Mademoiselle Plastique

Marilou Addison · Chapitre 22 sur 25

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Mademoiselle Plastique

Chapitre 22 Florence

CHAPITRE 22

 

Florence

 

DEUX MOIS PLUS TARD

 

C’est sous l’œil attentif de Louise que je termine mes dernières boîtes. Une fois que c’est fait, je vais rayer la dernière ligne sur ma liste. Ah, mes fameuses listes! Elles m’ont sauvé la vie depuis quelque temps, me permettant de penser à autre chose qu’à…

Je secoue la tête. Hors de question de déprimer. Je jette un œil à mon amie. Dire que très bientôt, elle ne sera plus ma coloc… Toute bonne chose a une fin, c’est vrai; n’empêche qu’elle va me manquer. Et j’ai l’impression que c’est réciproque, si je me fie aux fréquents coups d’œil qu’elle me lance et aux soupirs qu’elle pousse à tout moment.

Elle n’a pas accueilli la nouvelle de mon déménagement avec joie. Ça m’a étonnée. Je m’attendais à ce qu’elle soit heureuse de retrouver ses quartiers sans son agaçante coloc toujours dans ses jambes. Mais non. Elle a plutôt éclaté en sanglots avant de me serrer contre elle, puis de me murmurer:

— On était si bien, toutes les deux ensemble, tu crois pas? — Oui, mais… tu vas pouvoir être tranquille, maintenant. Et t’auras plus à ramasser mon bordel.

— T’es pas si traîneuse que ça.

— Tu oublies toutes les fois où tu t’es enfargée dans mes plats, toi! — OK, OK, c’est vrai, tu prenais pas mal de place. Mais justement, quand tu seras plus là, il me semble que ça va être vide, cet appart. Pourquoi tu t’en vas?

— Je te l’ai déjà expliqué: je veux être dans mes affaires. Et pouvoir recevoir des clientes pour faire des démonstrations. Ce genre de trucs. En plus, maintenant, j’ai les moyens, alors…

Parce que voilà: après le congrès, je suis vite montée en grade. Je suis d’abord devenue gérante, puis directrice. Oui! Tout ça, parce que j’ai appliqué les conseils de ma marraine Amanda Martin à la lettre. Et peut-être aussi parce qu’elle a décidé de prendre sa retraite bientôt. Conséquence: elle a commencé à me refiler ses clientes peu à peu.

Mes ventes se sont mises à s’accumuler, de telle sorte que je peux désormais affirmer sans me vanter que je vis de ce boulot! Et très bien, d’ailleurs.

Voilà pourquoi j’ai repris mes recherches de condo. Je suis finalement tombée, après plusieurs semaines, sur le petit bijou où je dois emménager à la fin de la semaine. Je suis passée chez le notaire lundi dernier. J’ai donc déjà les clefs en ma possession, ce qui m’a permis de peinturer les murs et de faire poser des rideaux avant mon déménagement. J’ai même fait livrer quelques meubles sur place, après les avoir achetés flambant neufs.

Ma vie se place peu à peu. Il était temps.

 

Mais il me reste toujours cette boule au creux de mon ventre qui ne veut pas partir. Ce regret qui ne me quittera sûrement jamais…

Je soupçonne Louise d’être inquiète pour moi à ce sujet. Elle m’a vue revenir ici, le cœur en miettes, il y a quelques semaines. Elle a saisi, à travers l’histoire que je lui ai racontée, tandis que j’étais en larmes, tout ce qui s’est passé entre Christophe et moi. Et, bien sûr, elle m’a sévèrement sermonnée. Elle ne comprend pas que je sois partie sans lui laisser la chance de faire ses propres choix. Elle me reproche mon départ soudain et mon refus de le contacter depuis.

Il faut dire que ça aurait été impossible pour moi de le faire. Ayant abandonné mon cellulaire derrière moi, je n’ai plus ses coordonnées. Je ne sais pas ce qu’il devient non plus. Il est peut-être déjà passé à autre chose. Ce serait tant mieux pour lui.

Et tant pis pour moi…

 

L’imaginer avec une autre est trop douloureux pour que je m’attarde à ces pensées. Je referme la boîte que je viens de remplir, puis je me relève et vais la porter près de l’entrée. Il y en a déjà une montagne qui attendent seulement d’être chargées dans ma voiture. Mais ça devra attendre encore un peu, car je ne pars pas avant samedi.

Louise, qui vient de se servir un verre de vin, m’en propose un. Je l’accepte avec joie.

— Tiens, ma chère! On trinque? propose-t-elle. — D’accord, à quoi? dis-je en prenant la coupe. — Hum… à ton nouveau départ, débute-t-elle. Mais aussi à notre amitié, qui ne doit pas s’effriter malgré la distance.

— Ça arrivera pas, arrête de t’en faire. On se connaît depuis toujours. On va pas soudainement ne plus être amies à cause de quelques kilomètres de distance. Allez, cogne ton verre contre le mien!

Mon amie s’exécute, puis nous prenons une longue gorgée qui passe particulièrement bien après une journée aussi remplie. Je dépose ma coupe en poussant un profond soupir de bien-être.

— Il t’en reste combien à faire? reprend Louise. — Bah… une ou deux. J’ai quasiment fini. Mais là, je prends une pause. Je suis exténuée. On va s’asseoir?

Ma coloc est la première à prendre place sur le sofa. Elle s’écrase entre les coussins avant de relever les jambes pour les poser sur la table basse. Je l’imite, tout en sentant son regard posé sur moi. Avec un sourire, elle me lance:

— Je suis tellement fière de toi, t’as pas idée.

Je rougis, plus flattée que je le voudrais par ses paroles. — Je te jure, ajoute-t-elle. Tu fais ta marque dans ton domaine. C’est incroyable.

— Merci… Oh, j’y pense. Je t’ai raconté ce qui s’est passé avec Manon? Tu sais, celle avec qui j’échangeais des trucs?

Louise secoue la tête, attendant la suite:

— Imagine-toi donc que c’est son chum qui avait volé mon stock dans la voiture!

— Non! T’es sérieuse?

— Pas qu’un peu!

— Mais il t’a volé à quel moment?

— Quand je suis arrivée à l’hôtel, le vendredi, et que j’étais en train de discuter avec Manon dans le portique. Dès qu’il a eu fini, il l’a textée pour lui dire que c’était fait. Une belle paire, ces deux-là! Ce sont les caméras de surveillance de l’hôtel qui l’ont démasqué.

Elle pousse un long soupir avant de demander: — Pourquoi ils faisaient ça?

— Carl cherchait des histoires à mettre dans ses articles, alors il a lui-même fait une série de vols avant de tomber sur… sur ce scoop, que tu connais déjà, dis-je en changeant de ton.

Louise gonfle ses joues et en expulse l’air, bouche bée. Elle continue de m’examiner en faisant tourner le vin dans sa coupe. Après quelques secondes, je m’écrie:

— Quoi? Qu’est-ce que t’as à me fixer comme ça?

Elle se mord les lèvres, puis avoue:

— Pour être honnête, je me demandais… si tu pensais encore à lui. — À qui?

Mais ma question est ridicule. Je sais très bien de qui elle parle. Elle hausse d’ailleurs les sourcils pour m’encourager à me confier. Je finis par le faire, sans grand enthousiasme:

— Non. Pas du tout. Je suis passée à autre chose. — Flo… pas à moi. Je te connais. Je t’entends, tu sais, la nuit, quand tu pleu…

Je m’empresse de la couper, car je n’ai pas envie de faire face à la réalité:

— Je pleure pas. Je… je dois parler dans mon sommeil. Je te jure, c’est oublié, cette histoire. De toute façon, on s’est vus quoi…? Un gros deux jours? Ça s’est terminé aussi vite que ça a commencé. Donc, je te prierais de plus revenir là-dessus.

Mon amie soupire de nouveau, après quoi elle se redresse pour déposer son verre sur la table, près de nous. Ensuite, elle se penche vers moi et m’attrape les mains. Je la laisse faire, sentant déjà les larmes me monter aux yeux:

— T’as le droit, tu sais, Flo, d’être amoureuse. Et t’avais pleinement le droit aussi de le laisser entrer dans ta vie. T’étais pas obligée de le repousser, juste pour qu’il hérite de quoi…? Quelques milliards de dollars? badine-t-elle.

— Un peu moins, dis-je dans un sanglot, me remémorant une autre conversation.

— Mais t’as compris où je veux en venir. Ton Christophe… — Il est pas à moi! dis-je en l’interrompant.

Elle me fait les gros yeux, alors je lui fais signe de continuer: — TON Christophe, reprend-elle, il aurait sûrement beaucoup aimé ça, avoir le droit de décider. Tu lui as laissé aucune chance… — J’étais pas pour le forcer à rester avec moi! T’as l’air d’oublier que je suis infertile! Je peux PAS avoir de bébé. Ce qui fait qu’il aurait dû tout abandonner, alors qu’on se connaît à peine. C’était… c’était un poids trop lourd sur mes épaules, ça. Imagine qu’il m’en veuille après un, deux, ou trois ans. Imagine qu’il se mette à considérer que je suis coupable de la perte de son argent. Imagine… imagine qu’il finisse par me détester…

Louise se rapproche sur le divan et pose la main sur ma bouche pour me faire taire. Puis, elle murmure:

— Ça aurait pas été ta faute. Tandis que maintenant… ça l’est. Tu comprends ça? C’est ta faute si vous avez rompu. — Penses-tu que je le sais pas? C’est justement pour cette raison que j’ai autant de peine. Parce que MOI, Florence Guilbault, j’ai eu la brillante idée de me pousser et de fuir l’amour de ma vie. Tu imagines comme cette décision a été déchirante?

Mon amie s’appuie de nouveau sur les coussins. Elle me fixe un instant, pour finalement me lancer:

— Tu sais que tu peux encore changer d’avis, hein? — Changer d’avis? Ben non… il doit tellement être fâché contre moi. Et avec raison!

— Peut-être pas. Peut-être qu’il attend que ça, que tu reviennes dans sa vie et que tu lui donnes une bonne explication pour ton départ.

Elle se redresse et mentionne:

— Dans le fond, c’est peut-être ça que ça te prend, pour réussir à tourner la page.

— Quoi?

— Aller le voir et lui exposer la vérité. Ensuite… ensuite, tu retourneras à ton magnifique nouveau condo. Tu reprendras tes ventes, mais au moins… au moins, tu auras été franche avec lui. Parce qu’il le mérite.

Elle garde le silence un instant avant de terminer sur ces mots: — Et toi aussi…

Christophe

 

— Je peux pas croire que tu vas retourner là-bas une fois de plus, se désole Marc-André, les bras croisés, les fesses appuyées contre mon bureau. — J’ai pas le choix, dis-je en ramassant certains documents pour les ranger dans ma mallette.

— On a toujours le choix, Chris.

Je lui lance un regard noir. Il y répond en décroisant les bras pour les lever vers le plafond et s’écrier:

— Qu’est-ce que t’espères y trouver? Tu as déjà refusé l’héritage. T’as plus rien à faire avec eux. Surtout que…

Je me redresse pour lui faire face et ainsi terminer sa phrase: — … j’ai jamais vraiment fait partie de cette famille, c’est vrai. Ma mère était déjà enceinte lorsqu’elle a épousé mon père… et elle l’était d’un autre homme. Mais justement, je veux savoir qui il était. Je veux le connaître. — S’il est toujours en vie! Qu’est-ce qui te dit que c’est le cas? Si ta mère a caché ce fait à tout le monde, c’est peut-être justement parce qu’elle se retrouvait seule à t’élever. Elle avait pas bien le choix. Et ton père…

Je rugis, incapable de me retenir:

— C’est pas mon père!

— Il t’a quand même élevé. Et adopté. Bref, Claude, il a sûrement profité de la détresse de ta mère pour lui faire miroiter une meilleure vie, si elle se mariait avec lui.

Je reviens à mon porte-document, que je referme d’un geste sec. Mon associé et meilleur ami se redresse à son tour et vient poser une main sur mon épaule.

— Ce serait pas mieux de te concentrer sur la recherche de cette mademoiselle Plastique, à la place? Ça en vaudrait pas mal plus la peine, selon moi.

— Elle s’est sauvée sans me laisser le moindre message. Et je sais rien d’elle. Même pas son nom de famille. Mais j’aime pas quand tu l’appelles comme ça, OK?

Mon ami me regarde et plisse les yeux avant de mentionner: — Et la déposition qu’elle a faite à la police? Les agents doivent avoir toutes les informations nécessaires pour communiquer avec elle, non? — Tu crois que j’ai pas essayé? Ils m’ont dit que ces infos étaient confidentielles et ils n’ont pas aimé que j’insiste. Ils ont fini par se tanner et me demander de foutre le camp. Disons que depuis que je fais plus partie du clan des Hilson, j’impose un peu moins le respect, dans cette ville! — Bon, bon, bon… je te laisse aller fouiner là-bas tant que tu veux. Mais je t’avertis, t’es mieux d’être rentré pour lundi! On a du travail en masse, ici, et j’ai pas le goût de me taper tout le boulot.

Je lui assène une claque dans le dos avant de sortir de la pièce. Je passe devant notre réceptionniste, que je salue d’un geste rapide de la tête. Une fois dehors, je monte sur ma moto. Mon casque sur la tête, je déjoue le trafic en passant par les petites rues, puis j’atteins l’autoroute en un rien de temps.

Je vais une fois de plus devoir me taper un long trajet, mais ça me va. Ainsi, je pourrai réfléchir, le corps penché sur mon bolide, tandis que les kilomètres s’accumuleront sur le compteur. De plus, le ciel est parfaitement dégagé. Pas le moindre nuage à l’horizon. Ça me prend malgré tout cinq bonnes heures avant de voir apparaître les affiches annonçant la ville.

À ma droite, je vois le motel où Florence et moi avons dormi une seule nuit. Sans m’en rendre compte, je ralentis. Sur un coup de tête, je prends même la sortie et je m’engage vers la route menant au bâtiment. Mais lorsque je m’arrête devant, je remarque les lumières éteintes et l’allure abandonnée de la place.

Lentement, je retire mon casque pour le poser sur le banc, derrière moi. J’installe le trépied de la moto et je me relève afin de me dégourdir les jambes. Je fais le tour des lieux, pour vite me rendre à l’évidence. C’est fermé. Un chat errant vient même se frotter contre ma jambe. Il me dit vaguement quelque chose. Je me penche pour le caresser, et il ronronne à mon contact.

Je me redresse après un moment en songeant que c’est sûrement mon oncle qui a causé la fermeture de ce motel. L’endroit était dans son collimateur depuis longtemps, si mes souvenirs sont exacts. Comme je le connais, il a dû le racheter dans le but de construire un autre monstre de luxe, à l’entrée de la ville.

En soupirant, je me rends compte que ma vessie est due pour être vidée. Je cherche un endroit plus retiré afin de faire ma petite affaire. Disons que j’ai l’embarras du choix. Je m’installe près d’un mur quand une voix s’écrie dans mon dos:

— Hé! C’est pas une toilette publique, ici! Remballe ton truc et fous le camp!

Je me tourne à demi afin de voir qui m’interpelle de la sorte. Et aussi parce que ce n’est pas si facile que ça d’arrêter ce que je fais. Je réalise alors que l’homme qui m’a parlé m’est familier.

Oui… c’est le même que l’autre fois, quand j’ai dû emprunter des pièces pour réparer la voiture de Florence. Cet homme âgé qui m’a accusé de le voler. Il semble lui aussi me reconnaître, car il plisse les yeux et se redresse. Je termine d’uriner, un peu pressé, et pivote afin de rétorquer, surpris de le voir là:

— Désolé, je pensais qu’il y avait personne.

— C’est une propriété privée, petit. D’ailleurs… on dirait que c’est dans tes habitudes, de mettre ton nez dans les affaires des autres. — Écoutez… je m’en vais. Mais j’imagine que mon oncle m’en voudra pas d’avoir fait un petit arrêt sur son nouveau joujou…

Le vieillard fronce les sourcils en répétant:

— Ton oncle? C’est pas à ton oncle pantoute, cette parcelle de terrain. C’est moi qui l’ai achetée.

J’écarquille les yeux, surpris. Eh ben… si je m’attendais à ça. Je dois tout de même avouer que ça me fait plaisir de savoir qu’il a damé le pion à Pierre. Sans pouvoir retenir un sourire, je réponds: — Dans ce cas, bravo. Pour une fois que mon oncle mord la poussière. Ça va faire du bien à son orgueil.

L’homme me rend mon sourire et s’avance pour se présenter, la main tendue:

— Moi, c’est Jocelyn Lessard. Toi, t’es… le fils de Suzanne, hein? — Euh… oui, en effet, dis-je en me rappelant qu’il a connu ma mère.

Il me fixe encore quelques secondes, puis reprend: — J’ai l’air de rien, comme ça, mais… je me tiens au courant de ce qui se passe en ville. Quand j’ai vu que le motel était à vendre, j’ai sauté sur l’occasion. Pas question de laisser ton oncle bâtir une horreur ici.

Il hésite à continuer:

— Et… je lis les journaux, aussi. Autant numériques que papier…

Ne sachant trop où il veut en venir, je hoche la tête, sans intervenir. — Ça fait que j’ai lu ce torchon, écrit par un blogueur… Carl, si je me souviens bien?

La nervosité s’empare alors de moi. Je sais très bien de quoi il parle: de cet imbécile qui a tout dévoilé de mes origines, mais aussi du testament de mon père adoptif. L’homme baisse la tête un instant, puis la relève et me souffle, tout aussi nerveux que moi, on dirait bien: — Ton père, c’est pas…

Il inspire, lève les yeux vers le ciel. Ensuite, il les pose de nouveau vers moi avant de murmurer:

— C’est pas lui, ton vrai père, il paraît…

Je secoue la tête, la gorge serrée. Une intense émotion m’envahit. J’ai l’impression de toucher quelque chose. Mais il me manque encore un élément avant que tout s’imbrique. Le vieillard ajoute, le visage crispé: — Moi, ta mère, je… je l’ai bien connue.

Ma gorge se serre encore plus.

— Elle et moi, on…

Je ferme les yeux. Je sais ce qu’il va me dire. Et ça a du sens. Je suis convaincu que c’est la vérité. Qu’il n’est pas en train de me faire marcher. Les ressemblances sont trop frappantes pour ça, maintenant que j’y pense.

Même grandeur.

Même couleur de cheveux.

Mêmes expressions.

Même posture.

Oui, c’est lui…

Il reprend son souffle pour finalement avouer, alors que je rouvre les yeux:

— Je pense que tu le sais déjà, hein? T’as tout saisi avant même que je le dise. T’es brillant… comme ton père, conclut-il avec un clin d’œil.

Je déglutis, tandis que mes poumons se dégagent. Que mes épaules se libèrent d’un poids. Que j’ai l’impression de me libérer de mon passé.

Mon… mon père me fait un signe de la tête avant de proposer: — Tu viens boire quelque chose à l’intérieur? J’ai pas mal de choses à te raconter et… et d’années à rattraper, on dirait.

Bien sûr, j’accepte l’invitation…

 

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