The Dark Riders - T3 - Killer

Marie-Laure Viollet · Chapitre 32 sur 35

Pages du PDF

The Dark Riders - T3 - Killer

Chapitre 28

C H A P I T R E 2 8

 

 

Killer

 

Mais, qu est-ce qu elle fait ? Pourquoi dit-elle des conneries ? Je la croirais presque.

Et lui, ce porc, qui la fait sortir de la cage et lui ordonne de se déshabiller, c est impossible, elle ne peut accepter. Je crie, j essaye de sortir, mais rien n y fait. Je peux juste la regarder s humilier devant ces gens qui ont arrêté de chanter pour écouter ces conneries.

uand je vois le sang couler sur ses cuisses, je sou e presque de soulagement, elle

n attend pas l enfant de ce con. Puis, elle se tord de douleur, essayant de rester debout. Ce n est pas ses règles, elle perd le fœtus. Elle est en train de faire une fausse couche et fait une hémorragie, le sang coule énormément.

Je tourne en rond dans cette cage, j espère qu il va faire quelque chose. Mais ce type n est pas humain, il se met à rire.

— Tentatrice ! Tu vois, même Dieu te punit, tes fautes et ton déshonneur sortent de ton corps. Et tu voulais que je te reprenne. Tu me prends pour un imbécile. Je sais que tu faisais cela pour le sauver. Je voulais savoir jusqu où tu allais aller, pro ter de ton corps encore une fois, puis je t aurais punie. Je voulais qu il assiste à tout cela, qu il voie ta personne souillée par mes mains, ma semence.

— Bordel ! Fais quelque chose, connard ! Elle est en train de se vider, elle fait une fausse couche.

Il me regarde, hausse les épaules.

— Ce n est plus mon problème, de toute façon, elle va mourir ce soir.

— Non ! Mes frères arrivent, ils vont prendre ce village et tous vous tuer. Je serai le seul qui te fera mourir et tu me supplieras de te tuer.

— Frères et sœurs, ne croyez pas à ses mensonges. Il est enfermé dans cette cage, et ne peut rien vous faire. Le moment est venu de punir cette diablesse. Emmenez-les dans le verger, une surprise les attend.

Deux hommes se saisissent de mon petit lutin qui ne tient plus sur ses jambes. Elle essaye de résister, mais est traînée sans ménagements. Moi, j ai de la chance, on m attache les poignets et on me pousse à coups de crosse derrière elle. Entre nous, le gourou pointe une arme sur Aelys. Je ne peux rien faire. Les villageois font des commentaires sur cette fameuse surprise. Je commence à m inquiéter sur notre situation, cela ne sent pas bon.

Je bloque quand je vois un tas de bois entassé et un poteau au milieu. Mon Dieu ! Il a construit un bûcher. Bordel ! J espère que c est pour moi, et non pour elle.

u il a prévu qu en tant que punition, me voir cramer lui su ra.

Il s approche de moi, tout sourire.

— Moi, Père et porte-parole de Dieu, je condamne cette femme à brûler comme les sorcières qui ont ensorcelé les hommes. Le feu e acera tout le mal qu elle a en elle. Si elle ressort vivante de ce brasier, c est qu elle est innocente, sinon c est que Dieu l a punie de toutes ses mysti cations et qu elle n est pas digne de vivre parmi nous.

— T es fou, tu ne peux pas faire subir quelque chose de si abominable à une femme. Mets-toi à sa place.

Il ne m écoute pas, il fait signe de l installer. Elle résiste, se débat, ils sont obligés de s y mettre à plusieurs pour l attacher.

Je ne peux pas laisser faire cela. Même si elle n était pas ma femme, j agirais. Je fonce tête baissée vers le premier homme, le fais tomber. Je me saisis de son fusil malgré mes mains liées. Je commence à tirer, mais ce n est qu un vieux fusil à trois coups. J en abats trois. Je le prends par la crosse et fracasse tout ce qui se trouve à ma portée. J essaye de me diriger vers le gourou, mais ses hommes se mettent devant lui.

On me donne un coup dans les genoux, je m écroule. Je reçois des coups de pied dans tout le corps. Je fais abstraction de la douleur, attrape des pieds, les renverse. Je hurle ma rage, je suis submergé par le nombre. Je me retrouve à plat ventre, essou é.

Le con s approche de moi et me tire les cheveux, pour que mon regard se porte sur mon petit lutin. Elle me regarde, horri ée, des larmes coulent doucement sur ses joues pâles.

Pour la première fois de ma vie, j ai peur. Non ! Mon âme sœur ne peut pas mourir ainsi. Je suis impuissant encore une fois à sauver une femme. Mais là, je sais que je ne m en remettrai pas.

On me tient les mains en arrière à m en déboîter les épaules, je ne ressens plus rien, mon cœur se vide de toute émotion. La seule chose que je peux faire, c est de ne pas la quitter des yeux, la soutenir dans ce qu elle va subir. Elle va brûler vive. Je hurle ma sou rance, ma haine. J essaye encore de me relever. Mais ils sont trop nombreux. Il en est même un qui est assis sur mes jambes, un autre sur mon dos. Ma tête est toujours maintenue par ce con.

— Fils, allume le brasier. Brûle ta lle qui n est plus digne de vivre parmi nous.

— Non !!!

Les branches prennent feu. Dans tout ce bruit, car les gens chantent, j entends quand même une détonation. C est des grenades qui sautent, les renforts sont là.

Je me démène encore plus, gigotant dans tous les sens. Il faut que je me débarrasse des cons, car, autrement, il sera trop tard pour mon petit lutin.

J ai tellement de colère en moi qui est contenue depuis mon kidnapping par les Russes, que je n ai pu extérioriser et cette peur pour ma femme, que je sens couler en moi des ammes de puissance. Je m arc-boute et arrive à déloger les hommes qui sont sur moi.

Je ne cherche pas à savoir qui est près de moi, je ne vois que mon petit lutin qui disparaît dans la fumée. Je cours, je me sens pousser des ailes. Je saute dans le brasier et, de tout le poids de mon corps, je pousse le poteau. Je recommence, encore et encore. Je hurle, je bande tous mes muscles. Je tousse, j ai chaud, je sens les ammes lécher mes pieds, mais je m en fous. Je continue. Le feu a brûlé la corde qui retenait mes poignets et, malgré les brûlures, je me saisis de mon canif qu ils n ont pas trouvé quand j ai été fouillé, je tire, je tranche les liens de mon petit lutin, qui est maintenant inconscient.

Mon cri de victoire se perd dans les bruits de coups de feu, les cris des villageois. Je nous laisse tomber en arrière, protégeant l être aimé des ammes. Je la serre contre moi, reprenant di cilement ma respiration.

— Killer, t es où ?

— Depuis que tu es marié, tu te ramollis, Loki. Cette fois-ci, j ai bien cru à la n.

— Connard, personne ne te veut, que ce soit au paradis ou en enfer.

— J en reviens, de l enfer, bordel ! C était chaud, j ai les poils du cul qui ont cramé.

— Tu t en remettras. Bon, tu veux bien lâcher ton trésor que le doc l examine.

— Et le con, il est où ?

— Il s est enfui, on ne le trouve pas.

Je me redresse, j ai du mal à respirer, mais il faut que je retrouve ce salopard. Les bikers entourent un groupe d hommes. Les femmes sont retenues plus loin. Elles pleurent et crient. Des cadavres jonchent le sol, ce ne sont que des villageois, aucun de nous n est mort, il y a seulement quelques blessés.

J aperçois le père de mon petit lutin, je m approche :

— Il est où ?

— Parti !

— Je le vois, connard. Il s est encore mis derrière vous, préférant vous sacri er que de faire face. Je te le redemande, par où est-il parti ?

Il ne me répond pas, je n ai pas la patience d attendre qu il me réponde. Je le saisis par le col de sa chemise du moyen-âge et le tire vers le brasier.

— Tu as le choix, ou tu me dis par où il s est enfui, ou je te balance dans le feu. Tu en sortiras peut-être vivant si tu n as rien à te reprocher, comme l a si bien dit ton « père ».

Comme tous les lâches de son espèce, il pisse dans son froc et balbutie.

— Au fond du verger, il y a un puits, ce n en est pas un, c est une sortie vers l extérieur. Tu ouvres la porte et, derrière celle-ci, il y en a une autre. Il doit fuir à pied, car le seul véhicule qu on y mettait pour nous transporter est dans la cour du village. Il ne pensait pas que tes amis viendraient et pourraient rentrer.

Je me désintéresse de lui, je le laisse entre les mains de mes frères. Je suis saisi par le bras.

— Killer, elle n est pas grièvement brûlée, il y avait plus de fumée que de

ammes. Vous avez eu de la chance que le temps pourri n a pas permis au bois de

sécher. Mais elle a perdu beaucoup de sang. Il faut l hospitaliser. Maintenant, il faut que je t examine.

Je ne réponds pas au doc, je n ai pas le temps. Je cours vers ce puits. J en décroche les portes sous la rage qui me fait tenir. Je vois ce con qui essaye de courir. Il est tellement gras des abus de nourriture qu il court di cilement. Je le rattrape facilement. Je lui saute dessus et m écroule avec lui. Ses piètres coups pour se défendre me font rire. Je le redresse et lui fous une sacrée dérouillée. Puis, je le traîne vers ses villageois.

Je le balance au centre. Il y a un bruit infernal avec les cris et pleurs des villageois combinés aux sirènes des pompiers et des ambulances. Je prends une mitraillette et tire en l air pour avoir le silence.

Je regarde autour de moi, je vois les ambulanciers prendre en charge mon petit lutin, je me dirige vers eux pour leur expliquer sa fausse couche et le reste. Puis, une fois rassuré sur son sort, je me dirige vers le gourou.

— Connard, regarde bien, elle s en est sortie. Et comme tu l as si bien dit, elle est innocente. Maintenant, c est à ton tour. Tes moutons vont te regarder rôtir, si tu t en sors, je te laisserai vivre. Mais j en doute et tu le sais.

Il commence à vouloir parler, mais il marmonne des mots incompréhensibles, je lui ai cassé la mâchoire. Il tremble, il a les yeux horri és. Je m en fous royalement. Je le jette dans le brasier.

— Dis bonjour à mes amis en enfer, si tu les vois, je t ai dit que j étais le diable, et je le suis !

Puis, je me précipite vers l ambulance où se trouve ma femme. On part sous les cris de douleur de ce con.

 

OceanofPDF.com