Retour de flamme: La Famille Sullivan, New York, tome 6 (French Edition)
Chapitre Vingt
Molly frappa à la porte de la chambre d’Amélia à moitié fermée. Elle était allongée sur le ventre, faisant ses devoirs avec les écouteurs dans les oreilles, pendant qu’Aldwin était étalé sur le reste de l’espace disponible.
Quand Amélia leva les yeux, Molly parla assez fort pour couvrir la musique.
— On peut entrer ? Harry et moi, on doit parler de quelque chose avec toi.
— Bien sûr.
Amélia retira les écouteurs.
— Qu’est-ce qui se passe ?
Avant que Molly entre dans la pièce, il lui prit la main. Ça semblait tellement naturel – ça l’avait toujours été – mais ça ne la rendait pas moins nerveuse face au pas qu’ils franchissaient.
Amélia écarquilla les yeux quand ils entrèrent dans sa chambre main dans la main.
— Vous êtes… ?
— Oui, répondit Molly. On a accepté de commencer à sortir ensemble.
— Je le savais !
Molly était émerveillée devant la simplicité d’acceptation de sa fille. Certainement parce qu’elle ne voyait pas leurs retrouvailles à travers un voile de peur après une histoire douloureuse ni les dangers à ce qu’elle se répète.
Néanmoins, Molly voulait s’assurer qu’Amélia était d’accord avec tout ça. Elle s’assit sur le lit à côté de sa fille, mais plutôt que de laisser la main de Molly, Harry rapprocha la chaise du bureau pour rester lié à elle. Quand Molly prit la main d’Amélia, ils furent liés tous les trois.
— Tu es sûr que ça te va ? demanda Molly.
— Pourquoi ça ne serait pas le cas ?
— Eh bien…
Même si elle ressentait le besoin d’être honnête à propos du fait que l’amour ne fonctionnait pas toujours, elle ne parvenait pas à le dire. Pas quand elle souhaitait que tout soit parfait cette fois.
— Molly et moi allons tout faire pour que ça fonctionne cette fois, dit Harry en intervenant quand elle en avait besoin, comme le ferait un véritable partenaire. Mais nous ne sommes pas parfaits, et il se peut qu’on ne réussisse pas. Surtout moi. Même si je promets de ne pas cesser d’essayer d’être tout ce dont ta mère a besoin.
— Tu recommences.
Les émotions de Molly étaient trop fortes pour se retenir quand elle fit face à Harry.
— Tu essaies de prendre toutes les responsabilités du bon fonctionnement ou pas de notre relation. C’est à nous deux de faire en sorte que ça fonctionne, à nous deux de continuer à essayer même si on fait des erreurs en cours de route.
— Vous êtes déjà en train de vous disputer ? demanda Amélia.
— Oui, répondit Molly.
— Non, intervint Harry au même moment.
La dernière chose à laquelle s’attendait Molly était le rire d’Amélia.
— Sérieusement, maman, Harry est parfait pour toi. Il n’est pas comme les autres gars avec qui tu es sorti.
Elle grimaça en pensant à eux.
— En tout cas, j’approuve totalement.
— Je suis très heureuse d’entendre ça, dit Molly. Mais si tu changes d’avis à un moment…
— Je ne suis plus une enfant, leur rappela Amélia. La moitié de mes amis ont des parents divorcés. Et même si je ne pense pas que ça vous arrive même si vous vous mariez – parce que vous êtes parfaits ensemble – je pourrai le gérer. Alors tu devrais le faire aussi, maman.
Elle sourit à Harry.
— Toi aussi, papa.
Molly serra Amélia dans ses bras.
— Je t’aime, ma puce.
Amélia leva son bras libre pour inviter Harry.
— Allez, viens, papa.
Molly sourit quand Harry se joignit à elle.
— Tu es la meilleure.
Quand ils se séparèrent, Amélia dit :
— Tous ces bons sentiments et ses câlins m’ont fait perdre toute ma crédibilité d’ado.
Elle fit semblant de grogner.
— Maintenant, partez.
Molly et Harry riaient en fermant la porte derrière eux.
— Ça te dit qu’on se boive ce vin maintenant ? demanda-t-il.
Molly glissa sa main dans la sienne.
Elle lui sourit.
— J’aimerais beaucoup. Vraiment beaucoup.
* * *
Une heure plus tard, ils avaient terminé la bouteille. Molly n’avait jamais été une grosse buveuse, mais après avoir travaillé aussi dur pour combattre son attirance envers Harry depuis son retour dans sa vie, c’était si bon de se laisser aller près de lui qu’elle ne voulait pas que la soirée prenne fin. De plus, elle ne pouvait nier que le vin l’avait aidée à échapper à ses inquiétudes, du moins à court terme.
Les grenouilles chantaient, les criquets gazouillaient et la lune s’élevait dans le ciel quand les étoiles se mirent à scintiller au-dessus d’eux. La soirée était devenue fraîche, mais Molly était parfaitement au chaud avec les bras d’Harry autour d’elle.
Après leur intense discussion précédente, ils parlèrent de choses plus faciles, comme l’impression positive d’Harry sur le lycée et la ville et les histoires amusantes de Molly sur les personnes venant visiter le château.
— Est-ce que ça compte comme un premier rendez-vous ? demanda Molly.
Elle dut remuer pour s’appuyer contre le torse d’Harry. Il caressa sa paume avec son pouce, avec de délicieux cercles donnant des sensations suffisantes pour la faire fondre de plaisir.
Harry continua de caresser sa peau.
— Ça dépend, répondit-il.
Elle le regarda par-dessus son épaule.
— De quoi ?
— Si je suis supposé te laisser en te donnant seulement un baiser pour te dire bonne nuit. Parce que si c’est le cas…
Il porta sa main sur sa joue et lui caressa la lèvre inférieure, la faisant frissonner de désir.
— Je vais tout gâcher, c’est certain.
— Si je me souviens bien, dit-elle avec une voix rauque de désir, notre premier rendez-vous à l’époque ne s’est pas terminé seulement avec un baiser pour dire bonne nuit.
— J’avais les meilleures intentions du monde.
Sa voix profonde résonnait en elle.
— Mais je ne pouvais pas te résister.
Il avait les yeux remplis de chaleur en poursuivant.
— Tout comme je ne peux te résister maintenant.
Puis il l’embrassa, c’était le plus doux, le plus merveilleux des baisers. Il avait le goût du vin, du désir et d’Harry.
Elle ne voudrait pas revenir à ses dix-huit pas, pas quand elle s’était construit une aussi belle vie avec Amélia. Mais quand Harry et elle s’embrassaient, pendant quelques instants, elle appréciait de se sentir jeune et sexy.
— Viens au lit avec moi, Harry.
Elle se leva et lui tendit la main.
— Je sais que je viens de dire combien je te désire, mais je ne veux pas que tu penses que je m’attends à ce que tu partages automatiquement ton lit avec moi. Si tu n’es pas prête…
— Je ne sais pas si je le serai un jour.
Elle désirait se montrer en tout temps honnête avec lui, même si ce n’était pas facile de lui dire la vérité.
— Mais j’en ai marre d’utiliser ça comme excuse.
Elle lui prit les mains et le tira pour qu’il soit debout avec elle.
— On se désire. On se préoccupe de l’autre. Mais on ne peut prédire l’avenir. Notre seule garantie c’est que nous ne voulons pas blesser l’autre. Nous allons avoir une nouvelle relation avec de bonnes intentions.
— Je t’ai déjà dit comme tu avais un bel esprit ?
Elle sourit, se mit sur la pointe des pieds pour l’embrasser.
— Redis-le-moi au lit.
* * *
Ils n’allumèrent aucune lumière, laissant les rayons de la lune entrer par la double porte vitrée.
— La nuit dernière, tu m’as déshabillée. Maintenant c’est mon tour de le faire.
Elle attrapa son t-shirt et le sortit lentement de la taille de son pantalon.
— Et souviens-toi, on va devoir rester silencieux pour éviter qu’on nous entende.
Elle se pencha en avant pour lui mordiller le cou.
— Peu importe comme c’est bon.
Le grognement profond lui transmit encore plus de chaleur dans le creux de son ventre. Tout comme les paroles qu’il prononça ensuite.
— Seulement pour que tu le saches, je suis déjà à deux doigts de t’arracher tes vêtements et de te prendre sur le sol.
Mon Dieu… savait-il comment elle en avait envie ? Qu’il perde le contrôle et la prenne vite et fort ?
Bientôt. Elle avait besoin que ça puisse arriver.
Mais premièrement, elle avait besoin de montrer à Harry combien elle adorait chaque centimètre de lui.
— Demain soir, murmura-t-elle, Amélia va dormir chez une copine. Ce qui veut dire qu’on sera seulement tous les deux.
Elle glissa ses mains sous son t-shirt, se complaisant des ondulations de ses muscles sous le bout de ses doigts avant de remonter le tissu. Il leva les bras pour l’aider à le faire passer par-dessus sa tête. Elle le jeta sur le sol, puis se pencha pour déposer un baiser, puis un autre sur son merveilleux torse.
— On pourra faire ce que l’on veut. Et aussi bruyamment qu’on le veut.
Un petit juron s’échappa de ses lèvres, un qui l’enflamma encore un peu plus.
— Tu vas me torturer ce soir ?
Elle lui répondit d’abord avec un sourire… puis elle se mit à genoux.
— Si tu appelles ça de la torture…
Elle défit sa ceinture et commença à ouvrir son jean.
— … alors oui, c’est exactement ce que je prévois de faire.
Il passa une main dans ses cheveux.
— Molly…
Même s’il le disait à voix basse, le mot était rauque.
— Tu n’as pas à faire ça.
— Bien sûr que non.
Elle descendit lentement la fermeture éclair, puis tira le denim vers le sol.
— Mais je veux le faire.
Elle le saisit à travers le tissu de son boxer.
— J’ai terriblement envie de le faire.
Elle le sentit palpiter dans sa main, devenant plus gros, plus dur à chaque seconde. Et elle était là avec lui, les membres tremblants, la peau sensible et excitée, avant même de le mettre complètement nu.
Un sourire sensuel lui fit courber ses lèvres quand elle referma les doigts sur la taille de son boxer avant de le faire descendre lentement. Si lentement qu’Harry inspira et retint son souffle, tout comme elle.
C’était comme déballer le plus beau des cadeaux. Un fait uniquement de plaisir.
Elle déposa un baiser sur lui, et il entremêla ses doigts dans sa chevelure, son nom sur les lèvres. Mais ses doux baisers ne furent bientôt plus suffisants. Elle dut faire courir sa langue sur toute sa longueur, encore et encore, jusqu’à ce qu’il murmure des supplications la touchant au plus profond de son âme. Une chaleur en fusion grésillant à travers elle. Elle désirait ardemment ses coups de reins, sa puissance, voulait lui faire perdre tout contrôle, ne serait-ce qu’un peu.
Il partit soudain, reculant pour retirer ses chaussures et ses chaussettes avant de la soulever dans ses bras.
— Tu ignores à quel point je veux que tu m’aimes comme ça. Mais ce soir je te veux tout entière, Molly. J’ai besoin de te regarder dans les yeux et savoir que tu es mienne.
Je le suis. Je suis tienne.
Les mots lui furent volés du bout de sa langue par un baiser.
L’instant d’après elle était sur son lit et il lui retirait ses vêtements, si vite qu’au moment où il lui donna un autre baiser sur les lèvres, elle était nue. Il fit pleuvoir des baisers sur ses seins, son ventre, ses cuisses, ses mollets. Puis remontant sur son corps pour pouvoir la goûter comme elle venait de le faire avec lui. Lentement, ses coups de langue la firent trembler, s’agiter, supplier. Les mains d’Harry n’étaient pas inactives. Pendant qu’il caressait ses seins avec une, l’autre jouait sur – puis en elle.
Elle dut se tourner et enfouir son visage dans son oreiller pour étouffer les sons. Mais elle sut ne pas être très efficace quand Harry vint sur elle et recouvrit sa bouche avec la sienne.
Elle enveloppa son cou de ses bras et entoura ses hanches avec ses jambes, l’embrassa avec passion pendant qu’il s’enfonçait en elle.
Si bon…
Le plaisir ondula en elle quand ils se mouvèrent ensemble, s’accrochant si fort l’un à l’autre, tellement fort qu’elle ne savait plus où il commençait ni où il finissait, leur plaisir était démultiplié par la sauvagerie de leurs baisers.
Perdue dans les superbes sensations – le corps musclé d’Harry sur le sien, le sentir délicieusement bouger en elle, se laisser aller au doux abandon après tellement d’années de maîtrise d’elle-même –, pour la première fois, Molly donna tout.
Et elle sut par ses baisers, ses mains sur les siennes, par la pure intensité du feu dans ses yeux quand il se retira pour croiser son regard et lui dire « Je t’aime », quand ils se propulsèrent mutuellement vers une extase complète, qu’il lui avait tout donné aussi.
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