui ne tient plus que par un clou. Il la fracasse ensuite

d’un coup de pied pour lui donner une extrémité pointue.

— Quand je crie de foncer, vous prenez chacun un côté sans vous

retourner, ordonne-t-il. M’man doit pas être ben loin ; allez la retrouver.

— Es-tu malade ? ! proteste Nicolas. On va se faire couper en deux si

on essaie de passer !

— Y coupera personne. J’vais m’en assurer, affirme Alex en avançant

d’un autre pas, sa nouvelle arme entre les mains.

La présence de l’adolescent n’intimide aucunement la chose. À environ

deux bras de distance, elle s’arrête et le jauge avec intérêt. Sans doute les

pauvres fous ayant l’audace d’oser l’affronter sont-ils rares. Même dans le

but de protéger un proche.

La salive qui s’écoule de sa gueule ouverte est de plus en plus

abondante. Le rouge de ses yeux brille avec autant d’animosité que de

malice. Une fois de plus, ses narines s’activent, humant bruyamment l’air.

Ses pupilles se dilatent et ses sourcils se froncent. Ses traits monstrueux se

durcissent davantage, si telle chose est possible.

Habitée d’une furie qui ne semble que s’accroître, la créature lève le

bras droit au-dessus de sa tête, les griffes écartées au maximum.

Elle va frapper.

Alex utilise la planche qu’il tient à deux mains pour bloquer le coup,

mais son effort est inutile.

Flac !

Aussi affûtées que la plus tranchante des lames, les griffes ne font

qu’une bouchée de leur cible, en l’occurrence la poubelle à la gauche du

monstre, dont elles traversent la carapace de plastique de part en part. Elles

vont même jusqu’à s’enfoncer partiellement dans le mur de béton derrière.

Le conteneur à ordures est tordu et fendu au point où il devient

impossible à identifier. Par ses innombrables fissures, le sang de son

occupant s’écoule, comme le jus d’un fruit frais que l’on presse entre ses

doigts. Aucune chance que la victime ait survécu.

Le geste de la créature prend Alex par surprise. Avoir su qu’il

disposerait d’une opportunité de contourner la chose et de fuir, aussi infime

soit-elle, il aurait foncé sans hésiter, quitte à devoir transporter Geneviève et

Nicolas sur ses épaules. Malheureusement pour lui, cette fenêtre se referme

aussi rapidement qu’elle est apparue, et avant qu’il ne puisse réagir ou

mettre en branle un nouveau plan, la chose leur accorde à présent toute son

attention. D’une série de mouvements désinvoltes, elle cherche à se

débarrasser de la poubelle, toujours accrochée au bout de ses doigts, telle

une gomme à mâcher qui refuse de décoller. Les yeux d’Alex suivent le

conteneur, qui se dégage finalement et va voler plus loin, puis se posent sur

tous les tuyaux de métal sectionnés sans effort.

Il se sent ridicule avec la planche de bois qu’il tient entre ses mains.

— Alex !

Le monstre étire un bras vers les trois jeunes tandis qu’ils retraitent

parmi les débris vers la salle de bain.

Le premier d’une vingtaine de coups de feu retentit alors. Geneviève et

Nicolas ont à peine le temps de comprendre ce qui se passe qu’ils sont

plaqués au sol par leur grand frère, qui utilise alors son propre corps pour

les protéger contre d’éventuelles balles perdues.

Cette offensive inattendue est d’une telle intensité que le monstre n’a

jamais le temps de se retourner vers ses assaillants, la totalité des projectiles

l’atteignant dans le dos, à la nuque et aux cuisses. Certains de ces tirs sont

effectués avec du gros calibre et occasionnent de sérieuses blessures. L’une

des balles lui explose même le derrière de la tête, exposant ainsi une partie

de sa cervelle. Le monstre titube et s’effondre finalement sur le dos. Il

pousse un long râlement d’agonie qui ne s’éteint qu’une fois les armes à feu

endormies.

Alors que leurs canons fument toujours, les tireurs, situés à une distance

raisonnable, prennent un long moment pour s’assurer que leur cible ne se

relève pas. Un liquide bien trop opaque pour être du sang se déverse des

blessures et se répand tout autour du corps inerte.

— On l’a eu… Ha ! Ha ! On l’a eu, le gros mange-marde ! WOOOH !

célèbre un des tireurs, au long nez crochu.

— Ferme-la, Stan. J’entends bouger., lui répond son compagnon le plus

proche.

La fusillade terminée et la créature hors d’état de nuire, Alex encourage

ses protégés à se remettre sur pieds.

— C’est bon, on peut se lever. Dépêche, Nico. Gen, enlève tes mains de

sur tes oreilles ; c’est fini.

Ils se relèvent tous les trois.

— Oh, shit ! Check, Denis ! Y’avait des kids ! s’étonne Stan.

— Oui, pis y’a un pensionnaire dans le lot, fait remarquer à voix basse

le plus jeune des trois hommes armés. Si on les amène avec nous, va falloir

garder un œil dessus.

Le troisième et dernier membre du trio force un sourire et ignore ce

dernier commentaire.

— Eh ben, eh ben ! Qu’est-ce qu’on a là ? s’exclame-t-il avec autorité.

On dirait bien qu’on est arrivés juste à temps ! Pas vrai, les jeunes ?

 

OceanofPDF.com