The Dark Riders - T3 - Killer

Marie-Laure Viollet · Chapitre 8 sur 35

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The Dark Riders - T3 - Killer

Chapitre 4

C H A P I T R E 4

 

Killer

 

J ai hâte de quitter ce coin, j ai mal dormi, la pluie est tombée toute la nuit, résonnant sur la tente. L humidité pénètre mes vêtements, me frigori ant. J ai besoin d un bon café chaud. Je vais aller voir dans ce village que j aperçois s il n y a pas un bar. On dirait une ville forti ée, elle est cernée par de hautes murailles, de la fumée sort des cheminées des maisons.

Je prépare ma moto et, avant de prendre la route, je vais pisser. Un bruit dans les fourrés me fait me saisir de mon couteau. Un animal doit se chercher un chemin dans ces épais buissons. Mais je ne m attendais pas à voir surgir une jeune femme a olée. Surtout que quand elle s arrête net à ma vue, je peux voir sa chemise de nuit blanche déchirée et du sang qui macule ses jambes, son visage porte des traces de coups.

Elle a dû se faire agresser, et même pire, vu son état. Ses yeux se sont agrandis de frayeur en me voyant. Je lève mes mains pour lui montrer que je ne lui veux aucun mal.

— Tu as besoin d aide ? Je peux t emmener voir la police.

Elle se met à hurler. Elle se retourne pour fuir quand, d un seul coup, elle s e ondre. Je m approche doucement, mais son corps ne bouge plus. Je la prends dans mes bras et me dirige vers ma bécane. Je ressors mon sac de couchage pour la couvrir. Cette femme vient de se faire violer, ses cuisses sont marbrées de traces bleutées, son vêtement est déchiré. ui a pu faire cet acte odieux ?

Je suis aux aguets, il pourrait ne pas être loin, vouloir lui régler son compte pour qu elle ne l identi e pas. Je suis prêt à le recevoir, ce salaud. Je lui ferai sa fête, il sera bien reçu. Je suis le meilleur pour pouvoir faire sou rir quelqu un sans le tuer. Ayant de bonnes bases sur l anatomie, je peux faire très mal sans toucher d organes vitaux. Au lieu de tomber sur une proie facile, il deviendra lui-même une proie. On ne touche pas aux femmes de cette façon ni un homme. Je sais très bien de quoi je parle, vu qu il n y a pas si longtemps, j étais à la place de cette femme. Je repousse mes idées noires pour me concentrer sur cette nana. Il faut que je tourne la page et me consacre maintenant à mon club et à mes frères. Cela ne sert à rien de vivre dans le passé, surtout si celui-ci est rempli d horreurs.

Elle a une lèvre fendue, un hématome sur la joue, mais elle est très jolie. Ses longs cheveux noirs bouclés sont emmêlés et de petites branches y ont élu domicile. Ses bras sont égratignés, ses pieds nus saignent. J arrête là mon inspection, même si elle n est pas consciente, je respecte son corps. Elle a besoin de soins et de protections. Je la prends dans mes bras et me dirige vers le village. Surtout avec ce qu elle vient de subir.

Des aboiements retentissent, des cris masculins les accompagnent. Ils doivent être à sa recherche. Je vois surgir sur le chemin, un groupe d hommes qui tiennent en laisse des chiens. Je m arrête et resserre ma prise sur mon colis. Ils m entourent et certains braquent des fusils sur nous. Je ne bouge pas, c est normal, ils doivent croire que je suis l agresseur.

— Bonjour ! J allais à votre village. Je viens de trouver cette jeune femme et je vous la ramenais. Elle a besoin de soins.

Un homme aux cheveux blancs s approche. Il soulève le sac de couchage et se retourne vers les autres.

— C est bien ma femme. Frères, Dieu a entendu mes prières et nous a guidés jusqu à elle.

En les regardant mieux, après sa tirade bizarre, je comprends qu ils font partie d une secte. Leurs vêtements datent de Mathusalem. Ils ont des pantalons en toile tenus par des bretelles et des chemises blanches, certains ont des vestes en laine tricotées. Il va falloir que je fasse attention à ce que je dis. Déjà que ma dégaine de biker en général est perçue étrangement, alors avec des gens qui vivent au moyen-âge, ils vont me prendre pour le diable. Et j ai raison quand le mec que je crois être leur gourou reprend :

— Voyez, cet homme, il porte sur lui les marques de Satan. Il a attiré ma femme dans ses gri es du mal. Saisissez-vous de lui et d elle.

— Dis, mec ! Tu ne crois pas que tu exagères un peu. Je suis tombé par hasard sur cette femme qui courait dans les bois. Je te la ramenais, si c est moi qui avais fait ça, tu crois que je serais resté là avec ma victime ?

— Silence ! Tes paroles ne sont que mensonges. Tu as posé tes mains sur ma femme, elle est à jamais perdue. Tu seras jugé pour cela.

— Mec, ne va pas trop loin avec tes insinuations, je vais te rendre ta femme et on va appeler la police pour régler ce di érend.

Je tends mon paquet à cet homme qui, d un signe de tête à un autre, se fait comprendre. Un mec de son âge s approche et se saisit de la lle. Il ne la regarde même pas, ne véri e pas si elle est toujours en vie. Je sors mon portable et des murmures se font entendre, car, à ce moment-là, il sonne. Les hommes arment leur fusil et me visent. Je lève les mains en l air, j ai eu le temps de voir que c est mon prés’ qui m appelle. J appuie en même temps sur le bouton.

— Oh ! Les mecs, tous doux, ce n est pas la peine d appuyer sur la détente parce qu un téléphone sonne.

Leur gourou s approche, se saisit de mon portable et l éteint. Il le met dans sa poche. uel comédien, il sait bien s en servir, lui ! Comme dans toutes les sectes, il n y a que les adeptes pour gober ce qu un meneur leur fait croire. La jeune femme gémit.

— Bon, messieurs, si on allait au chaud, attendre que cette jeune femme reprenne connaissance pour vous dire ce qui s est véritablement passé. Puis, elle a besoin de soins.

— On sait tous ce qui s est passé, n est-ce pas, mes frères ! Emmenez-le ! Tu es le mal venu pervertir nos femmes, c est une épreuve que Dieu nous in ige. Mais nous ne te craignons pas, notre foi vaincra ta corruption. Nous en ressortirons plus forts.

Non ! Pas question que je me fasse reprendre, pas question d être de nouveau prisonnier, d être à la merci de fous, sans pouvoir rien faire.

Je vais pour sortir mon arme quand un coup de feu retentit. Encore une chance pour ma pomme que le mec ne sache pas tirer. Le plomb a e euré mon bras, la douleur me fait lâcher le pistolet. Ils me font signe d avancer, je reste campé sur mes pieds. Ils ne vont quand même pas m abattre comme un vulgaire lapin.

Ils regardent tous leur gourou, qui, d un signe de la tête positif, leur répond. Et là, c est le déchaînement. Ils se ruent sur moi. Je les attends de pied ferme. Les coups pleuvent, mais j ai l habitude et je ne ploie pas. Je rends coup pour coup, déboîtant des genoux, tordant des poignets, abîmant des nez et mâchoires, malgré mon bras qui m élance.

Même si j ai été élevé pour ce genre de situation, je suis seul contre une dizaine de mecs. Un coup de crosse sur le crâne, et par-derrière en plus, me fait voir les étoiles.

 

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