The Dark Riders - T3 - Killer

Marie-Laure Viollet · Chapitre 16 sur 35

Pages du PDF

The Dark Riders - T3 - Killer

Chapitre 12

C H A P I T R E 1 2

 

Aelys

 

Je crois que mon cœur va lâcher. Il bat tellement vite, ma respiration essou ée a du mal à se calmer. Mes membres tremblent encore, alors que je suis assise derrière ce drôle d engin qui soi-disant peut transporter des gens, comme la moto de Killer. J en ai vu beaucoup aujourd hui qui roulaient.

Nous sommes dans une sorte de grotte, à l abri. Je n ai pas tout compris, cela a été si vite que je n ai pas saisi qui nous en voulait. Killer a dit mon mari, mais celui-ci ne sait pas conduire ce genre de véhicule.

Puis, pourquoi me poursuivre ? Je ne suis rien pour lui, une femme de plus à sa disposition. Ce n est pas comme si on s était promis un amour fou. On n a même pas vécu ensemble, sauf cette fameuse nuit. Il a été si violent, il m a fait mal, je ne peux croire que l acte charnel soit si agressif. uand je suis avec Killer, et qu il me touche involontairement, je ne sens pas le dégoût. J ai envie de m enfouir dans ses bras, qu il pose ses mains sur moi. J ai eu du mal à ne pas le toucher ce matin. Je désire plus, mais voilà, je ne suis pas mariée à lui et je pense que, vu son physique, il doit avoir une femme qui l attend.

Je ne sais rien de sa vie, pourquoi était-il à notre village, pourquoi m a-t-il sauvée et emmenée ? J ai déjà tellement de questions à lui poser concernant ce monde que je n ose pas l embêter. Puis, il m intimide, avec son air dur, ses traits toujours tendus, sauf quand je sors une bêtise et que son visage s illumine, il est si beau.

Bref, je repense à cette journée chargée d émotions. Il y a eu ce repas, où j ai attendu qu il commence, car je ne savais pas comment faire, ce n était pas mauvais. Ce que j ai beaucoup aimé, c est cette boisson chaude, si onctueuse, si crémeuse.

Il n a pas fait attention à moi, il était occupé à parler à ce « téléphone ». Il a employé tellement de curieux termes que je n ai rien déchi ré, je me suis concentrée sur le repas.

La neige s est mise à tomber, j avais froid, je me suis collée à Killer. Puis là tout a dégénéré. Des coups de feu, la moto qui a glissé, j ai cru ma dernière heure arrivée. Killer boitait, il a été blessé. Je croyais que l on allait rester là. Non ! On est repartis, de nouveaux coups de feu, la moto a dérapé, nous sommes arrivés dans la même ville que l on venait de quitter et, là, j ai fermé les yeux. Tous ces virages, ces accélérations, je ne voulais rien voir, juste m accrocher à lui et sentir son odeur pour m évader de ce cauchemar.

Je l entends gémir.

— Tu as mal à une jambe ?

— Oui ! Ces cons m ont touché. Fouille dans mon sac, tu trouveras un tee-shirt. Il va falloir que tu m aides. Mais, avant, je vais appeler mon prés’.

Oui ! Ils nous ont retrouvés, j ai pris une prune dans la cuisse. Elle n est pas ressortie. […] Bordel ! Cent kilomètres. La neige tombe beaucoup, on n y voit rien. Mais je ne peux pas pieuter ici, dans ce parking. […] OK ! On reprend la route et je suivrai l itinéraire. Tu les connais bien ? […] C est bon, je te fais con ance.

Je raccroche et me tourne vers Aelys.

— Alors ?

— Tu vas me retirer la balle, puis on repartira, et on ira crécher dans un MC que mon prés’ connaît.

— Je ne suis pas guérisseuse, je ne vais pas y arriver.

— Mais si, je le ferais bien moi-même, mais comme je t ai, c est toi qui vas le faire.

Il sort son couteau, déchire des morceaux de tissu, baisse son pantalon et éclaire avec le téléphone. C est magique, cet appareil ! Il allume l autre truc où la amme sort et passe son couteau dessus.

À la lumière, je vois sa jambe pleine de sang.

— Bon, tu vas essuyer le sang, puis, tu vois le trou, tu rentres le couteau dedans et, dès que tu sens un truc dur, tu essayes de le retirer. Tu as compris.

— Je suis peut-être ignorante sur certaines choses, mais je t ai compris.

— Ah, mon petit lutin est de retour, c est bien ! Vas-y !

Ma main tremble, le trou est tout petit, j hésite, il pose sa main sur la mienne, la serre et enfonce avec moi la lame. Il serre les dents, de la sueur coule de son front, pendant que j approfondis ma recherche. Je ne suis pas mieux que lui. J ai chaud, j ai du mal à respirer.

En n, je touche quelque chose. J essaye de le retirer.

— Bordel ! Coupe autour, ne me l enfonce pas plus. Passe dessous et remonte-la.

Facile à dire, moi, je ne l ai jamais fait. La main qui tient ce qui éclaire tremble, il sou e fort. J y vais d un coup, remonte la lame, et je vois apparaître une chose noire. Elle sort, je souris, j ai réussi.

— Putain ! Bon, maintenant, entoure la plaie avec les morceaux de tissu.

Il a la tête appuyée contre le mur, il sort une « clope » et l allume. Il a les yeux fermés, mais son visage reprend des couleurs. Moi, j ai les mains pleines de sang, je les essuie comme je peux. On reste silencieux un petit moment, chacun reprenant la maîtrise de soi.

Moi qui voulais voir le monde, sortir de mon village, voir si autre chose existait, si tous les gens étaient comme nous, eh bien, je suis servie. Ils ne vivent vraiment pas comme nous, ont des manières et paroles très étranges. Ma vie routinière est bien loin. Je vis à chaque instant des émotions qui vont de la joie à de la peur. Je n arrive plus à faire face. J ai peur, je me sens perdue, je coule et me noie dans cet univers étrange.

Mes larmes longtemps retenues coulent.

— Ne pleure pas, petit lutin. Ce n est rien, j en ai vu d autres. On va aller se mettre à l abri chez des gens de con ance.

Il m attire à lui et referme ses bras réconfortants autour de moi. Je me laisse aller, essayant de me reprendre.

Une vive lueur nous éblouit.

— u est-ce que vous foutez, les jeunes ?

Un homme se tient sur le côté du véhicule et nous scrute. Je pousse un cri.

— Il y a des chambres pour ça. Allez, oust, dehors !

Killer se lève doucement, remet son pantalon et toise le mec.

— Si tu voulais te faire tailler une pipe, il fallait aller dans les chiottes. Tu me diras, elle est mignonne, la petite, je comprends que tu n aies pas pu attendre.

— Tailler une pipe. Pourquoi il veut que je lui en fasse une ! Là, maintenant ?

— Si, tu veux, ma belle, je suis à ta disposition.

Killer ne peut s empêcher de sourire, mais je vois dans ses yeux la colère que les paroles de l homme lui font éprouver. Je comprends que la phrase n a pas la même signi cation que je le pense. C est vrai que je trouve bizarre de tailler un truc, alors que je n ai pas de bois. Je me retourne vers Killer.

— Je ne saisis pas ce qu il veut dire.

— Tu n as pas besoin de comprendre, tu as juste à me sucer.

L e roi me prend quand je comprends. Mon mari a voulu que je fasse ce truc ignoble, sucer son organe masculin qui se dressait devant moi et qui bougeait. Cette chose qui m a pénétrée et fait si mal. Non ! Je ne veux pas revivre ça.

Je halète, je blêmis. Killer perd son sourire quand il me voit. Il avance vers le mec avec son couteau.

— Tu viens de faire peur à ma nana, en plus, je ne suis pas d humeur. Tu vas t excuser et te barrer.

— Non ! C est elle qui s est proposée, elle assume !

Killer ne répond pas, il saisit le mec par le col de sa veste, le tire vers moi et l oblige, en lui donnant un coup de pied derrière les genoux, à se baisser.

— J écoute !

— Excuse-moi, jeune lle !

Killer le lève brusquement, lui enfonce son poing dans le ventre et un coup de genou dans la gure quand l homme s est plié en deux sous la douleur. Il le laisse à terre. Il me tend la main et me tire vers lui.

— Petit lutin, aucun homme ne te refera ce que ton con de mari t a fait. Tu as ma parole !

Il se dirige vers sa moto, la redresse et m attend. Je monte dessus, les jambes encore tremblantes, mais ce qu il m a dit me rassure, je crois en sa parole.

Nous fonçons dehors, laissant le mec, à terre, nous hurlant des obscénités. La nuit et la neige nous accueillent. Nous sortons de la ville sans encombre. Il n y a pas beaucoup de véhicules, vu l état de la route.

 

OceanofPDF.com