Mademoiselle Plastique

Marilou Addison · Chapitre 10 sur 25

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Mademoiselle Plastique

Chapitre 10 Florence

CHAPITRE 10

 

Florence

 

Je tente de cacher ma réaction du mieux que je le peux. Ce n’est pas évident. Je me sens rejetée. Pourtant, c’est ridicule. Pas plus tard qu’hier, je criais sur tous les toits que je ne voulais pas de chum et que la moindre relation allait être un frein dans ma vie. Il n’a fallu que cet accident sur la route pour me faire douter…

Je me secoue. Non, je ne doute pas. Je reviens au plan initial qui est, je me le rappelle dans ma tête, d’augmenter les revenus de mon entreprise et de devenir une représentante hors pair. De me concentrer sur mes clients et non sur les hommes qui pourraient croiser ma route. Bref, tout va pour le mieux. Si ce n’est de ce vol!

N’empêche que d’ici la fin du week-end…

je ne sais pas trop ce que je vais faire de ce béguin…

 

De son côté, Christophe enchaîne, sans remarquer que je réfléchissais. Il marmonne en direction du chauffard qui vient de m’envoyer promener, avec beaucoup de classe:

— Occupe-toi pas de cet imbécile. On est presque arrivés. Ç’a été moins long que je pensais. Le poste de police est juste là.

Je m’engage dans le stationnement et me gare devant les portes principales. Je détache ma ceinture de sécurité et m’apprête à descendre, mais je remarque alors que Christophe n’a pas bougé. Je demande:

— Tu… tu viens pas? Quoique c’est vrai que t’es pas obligé de me suivre…

Je jette un coup d’œil à la bâtisse, puis je reviens à mon compagnon. Il semble réfléchir. Finalement, il déclare:

— C’est beau, je te suis. C’est juste que… Non, oublie ça.

Il détache sa ceinture à son tour, sans toutefois m’expliquer davantage son hésitation. Aurait-il un casier judiciaire? A-t-il déjà eu des démêlés avec la police? Ou est-ce seulement parce qu’il considère que ça ne le concerne pas et que je peux me débrouiller toute seule? Je devrais peut-être lui dire de rester ici?

Mais je ne le fais pas. À la place, je sors de l’auto et je l’attends pour marcher vers le poste. Sa haute silhouette me surpasse de plusieurs centimètres, ce qui me réconforte, en quelque sorte. Je n’ai jamais mis les pieds dans un tel endroit, moi. Je n’ai aucune idée de la façon dont je serai reçue. Est-ce qu’on va me dire que tout est ma faute? Que je n’aurais jamais dû laisser mon matériel dans la voiture?

Stressée, je finis par entrer dans le poste avant Christophe, qui m’a galamment ouvert la porte pour me laisser passer devant lui. Il y a un moment de flottement où je cherche mes repères et où je me demande ce que je dois faire. La main de mon compagnon se pose dans le bas de mon dos. Ça me rassure. Je finis par avancer jusqu’au comptoir, où j’attends que l’homme sur place lève la tête.

Comme il ne semble pas pressé de s’exécuter, Christophe se racle la gorge en se mettant à tapoter sur la surface. L’homme délaisse sa paperasse et demande d’une voix morne:

— Oui? C’est à quel…

Il ne termine pas sa phrase. Ses yeux se posent plutôt sur celui qui se trouve à ma droite. Après une hésitation, il reprend: — Désolé, je vous avais pas vu. Vous êtes là pour…?

Christophe détourne le regard, obligeant l’employé à se concentrer sur moi. J’explique:

— On m’a volé le contenu de ma valise. Je suis ici pour porter plainte et aussi pour… pour qu’on retrouve mes choses.

— Quand vous dites valise, vous parlez de…? me questionne l’employé. — Elle veut dire le coffre arrière de sa voiture, intervient mon compagnon. Il faudrait voir un enquêteur. C’est possible de faire ça tout de suite? — Oui, oui, évidemment. Je vous appelle quelqu’un. Ce sera pas long. Vous pouvez aller vous asseoir dans la salle d’attente.

Mais on n’a pas le temps d’y prendre place que déjà, un policier sort de son bureau pour venir nous voir. Après un regard rapide vers Christophe, il nous invite à le suivre. Une minute plus tard, nous sommes assis face au policier, qui prend des notes, installé devant son ordinateur. — Donc… vous dites que vous avez eu un accident sur la route, hier soir. Pourquoi vous avez pas appelé une remorqueuse à ce moment-là? — On cherchait surtout à se protéger de l’orage. En plus, mon cell était mort et… et ça répondait pas quand Christophe a téléphoné. Avec le pont fermé et la panne d’électricité généralisée, on avait pas trop le choix de laisser les véhicules sur place.

— Hum… et pourquoi vous étiez venue en ville? — Pour le congrès qui a lieu à l’hôtel. Mais j’ai pas eu de chambre. Un problème de réservation, je sais pas. Ça fait que je me cherchais un endroit où dormir quand l’accident s’est produit.

Le policier lâche l’ordinateur des yeux un instant, les sourcils froncés. Il observe Christophe, comme si un détail le chicotait. Mon compagnon ouvre la bouche pour la première fois depuis que nous sommes là pour mentionner:

— Vous lui demandez pas ce qu’elle s’est fait voler? — Oui, ça vient, monsieur Hilson. C’était ma prochaine question.

Je fronce les sourcils en entendant le nom de famille de Christophe, qui me dit vaguement quelque chose. Je n’ai pas le temps d’y réfléchir plus longtemps, car l’homme revient à moi et m’interroge effectivement sur le contenu du coffre.

— Tout mon matériel de vente. Voyez-vous, au congrès, on devait avoir la possibilité de vendre nos plats aux visiteurs qui viendraient y assister. C’est un gros événement. J’ai apporté facilement pour quelques milliers de dollars de contenants, vous comprenez! Et là, j’ai tout perdu ou presque. Je sais même plus si ça vaut la peine d’aller à ce congrès, maintenant!

Le policier tente de me rassurer en me disant que ses collègues et lui vont tout faire pour retrouver le voleur, mais que par contre, ça pourrait prendre un certain temps. Je tente de ne pas me décourager, mais c’est plutôt difficile. Je n’ai aucune idée de ce que je vais faire. Est-ce que je devrais appeler mes assurances?

D’ailleurs… est-ce que mes assurances vont couvrir un vol pareil? Rien n’est moins sûr. Pour la simple et bonne raison que je ne leur ai jamais mentionné que j’étais devenue travailleuse autonome.

En soupirant, j’accepte la main tendue du policier, qui promet de me tenir au courant. Il salue ensuite Christophe et ajoute du bout des lèvres: — On est tous désolés du décès de votre père. J’imagine que votre venue dans le coin indique que c’est désormais avec vous qu’on devra communiquer quand…

Je fronce les sourcils, sans comprendre de quoi il est question. Mon compagnon coupe le policier en le remerciant, sans rien ajouter de plus. Je me remets debout, confuse, puis je suis Christophe, qui me paraît pressé de quitter les lieux.

Tout en déverrouillant les portières avant de la voiture, je songe à la façon dont l’employé, à l’accueil, a réagi en apercevant mon compagnon. Comme s’il le connaissait. Il semblait vouloir lui plaire à tout prix. Même chose pour le policier qui a ouvert le dossier à propos du vol.

N’a-t-il pas appelé Christophe «monsieur Hilson» alors que celui-ci ne s’était même pas encore nommé? De plus en plus intriguée, je joue un instant avec la clef de l’auto. Christophe s’installe à ma droite, toujours aussi coincé, et j’en profite pour lui demander: — T’as déjà eu affaire à la police?

Il tourne la tête vers moi, cherchant visiblement la bonne réponse à me donner. Voyant que ça ne lui fait pas plaisir d’exposer cette partie de sa vie, je reprends, avant même qu’il ait eu le temps de dire quoi que ce soit:

— Non, laisse faire… C’est pas important. Tu peux avoir braqué une banque, fait des graffitis sur les murs durant ton adolescence ou même avoir participé à une contrebande de gommes ballounes dans la cour d’école, je veux pas le savoir. C’est ta vie, après tout. On a tous…

J’inspire un bon coup, pour conclure:

— … nos secrets.

Je lui fais un petit sourire en démarrant le véhicule. Alors que je me mets en marche arrière, il répète à voix basse, un sourire aux coins des lèvres:

— De la contrebande de gommes ballounes… C’est vraiment ça que je t’inspire?

— Non… dis-je en lui rendant son sourire, tu me donnes plutôt l’impression d’avoir tabassé les méchants de ton école. Tu fais le gros dur, mais dans le fond, tu devais être un tendre, j’en suis certaine.

Son sourire se fige. Il se renfonce dans son siège, le regard perdu sur la route devant nous. Après un moment, il rétorque: — J’étais pas un gros dur. Ni un tendre. J’étais… pas grandchose…

Le ton qu’il emploie me fait l’effet d’un coup de poignard. Je ressens sa douleur dans ma poitrine. Je voudrais réagir, dire quelque chose d’intelligent, mais il change vite d’expression et déclare: — Bon! Alors, t’es toujours partante pour m’aider à m’acheter un complet? — Euh… oui. Oui, c’est d’accord. De toute façon, les conférences reprennent pas avant midi, alors j’ai du temps devant moi.

Avec un faux enthousiasme, je m’en rends bien compte, Christophe me guide une fois de plus sur la rue principale, direction les boutiques pour hommes. Bien hâte de voir de quoi il aura l’air, ainsi vêtu. Je mettrais ma main au feu qu’il sera encore plus craquant que maintenant…

Christophe

 

 

Contrairement à sa façon de conduire, Florence semble être une experte pour se stationner. Impressionné, je lui lance un regard qui lui fait gonfler la poitrine. Plutôt fière d’ellemême, elle sort de l’auto, le menton bien haut. Mais son enthousiasme se dégonfle vite lorsqu’elle s’arrête face à une première boutique et s’aperçoit des prix affichés. — Ouch… ils sont pas donnés, les habits, ici. Il doit sûrement y avoir un autre magasin où on pourrait en trouver des plus abordables, mentionne-t-elle en observant les affiches des commerces adjacents. — Ça va aller, lui dis-je en pénétrant dans le magasin. Un costume peut être porté de nouveau à plusieurs occasions, non?

— Genre? répond-elle en m’emboîtant le pas.

— Ben… pour un mariage.

— Tu comptes te marier dans la prochaine année, toi?

Je ne réponds pas à la question et suggère plutôt: — Ou pour ma propre mort, tiens. On sait jamais. — Sois pas prophète de malheur. Faut pas parler comme ça, me souffle-t-elle, l’air sombre.

— Je blaguais, dis-je en détournant les yeux d’un complet pour les poser sur elle.

— On doit pas faire de blagues avec ça, c’est tout.

Elle n’ajoute rien et se dirige vers le fond de la boutique. Je la regarde s’éloigner, surpris par sa réaction. Je ne crois pas que Florence soit une fille dénuée de tout sens de l’humour. Donc, si le sujet la heurte, c’est qu’elle a dû vivre de mauvaises expériences dans le passé. Un parent qui est mort… un ami ou une amie? J’aimerais en apprendre davantage sur cette femme que je côtoie depuis près de vingt-quatre heures, mais je n’en ai pas l’occasion.

Elle vient de retirer d’un cintre un superbe complet noir, pour venir me le coller sur le torse. Elle fait un pas de reculons, le bras tendu, et m’examine sans aucune gêne.

— Hum… le noir, ça te va bien, mais tu sais quoi? Je pense qu’il faudrait une teinte plus pâle.

J’attrape le vêtement et m’écrie:

— Plus pâle? Du noir, c’est… c’est noir. Y’a pas d’autres teintes que ça. — Ah, ah… c’est là que tu te trompes. Je savais bien que t’allais avoir besoin de moi.

Une vendeuse s’approche de nous au même moment et demande: — Monsieur aime la teinte noir d’encre?

Je bafouille un oui sans enthousiasme.

— Si je peux me permettre, reprend-elle, avec votre teint et la couleur de vos cheveux, j’irais plutôt vers aile de corbeau. Ou noir de jais. Oui, attendez une minute, je reviens avec ces couleurs.

Je baisse les yeux vers Florence en grimaçant, mais au lieu de me prendre en pitié, elle éclate de rire devant mon désarroi. Elle ajoute même: — Je te l’avais dit!

Je grogne pour la forme, mais je me tais en voyant la vendeuse revenir. Elle dépose une pile d’habits dans mes bras, puis elle me fait signe de la suivre. Le tout, accompagné d’un clin d’œil. Puis, en marchant devant nous, elle balance les hanches et se tourne à quelques reprises pour me jeter un regard complice. Je ne réagis pas, mais je sens que ça commence à agacer Florence, qui ralentit le pas pour me permettre de la devancer. Je l’imite et l’attends. Elle accélère en soupirant. Une fois qu’elle est près de moi, je me penche pour lui murmurer:

— Qu’est-ce qu’il y a?

Haussement d’épaules. J’insiste:

— Pour vrai, y’a un problème?

— Non, non, laisse faire.

Je m’arrête complètement, cette fois, et lui fais face. Me doutant bien de ce qui la chicote, je plonge mon regard dans le sien et chuchote, pour ne pas être entendu de la vendeuse:

— Elle est pas mon genre, tsé.

— Oh, c’est pas ça! réplique-t-elle en vitesse.

Je la fixe. Elle se racle la gorge, pour finalement avouer: — OK, mais tu l’as vue? Elle se dandine comme si elle était en maillot de bain et qu’elle voulait que tu admires ses fesses. Je veux dire… elle exagère!

Je secoue la tête en souriant. Je ne sais pas pourquoi cette pointe de jalousie me fait autant plaisir. Au contraire, ne devraitelle pas me donner le goût de fuir à toutes jambes?

Il faudra que j’y réfléchisse plus tard. Pour le moment, la vendeuse nous attend. Elle commence même à taper du pied. Sans me poser plus de questions, je me penche et embrasse le bout du nez de Florence, qui le fronce de façon mignonne. Avant que je m’éloigne, elle m’attrape soudain par le collet et me rapproche de son visage pour me souffler: — Je sais qu’on a dit que ça irait pas plus loin que la nuit d’hier et qu’en plus, on repart tous les deux bientôt, mais… ce week-end, il est pas encore fini, non?

Je hoche la tête. Elle continue sur le même ton: — Alors au moins jusqu’à demain, on pourrait peut-être…?

— … peut-être quoi?

Elle se mordille les lèvres. Ça me chatouille immédiatement dans le bas du ventre. Elle ajoute, l’air de rien:

— … continuer à… à passer du temps ensemble? Sans aller voir ailleurs?

Elle a murmuré les derniers mots si bas que je peine à les comprendre, mais lorsque mon cerveau enregistre l’information, je souris et me permets de poser mes lèvres sur les siennes…

Elle se hisse sur la pointe des pieds pour m’encercler les épaules et le cou. Un raclement de gorge nous fait tourner la tête. La vendeuse – encore elle – pointe une cabine et dit:

— Vous pouvez utiliser cet espace. Merci de remettre les vêtements sur cette tringle, s’ils ne font pas.

Elle s’en va, le visage crispé. Florence pose les talons au sol. Inconsciemment, je suis son mouvement et me penche vers elle. Mais parce que ce n’est ni le lieu ni le moment de reprendre nos ébats de cette nuit, je me redresse en soupirant et la laisse s’éloigner à regret. Puis, comme un bon petit soldat, je prends la direction de la cabine d’essayage.

Demeurée de l’autre côté de la porte, ma compagne se fait un plaisir de juger chacun des habits que j’essaie. Elle secoue la tête ou, au contraire, me fait un grand sourire lorsque ça lui plaît. Moi, je la laisse décider. Très franchement, je m’en fous. Après une demi-heure de ce supplice – le magasinage et moi, ça ne sera jamais une histoire d’amour –, je décide que j’en ai assez et je sors de la cabine en ne tenant qu’un seul costume dans la main.

— Hé, mais l’autre aussi, il te faisait super bien! s’écrie Florence en allant chercher celui que j’ai abandonné derrière moi. — Tout comme lui, dis-je en pointant celui que je tiens. — Je sais, mais… c’est dommage. Le noir de jais était… — OK, OK, je prends les deux, si c’est ce que tu préfères.

Elle relève la tête et me fixe, interdite. Puis, elle éclate de rire, croyant que je blague. Mais son rire s’éteint lentement quand elle me voit attraper les deux habits et me diriger vers la caisse. Elle me suit en murmurant: — Attends… Tu vas pas…? T’as vu le prix? Christophe, ils coûtent une fortune. T’es pas obligé de…

— J’ai pas le goût de me casser la tête, lui dis-je tandis qu’elle me talonne. Et ça pourrait être pratique si je…

J’hésite à continuer. Elle reprend à la blague:

— Si tu deviens PDG d’une entreprise multimilliardaire, oui! Allez, donne-moi-z’en un, je vais aller le porter à sa place.

Sauf qu’au lieu d’obéir, je pose les costumes sur le comptoir où la vendeuse, tout sourire de me voir dépenser autant, se met à scanner mes articles.

— Monsieur a trouvé tout ce qu’il voulait? me demandet-elle.

Je hoche la tête. Elle enchaîne en mentionnant le prix, ce qui fait pousser un petit cri de stupeur à ma voisine de droite. Je tends ma carte de crédit à la vendeuse, tandis que Florence reprend à mon oreille: — Écoute, c’est ridicule de s’endetter comme ça. — Je m’endette pas, arrête un peu.

— Mais tu paies avec une carte de crédit! C’est exactement la définition de s’endetter, selon moi.

Très franchement, je commence à croire que c’était une mauvaise idée de prendre les deux costumes, mais pas à cause du prix. Plutôt à cause de la petite pie, près de moi, qui ne peut s’empêcher de me donner son avis. Il faut dire qu’elle ne connaît rien de ma situation. Comment pourrait-elle savoir ce que ce montant représente pour moi et ma famille?

C’est vrai aussi que je n’ai pas l’intention de m’étendre sur le sujet ni de lui donner des explications. Pour clore la conversation, je me dépêche de terminer la transaction, d’attraper le sac dans lequel l’employée a déposé mes achats, puis de sortir de cette boutique, Florence sur les talons.

Mauvais timing…

Juste là, sur le trottoir, se trouve celui que je n’avais pas envie de voir. Celui qui s’est fait un plaisir de nous dépasser en sauvage, sur la route, un peu plus tôt aujourd’hui. Et j’ai nommé mon cher cousin…

Dans mon dos, Florence continue de me rebattre les oreilles, mais je ne l’écoute plus. Mon regard est fixé sur Jay.

 

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