Lilith
Sammaël
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Lilith est fécondée par Sammaël
Viens à moi, Sammaël, ange de la mort ! Car tu es la vie même. Aide-moi à lire dans mon sang ! Mon sang, je veux le déchiffrer, lui rendre toute la profondeur de sa mémoire. J’ai trente mille ans, et bien plus encore : je veux qu’on me respecte. L’antique espèce humaine, si compatissante et si impitoyable avec elle-même, maintenant a besoin de respect. Sammaël, la mort aujourd’hui a besoin de son ange. Étends tes ailes sur elle, qu’on veut éliminer. Rends-lui sa dignité, rends-nous dignes de vivre !
Deux enfants sont dans la forêt. Deux enfants dans la forêt noire attrapés par la nuit m’appellent et m’attendent.
Viens m’aimer, Sammaël ! que je puisse partir !
La ruine de Lone était plus criante encore dans la lumière du printemps. Au moment où la nature – l’air, les arbres, les oiseaux, la longueur des jours, tout ce qui, même dans une grande ville, subsiste de la nature – était comme toujours en cette période en proie à l’effervescence du renouveau, le morne effroi quotidien des humains, cette sorte de dépression collective que rien ne semblait pouvoir dissiper, devenait plus pesant encore, plus inquiétant : lorsque ce genre de maladie se prolonge trop, le risque ne devient-il pas de plus en plus grand de « faire une bêtise », de céder à une tentation suicidaire ?
Tantôt une lucidité effroyable s’emparait de la ville, qui se voyait perdue, tantôt elle préférait se plonger délibérément dans les ténèbres et y vivre à l’aveuglette, n’ayant plus assez d’énergie ni d’espoir pour tenter d’imaginer une autre forme de survie. Lone gisait de part et d’autre du Fleuve-Serpent, soumise aux déambulations et à l’affairement réflexes de ses habitants. Écartelée comme une grenouille de laboratoire, Lone n’était plus agitée que de secousses de morte torturée.
Alors que la nuit tombe, Reine longeant le Fleuve-Serpent marche lentement vers le pont sous lequel elle dort, avec quelques autres errants. Sa tête lui tourne un peu à cause de l’alcool bu dans la journée, mais pas trop. Pas assez. Elle ressent la douleur : dans ses pieds, dans ses yeux, dans son dos, dans son ventre.
Les autres ne sont sûrement pas rentrés. Il lui semble qu’elle a sommeil, mais elle n’a peut-être pas envie de dormir maintenant, toute seule. Reine avance quand même.
En arrivant sous le pont, elle s’aperçoit qu’il y a déjà quelqu’un. Un errant qu’elle ne connaît pas, assis à sa place à elle. Il est très jeune et très beau, ce qui d’abord la fout en rogne. Avec sa beauté c’est comme s’il l’agressait, elle, la vieille, moche, alcoolique et sale. La Ruine, comme elle s’appelle elle-même.
Elle s’apprête à le chasser et plus vite que ça, mais c’est bizarre, elle ne trouve pas les mots de colère qui d’habitude lui viennent si facilement. C’est Sammaël qui réagit le premier, en lui tendant la main, paume tournée vers la voûte du pont. Il a l’air si triste, si doux. Et si déterminé. C’est impossible de résister à cet appel.
Maintenant qu’ils sont assis côte à côte, Sammaél touche le visage de Reine comme un aveugle, en la scrutant comme un voyant. Inhibée par sa honte, Reine n’ose pas réagir. Elle se laisse faire, celle qui fut jeune. Bientôt ils sont tous les deux couchés, une hanche sur le sol dur, le dos de Reine contre le torse de Sammaël qui l’enserre tendrement. Il y a longtemps que sa chair n’a pas été pénétrée. Reine pourrait mourir de bonheur pour cet instant.
Pendant qu’il lui fait l’amour, Reine a du mal à se concentrer sur son plaisir. C’est que tout lui revient de l’époque ancienne où elle avait un joli corps, propre, épilé, bien entretenu, parfumé, habillé de dessous soyeux. Elle se souvient de tous les dessous qu’elle a eus, des noirs, des rouges, des colorés, des soutiens-gorge à balconnets qui faisaient pigeonner ses seins, des transparents, des à bretelles fines, des à larges bretelles de dentelle, des sans bretelles pour certaines tenues de soirée, elle revoit les tiroirs de sa commode pleins de lingerie délicate, la soie, les culottes de toutes les formes et de toutes les couleurs, les guêpières, les bas, toutes les matières douces, brillantes, fines, légères…
Elle revoit son appartement, le plaisir qu’elle avait à l’arranger. Les tableaux. Les meubles de valeur. Les tentures…
Elle revoit les enfants. Le moment où elle les accompagnait à l’école, le matin. Leurs petites mains dans les siennes – un de chaque côté. La sempiternelle course pour ne pas être en retard. Le bisou sur la joue au moment de se quitter, aussitôt effacé du bout des doigts pour ne pas laisser la marque du rouge à lèvres…
Elle se revoit au travail, sur les chantiers de fouilles, dans les laboratoires, au Museum, entourée d’étudiants. Elle se revoit au lit avec son mari qu’elle aimait tant mais qui la trompait trop. Elle se revoit au lit avec son amant. Puis avec son autre amant.
Et maintenant, alors qu’un beau jeune homme lui fait l’amour, au lieu de jouir l’errante pleure doucement. Car il y a un creux de plus en plus grand dans sa poitrine, où s’installe toute la tristesse du monde. Un creux si grand à la fin qu’il est plein de lumière, et qu’on a envie d’y tomber.
Reine quitte le pont quand les autres commencent à arriver. Elle s’en va sans adresser la parole ni répondre à personne et ils se disent qu’encore une fois elle n’est pas d’humeur, c’est tout. Sammaël est déjà parti et c’est tant mieux, elle ne tenait pas à ce qu’il reste, moche et dégradée comme elle l’est maintenant.
Vas-y, fous-toi à l’eau, la Ruine.
On la retrouvera huit jours plus tard et personne ne reconnaîtra son corps, à cause de son long séjour dans l’eau, et surtout parce que personne ne la cherche. Elle a nagé dans l’eau noire aussi longtemps qu’elle a pu, rejoignant le milieu du fleuve avant d’essayer de remonter le courant, jusqu’à ce que l’épuisement l’emporte.
J’ai libéré Rudolf et Viola. J’ai ouvert la porte d’entrée de l’appartement, puis la porte blindée, et je suis restée dans l’encadrement, pour être sûre qu’ils comprenaient. Ils gisaient côte à côte sur le sol, décharnés. Le bruit les a réveillés. Ils m’ont regardée, sans manifester d’étonnement.
Après un long moment, ils ont compris que la porte allait rester ouverte. Lentement, toujours l’un contre l’autre comme s’ils étaient soudés, ils se sont mis à ramper vers la sortie. Avant qu’ils n’arrivent à ma hauteur, je me suis rendu compte que j’avais un peu peur d’eux, et je me suis effacée pour les laisser passer.
Au bout de tous ces mois de captivité et de promiscuité absolue, ils sont devenus extrêmement menus, leurs yeux exorbités mangent leur visage, le clitoris de Viola s’est tellement allongé (à force de stimulation ?) qu’on le voit dépasser de la vulve comme un petit pénis. On dirait des Primates primitifs, des Lémuriens, de ces Cheirogaleinae nocturnes et solitaires qui se construisent des nids pour s’y réfugier et s’y reproduire, pendant le jour.
Comme le ferait n’importe quel autre animal, ils choisissent la voie de la liberté, mais avec une prudence extrême, certainement due à leur épuisement. J’éprouve des scrupules à les libérer ainsi : comment vont-ils survivre, dans l’enfer du dehors ? Eux qui tour à tour furent mes amants ne sont plus que des fantômes effrayants, morts pour moi comme pour le reste de la société, mais vivants l’un pour l’autre dans leur monstrueux amour, inconditionnel et exclusif, qui me hache de jalousie.
Toujours rampant, aussi étroitement serrés que s’ils ne formaient plus qu’un seul et même corps, ils ont remonté le couloir, franchi la porte d’entrée. Qu’ils errent dans la ville ! Je ne me fais plus aucun souci pour eux. Car je viens de comprendre qu’ils sont désormais indestructibles.
Le gigantesque serpent s’est échappé de chez moi, terrorisant la population. Terrorisée moi-même, je le rattrape, l’empoigne, mais pas assez près de la tête pour l’empêcher de la jeter furieusement de tous côtés, et spécialement vers moi, son énorme gueule rouge grande ouverte sur son gosier ensanglanté, sans fond, ses dents pointues, sa langue acérée.
Pour aller l’enfermer dans un zoo, le mettre hors d’état de nuire, je dois traverser toute la ville avec lui – en une interminable et terrifiante épreuve. Du haut de son balcon, un type, quel connard, regardant mon serpent se branle en rêvant de le voir engloutir des corps tout entiers de chair fraîche.
Mais ardemment je le chevauche et dompte sa fureur, tandis qu’il me menace de sa bouche béante comme un four plein de braises. Ma bête aux milliers d’écailles, semblables à chacun de mes cheveux, plantés dans mon crâne à coups de crocs, m’injectant dans le crâne leur mortel venin ! La tristesse s’insinue dans mes nerfs, pénètre mon sang et envahit mon corps.
Mortelle tristesse ! L’homme branle son sexe et je chevauche ma bête, mais lui et moi sommes aveugles, secoués de pulsions dans l’abîme sans nom ! Tristesse ! Ma vie comme une succession de pulsions ! Détruisant tout autour d’elle ! Tristesse ! Ma vie comme une tentative sans fin de dompter mes pulsions ! Détruisant tout en elle ! Tristesse ! Ses yeux sont injectés de sang ! À cheval sur mon serpent furieux je traverserai le monde des solitudes jusqu’à mon dernier souffle.
Je suis la reine des femelles, la vierge noire, la ténébreuse, celle dont aucun homme jamais ne réussit à faire une bonne épouse, l’éternelle jeune fille, battante, insolente, et surtout libre, à jamais insoumise, achevée puis à jamais inachevée, je suis la fille, fille mère, fille des rues, parricide et matricide, regard fuyant, œil perçant, bouche grande et cuisse légère. Raffolant de l’homme comme on raffole du crabe ! Même si, à satiété, il n’est pas rare qu’il provoque de longues nausées de mépris.
Une eau noire court dans les caniveaux de Lone, semblant chercher la sortie. La ville cadavérique et puante n’en finit pas d’entrer en décomposition, travaillée par des forces contraires qui s’acharnent à la ramener sans cesse en état de vie clinique par divers artifices, alors que la mort à l’œuvre a déjà entraîné sa liquidation.
Lone est plus que jamais à la fois morte et vive, Lone est tout simplement morte de désir, de ce désir féminin qui est le manque, le grand Manque – et comme tant de femmes qui se complaisent davantage à éprouver l’absence d’un amant, ou d’un amant rêvé, qu’à profiter de la présence d’un homme réel, Lone au lieu d’embrasser la vie se languit et s’abandonne à l’attente morbide de l’amant qui saura l’aiguillonner, cet amant, Sammaël, qui n’est autre que le serpent que je chevauche et qui la terrifie.
Pour l’heure, avec les eaux noires de la ville-cadavre, glissant sur mon serpent, je m’enfile et disparais dans les égouts, à l’abri du silence tumultueux des rues.
Le corps du serpent vissé entre mes jambes, étroitement allongée contre lui, je ne fais plus qu’un avec ma bête, qui m’entraîne et me conduit dans le dédale caverneux des eaux de la ville.
À toute allure nous glissons, portés par des fluides soyeux, salés, bifurquant avec aisance et rapidité d’un boyau à l’autre, nous laissant tomber avec joie et légèreté d’un niveau à l’autre, percevant sans angoisse les bruits étouffés et horrifiants des populations réfugiées dans ses entrailles, rats, humains et autres bêtes, dans ses entailles cris, couinements, cavalcades, râles, happant les variations d’obscurité comme des flashes de lumière jouissifs, en un long, long et fabuleux voyage.
Et puis soudain nous nous retrouvâmes jetés dans les vastes et noires profondeurs du fleuve. Bras et jambes noués autour de mon serpent, je me laissai voguer dans les eaux visqueuses, aux fonds encombrés d’épaves et de corps humains gonflés comme des baudruches, ligotés à des pierres. Mon regard se faisant à la nuit du fleuve, je remarquai que ses eaux noirâtres étaient parcourues de longues veines rouges, monstrueux caillots de sang qui s’effilochaient dans le courant.
Faisant onduler son corps musculeux et puissant, dont le contact me maintenait dans un constant état d’excitation sexuelle, le serpent fendant le fleuve dans son épaisseur m’entraîna vers la surface. Plus il s’élevait et plus grande devenait sa vitesse, comme si nous obéissions à une irrésistible attraction. Il y eut comme un tourbillon, qui nous hissa vers la sortie en nous plaquant plus étroitement que jamais l’un contre l’autre, et, dans une sorte d’extase, je perdis connaissance.
Je m’éveillai dans la quatrième salle de la grotte. Mon cri résonna, de paroi en paroi. Il faisait noir, mais je connaissais les lieux par cœur, suffisamment pour les identifier instantanément même dans la plus grande obscurité, ne serait-ce qu’à leur odeur – depuis des milliers d’années ces lieux étaient en moi. Je me levai et avançai, longeant la paroi de pierre blanche, dont ma main reconnaissait chaque anfractuosité.
Mes pas dans leurs pas, ma main dans leurs mains. Je suis nue comme au premier instant, et mon corps est redevenu lui-même : un corps, et non une image ou un fantasme de corps. Mon corps nu est merveilleux, quel qu’il soit et quoi qu’il ait subi. Immergé dans le ventre du temps, à l’abri du temps au creux de l’un de ses grains de sable.
L’air dans la grotte est tiède – à température constante en toute saison. Les dizaines d’empreintes de mains qui ornent les parois depuis trente mille ans m’entourent et me protègent, dressées tout autour de mon corps comme des barrières magiques. Parfois je sens dans la pierre les gravures d’animaux entremêlées que ces mêmes mains y ont inscrites, avec un sens du dessin admirable, les unes dans les autres pour en compliquer la perception, dire que le monde est un écheveau, une écriture à déchiffrer.
À l’entrée de la troisième salle une lumière se fait, et Sammaël apparaît, nu, la main tendue vers moi. Comme je brûle pour toi, mon bel ange ! Chaque pas qui m’amène vers toi trempe mes cuisses de fluides chauds. Sammaël, magnifique jeune homme au regard triste, combien de femmes, d’hommes et d’enfants sont morts pour t’avoir seulement vu ? Toi et moi et nul autre saurons nous aimer l’un l’autre sans nous faire de mal.
Quand j’arrive dans sa lumière, Sammaël empoigne mes cheveux longs et forts comme des serpents et, tout debout, transperce mon sexe de son sexe.
Lorsque nous sommes sortis de la grotte il faisait nuit et il pleuvait, une grosse pluie abondante et chaude. Sammaël m’a fait monter sur son dos et nous avons pris le pont au-dessus du fleuve. Les ronds de lumière des lampadaires qui se reflétaient dans l’eau faisaient des taches étrangement rouges à la surface noire et tremblante de la masse liquide.
Les rares passants que nous croisions nous regardaient à peine, bien que nous fussions nus et dans une posture inhabituelle. Depuis longtemps à Lone on savait ne s’étonner de rien, même s’il restait du meilleur effet de s’extasier régulièrement sur la ville de tous les possibles et de toutes les folies.
Accrochée des deux mains au torse de Sammaël, des jambes enserrant son ventre, je lui mordillais les oreilles et la nuque, ivre de son odeur. Douchés par la pluie, nous étions tous les deux puissants et légers comme le vent.
Sammaël se mit à courir à travers rues et artères, et ses pas résonnaient fortement entre les immeubles, bien que ses pieds ne touchassent plus le sol. Tout en galopant il me parlait, et ses paroles s’en allaient avec le vent qui nous portait, insaisissables et belles comme des pétales de fleur arrachés par la tempête. Tout et tous s’écartaient sur notre passage, nous étions une longue bourrasque de pur plaisir lancée dans la nature des choses. Sans discontinuer, je hurlais de rire.
Le prenant à mon tour sur mon dos, je connus cette sensation de courir sans poser les pieds sur terre. Comme je le lui avais fait, il me talonnait vigoureusement, et m’enserrait la gorge de ses mains d’étrangleur en hurlant dans la pluie. Son poids sur mon dos était à la fois envahissant et insignifiant, un tendre sac de plumes que je transportais par les rues que j’avais tellement hantées, des nuits durant. Et peu à peu son sexe durcissait et grimpait le long de ma colonne vertébrale.
Haletante, aussi vite que je pus, je rejoignis le Jardin, d’un bond fabuleux passai par-dessus les grilles et me laissai tomber à quatre pattes dans l’herbe mouillée. Ses cuisses contre mes oreilles, son sexe maintenant battait contre ma nuque.
Écartant de chaque côté de mon cou le flot de mes cheveux, je l’encourageai à frotter son phallus, que je voyais briller dans mon dos comme un lingot d’or, contre mes cervicales. Mes tympans tremblaient, je sentais le moment proche. Un trou s’ouvrit dans ma nuque, par lequel son membre soyeux entra et me pénétra jusqu’au cerveau.
Deux petits enfants marchent dans la neige à la lisière de la forêt. La nuit bleu marine tombe sur les montagnes blanches. D’un pic isolé jaillit une grosse lune ronde tachée d’hématomes. Un grand sapin noir se découpe, majestueux, sur la boule brillante, la transperçant jusqu’au cœur, comme un bilboquet.
Au Jardin, tandis que Sammaël me féconde par la nuque, je suis terre et boue, herbe et pluie, ravine, et ma bouche est emplie du goût de l’argile, et mon corps est pétri par les doigts innombrables de la tempête, ma langue épaisse sort de ma bouche pour s’enfoncer dans le sol, mes cheveux répandus tout autour de ma tête s’en vont en ondulant prendre racine, mes mains, mes genoux, mes orteils creusent le terreau, mes seins d’où dégoutte la pluie mêlée à ma sueur larme à larme l’arrosent. Je fais partie des éléments, je suis vivante et morte, celle en qui tout s’entremêle. Le sexe de Sammaël, fiché dans mes pensées, travaillant mes visions et agaçant mes nerfs, me fait redresser la tête, comme un flambeau. De lourds nuages charbonneux voguent devant la lune. Un ululement long comme un long souffle sort de ma gorge, brise l’obscurité, ouvre le ciel. À travers le cerceau de la planète blanche, je passe de l’autre côté du monde.
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