The Dark Riders - T3 - Killer

Marie-Laure Viollet · Chapitre 19 sur 35

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The Dark Riders - T3 - Killer

Chapitre 15

C H A P I T R E 1 5

 

Killer

 

J ai mal partout, surtout à ma jambe. Bordel ! Ces cons ne m ont pas loupé, je me retiens de gémir. Pas question qu ils sentent que je suis un être faible. Après ce qu ils m ont fait subir, ce viol lmé où tous mes frères ont assisté à ma décadence, je ne sais pas si j arriverai à surmonter ce traumatisme. Je leur ferai payer à tous et en bien pire. Ils ne savent pas à qui ils ont a aire. Je serai sans pitié. La torture passe encore, on le fait nous aussi lorsque l on désire des informations, mais le viol, jamais. On n est pas des bêtes, il y a d autres façons pour faire avouer quelqu un. Je les ai toutes apprises, mais jamais je ne me suis rabaissé à ce qu ils m ont fait.

J entends un cri de femme. Il faut que je défende la femme de Rider. C est mon devoir, même si je suis pas mal amoché, je dois intervenir, même si j en perds la vie.

Des voix graves essayent de la calmer, elles ne sont pas violentes, plutôt rassurantes. Ma tête tourne, je distingue plusieurs formes, qui s approchent de moi. J attends qu un visage se penche et, avec le peu de forces qu il me reste, je fais fuser mon poing.

— Merde ! Ça ne va pas, mec ! Je suis là pour t aider.

— Killer, qui sont ces hommes ? J ai peur !

Ce n est pas la voix de Stelvana, non, c est celle de mon petit lutin. Tout me revient. J ouvre de nouveau mes yeux et constate que les mecs qui sont dans notre petit abri sont des bikers.

— Killer, c est Rider qui nous a contactés. On est venus vous chercher. On a des véhicules pour ce type de tempête. Tu te sens capable de marcher ou on te porte ?

— Aelys, ne t inquiète pas, c est les amis de mon prés’, ceux chez qui on devait aller pieuter, je t en ai parlé. Suis-les, j arrive.

Je me mets di cilement à quatre pattes, regarde droit devant moi et me redresse. Putain ! Ma jambe ploie sous mon poids. Un bras se tend devant moi. Je regarde le mec, il est grand, avec une barbe et des cheveux noirs tenus par un ruban. Rien qu à sa dégaine, je sais que c est le prés’ de ce MC. Rider a dû utiliser de drôles d arguments pour qu un prés’ se déplace.

— Je suis Murderer du MC the Wolves Killers.

— Tu en es le prés’. Rider a dû te dire qui je suis, la nana, c est Aelys, il faut prendre beaucoup de précautions avec elle. Je t expliquerai une fois que l on sera au chaud.

J accepte son bras pour me redresser et essaye de ne pas trop m appuyer dessus pour avancer. Un chemin a été déblayé jusqu aux véhicules qui nous attendent.

— Bordel ! Si j avais eu un truc comme ça depuis le début, je n en serais pas là.

Ils ont soudé un genre de chasse-neige sur un 4X4, les pneus sont immenses. Derrière cet engin, plusieurs autres véhicules attendent. Ils ont déjà xé ma bécane à l arrière d une de ses bagnoles. Je si e d admiration,

Derrière une des vitres, je vois mon petit lutin recouvert de couvertures qui me regarde. Ses yeux expriment toute la peur qu elle ressent devant ces inconnus et d être dans un 4X4.

Je me dirige vers elle, ouvre la porte et, une fois installé, je la prends dans mes bras. Son corps tremble, ses mains s accrochent à mon blouson.

— J ai eu si peur, je n arrivais pas à te réveiller. Il n y avait plus de bois, puis ces hommes sont arrivés. J ai essayé de les repousser, mais ils étaient trop nombreux.

— Ah ! Pour nous repousser, elle l a fait, une vraie furie !

Murderer s est assis à la place avant et rigole. Je remarque en plus du bleu qui se forme à sa mâchoire des traces de gri ures.

— Si j avais su qu en vous secourant, je me serais trouvé face à un chaton et un mec qui cogne tout de suite avant les présentations, je serais resté au MC. Mais bon, je suis content de vous avoir trouvés en vie. Je devais un service à Rider, et je tenais à le faire moi-même.

Il nous tend des bouteilles d eau, que je descends tout de suite. J ai encore la tête qui tourne, ma jambe m élance, j en fais la grimace. Murderer, qui m observe, reprend la parole.

— Notre médecin nous attend, t as quoi ? ue je le prévienne.

— Une balle, et une vieille blessure. Depuis que je suis ici et votre temps de merde, j en sou re. La balle a été retirée par la miss.

Je ne peux m empêcher de la serrer contre moi, montrant ainsi qu elle est à moi. Il hoche la tête.

Je suis ère d elle, elle a agi avec courage. D autres femmes auraient déjà craqué dans notre situation. Non, malgré sa peur de notre monde, elle a fait face, refoulant sa crainte.

Mes membres se réchau ent, je dodeline de la tête. Je me sens partir au pays des songes. Je me laisse emporter par le sommeil, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens en sécurité avec ce mec.

— Réveille-toi, on est bientôt arrivés, ta nana dort encore.

Je vois autour de moi des montagnes, on roule sur une route qui monte vers un col, tout est blanc.

— Je comprends mieux le choix de vos bagnoles.

— Oui, nos motos restent au garage pendant l hiver, ici, impossible de rouler avec. Tandis qu avec nos engins on va n importe où, même dans les bois. On a un génie qui nous les a bidouillés.

On arrive devant un chalet immense, style maison suisse, tout en bois, avec un balcon qui fait le tour de toute la surface à tous les étages. Il ne manque plus que les rideaux Vichy et les jardinières pour se croire dans ce pays. Les fenêtres ont des volets électriques et des barreaux. La porte est blindée. J aperçois au loin d autres petits chalets. Le tout se trouve dans une clairière cernée par des parois rocheuses. Un torrent coule d un de ses pics, se déversant dans un petit lac. Le reste est boisé, un chouette endroit et bien protégé par la nature.

On est accueillis dans une grande pièce par un feu de cheminée, l âtre est immense, on pourrait se coucher dedans. Il y a l éternel bar cher aux bikers. De nombreux canapés se trouvent le long des murs recouverts de bois. C est étrange, ce mélange de style, mais pas choquant, pas autant que le château de Devil.

De nombreux mecs sont accoudés au bar, je peux en n distinguer leurs couleurs : un loup hurlant, une pleine lune derrière et, devant ses pattes, un pistolet crachant des ammes rouges. Je hoche la tête et suis Murderer qui nous fait monter dans un escalier tout en bois.

Il ouvre une porte, c est notre piaule, elle est conforme aux nôtres. Le toubib m y attend. Je suis heureux de pouvoir m allonger. Mais avant, je regarde mon petit lutin, qui est toujours accroché à moi.

— Mec, peux-tu l examiner ? Aelys, laisse-le faire, il va juste regarder si tu n as pas trop sou ert de ce temps à la con.

— Je vais bien, je me suis réchau ée dans la voiture, couche-toi et laisse-le plutôt te soigner. Ta jambe n était pas belle à voir.

Elle a pris un ton sévère qui fait réagir mon corps. Murderer le remarque et rit.

Je me couche et, pendant que le toubib coupe mon fute, j admire mon petit lutin qui s est approché et me tient la main. Je ne la repousse pas, elle s inquiète pour moi, c est rigolo et charmant.

— Bien, dis donc, mec, tu dois mor er, ta jambe est infectée. Je vais te faire une perf d antibio. Je vais inciser pour faire sortir la merde. Serre les dents.

Je si e sous la douleur, mais après, cela me soulage.

— Je laisse ouvert pour que tout sorte. Tu restes couché, on verra demain.

— On va vous monter à manger, je vais faire apporter aussi des fringues, et nettoyer les vôtres.

Je tapote la place à mes côtés, une fois qu ils sont partis.

— Aelys, viens te coucher, on est en sécurité. Repose-toi !

Une fois qu elle est installée entre mes bras, je laisse mes paupières se fermer.

 

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