Retour de flamme: La Famille Sullivan, New York, tome 6 (French Edition)

Chapitre Vingt-Quatre

 

Le matin suivant, Molly se réveilla dans les bras d’Harry, se sentant plus heureuse qu’elle ne l’avait jamais été.

Son anniversaire avait toujours été légèrement doux-amer, même avant que les choses ne fonctionnent avec lui, mais cette année, il y avait seulement de la joie. Elle avait déjà le sentiment d’avoir reçu le plus beau cadeau au monde.

Amélia avait un père qui l’aimait.

Harry avait une fille qu’il adorait.

Et Molly ?

Elle souriait en se blottissant encore plus dans les bras chauds et forts d’Harry. Elle avait tout.

Seules les inquiétudes persistantes de la famille d’Harry qui arriverait bientôt pouvant être en colère contre elle entachaient son bonheur autrement parfait.

— Joyeux anniversaire.

Les lèvres d’Harry étaient chaudes sur son cou.

— Je t’aime.

Elle ne se lassait pas de l’entendre ni de le dire.

— Je t’aime aussi, ohhhh…

Tout en embrassant son cou, la main d’Harry parcourait ses courbes nues. Elle se sentait insatiable, voulait rattraper des années perdues à ne pas faire l’amour aussi rapidement que possible.

La nuit précédente, ils avaient fait l’amour dans la douche et une autre fois dans le lit. Devoir être discret rendait les choses seulement plus intenses quand Harry capturait ses halètements de plaisir avec des baisers et qu’ils se tenaient si fort en s’aimant avec une passion féroce.

Même si cela ne faisait que quelques heures, elle le désirait encore. Elle voulait qu’il la touche avec ses mains grandes, fortes et divinement talentueuses. Il voulait qu’il la fasse haleter de plaisir et supplier pour en avoir plus.

Oh, oui. C’était le meilleur moyen de se réveiller, avec Harry déposant des baisers sur son cou et ses épaules, la faisant s’arquer contre lui quand il jouait avec ses seins, avant de gémir à voix basse quand il glissait sa main entre ses cuisses.

La nuit précédente, ils avaient joué l’un avec l’autre. Réapprenant chaque centimètre du corps de l’autre, et le plaisir. Mais ce matin, elle ne voulait pas attendre, ne pouvait supporter l’anticipation.

Dieu merci, il devait ressentir la même chose parce que l’instant d’après, il la tenait par les hanches et se glissait en elle.

— Harry.

Voulant se souvenir pour toujours de la beauté de se sentir aussi près de lui, elle ferma les yeux et essaya de mémoriser chaque moment, une vague de plaisir après l’autre dans ses bras. Mais finalement, tout ce qu’elle pouvait faire était haleter, désirer et supplier tandis qu’ils s’élançaient de plus en plus haut. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une extase totale.

Et un amour tellement grand, qu’il lui en coupait le souffle.

Les battements de son cœur revenaient tout juste à la normale quand Molly s’enroula autour de lui, se sentant merveilleusement heureuse.

— C’était de loin le meilleur cadeau d’anniversaire que j’ai jamais reçu.

* * *

Quarante-cinq minutes plus tard, c’était la course habituelle pour le départ à l’école d’Amélia qui venait tout juste de sortir de la douche. Aldwin avait enfin abandonné son poste en l’attendant devant la porte de la salle de bains pour se coucher sous la table de la cuisine à la place, dans l’espoir que du bacon ou des œufs tombent dans sa bouche.

— Joyeux anniversaire, maman ! Amélia serra Molly dans ses bras. Je sais que d’habitude je te donne ton cadeau au petit-déjeuner, mais cette année, je vais attendre ce soir. Je ne veux pas que tu croies que j’ai oublié à cause de la comédie musicale ou parce que je suis excitée que ma tante, mes oncles et grand-père viennent pour le spectacle.

— Merci, ma puce. Je sais que tu n’oublierais jamais. Et j’ai aussi hâte pour tout ça.

Amélia prit un des sandwichs aux œufs et au bacon qu’Harry avait préparé et elle coupa un morceau de bacon pour Aldwin.

— Merci, papa, d’avoir préparé ça. Je vais le manger en allant à l’école, dit-elle la bouche à moitié pleine.

Elle se précipitait vers la porte, ses tennis à moitié mises quand elle s’arrêta.

— Il y a une lettre.

Elle récupéra l’enveloppe de livraison express.

— Ça semble important. Il y a une note autocollante dessus de madame Brown, la voisine. Elle dit que ça a été livré chez elle par erreur hier et qu’elle est désolée de ne pas avoir pensé à nous l’apporter avant maintenant.

Amélia rentra en trottinant pour donner le paquet à Molly.

— Attends une seconde, ma puce.

Les mains de Molly tremblaient légèrement en tenant l’enveloppe. Sentant l’excitation, Aldwin se leva et la renifla.

— Je pense que tu vas vouloir voir ça toi aussi, Harry.

Puisqu’il remplissait le lave-vaisselle, elle attendit qu’il s’essuie les mains sur la serviette de la cuisine avant d’ouvrir le rabat de l’enveloppe.

— Amélia, à toi l’honneur.

Elle récupéra le papier à l’intérieur et son visage montra la plus grande des surprises en ouvrant le papier.

— C’est mon certificat de naissance. Avec le nom de papa dessus !

Molly n’essaya même pas d’empêcher ses larmes de couler quand elle attira sa fille et Harry dans ses bras.

— C’est le meilleur anniversaire au monde.

— Oui, acquiesça Harry.

Et quand Molly essuya ses larmes, elle vit qu’elle devait essuyer celles d’Harry aussi.

* * *

— J’aurais aimé qu’Amélia soit là pour vous accueillir, dit Molly à la fratrie d’Harry quelques heures plus tard dans son jardin. Aldwin, bien sûr, faisait le tour de tout le monde, récupérant des câlins et suppliant pour avoir des morceaux juteux.

En entendant que sa famille arrive à Alexandria Bay pour voir le spectacle d’Amélia, Stanley avait accordé sa journée à Molly en lui disant de considérer cela comme un avantage pour avoir accepté son nouveau poste. Cela signifiait qu’elle et Harry pouvaient organiser le pique-nique au cours de l’après-midi.

Ne voulant rien lui cacher, elle avoua qu’elle était un peu nerveuse à l’idée de revoir ses frères et sa sœur. Il avait tenté de la persuader que personne n’avait de rancune, mais elle doutait qu’il le lui dise si c’était le cas. Après tout, pourquoi voudraient-ils contrarier leur frère quand il avait tellement de choses à gérer ? Même avec elle, ils pourraient cacher ce qu’ils ressentaient réellement, en pensant que c’est ce que voudrait Harry, mais elle ne pouvait rien laisser couver. Plus maintenant.

Sa famille était arrivée dans un grand SUV, il manquait seulement leur père, qui arriverait un peu plus tard. Harry avait froncé les sourcils en entendant cette nouvelle, mais ils lui avaient assuré que tout allait bien.

Drake, Suzanne et Alec avaient souri en la saluant avec une accolade ou une poignée de main, en disant que c’était bon de la revoir. Ils avaient même apporté des cadeaux d’anniversaire, ce qui était au-delà de ses attentes.

Et pourtant, même après avoir été chercher un verre à tout le monde et s’être assurée qu’ils aient assez à manger, elle n’arrivait pas à se poser… En même temps, elle ne savait pas comment évoquer ses inquiétudes.

Saisissant l’excuse de retourner à l’intérieur pour prendre une nouvelle bouteille de vin, elle resta quelques instants à la fenêtre de la cuisine à regarder Harry avec sa famille. Elle pouvait voir comme il était heureux d’être avec eux et combien ils s’aimaient tous.

Malgré tous les ennuis, elle savait qu’aucun d’entre eux n’aurait échangé sa famille avec une autre. Alec, Harry, Suzanne et Drake avaient toujours été très proches. Et maintenant, avec leurs conjoints, ils semblaient encore plus proches que jamais.

Elle ne pouvait cesser de s’émerveiller de voir comme Suzanne et Drake avaient grandi. Dans la tête de Molly, ils resteraient toujours des lycéens, mais maintenant Suzanne était PDG de sa propre entreprise de sécurité numérique et Drake était un peintre célèbre. Elle s’émerveillait encore comme Harry et sa famille pouvaient être si talentueux, tout en restant modestes sur leurs succès. Tout comme leurs conjoints.

Le fiancé de Suzanne, Roman, était un garde du corps jusqu’au bout des ongles… et était complètement fou amoureux d’elle. D’après ce que Molly avait vu pour l’instant au cours de l’après-midi, il savait parfaitement comment la faire rire et comment la faire rougir.

Quant à la fiancée de Drake, Rosa, elle ne correspondait pas du tout au profil de la star de télé-réalité trop absorbée par elle-même. Elle s’était mise en quatre pour poser des questions sur la vie de Molly, sa carrière et Amélia.

Puis il y avait Alec et Cordélia. Franchement, Molly n’en croyait pas ses yeux. Alec avait été la définition même du célibataire fougueux et indomptable. Maintenant, même s’il avait plusieurs traits de caractère, il était aussi le mari le plus dévoué qu’on puisse imaginer – alors que sa femme, qui ressentait exactement la même chose, le poussait toujours à se surpasser.

— Molly ? Tout va bien ?

Harry entra dans la cuisine.

Elle hocha presque la tête, mais elle ne put aller jusqu’au bout. Parce que même si le rassemblement était un tourbillon de bavardages et de rires, que personne ne lui avait lancé de regard noir ni ne s’était renfrogné devant elle, elle n’arrivait pas à arrêter de s’inquiéter. Elle et Harry s’étaient pardonné mutuellement pour leurs erreurs, mais ça ne voulait pas dire que c’était le cas pour sa famille.

Avant cette semaine, elle avait essayé d’enfouir ses peurs, seulement pour les voir revenir au galop. Elle savait à quoi s’en tenir, toutefois. Faire face à ses inquiétudes et dire aux gens comment elle se sentait réellement était la seule option pour avoir des relations véritables et durables.

— Je dois m’excuser auprès de ta famille.

— Tu sais, je ne pense pas que ce soit nécessaire.

Harry se rapprocha d’elle.

— Mais je peux aussi voir que tu ne pourras pas tourner la page jusqu’à ce que tu le constates.

Elle pressa ses lèvres sur les siennes.

— Merci de me soutenir. Même quand tu penses que j’ai tort.

— Tant que nous sommes honnêtes l’un envers l’autre, je suis presque certain qu’on pourra tout gérer.

Main dans la main, ils entrèrent dans le jardin et s’assirent avec tout le monde.

— Est-ce que je peux dire quelque chose ?

Molly se sentait idiote et tremblante, mais elle continua.

— Premièrement, je veux tous vous remercier d’avoir fait ce long chemin pour assister au spectacle d’Amélia. Je sais comme vous êtes tous occupés et que vous avez probablement changé des projets pour être présents. Amélia est aux anges de savoir que vous êtes sa famille.

Les émotions de Molly étaient sous la surface, prêtes à déborder.

— Moi aussi. Mais je comprendrais si vous n’êtes pas enchanté de ma présence. Vous avez tous les droits d’être en colère d’avoir raté la vie d’Amélia jusqu’à aujourd’hui. Je suis désolée de vous avoir fait du mal. À vous tous. Et j’espère qu’un jour vous pourrez me pardonner.

— Moi, pour ma part, je ne suis pas en colère contre toi.

Suzanne tendit la main vers celle de Molly.

— De tout ce que j’ai vu et entendu, tu as fait ce que tu as pu d’une situation difficile, et tu as fait les mêmes suppositions concernant le père d’Amélia que j’aurais faites à ta place.

— Je suis d’accord, dit Drake. Et franchement, si quelqu’un devait s’excuser, c’est nous.

Molly était abasourdie.

— Pourquoi dis-tu ça ?

— Parce que papa était dans tous ses états à l’époque, répondit Alec en parlant franchement. Tout comme moi la plupart du temps. Et ces deux-là, dit-il en indiquant Suzanne et Drake, étaient assez jeunes pour toujours avoir besoin de quelqu’un pour veiller sur eux. En tant qu’aîné, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour garder notre famille soudée, mais le plus gros du poids est tombé sur les épaules d’Harry.

Il lança un regard contrit vers son frère.

— Papa était au-delà de ce que je pouvais supporter. Je n’arrivais pas à le gérer, je pouvais à peine lui parler. J’ai laissé Harry s’en occuper, et je n’aurais pas dû.

— Tu n’as pas à t’excuser envers moi, Alec. Tu as fait de ton mieux.

Harry regarda Suzanne, puis Drake.

— On l’a tous fait.

Il se tourna vers Molly.

— Et nous avons tous fait des erreurs. Le genre d’erreur que je ne prévois pas de refaire.

Elle se pencha vers lui, sachant qu’il avait besoin de sa chaleur autant qu’elle avait besoin de la sienne.

— Moi non plus.

Un instant plus tard, Alec demanda :

— Alors… tout est bon ?

Cordélia donna une tape sur l’épaule de son mari.

— C’est tout ? Tu ne peux pas avoir une plus grande conversation cœur à cœur avec tout le monde ?

Il ne semblait pas le moins du monde contrit, surtout à la manière dont il déposa un baiser sur ses lèvres même quand ses yeux flambaient en le regardant. Mais il se tourna vers le reste du groupe.

— Je suppose que si quelqu’un d’autre veut étaler son cœur, c’est le moment.

Suzanne leva les yeux au ciel.

— Si c’était le cas, je n’en ai plus envie.

C’est à ce moment que Molly rit.

— Vous êtes les meilleurs.

— Je présume que par meilleurs tu veux dire des ratés dysfonctionnels ? demanda Drake d’une vois sèche qui fit rire tous les autres.

— Vous êtes une famille, dit Molly sérieusement. Contre vents et marées. Dans le bon et le mauvais. J’ai toujours voulu qu’Amélia ait ce que vous avez, même s’il n’y avait que moi. Savoir qu’elle vous a tous aussi, c’est le meilleur sentiment au monde.

— Tu nous as aussi, intervint Suzanne. Nous allons être là pour toi à partir de maintenant.

Elle lança un sourire en coin à Molly.

— Même si tu désires un jour qu’on sorte de ta vie.

— Une famille c’est tout ce que j’ai toujours voulu.

Elle avait les larmes aux yeux quand elle se tourna vers Alec avec un sourire.

— D’accord, je vais bien maintenant.

Même s’il sourit en retour, ses yeux semblaient étrangement brillants quand il leva son verre pour trinquer.

— À toi, Amélia et Harry.

Et quand ils trinquèrent tous les huit, Molly comprit que c’était de loin le meilleur des anniversaires.

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