The Dark Riders - T3 - Killer
Chapitre 6
C H A P I T R E 6
Aelys
J essaye de me tenir droite, mais cela est di cile. J ai mal partout, puis je tremble tellement, malgré cette drôle de couverture. Je ne sais pas de quelle matière elle est faite, mais elle me tient chaud. Mes frissons doivent plutôt provenir du contre-choc.
J étais en n libre, je me croyais sauvée, mais non ! Je suis tombée sur cet homme. Le Père le traite de démon, pourtant, il n arrête pas de vouloir me faire soigner, de me vouloir à ses côtés pendant ce procès, il s est même investi dans le rôle de défenseur.
J ai eu tout le loisir de le regarder lorsque j étais enfermée dans cette cage. Malgré sa peau plus foncée, son crâne rasé et ses yeux d un bleu lagon, il est beau. C est la première fois que je vois un homme comme lui, si costaud, si sûr de lui. Par rapport à ce que nous dit le Père, il faudrait se mé er de cet homme et le fuir, mais, à ma plus grande incompréhension, je me sens rassurée de l avoir près de moi.
Tous mes congénères nous entourent, sont prêts à nous juger. À ce que j ai compris, lui est accusé de m avoir violentée, et moi de m être laissé tenter par ce démon. Il n est pas question que je me taise, malgré le regard perçant de mon époux. Ses yeux me scrutent froidement, me disant de ne rien dire. Il n en est pas question, je ne me laisserai pas reprendre ni retourner avec lui pour subir de nouveau ses attouchements, cette humiliation. Si j ai une chance de partir de ce village, grâce à cet homme, je ferai tout ce qu il désire.
Je compte sur l aide des femmes de Père, mais quand je croise leurs regards, elles baissent toutes les yeux. Non ! J ai envie de leur hurler de tout dire aux autres, qu elles montrent le vrai visage de Père.
— Moi, le Père de ce village, te condamne, pour avoir attiré dans ta malice ma femme et avoir ainsi pu pro ter de son corps. Toi, ma femme, je te blâme pour avoir cédé à ce démon, et pour avoir profané ton corps et ton âme avec le mal.
— Ce n est pas ce qui s est passé et tu le sais très bien. Toutes ses marques que j ai sur le corps, c est toi qui me les as faites lors de notre nuit de noces.
Comme je me tiens face à lui, je ne vois pas le poing partir, mais je le sens. Ma tête part en arrière. Si cet homme n avait pas tendu le bras pour me retenir, je serais tombée sur les fesses. Ma pommette m élance, gon ant rapidement.
— Tais-toi, on voit qu il t a pervertie, des mensonges sortent de ta bouche.
— Non, je dis la vérité. Pourquoi vous ne dites rien, je sais qu il fait la même chose à toutes ses femmes. Demandez-leur !
— Ingrid ! Approche, et dis à notre communauté comment je te traite.
— Euh ! Comme tout mari soigne son épouse.
— Menteuse, tu portes encore des marques sur ton cou.
— C est un accident, mon écharpe s est coincée dans la porte et j ai tiré.
— Alors, comment expliquez-vous toutes ces traces que j ai sur le corps ?
Je laisse tomber la couverture, ma chemise de nuit déchirée montre mon corps maltraité. Des oh de stupeur retentissent. J ai honte de laisser ses regards me parcourir, de voir ma déchéance. Mais cela peut servir à leur faire comprendre à tous que je dis la vérité. Les femmes baissent les yeux, les hommes me regardent, mais personne ne dit mot.
L homme à mes côtés se baisse, se saisit de ma protection et recouvre ma silhouette.
— Cela n est pas nécessaire. Tes compatriotes ont été bourrés de mensonges depuis si longtemps que même si tu leur montres la vérité, ils nient les faits, me chuchote-t-il.
— Toi, le gourou, si comme tu le supposes, c est moi qui ai imposé à cette femme mes vices, comment comptes-tu expliquer que certaines de ses traces ont déjà changé de couleurs ou même ont des croûtes ? Cela prouve qu elles ne datent pas de ce matin.
— C est très simple, tes pouvoirs permettent de mentir, de cacher la vérité, pour pouvoir induire en erreur les innocents.
— Mes pouvoirs, laisse-moi rire, si j en avais, tu crois que je me tiendrais devant toi, je serais loin de tes conneries depuis longtemps.
— Et ceci !
Il sort un objet de sa poche, qui a une forme rectangulaire, il est plat et brille. Il appuie dessus et là retentissent di érentes sonneries. Tout le monde se recule d un pas, même moi je suis choquée de cet outil qui fait des bruits.
— Tu sais très bien que c est un téléphone portable, vu que tu sais t en servir. Et, dis-moi, si je ne m étais pas trouvé sur la route de cette femme qui te fuyait, comment aurais-tu expliqué ses marques ?
— On aurait ni par la retrouver et je l aurais punie pour avoir fui le domicile conjugal.
— Oui ! En la battant, pour cacher les anciennes traces par des nouvelles.
— Comment j agis avec mes femmes ne te regarde pas.
— Car en plus tu en as plusieurs, eh bien, mon cochon, tu ne t ennuies pas. Et les autres hommes en ont plusieurs, eux aussi ? Ne me réponds pas, je suis sûr que non. Ton rôle de gourou te permet de faire ce que tu veux, c est toi qui dictes les règles, non ! Je me trompe ?
— Je ne suis pas un gourou comme tu le dis, je ne sais même pas ce que veut dire ce mot. Je suis le Père de ce village, c est Dieu qui m a con é la tâche d aider mes frères et sœurs dans cette vie. On n est pas là pour juger mon comportement, mais le tien. Toi, le démon.
Je ré échis aux paroles de cet homme, c est vrai que nous obéissons à Père et qu il est le seul à savoir ce qui est écrit dans le livre que Dieu lui a transmis. Personne n a jamais remis en question ses dires. Personne ne sort de ce village, sauf lui et les gardians choisis par ses soins. Maintenant qu un étranger voit les choses telles qu il les perçoit, je doute des principes de notre communauté. Père nous aurait menti, mais pourquoi ? C est compliqué, ayant toujours vécu ainsi et ici, je ne sais plus. Pourtant, j ai toujours réfuté ce mode de vie.
— Et cette machine que l on a trouvée, elle est à toi et à quoi elle sert ?
— Pourquoi je te le dirais, vu que tu sais ce qu elle est.
Je regarde cet appareil, tout noir, avec deux roues en plastique. Je me doute vu les roues que cela doit servir à se déplacer, mais comment cela avance ? Nous, on a des brouettes ou des charrettes avec des chevaux. Mais, là, je ne sais pas comment un cheval peut tirer ce truc.
Des gens s en approchent, mais pas trop près.
— Ne touchez pas à ma bécane, bordel !
Tous les regards se retournent vers l homme, ses yeux brillent de colère, ses poings sont contractés. Il fait peur, on ressent de la violence émaner de lui. Les gardians lèvent leurs armes.
Il sort de sa poche un paquet et un autre objet. Il porte un cylindre en papier à sa bouche et actionne l autre chose. Une amme en sort et le bout du cylindre rougeoie. Il aspire et de sa bouche sort de la fumée. Des cris fusent.
— Tu vois, démon, tu craches des ammes, tu arrives à faire du feu sans pierre à silex. Tu te condamnes tout seul. Et ta tenue, ce pantalon et ce blouson qui porte derrière lui un dessin représentant un enfant tenant une arme, cela est de la provocation. Le mal qui atteint même les plus jeunes et tu oses le montrer aux yeux de tous. Et toutes ces marques qui sont encrées sur ta peau. Seul le diable impose ses dessins sur une personne. ui c est de quoi tu es capable, pour propager le mal dans notre communauté, pour pervertir tous mes frères et sœurs.
— Bordel ! Je ne compte pas expliquer ce motif, ce sont mes couleurs et je suis
er de les porter. C est toute ma famille, ce symbole. Je commence à en avoir assez
de votre connerie, c est un briquet et une clope. Je ne sais pas d où vous sortez, mais cela est grave de ne rien savoir de la vie. D être aussi ignorants des choses de la vie commune. D être dépendants d un con qui vous dicte tout. uand pisser, quand baiser. Franchissez ces portes et vous verrez des gens vivre normalement, des gens de notre monde civilisé, et non des pantins dépendant d un guignol.
Il se saisit de ma main et me tire vers cette drôle de machine.
— Je vais vous montrer comment ça marche. Il su t d introduire la clé, de tourner et elle démarre.
Un bruit assourdissant retentit, de la fumée noire sort de ce truc. Il tourne une poignée et le bruit se fait plus fort. Il me tire vers lui.
— Je vais vous montrer que vous ne risquez rien. Monte dessus.
Je recule, mais il pose ses mains sur mes hanches et me soulève. Je me retrouve assise sur un siège, les jambes écartées. La machine bouge sous mes fesses, je n ose plus faire un geste, je retiens ma respiration. J ai peur.
— Bon, j en ai ras les cacahouètes de votre délire, je me tire.
Il jette « sa clope » dans la paille, et saute derrière moi. Il se saisit des poignées, et fait vrombir la machine. Je me retrouve coincée entre ses bras qui m obligent à me baisser en avant.
Puis d un coup, elle bondit, me faisant hurler. J entends des cris.
— Le feu, il y a le feu !
— Arrêtez-les ! Ne les laissez pas partir, fermez les portes.
Des coups de feu retentissent, l engin fonce en faisant des zigzags, je ferme les yeux. Je crois que ma dernière heure est arrivée. Je vais aller directement en enfer, accompagné par ce beau démon.
Nous lons à vive allure et franchissons les portes en un instant.
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