The Dark Riders - T3 - Killer

Marie-Laure Viollet · Chapitre 9 sur 35

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The Dark Riders - T3 - Killer

Chapitre 5

C H A P I T R E 5

 

Killer

 

Ce sont des gémissements qui me font reprendre connaissance. Mon mal de tête me fait rapidement réaliser ce qui m est arrivé. Je me suis fait assommer par un gourou et ses hommes. Je fais semblant d être toujours inconscient et sonde les alentours avec mes autres sens. Je suis dehors, l air frais me donne des frissons. J entends des bruits de la vie courante autour de moi, des gens qui parlent, des enfants qui rient. Je bouge discrètement mes membres, je ne suis pas ligoté, c est déjà ça. Sous mes mains, je sens un tapis de végétaux, de la paille ?

Les gémissements reprennent, j ouvre mes paupières et scrute mon environnement. Je suis bien couché sur de la paille, mais dans une cage. Bordel ! Elle est toute petite, je suis en position fœtale, je me redresse, mais je ne peux rester qu assis. Je tourne la tête et vois que celle-ci se trouve sur une place, où des gens se promènent ou sont assis à me xer.

— Tu as vu sa couleur de peau, elle est foncée comme le mal qu il doit porter en lui.

— Tu as vu ses drôles de dessins sur ses bras, il n y a que les démons pour en avoir.

— Et pourquoi il n a pas de cheveux, et ses vêtements, ils sont faits avec quoi ?

C est bien ma veine d être tombé dans une secte d arriérés. Les explications vont être dures pour se faire comprendre. Sauf si l autre con de gourou veut bien me libérer, car, lui, je suis sûr qu il mène une double vie. Il n y a que ces pauvres gens qui doivent vivre dans ce dénuement total.

Je ne vois pas de poteaux électriques, de lumières, de voitures, je n entends pas de musique ou de sons provenant de la modernité actuelle. Ils sont tous vêtus avec des tissus simples qui proviennent de leurs propres ateliers, j en suis sûr. Les maisons ont toutes des cheminées et je vois au loin un lavoir où certaines femmes s activent. Il n y a pas de luminaires, ni de spots publicitaires, ni de feux rouges, même pas un vélo.

Je suis mal barré, puis si Rider me localise, vu que je me trouve à l autre bout du pays, le temps qu il débarque avec la cavalerie, je ne sais pas où je serai. Car la haine que me portent ces habitants ne fait pas de doute, je ne repartirai pas vivant. Pour eux, je suis le mal incarné et si, en plus, ils me condamnent pour l agression de la femme du gourou, je ne vais pas vivre vieux.

J entends un bruissement venant de ma droite et vois la même cage que la mienne, dedans, il y a la femme que j ai trouvée. Ils lui ont laissé mon sac de couchage, tant mieux, car avec le vent froid et le choc qu elle a subi, elle doit trembler.

Lorsqu elle me voit, elle se recule le plus possible. Sa lèvre est en ée, l hématome change déjà de couleur. Elle claque des dents et grelotte. Avant qu elle ne tire le sac de couchage sur elle, je peux voir que ses salauds ne l ont pas soignée.

— Vous, là, vous ne pouvez pas vous occuper d elle. Elle a besoin de soins.

La femme, qui passait près de moi, sursaute et s enfuit en criant. Les gens se reculent.

— Non, mais, vous êtes des tarés, je vous dis que cette femme doit être secourue, agissez !

Pas un ne bouge, ils restent loin de nous. Puis, je vois ma bécane adossée à une grange. Des gamins tournent autour, ils la touchent avec des bâtons. Bordel ! La rage me prend. S ils lui font la moindre égratignure, je ne réponds plus de rien et même ces barreaux ne pourront m arrêter.

— Oh ! Les gosses, reculez, ne touchez pas à ma bécane.

Ils sursautent sous mes cris et s enfuient dans les jupons de leur mère. Tant mieux !

— Bon, vous vous décidez à porter secours à cette femme, à ce que j ai compris, c est l épouse de votre chef, alors faites quelque chose, bordel !

Je secoue les barreaux, je commence à m impatienter. Je ne suis pas un calme et, de plus, on ne m écoute pas, on me juge sur ma dégaine, j ai froid, je n ai pas bu mon café ni fumé de clopes, cela fait beaucoup. Car ce n est pas le fait d être emprisonné qui me dérange, non, c est la bêtise de cet enfermement qui me met la rage. J ai connu des situations bien plus graves, il n y a pas si longtemps que ça. J ai tout subi sans un mot, sans un cri, c était pour mon MC, mais, là, je suis en vacances et accusé pour rien. Cette femme est aussi innocente que moi et fait partie de leur secte, il la traite comme une pestiférée, je ne supporte pas l injustice.

En bougeant mes jambes, car je n ai pas beaucoup de place, je sens mon couteau derrière mon mollet. Ils ne m ont pas fouillé, ils ont cru que je n avais que mon arme. Tant mieux ! Car j en ai un autre xé à ma cuisse. Je peux faire de très gros dégâts avec mes lames. La bosse dans ma poche arrière de mon jean me dit que j ai les clés de ma moto et mon paquet de clopes. Il me faut juste une occasion de sauter sur ma bécane et de fuir.

La porte qui se situe entre deux tours est ouverte et gardée par deux hommes munis de… fourches ? Cela me ferait presque rire de voir que, dans notre monde moderne, je me retrouve au moyen-âge. Mes frères vont bien rigoler quand je leur raconterai. Il faut juste que j arrive jusqu à mon bolide.

Je redresse la tête quand plus un bruit ne se fait entendre. Les gens se tiennent en rond autour de nous. J aperçois le gourou entouré d hommes armés de fusils. Il lève les bras au ciel et psalmodie une sorte de prière. Tous se mettent à genoux et baissent la tête en chantonnant. Dommage que je n aie plus mon portable pour

lmer cette scène grotesque.

— Mes frères ! Levez-vous ! Et regardez ces cages. Nous sommes réunis pour juger cet homme, qui, comme vous pouvez le voir, est un démon. Et cette femme, cette Jézabel s est laissée tenter par ce succube.

Des cris retentissent. Des poings se lèvent.

— À mort ! À mort le démon, à mort Aelys !

Le gourou sourit sous les proclamations, il relève le bras.

— Mes frères ! Nous ne sommes pas comme Satan, nous allons procéder à un procès, pour que justice soit rendue. Ceux qui veulent prendre la défense d un des accusés s avancent.

Bien sûr, personne ne se presse pour mettre un pied devant. ui oserait dé er cet homme ? Ce gourou a étendu ses gri es de pouvoir sur ces gens, et leur a lavé le cerveau de ses mensonges.

— Moi ! Je prendrai la défense de cette femme et de moi-même. À moins que tu aies peur que tes moutons me croient. Je ne suis pas un de tes petits chiens qui tremblent sous tes mots. Je sais ce que j ai fait et pas fait, j ai ma conscience tranquille, je ne me laisserai pas condamner pour un acte que je n ai pas commis. Et cette nana que tu dis être ta femme, je l ai trouvée dans les bois, elle venait de subir une agression.

— Je n ai pas peur de toi, démon, j ai Dieu pour me soutenir, pour révéler la vérité, alors, tu peux vous défendre.

— Pour ça, je veux sortir de cette cage et me tenir droit en homme libre et innocent et avec cette femme à mes côtés. Comme tu le dis, la vérité sera faite.

 

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