Mademoiselle Plastique

Marilou Addison · Chapitre 16 sur 25

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Mademoiselle Plastique

Chapitre 16 Florence

CHAPITRE 16

 

Florence

 

Munie de ma nouvelle carte, j’appuie sur le bouton du dernier étage de l’ascenseur. Manon et Carl m’ont suivie. Ils sont curieux de visiter la suite de Christophe. Je n’étais pas super emballée à l’idée qu’ils viennent mettre le nez dans ses appartements, mais je n’ai pas su trouver les bons mots pour le leur faire comprendre.

Bref, le couple ne se dispute plus – c’est déjà ça – et s’extasie plutôt devant la rapidité de la cabine à se rendre si haut, si vite. — Nous, on arrêtait au deuxième étage chaque fois, alors on se rendait pas compte que c’était si efficace. Je comprends pas pourquoi j’ai pas eu droit à une chambre située quelques étages plus haut. Je suis quand même pas n’importe qui, s’insurge Carl en secouant la tête. — L’hôtel était déjà plein à cause du congrès, lui rappelle sa blonde. — Vous preniez l’ascenseur pour un étage seulement? dis-je afin d’éviter que la chicane reprenne entre les deux.

— On avait les mains pleines! se justifie Manon d’un ton sec. Monsieur avait apporté tout son stock pour filmer! — Tu peux bien parler, il a fallu faire trois voyages à cause de tes plats de plastique!

— Ne parle pas de mes contenants comme ça! Ils valent super cher!

Très franchement, je commence à me demander ce qu’ils se trouvent l’un à l’autre. Quel drôle de couple, quand même. Je croyais pourtant que Manon était fière de son chum. Elle m’en parlait toujours avec des étoiles dans les yeux. Mais là, je crois déceler un certain agacement chez elle. D’un autre côté, ça ne doit pas toujours être évident: il a l’air passionné par son blogue et il ne se prend pas pour n’importe qui.

Sans oser intervenir dans leur discussion, je fixe les numéros des étages qui défilent à un rythme fou au-dessus de notre tête. Moins d’une minute plus tard, les portes s’ouvrent, dévoilant la suite luxueuse de Christophe. Ayant à peine eu le temps de l’admirer plus tôt aujourd’hui, je m’avance prudemment dans la première pièce. Je suis vite dépassée par Carl, qui se met à fouiner un peu partout. Je tente de le retenir, mais il ne m’écoute pas. En soupirant, je reviens au décor, plutôt impressionnant.

Le séjour est envahi par tous mes sacs et plats, posés çà et là. Un peu plus tôt, j’ai rappelé Christophe, qui m’a expliqué qu’il avait besoin du plat contenant les cendres de son père. Il m’a demandé, si c’était possible, de le lui apporter en quatrième vitesse. Autrement dit, immédiatement!

J’ai bien senti l’urgence dans sa voix, ce qui fait que je n’ai pas hésité longtemps. Il m’a texté l’adresse de l’église et je lui ai écrit que je me dépêchais. Mais maintenant que je suis dans ses appartements, je n’ai aucune idée de l’endroit où se trouve le plat en question…

Il me semble que c’était un Intelli-fraîcheur… Celui avec le couvercle vert. Je tasse quelques bols, j’ouvre un sac ou deux avant de m’arrêter pour réfléchir. Quand on a rempli ma voiture, en partant du motel, il me semble qu’on a pris soin de ranger les cendres dans la boîte à gants, et non sur le siège arrière ou dans la valise.

Est-ce que ça se pourrait qu’elles y soient toujours? L’employé de l’hôtel peut très bien ne pas avoir vérifié à cet endroit!

Je retourne sur mes pas afin de faire remonter l’ascenseur. Puisqu’il n’était pas redescendu, je peux donc m’y glisser sans attendre. Mais alors que j’appuie sur le bouton du rezde-chaussée et que la cabine se met en branle, je prends conscience que j’ai oublié Manon et Carl à l’intérieur.

Argh! J’essaie d’appuyer sur le bouton pour remonter, mais je dois mal m’y prendre, car j’arrive en bas dans le temps de le dire. Je sors de là et j’attrape mon téléphone pour appeler ma collègue, qui répond après quelques sonneries.

— Florence? Tu es partie en coup de vent! Tu aurais pu nous attendre, il me semble.

— Je m’excuse, c’est juste que je me suis rappelé où était ce que m’a demandé de trouver Christophe. Pouvez-vous quitter la chambre, vous aussi? Je crois pas qu’il sera content de savoir que quelqu’un y était sans lui…

— Bien sûr, on s’en va. T’inquiète. C’est très beau, en tout cas. Il a de la chance, ton Christophe.

— C’est pas mon… Peu importe. Oui, tu as raison. Il est chanceux. — On se voit à la prochaine conférence? Oublie pas, elle a lieu vers l’heure du souper. D’ailleurs, on aura droit à un repas durant la présentation. Et j’ai vu le menu, ça s’annonce chic!

— Cool! Oh, Manon?

— Oui?

— Pour sortir de la suite, je t’ai pas laissé la carte de l’ascenseur… — Attends un peu… J’ai demandé à Carl. Ça devrait aller. Selon lui, quand on clique sur la sortie, ça fonctionne toujours. On pourra juste pas y retourner…

— Bon, ben dans ce cas, je te dis à tantôt. Encore désolée! — Fais-toi-z’en pas avec nous. On touchera à rien. À plus!

Je raccroche, rassurée, même si une part de moi s’inquiète de les savoir toujours là-haut. D’un autre côté, ils ne devraient pas s’y attarder. Après leur visite, ils vont quitter les lieux. Christophe ne le saura sûrement jamais.

Une fois à ma voiture, j’oublie vite Manon et Carl. J’ouvre la portière et me penche sur le siège afin d’atteindre la boîte à gants.

Rien…

Non, non, non!

Je fouille dedans à deux mains et fais tomber les papiers, vieux CD et autres trucs sans intérêt appartenant à ma coloc Louise. Ne trouvant rien, je m’agenouille pour regarder sous les sièges.

Toujours rien!

Finalement, je m’assois du côté passager, le cœur battant, et remarque le compartiment entre les deux banquettes avant. Je m’empresse de vérifier son contenu et y découvre l’Intelli-fraîcheur en question! Je le soulève à la hauteur de mon visage.

Oui, il contient bien les cendres du père de Christophe. Je grimace à cette pensée et remets le plat où il était. C’est limite macabre, tout ça… Plus jamais je ne pourrai mettre une carotte ou des céleris dans ce plat, c’est certain! De toute façon, ce n’est pas comme si j’allais pouvoir récupérer ce contenant, j’imagine.

Avant de refermer le compartiment, je fais tout de même glisser la languette sur le dessus du couvercle. Ainsi, les cendres resteront fraîches plus longtemps…

Cette pensée me fait sourire.

Sans m’attarder, je sors de l’auto, la contourne et m’installe derrière le volant. Je démarre le moteur et suis les indications de mon GPS. La circulation est fluide, aujourd’hui, ce qui me permet d’arriver rapidement sur la rue de l’Église.

Mais une fois sur place, je jure tout bas: impossible de me garer. Le bord de la rue est rempli de voitures et de…

Oh! C’est sûrement la moto de Christophe, ça! D’ailleurs, je reconnais ce dernier sans mal, car il dépasse les autres d’une bonne tête. Il se trouve sur le chemin menant à l’église et discute avec une femme. Je ne les lâche pas des yeux, ce qui me vaut un coup de klaxon, derrière moi. Je sursaute et reprends conscience que je suis toujours sur la route.

Je devrais peut-être me concentrer sur ma conduite.

 

Le bruit a attiré l’attention sur moi, car malgré mes bonnes résolutions, je me remets à espionner Christophe tout de suite après avoir dépassé l’église. Il s’approche du trottoir et me fait un signe. L’autre bonne femme l’a suivi – non mais qui c’est, elle, au juste? – en se tenant vraiment très près de lui.

Je grommelle tout bas, mais je parviens quand même à me trouver une place, à un coin de rue de là. Énervée, je détache en vitesse ma ceinture de sécurité et empoigne l’Intelli-fraîcheur avant de mettre le pied à l’extérieur de l’auto. Puis, d’un air nonchalant, je m’avance vers Christophe, qui se rapproche à grands pas.

Ne lui demande pas qui est cette femme.

Ne lui demande pas qui est cette femme. Ne lui demande pas…

 

— Ah, te voilà! s’écrie-t-il en tendant les mains pour que je lui remette le plat. Je m’excuse vraiment de t’avoir fait venir ici. — Ben non, c’est rien. La prochaine conférence commencera pas avant un p’tit bout. C’est… c’est qui, cette femme?

Merde… Je n’ai pas pu résister.

 

— Qui est…?

Confus, il tourne la tête derrière lui. Il me revient vite après avoir compris de qui je parle. La femme est maintenant tout près de nous. Il se penche alors et me chuchote:

— Je t’expliquerai. C’est pas… c’est pas ce que tu crois. — Oh! mais je crois rien du tout, moi!

Ce qui est totalement faux…

 

— Parfait, alors.

Il s’apprête à s’éloigner quand j’ajoute, sans pouvoir me retenir une fois de plus:

— Mais… c’est un membre de ta famille?

— Hein? Non… non, c’est pas… Dis, on peut en reparler tout à l’heure? Je te jure que c’est rien. Enfin… c’est pas rien, mais… Il ne termine pas sa phrase, car en plus de la femme, un autre intrus vient de se joindre à nous. Il s’agit de nul autre que son cher cousin, alias celui qui a tenté de me forcer à l’embrasser… et peut-être même plus.

Je me referme comme une huître, ce qui fait froncer les sourcils de Christophe.

— Je peux pas croire que t’as invité ton coup d’un soir ici… déclare Jason sur un ton méprisant.

Mon compagnon jure entre ses dents, mais se retient néanmoins de répliquer quoi que ce soit. Au lieu de ça, ignorant son cousin, il me suggère: — Si t’as le temps, tu veux m’accompagner? La cérémonie doit avoir lieu maintenant, mais après… après, on aura tout le reste de l’après-midi pour discuter.

Offre que je ne peux, bien sûr, pas refuser…

Christophe

 

Je ne sais pas pourquoi j’ai invité Florence à rester… Peutêtre parce que je voulais fermer la trappe à Jay. Mais peutêtre aussi parce que je ne voulais pas qu’elle reparte. Pourtant, ce n’est pas comme si la prochaine heure allait être de tout repos. Je ne vois pas comment elle pourrait accepter de… — D’accord, ça va me faire plaisir, me répond-elle avec un sourire doux.

Je me retiens de le lui rendre. On est à un enterrement, quand même. Ce ne serait pas très approprié, dans les circonstances. Je me contente donc de lui tendre la main. Elle y dépose la sienne, et je me permets de la serrer un peu. Pas trop fort. Juste assez pour lui faire comprendre que j’apprécie sa présence.

Je détourne les yeux en soupirant quand la cloche annonçant le début de la cérémonie se fait entendre. La plupart des invités sont déjà sur place et le prêtre n’attendait que moi. Ou, plutôt, que j’apporte les cendres.

Sans lâcher la main de Florence, je glisse mes doigts entre les siens et l’entraîne à ma suite. Amy, qui n’a rien dit depuis l’arrivée de ma compagne, nous suit, quelques mètres derrière nous. Je n’ai pas pris la peine de les présenter l’une à l’autre. On dirait que je n’ai pas tellement envie de le faire.

Je m’installe devant la tombe de mon père et prends une grande inspiration. Amy, à ma gauche, toujours muette, fixe le trou. Je la vois s’essuyer les yeux à quelques reprises. J’imagine que malgré sa rupture avec mon père, elle a conservé quelques sentiments pour lui. Je reviens à Florence, que je sens grelotter, collée contre moi. Il faut dire que le vent est de plus en plus fort. Je lève les yeux vers le ciel et j’aperçois de lourds nuages gris.

Encore de la pluie…

Sans trop y réfléchir, je passe le bras autour de l’épaule de ma compagne et la serre un peu. Elle se moule à mon corps, mais ne me jette pas un coup d’œil. Elle regarde la tombe, elle aussi. Malgré le sérieux de la situation, je ne peux faire autrement que de me sentir bien. Ma peine a été évacuée il y a longtemps. Ne restent plus que ma colère et ma rancœur. Mais elles aussi, je devrai bien finir par passer par-dessus.

Le prêtre parle sans que je l’écoute vraiment. Ce n’est que lorsqu’il prononce mon nom et que tout le monde se met à me regarder que je prends conscience qu’on attend quelque chose de ma part. Florence tourne aussi la tête vers moi et murmure:

— Les cendres… Je pense que c’est le moment de… de les faire descendre.

Je la lâche à regret et m’avance vers la tombe. J’avais réussi à camoufler le plat de plastique sous ma veste de cuir, mais je n’ai plus trop le choix de le sortir, maintenant. Avec une grimace exprimant mon malaise, je marmonne:

— Il… il s’est passé un petit incident, hier, et… et j’ai dû improviser.

Mon oncle est évidemment le premier à réagir, tandis que le prêtre accepte de prendre le contenant dans ses mains avec un air surpris. — T’es pas sérieux, Christophe! Même ici, même après sa mort, tu trouves le moyen de l’humilier encore davantage.

Je voudrais avoir la force d’ignorer son commentaire, mais je me tourne plutôt vers Pierre pour répliquer:

— C’est de bonne guerre, tu crois pas? Toute ma vie, il s’est amusé à me rabaisser et à me marcher sur la tête. C’est pas moi qui ai passé mon temps à l’humilier, comme tu dis. C’est lui!

— T’as toujours été un petit arrogant! rétorque mon oncle. Tu crois que tu mérites ce que ton père veut te léguer? Eh bien non, tu devrais rien avoir de sa fortune. Rien du tout! De toute façon, t’es même pas capable d’exécuter la moitié de ce qu’il a demandé! En plus, t’as ramené cette femme qui n’a rien à faire ici!

Il jette alors un coup d’œil à Amy. Mon cousin, qui ne fait que suivre son père dans tout ce qu’il dit, crache par terre, comme pour me montrer qu’elle ne vaut rien et qu’il la méprise. Sauf que je ne peux pas laisser passer un tel affront. Elle a toujours été la seule à m’aimer. Je dois la défendre.

Je fais un pas vers Jay.

— Tu crois vraiment que c’est la place pour se battre? s’écrie aussitôt mon oncle.

— J’allais pas…

— Mon pauvre frère avait raison, me coupe mon oncle: t’es que de la graine de vaurien. Pas étonnant, avec le sang qui te coule dans les veines.

Je fronce les sourcils, car je ne saisis pas à quoi il fait référence. Mais si c’est de ma mère qu’il parle, il se fourre le doigt dans l’œil. Elle était parfaite, j’en suis certain. Mes maigres souvenirs à son sujet ne peuvent pas me mentir à ce point. Je m’apprête à répliquer quand le prêtre s’interpose: — Ça suffit! Nous sommes ici pour enterrer un homme, pas pour nous disputer. Pierre, je vous prierais de vous calmer, tout comme toi, Christophe. Et Jason, un peu de respect.

Je soupire en secouant la tête. Puis, la mine basse, je rejoins Florence, qui m’accueille en m’attrapant la main. Elle se glisse de nouveau sous mon bras dans un mouvement spontané.

La cérémonie reprend, mais je peine une fois de plus à écouter ce qui se dit. Au-dessus de nous, les nuages se sont accumulés. Je reçois une première goutte sur le visage. Je me penche vers Florence pour la protéger de mon corps. Elle lève le menton et ferme légèrement les yeux. Je l’observe recevoir la pluie sur ses joues et son front sans frémir.

Je la trouve belle.

Vraiment belle…

Autour de nous, les gens se mettent à pousser des petits cris, car bientôt, l’averse s’intensifie et nous sommes tous rapidement détrempés. J’entoure Florence de mes bras. Elle rouvre les yeux et me fixe, les cils mouillés. Je me penche lentement, incapable de résister plus longtemps à sa bouche qui m’appelle.

Mais avant d’avoir pu poser mes lèvres sur les siennes, je sens quelqu’un me tirer par le bras.

— Hé, restez pas là, vous deux!

Je tourne la tête et aperçois Amy, qui nous incite à la suivre. Elle court vers l’église, où se sont réfugiés la plupart des gens. Sauf que moi, je n’ai aucune envie d’aller les rejoindre. La porte se referme sur mon ancienne belle-mère, qui est la dernière à y entrer. Je propose plutôt à Florence: — Tu as une objection à ce qu’on foute le camp d’ici? — Pas du tout.

J’hésite un instant à monter sur ma moto avec Florence. Je doute qu’elle apprécie la balade sous la pluie. On pourrait toujours fuir dans sa propre voiture, mais puisque j’ai l’impression que l’averse ne durera pas longtemps, autant aller se blottir l’un contre l’autre, près d’ici. Et justement, je connais l’endroit parfait pour ça…

Avec un sourire complice, je murmure à ma compagne: — Tu me fais confiance?

— Euh… oui, j’imagine, répond-elle, hésitante. — Viens.

Et je la tire vers le fond du cimetière, là où se trouve depuis toujours une vieille grange servant à ranger les pelles et les autres outils pour entretenir les lieux. La bâtisse n’est pas verrouillée convenablement, et je parviens sans mal à retirer le cadenas. Je pousse ensuite la porte et me tasse pour laisser Florence entrer avant moi. Je la suis et referme derrière nous.

La cabane est sombre, et on peut entendre la pluie qui rebondit sur le toit en métal. Mes mains cherchent le corps de Florence dans l’obscurité. Je me rapproche d’elle, le souffle court, mais ce n’est pas à cause de cette course improvisée. C’est sa présence, près de moi, qui me trouble.

Sa taille est froide quand je glisse mes mains sous son chandail. Mais sa peau est si douce… Elle frissonne et je sens la chair de poule l’envahir. Je chuchote, près de son oreille:

— Et là… t’as une objection à ce que je t’embrasse?

Elle rit tout bas avant de répondre par un simple soupir.

Ma main remonte sur sa nuque et j’attire son visage vers le mien. Je passe délicatement ma langue sur sa lèvre inférieure. Elle gémit. Il faut dire que mon autre main en a profité pour caresser son sein gauche. Du bout du pouce, je frotte son mamelon à travers son chandail. Elle pousse un petit cri quand je me mets à mordiller sa bouche.

Puis, je la relâche brutalement. Elle semble avoir de la difficulté à rétablir son équilibre. Je déglutis, prenant tout mon courage pour me retenir de la toucher de nouveau. D’une voix grave, je déclare: — Avant, il faut que je te dise quelque chose… Quelque chose concernant ma famille et… et moi.

Ses yeux brillent dans le noir. Je l’entends faire un pas vers moi. Elle agrippe ma veste et murmure:

— Plus tard… Plus tard, tu me raconteras tout.

Et sur ces mots, elle me tire vers elle afin que nous reprenions notre baiser là où nous l’avons laissé…

 

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