The Dark Riders - T3 - Killer
Chapitre 13
C H A P I T R E 1 3
Killer
Avec cette foutue neige et ma jambe qui m élance, ces cent kilomètres vont être très longs. Je m arrête de nouveau au fast-food et reprends la route. On mangera plus tard, il faut sortir de la ville. Et dès que l on empruntera un chemin plus tranquille, on fera une pause pour bou er.
Je regarde souvent mes rétros, mais rien d inquiétant. Je ne pense pas que le mari ait abandonné, il doit penser qu avec toute cette neige, je ne prendrai pas la route. Je reconnais que conduire dans cette gadoue collante n est pas le rêve.
On avance lentement, mes bras sont crispés sur le guidon, car, des dérapages, on en fait souvent. Puis, ce froid engourdit les doigts et les pieds. Je me concentre sur le bitume, faisant abstraction du reste, du froid et de la douleur.
J ai mor é lorsqu elle a retiré la balle, ce petit lutin est courageux. Si j avais été seul, je l aurais fait moi-même. Mais personne n est à l abri de tomber dans les pommes en faisant cet acte. Alors, j ai préféré que ce soit elle qui le fasse, même si sa main tremblait tellement qu elle m a fait plus mal qu autre chose.
Après plusieurs kilomètres, je vois le chemin de campagne que l on doit prendre. Bordel ! C est encore pire de conduire sur ce truc. Sur la route principale, le chasse-neige était passé plusieurs fois, mais, là, que dalle. Impossible d avancer plus. On descend et je décide de pousser la bécane jusqu à ce que l on trouve un endroit un peu à l abri de cette tempête.
En n, une forêt, je regarde Aelys, la pauvre est accrochée à mon blouson et avance péniblement, elle a la tête baissée, et sou e fortement. J appuie ma moto contre un arbre et avec le mode lampe du portable, j observe les alentours, mais pas trop longtemps, car je n ai pas de chargeur et j en ai besoin pour le GPS pour arriver au MC.
J ai du bol lorsque je vois deux arbres rapprochés dont les branches mortes se mélangent et, derrière eux, un énorme rocher. Je cherchais un truc pour nous abriter et je n aurais pas pu tomber mieux, si je l avais voulu.
Il faut que je me grouille avant que mon petit lutin se transforme en petit bonhomme de neige. Avec mes pieds, j enlève le maximum de neige. Je sors ma toile de tente que je xe sur les branches, nous faisant ainsi un abri. Le rocher nous protégera le dos du vent et des ocons.
Je casse des branches pour monter un genre de coupe-vent que j installe devant. J entasse les brindilles avec d autres branchages. Je sors la bou e et le sac de couchage et prends aussi mon sac.
Je m allume une clope et démarre le feu. Génial, ça ambe.
— Aelys, viens te mettre devant le feu. Il faut que tu quittes tes vêtements, ils sont trempés, tu vas attraper la mort.
Pas de réponses, pas de réaction, je crois que je l ai perdue. Je m approche d elle tout doucement et, tout en lui parlant, je retire ses habits. Ce n est pas facile, ils sont mouillés.
Putain ! Mes yeux se posent sur ses seins qui se dressent sous le froid. Elle n a pas mis de soutif. Malgré le froid, mon sexe se manifeste, je bande. Il ne manquait plus que ça. Je ne peux m empêcher de détailler son corps. Elle est magni que, un ventre plat, des courbes alléchantes. J ai envie d enfouir mon visage entre ses seins et de les réchau er avec mes mains.
Je secoue la tête, ce n est pas le moment, si je la laisse ainsi, elle va attraper la crève. Je laisse tomber le fait de lui retirer sa culotte, car je n arriverai pas à me contrôler si j en vois plus. Tant pis, elle aura les fesses trempées.
Je sors de mon sac un tee-shirt et la frictionne, en pensant au vent qui sou e, à la tempête dehors, qui, j espère, va se calmer, car on est mal barrés. Je lui ren le deux pulls, son fute et ses chaussettes. Je l assois près du feu. Je me dépêche de me changer.
Je me sens mieux, au sec. Je lui donne son repas, même si celui-ci est froid, cela nous apportera quand même des calories.
— Mange, tu te sentiras mieux.
— Tu crois que l on va s en sortir ?
— Oui ! Cela ne va pas durer.
— On voit que tu ne vis pas dans cette région. uelquefois, cela dure des jours.
— On est à l abri et on a du feu.
— Chez nous, quand c est comme ça, on a toujours froid. Le vent pénètre partout, glaçant nos os. Beaucoup sont malades après, surtout les enfants. Et la guérisseuse ne peut pas toujours les sauver.
— Vous n avez pas de médecin, de médicaments.
— Médecin ?
— Une personne qui soigne les gens et qui donne des cachets pour guérir, lutter contre le mal.
— Non ! On a une femme qui soigne par des plantes et le Père nous fait prier toute la journée dans la chambre des malades pour inciter Dieu à l aider à combattre le mal.
— Ça, c est sûr qu avec des prières, on guérit beaucoup de choses.
— Pourquoi tu te moques ? Cela marche quelquefois.
— Seulement quelquefois, de nos jours, on ne meurt plus pour des coups de froid ou d autres choses bénignes qui chez toi les font mourir. Et comment faites-vous pour lutter contre le froid ?
— On reste près des cheminées ou poêles et on se couvre de couvertures. C est dur, car il faut sortir pour nourrir les bêtes, chercher le bois et continuer à travailler. Père dit qu il faut savoir sou rir pour mériter une place vers Dieu. Mais, ce que je ne comprends pas dans son raisonnement, c est que les enfants sont si innocents, si purs qu ils ne méritent pas de mourir.
— Et tu le lui as dit, à ce con ?
— Oui, et j ai été punie par des coups de bâton et enfermée dans la cage pendant plusieurs jours. Il faisait si froid que j ai été malade. Père m a dit que, malgré mes révoltes et mes questions insolentes qui remettaient en cause nos principes, Dieu m avait sauvée. ue mon destin devait être important pour qu il le fasse.
— Tu posais souvent des questions sur sa façon de faire.
— Oh oui ! Il y a tellement de choses qui mettaient nos vies en danger ou nous contraignaient, surtout les femmes, à faire des trucs insensés que je ne pouvais pas laisser faire. J ai été plus souvent punie que récompensée. Pourtant, cela ne l a pas empêché de me vouloir pour femme.
— Tu ne voulais pas te marier avec lui, tu n as pas pu dire non.
— Tu crois que je voulais épouser cet homme qui fait deux fois mon âge, qui est moche ? Certaines étaient honorées de le faire, c est un grand mérite d intéresser Père. Pas pour moi, moi, je voulais voir autre chose, le monde.
— Eh bien, ton vœu a été exaucé, tu vois le monde. u en penses-tu ?
— Pour le moment, je suis perdue, il y a trop de méthodes di érentes des nôtres, de choses que je n ai jamais vues et à quoi cela sert. Mais tous ces gens qui vivent libres, qui ont le choix de se promener sans avoir quelqu un pour les surveiller, c est magique. De voir aussi tous ces paysages, champs divers et toutes ces maisons ; c est immense, cela fait peur, mais c est vivant, si beau. Merci, Killer, de m avoir sortie de ce village.
— Tu ne regrettes rien de là-bas, ta famille ?
— Ma mère est morte, mon père est le ls de Père et…
— Tu as épousé ton grand-père ?
— Non, il est appelé ls, car il est le bras droit de Père. Mon vrai frère est parti se former pour devenir gardian.
— Gardian ?
— Oui, ce sont les hommes qui ont la con ance de Père, ce sont eux qui sont armés et qui nous surveillent.
— Tu vois, tu te dis perdue dans mon monde, mais moi aussi je suis perdu dans le tien. Mais ce que je peux te dire, c est que votre village est gouverné par un homme qui se prend pour Dieu. Il vous impose des lois qui n existent plus. Cela s appelle un gourou et votre village, une secte. Beaucoup de gens comme lui pro tent de la faiblesse de certaines personnes pour en abuser.
— Mais pourquoi ?
— Certains pour l argent, d autres pour le prestige, je ne sais pas ce qui se passe dans leur tête, mais c est condamné par le gouvernement. Non ! Je ne veux pas me lancer dans des explications, il faut que l on dorme, car, demain, la journée risque d être rude. uand on sera à l abri, je te montrerai un appareil auquel tu pourras poser toutes les questions que tu voudras, et tu liras les réponses.
Je la vois baisser la tête, gênée. J ai peut-être été dur, mais je suis crevé. J ai besoin de décontracter mes muscles mis à rude épreuve et d oublier la douleur dans ma jambe que ce soit au niveau de mon opération ou de la balle, en tous les cas, elle me fait mal.
Après avoir mis des bûches dans le feu, je prends Aelys dans mes bras, je nous couche et nous couvre avec le sac de couchage. Ce n est pas le top, mais cela fera l a aire pour une nuit. On est au sec, et le feu dégage de la chaleur.
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