The Dark Riders - T3 - Killer

Marie-Laure Viollet · Chapitre 7 sur 35

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The Dark Riders - T3 - Killer

Chapitre 3

C H A P I T R E 3

 

Aelys

 

Les cinq femmes de Père pénètrent dans la pièce, elles me déshabillent, m épilent toutes les parties du corps avec une cire d abeille, cela fait mal, mais je me tais. Je suis partie dans mes vergers, courant les cheveux détachés, o rant mon visage au soleil. Je ne suis plus dans cette pièce, où l on m apprête pour le mariage.

Elles me lavent avec de l eau parfumée à la lavande, me badigeonnent le corps d une huile et me font passer ma robe de mariée. Celle-ci est blanche, le col et les emmanchures sont ornés de dentelles. Sur ma tête, elles mettent une couronne de

eurs, mes cheveux sont laissés libres. Ils seront bientôt attachés, car une femme

mariée doit paraître impeccable, toujours bien coi ée, mais on n a pas le droit de les couper.

Avant de quitter la pièce, l une d elles me détaille et me dit :

— Aelys, je vais te donner un petit conseil pour ta nuit de noces. Cela ne sera pas agréable du tout, cela te fera mal. Le Père n est pas un homme tendre, mais, si tu te laisses faire, cela ira plus vite. Puis, c est un honneur de pouvoir avoir l attention de Père.

Des gardians entourent mon vrai père qui me scrute sans un mot. Il a l air satisfait de ce qu il voit, car un sourire eurit ses lèvres.

À son bras, je traverse l église qui, pour ce jour spécial, est décorée de eurs. Pas de musique, de cris de joie, un silence religieux règne dans cette bâtisse. Le Père m attend au bout de cette allée, j ai l impression qu elle n est pas très longue. Je suis à ses côtés très rapidement.

D habitude, c est lui qui célèbre les mariages, mais il ne peut pas faire les deux, donc il a délégué ce droit à mon père. Lui, il rayonne, il marie sa lle au Père, ce qui est déjà un privilège. De plus, ce rôle que Père lui a octroyé montre aux autres la con ance qu il a en lui. Il a un sourire qui dévore tout son visage. L orgueil est un péché qu il n a pas l air de voir.

Il sourit pour deux, moi, j ai plutôt envie de fuir, de hurler. Je vais être mariée à un homme qui a le double de mon âge et qui a déjà d autres femmes. Pour tous ces gens qui m observent et qui, pour certaines, envient ma place, cela est tout à fait normal. Même si j ai toujours vécu ce style de vie, je sais que quelque chose cloche.

Si Dieu voulait que l on soit tous au même niveau, il ne ferait pas tant de di érences. L être humain est tellement malléable et faible qu il lui faut un dirigeant, mais qui vit de la même manière que ses concitoyens. Nous, Père demeure au-dessus de tout dans une belle maison, il ne travaille pas, se prélasse devant sa cheminée, disparaît quelques jours, soi-disant pour mieux discuter avec Dieu. Il est toujours plongé dans son livre. Seuls quelques gardians l accompagnent en dehors de ces murs. Je ne sais même pas si la vie en dehors de ces murailles est la même que la nôtre. Si tous ces gens vivent comme nous. J en doute, autrement, on aurait le droit de se rencontrer, d échanger des fruits, des animaux, de faire des veillées.

J aimerais tant sortir pour découvrir ce monde, voir d autres paysages, rencontrer d autres personnes.

Bref, pour le moment, c est le plus « beau jour de ma vie », je me marie. J ai complètement ignoré la cérémonie. À la mine pincée de mon mari, il l a vu. Il se tourne vers moi quand mon père dit : « Maintenant, vous pouvez embrasser la mariée. » Il penche son visage grassouillet et pose ses lèvres sur les miennes. Sa langue essaye de pénétrer ma bouche. Je serre mes lèvres, il me mord. Sous la douleur, j ouvre la bouche. Il en pro te pour introduire sa langue qui touche la mienne et joue avec. C est répugnant, baveux, je retiens un haut-le-cœur. uand il me relâche, il me sourit méchamment.

— Vivement ce soir, je vais te mater et y prendre un grand plaisir. Maintenant, souris, sinon, tu regretteras cette journée pendant un long moment.

Il me traîne dehors et nous nous dirigeons vers la salle où quelquefois ont lieu des repas communs comme pour Noël, pour fêter la naissance de Jésus.

Un banquet nous attend. Je n ai pas faim. Je commence à avoir peur de ma nuit de noces. La seule chose que je sais, c est que mon mari peut faire ce qu il veut de mon corps, qu il m apprendra à lui faire des choses qu il aime, que je dois le laisser faire et sourire.

Je regarde tous ces gens qui sont heureux de changer un peu de leur routine, qui font la queue pour pouvoir venir féliciter le Père. J ai envie de hurler, de partir en courant loin de ce simulacre.

Les heures dé lent à une vitesse folle et, quand les femmes de Père s approchent de moi pour m emmener me préparer pour la nuit, je secoue la tête. Mes mains tremblent. Père s en aperçoit, il me les serre dans une poigne douloureuse.

— Tu vas les suivre gentiment, autrement ton frère sera renvoyé des gardians et aura le travail le plus pénible possible. Tu sais, celui qui doit nettoyer les fosses communes.

Je me lève di cilement et les suis sous les applaudissements de la communauté. Elles ne disent pas un mot, me déshabillent, et m en lent une chemise de nuit toute blanche et très simple. Puis, elles partent, en ayant avant défait le lit. Cela sera ma chambre maintenant. Je ne dormirai plus avec les autres femmes. Père viendra quand il le désirera, sauf le jour où je serai indisposée, on est impures pendant nos règles. On doit rester enfermées, ne pas travailler, rester loin des autres. Ne pas contaminer nos concitoyens avec le rejet de sang qui est synonyme de cruauté, la marque du diable.

Je regarde l espace qui est le mien, rien de très recherché, un lit, une armoire, une table avec une bassine d eau, c est tout. Je ne veux pas m asseoir sur ce lit, je tourne et retourne dans cette pièce, me tordant les mains. Je vais à la fenêtre, regarde la nuit noire, sans lune, sans étoiles. Il fait froid et il pleut toujours.

La porte grince, je me retourne vivement, il entre et sourit.

— Approche, et déshabille-toi !

Je secoue la tête et reste à ma place. Je ne peux faire un pas, mes jambes tremblent trop. Il commence à se dévêtir. Il ne garde que son pantalon. Son ventre déborde de la ceinture, son corps est asque et blanc.

Il me tourne autour, tire sur mes cheveux.

— Mets-toi à genoux, femme, tu vas me sucer !

Je le regarde, étonnée, il m oblige à me mettre à genoux, ouvre sa braguette, je retiens mon cri de frayeur. Son membre plissé se balance devant mes yeux.

— Ouvre la bouche et suce-le.

Je me débats, essaye de me relever. Malgré la douleur à mon cuir chevelu, j arrive à me redresser. Je le regarde, e rayée, il lève la main et me gi e.

— À genoux !

— Non, jamais !

Son poing bondit, ma tête part en arrière, je n ai pas le temps de réagir que j en reçois plusieurs. Ma lèvre éclate, la douleur fuse sur tout mon visage, je suis sonnée. Je titube, il me pousse sur le lit, déchire ma chemise de nuit. J ai la tête qui tourne, il écarte mes jambes avec ses genoux. Ses mains se baladent sur tout mon corps. Il me pince les seins. Une de ses mains descend vers mon intimité, où il introduit un doigt. Cela fait mal, j essaye de me soustraire à cette invasion, je me débats, mais rien n y fait, il pèse de tout son poids sur moi. En plus, il rit, je vois son visage hideux, ses yeux brillent d un éclat malsain, son haleine empeste l alcool. Je sens quelque chose de dur à l entrée de mon vagin, je me débats. Il me maintient les mains dans une des siennes, avec l autre, il s aide. Je hurle sous l agression qui m écartèle. Cela brûle, me déchire. Je ne peux m empêcher de le supplier.

— Arrêtez ! Cela fait mal.

— Tant mieux, tu es si étroite, c est le paradis !

Il sort et me pénètre de nouveau, c est a reux, je geins de douleur. Il pose ses lèvres sur les miennes et joue avec ma langue. Son haleine est avinée, il bouge de plus en plus vite sur mon corps, dans mon corps. Il pince mes seins, ses gémissements sont horribles, puis, dans un râle, il se crispe et je sens un liquide chaud m envahir. Il se retire, satisfait, il sourit. Je voudrais me recouvrir, me recroqueviller, non, il tient toujours mes mains. Il détaille mon corps, le touche. Il écarte mes cuisses, met un doigt dans mon intimité déjà bien endolorie, il le tourne dans tous les sens et rit à ma grimace de douleur. Il le sort et je vois son index plein de sang. Il barbouille mes joues avec.

Je ne peux retenir ma rage et lui crache dessus. Alors, les coups pleuvent, je suis presque inconsciente quand, de nouveau, son membre me remplit. L horreur continue toute la nuit. Je ne suis que douleurs. Pour son âge, il est vaillant, j ai tellement mal, j ai l impression que mon corps a été séparé en deux.

En n, il s endort. Je regarde cet être ignoble ron er à mes côtés. Je mets un long moment à bouger, à m éloigner de ce monstre. Je n ai plus de force pour pleurer. La seule chose qui est primordiale pour moi, c est qu il ne remettra jamais la main sur moi. Forte de cette décision, j arrive à me relever. Du sang et d autres sécrétions coulent de mon intimité. Je n ai pas le temps de me les enlever, il faut que je fuie.

Je regarde cet homme, me saisis du bougeoir et lui donne un coup sur la tête. Comme ça, il ne se réveillera pas pendant un moment. Je ne peux pas sortir par la porte, je sais que des gardians la surveillent, je les ai entendus rire pendant mon supplice. Je me traîne vers la fenêtre, l ouvre, saisis le drap et l attache au pied de l armoire et le fais passer par l ouverture. J ai du mal à escalader la fenêtre, je sou re tellement. Je ne pense qu à une chose, ma liberté, alors je descends le long du drap en serrant les dents. Le drap ne va pas jusqu en bas, tant pis, je me laisse tomber. La pluie a rendu le sol boueux, cela amortit un peu ma chute. Je me relève rapidement et me mets à courir. Je cours vers le fond du verger, sous la pluie qui me trempe rapidement. Je tombe plusieurs fois, la chemise de nuit déchirée ne me couvre pas, j ai du sang partout, mais rien ne m arrête. Je sais qu au fond du verger, le mur de l enceinte s est a aissé, pas de beaucoup, mais su samment pour que je tente quelque chose.

Les gardians en ont parlé ce matin, ils ne pouvaient pas le réparer aujourd hui, vu que c était un jour spécial. Un cerisier s est déraciné sous la force de la pluie, entraînant avec lui une partie du mur. Je l escalade rapidement, écorchant mes pieds nus et mes genoux, mais je ne sens rien, juste un sou e de liberté. Le jour va bientôt se lever, et les gardians ne vont pas tarder à rentrer dans la chambre pour regarder si le drap a du sang et le mettre à la fenêtre, pour montrer ma virginité et que le mariage a été bien consommé. J en ris, car je l ai déjà pendu, mais pas pour le même o ce.

En n, je suis de l autre côté, je me mets à courir sans regarder où je vais. Je tombe, me relève et continue. Je regarde souvent derrière moi et, là, je percute quelque chose de solide.

Je lève la tête et rencontre un regard bleu dans un visage métis. Un homme me retient, il n a rien à voir avec mes frères. Il est vêtu bizarrement, et des dessins noirs recouvrent ses bras. Je viens de me jeter dans les bras du diable, je hurle.

 

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