The Dark Riders - T3 - Killer

Marie-Laure Viollet · Chapitre 18 sur 35

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The Dark Riders - T3 - Killer

Chapitre 14

C H A P I T R E 1 4

 

 

Aelys

 

Je somnole, bien au chaud dans les bras de Killer, c est bien la première fois que je dors dans les bras d un homme. Ce n est pas désagréable, je me sens en sécurité, malgré le froid dehors. J ai le sentiment d être aimée, de compter pour quelqu un. Ses bras qui m entourent me protègent de l extérieur, des dangers.

Lui ne dort pas, il se lève souvent pour remettre des bûches dans le feu. Il sort a ronter le vent et la neige aussi, pour débarrasser notre toit provisoire de tous les

ocons qui n arrêtent pas de tomber et qui l alourdissent, menaçant que nous

recevions le tout sur la tête.

Un grand froid m envahit à chacune de ses sorties. Lorsqu il revient, il reste un instant devant le feu pour se sécher et éviter de me mouiller.

Nous ne parlons plus, je le vois tracassé, regardant souvent son téléphone.

C est vrai que c est inquiétant, ce temps, le vent sou e très fort, les ocons arrivent à pénétrer notre petit abri. J ai connu le froid lors de mes punitions dans la cage, mais rien à voir avec ceci.

Au bout d un moment, il ne revient pas se coucher. Sans sa présence à mes côtés, je frissonne. Les ammes éclairent son corps musclé, il tient sa tête dans ses mains et sou e fort. Je me lève et viens m asseoir à ses côtés, le recouvrant de la couverture.

Il m entoure de son bras pour me coller à lui, je pose ma tête contre son épaule et arrive de nouveau à dormir.

Lorsque j ouvre les yeux, le jour s est levé, c est tout gris et la neige tombe toujours.

Killer n est plus là. Je l entends râler dehors. Il revient trempé, son pantalon est mouillé jusqu au haut de ses cuisses. Il a les lèvres bleues, et il grelotte.

— Bordel, quel pays de merde, on ne peut pas partir, tu fais un pas et tu t enfonces jusqu aux fesses. Je ne vois même plus ma bécane.

— Je te l avais dit, viens te mettre devant le feu, tu as l air d être gelé.

— Non ! Il faut que je ressorte pour faire le plein de bois, sinon, on va se refroidir.

Il ressort, je m inquiète, car, je le vois boiter. Je le suis, il faut que je vide ma vessie. Tout autour de moi, c est blanc. Si on était bien au chaud, abrités, je trouverais ce paysage magni que. Les arbres ploient sous la neige, sous la force du vent, les

ocons virevoltent dans tous les sens, les nuages dansent aussi dans le ciel. À part le

bruit des rafales, on n entend rien. Un silence oppressant est annonciateur de ce mauvais temps, où toute la faune se tient à l abri de la colère de ces bourrasques neigeuses dévastatrices.

Il a raison, j ai du mal à avancer, je mets du temps pour ressortir ma jambe du trou que je fais, pour l enfoncer de nouveau. Je tombe souvent en avant quand je m appuie sur cette masse blanche pour me redresser. J abandonne, je regarde autour de moi, et je vois plus loin Killer qui s échine à avancer pour rejoindre un arbre.

Alors, je reste où je suis, baisse mon pantalon et fais pipi. J en ai les fesses mouillées. Je suis épuisée et frigori ée du peu de temps de ma sortie.

Il revient avec quelques morceaux de bois.

— Je ne peux pas faire mieux. Je n ai rien pour couper le bois. Mes doigts sont engourdis par le froid. Je ressortirai dans un moment.

Son teint est pâle, et de la sueur coule de son front.

— Tu vas bien ?

— Oui ! J ai juste besoin de changer de fringues.

Il titube, nit par s asseoir et jure.

— Aelys, aide-moi à retirer mon pantalon, s il te plaît.

Ce n est pas facile, car cette matière, une fois trempée, est di cile à se décoller du corps, c est lourd et mes doigts paralysés par le froid ne m aident pas. Lorsque je vois sa jambe blessée, je m inquiète. Elle est tout en ée.

— Killer, il faut que je refasse ton pansement.

La plaie est rouge et boursou ée, un liquide suinte. De son genou à sa cuisse, c est tout gon é. Je n ose pas le toucher. Il regarde sa jambe et jure. Il prend de la neige et frotte. Je le vois grimacer. Il déchire de nouveau un tee-shirt et se refait un pansement. Je l aide à se rhabiller. Il se couche et s endort. Moi, je reste auprès de lui et tiens le feu allumé.

Il ne se réveille plus. Je le vois grelotter, sous la couverture. De son front coule de la sueur, il est bouillant.

— Killer, réveille-toi !

Il se redresse brusquement, regarde autour de lui, réalise où il est, regarde dehors où il neige toujours. Il prend son téléphone.

— Rider, on est mal barrés, la tempête est toujours là, on ne peut sortir. […] On s est mis à l abri sous la tente. […] Non ! Je te dis que l on ne peut pas bouger, c est l enfer blanc tout autour. Tu te rends compte que je vais être vaincu par de la neige. J ai tout enduré, et je pensais partir en me battant. Une tempête, une simple tempête, va avoir ma peau. Bordel !

Et là, je le vois lâcher le téléphone et s évanouir. J entends hurler dans ce truc. Je le prends et le porte à mon oreille. Une voix braille, c est surprenant, on dirait que la personne est à côté de moi.

— Killer, merde ! Réponds !

— Euh ! Killer s est évanoui, je suis Aelys.

— Aelys, qu est-ce qu il a ?

— C est sa plaie à la jambe, elle est toute rouge et il a de la èvre.

— Putain ! Laisse le téléphone allumé, j envoie les renforts.

Je regarde ce téléphone sans rien faire. Au bout d un moment, il s éteint. Je ne sais pas comment le rallumer. Et puis cela me servirait à quoi, je ne sais pas lire, chose que j ai évité de le dire à Killer de peur qu il ne me prenne encore plus comme une débile.

Est-ce qu il va mourir, car je ne sais pas m en servir ? Je maudis mon mari de nous avoir tenus loin du vrai monde. Il va gagner, car je crois et même j en suis sûre, on va périr ici, perdus loin de tout.

Je remets le reste de bois dans le feu, sors secouer l abri et reviens me pelotonner contre Killer. Au moins, dans ma vie malheureuse, j aurai rencontré quelqu un de bien. Cet homme que j ai pris pour le diable au début est plutôt un ange qui m a secourue. J aurais voulu vivre plus d aventures avec lui, essayer de le connaître mieux, voir plus de choses de ce monde. Je ferme mes yeux, et me serre plus contre mon sauveur.

 

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