The Dark Riders - T3 - Killer
Chapitre 9
C H A P I T R E 9
Aelys
Je rêve de mon mariage avec cet homme si beau, si tendre. Il me sourit lorsque j arrive à sa hauteur, il me prend la main et y dépose un baiser. À la sortie de l église, quand je me tourne vers lui, je crie. Il a des cornes qui dépassent de son crâne, des yeux rouges. Il braque son drôle de fusil sur moi, en riant, montrant des dents pointues. Il me tire vers son engin à deux roues qui est cerné par des ammes, et je disparais dans celles-ci.
Je me redresse dans mon lit. Je ne sais plus quel jour on est et où je suis. Un léger ron ement me fait tourner la tête. L homme de mes rêves dort. Il n a rien d un démon, son visage est détendu, ses traits virils sont magni ques. Il est sur le ventre, son dos dégagé des draps qui sont posés sur ses hanches. Je peux ainsi admirer son tatouage. C est étrange, ce dessin imprimé dans la peau, il m a dit que cela représentait ses couleurs. Mais, j ai beau me creuser les méninges, je ne vois pas à quoi ça sert de se dessiner sur le corps, en plus, il en a d autres sur les bras. Des arabesques, des formes, tout est en noir.
Je me penche, je suis tentée de les toucher. Mais, des yeux bleus me scrutent, arrêtant mon geste.
— C est bon ! Tu as ni de me mater. Ton regard sur moi me fait beaucoup d e et, petit lutin. Je ne crois pas que tu sois prête pour ce que j ai en tête.
— Euh ! Je ne vois pas de quoi tu parles. uel e et ?
— On ne va pas parler de ça si tu ne sais pas. Je n ai pas envie de me lancer dans des explications concernant ce problème.
— Mais si, je veux savoir. Je veux comprendre ce monde et ces propos parfois bizarres que tu dis.
— Oui, ça, j en suis bien conscient, mais pas sur ce sujet.
Il se lève, et je comprends de quoi il parlait, une bosse déforme son caleçon. Je détourne les yeux en rougissant.
— Tu vois, il y a des sujets dont on ne peut pas parler. Mais, t inquiète, je ne vais pas te toucher.
Il se dirige vers la table, se saisit du pichet, va dans la salle de bains et revient. Il le pose sur le truc et tire le l vers un trou dans le mur. Au bout d un moment, j entends un ding. Il verse dans les verres de l eau chaude et y rajoute de la poudre.
Je m approche pour toucher ce truc qui chau e l eau sans amme.
— Ne touche pas, tu vas te brûler. C est une bouilloire électrique, c est pratique.
— Électrique, comme la lumière ?
— Oui ! Beaucoup de choses fonctionnent avec, presque tout. Tu verras.
— Comme ton engin qui nous a déplacés ?
— Ma moto, non, elle, elle marche à l essence. C est un combustible qui alimente le moteur. C est comme le feu qui est lui aussi un combustible, mais d une autre sorte. Bref, ce n est pas facile de t expliquer tous ces trucs. Bordel, j ai l impression d être devant un gosse qui découvre le monde.
— C est bon ! Ce n est pas la peine de me dénigrer. Je ne suis plus une enfant et je peux comprendre.
— Ça, c est sûr, tu n es plus une enfant. Bordel ! ue vais-je faire de toi ?
J ai les larmes qui montent, il va m abandonner. ue vais-je devenir dans cet univers que je ne connais pas ? J ai beau essayer de les retenir, elles coulent toutes seules.
— Putain ! Ne pleure pas, je ne vais pas te laisser. Tu ne survivrais pas. Bois ce café, et après, on se tire d ici. On va aller t acheter des fringues. Je sais que tu t appelles Aelys, moi, c est Killer, hier, je n ai pas pensé à te dire mon blaze.
Je ne comprends rien à ce qu il dit, mais je me tais. Je suis rassurée, il va m emmener. Je bois cet étrange breuvage, c est fort et un peu amer. Cela fait du bien. Il me tend un vêtement qui ressemble à ce qu il a, mais noir.
— Tiens, mon bas de jogging, en le-le, on resserrera la celle et on retournera les bas. Je n ai pas de godasses pour tes pieds. On verra dans le magasin.
Je suis égarée, et cela doit se voir sur mon visage, car il sou e et s approche de moi.
— Donne-moi une de tes jambes.
Il m en le ce pantalon, et me l ajuste. Chez nous, il n y a que les hommes qui en portent et ils ne sont pas de cette matière. Je n ose rien dire. Il me passe un pull qui est tout doux. Je me sens étrange ainsi vêtue, moi qui ai l habitude d avoir les jambes sans rien dessus, là, j ai chaud et j ai un sentiment de bien-être.
Nous sortons et nous allons vers sa moto. J ai un peu peur de remonter dessus.
— Cette fois-ci, tu te tiendras derrière moi. Tu mets tes mains autour de ma taille et tu te laisses faire.
J obéis sans rien dire, je ne veux pas le contrarier avec mes peurs. Déjà que je pose plein de questions. Je suis une charge pour lui. Il démarre sa moto et je m accroche à lui et ferme les yeux. Je me sens plus à l aise au fur et à mesure que nous avançons. Mes yeux s ouvrent, et je ne peux que scruter ce qui m entoure. Je vois des gens habillés di éremment, des maisons qui se touchent les unes aux autres, il y en a tellement. Puis, toutes ces choses que je ne pourrais décrire tant cela me paraît anormal.
Encore une chance que Killer soit là pour m aider, me guider. Car je me sens comme une fourmi qui se retrouve avec des chevaux, dans un monde où tout est insolite et gigantesque.
Il s arrête devant une énorme maison, où des gens entrent et sortent tout le temps. Il me prend la main et nous rentrons. Je stoppe net face à tous ces vêtements, ustensiles, nourritures qui se côtoient à l in ni dans des proportions abondantes. Je reste la bouche ouverte devant cette profusion de produits.
Des doigts qui referment ma mâchoire me font lever les yeux vers lui. Il a un petit sourire adoucissant ses traits.
— Tu vas t y faire, ne t inquiète pas.
Il se dirige vers les vêtements, fouille et sort un pantalon bleu foncé, puis me tend un pull bleu, un blouson de la même matière que le pantalon et des petites choses très douces.
— Tu dois faire pour le fute un 27, le haut un 8 et le soutif du 34 C, pour les
godasses, tiens, des bottes en 5,51. Va là-dedans et essaye.
Je rentre dans un petit lieu, il tire le rideau. Je regarde les petits vêtements. Je l appelle :
— À quoi ça sert ?
— C est un slip et un soutif, tu ne portes pas de sous-vêtements dans ton bled ?
— Non, on a une chemise que l on met sous nos robes.
Il me montre sur lui où cela se situe, je ris. Il se regarde dans la glace et rigole lui aussi. Il me les tend de nouveau et me laisse seule. Pour le slip, j arrive à le mettre, pour le reste, j abandonne. J en le le restant, tout me va, à part que le pantalon me serre. Je me regarde dans le miroir et je ne me reconnais plus. Tout me colle à la peau, c est outrageant. Nos robes ne montrent pas nos formes ainsi, je me sens gênée. Cela me change, je me sens comme ces gens à l extérieur, plus à l aise dans mes mouvements, cela me réchau e, me réconforte, je me sens plus forte.
Killer tire le rideau et si e.
— Putain, c est parfait, tu es canon. Garde-les, on s en va.
Au passage, il reprend encore quelques vêtements et se dirige vers une dame, tandis que, moi, je sors, j ai chaud et tout ce bruit m étourdit. Je n ai pas l habitude de tant de monde et de couleurs. uand je franchis la porte, cela sonne dans un bruit strident. Un mec m attrape le bras et me tire en arrière, vers lui.
— Où comptez-vous aller, madame, avec des vêtements neufs sur vous ? Vous allez me suivre, si vous ne pouvez pas payer, je vais appeler la police.
— Lâche-la, connard ! Elle est avec moi, j ai la facture, on a juste oublié d enlever les alarmes.
— Montrez-moi les factures, car les mecs comme toi, je les connais.
— Fais ga e à ce que tu dis, tu ne me connais pas, et enlève tes sales paluches d elle.
Killer s avance, je ne le reconnais pas, il a un visage dur, ses yeux se sont foncés. Il avance droit sur l homme. Celui-ci recule et, sans un mot, il s en va.
— Petit lutin, ici, on paye pour ce que l on prend.
— Payer ?
— Tout ce que tu veux acquérir, tu donnes des sous. Tu fais comment chez toi pour avoir des vêtements ?
— On rend service pour avoir du tissu et on coud nous-mêmes nos habits.
— Et pour la nourriture ?
— On ramasse nos légumes, nos fruits et les hommes nous apportent la viande que toutes les femmes cuisinent ensemble.
Il me sort des papiers en couleurs et me dit que ce sont des sous. Je comprends qu en échange de ces feuilles, tu peux avoir de la nourriture, des vêtements et plein de choses. C est bizarre, leur échange.
— Et comment tu les as, ces papiers ?
— En travaillant.
Il hausse les épaules et part vers sa moto.
— Merde ! J ai oublié de m acheter des clopes, puis il me faut un portable. Ne bouge pas ! Je reviens.
Il se retourne et va en direction de ce magasin. Je reste seule et j ai un peu peur de ce qui m entoure. Surtout quand un mec passe près de moi et j entends :
— Bonjour !
— Bonjour !
Il me regarde, hausse les sourcils.
— Oui, ça va et toi ?
— Pardon !
Il me xe méchamment.
— Mec, il y a une folle qui me parle, elle a l air timbrée.
— Pardon ?
— Tu as un problème, la miss ?
— Non ! Pourquoi ?
— Tu me parles, alors que je ne t adresse pas la parole.
— Mais si, vous venez de me dire bonjour.
— Tu te fous de moi !
Il s approche encore plus. Je sens la panique arriver. Il est trop près, il me fait peur. Il penche son visage vers le mien. Cela me fait repenser à mon mari et à son air sournois. Je le repousse.
— Ne me touchez pas !
— Sinon quoi, minus ? Je vais te montrer, moi, que l on ne se moque pas de moi impunément. Puis, tu es jolie et toute seule. On va bien se trouver un endroit discret pour s amuser.
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