The Dark Riders - T3 - Killer
Chapitre 7
C H A P I T R E 7
Killer
Non, mais ils croyaient quoi, ces guignols ! ue j allais me laisser condamner à mort par un bou on qui s est autoproclamé le chef de ce village.
Même la nana a un doute, je l ai vu dans ses yeux, pourtant, elle a fait face à son mari avec courage. J ai failli lui péter la gueule, à ce con, quand j ai su que c était lui qui l avait violée. Faire ça en plus à sa nuit de noces. uel vicieux, ce vieux sadique qui se paye une jeunette et, à ce que j ai compris, il en a plusieurs ! Le gourou type qui pro te de l innocence de ses moutons. Et eux, comment peuvent-ils subir cela sans broncher ? On dirait qu ils n ont rien connu d autre. C est vrai que des sectes restent pendant plusieurs générations actives, sans que personne n y fourre son nez. C est pour ça qu il veut ma mort, pour que je ne relate pas où se trouve son village.
Manque de bol pour lui, je suis un biker et un tueur. Je fais face au danger avec force et préfère mourir sous les coups que de ne rien faire.
Ce que je n arrive pas à m expliquer, c est pourquoi j ai emmené la lle. Peut-être que je sens en elle une force, une grande colère contre cette façon de vivre. Ou parce qu elle a subi une violence qui me rappelle la mienne. En tous les cas, elle est devant moi, sur ma bécane.
— Calme-toi, la miss, sinon nous allons nir dans le décor. Ton corps tremble tellement que je n arrive plus à tenir ma bécane. C est ni, nous sommes loin de ce village.
J ai tenté un coup, car, lorsque j ai vu la paille, une idée a germé dans mon petit cerveau. Ma con ance, la maîtrise de mon corps, la peur des autres envers moi m ont aidé. Ils se tenaient tous loin de moi de crainte que je les contamine avec ma noirceur, surtout qu ils sont tellement ignorants sur les choses basiques de la vie que j en ai pro té. Échec et mat, connard !!
Lui aussi se croyait con ant en ses dires, me menaçant, convaincu que ses paroles allaient agir sur moi comme sur ses moutons. u il me ferait ployer et prier de ne pas me condamner, d être le plus fort, car son village le soutenait. Manque de pot, mon gars, j ai été formé par un père qui tenait à ce que son ston soit le meilleur, il a tenu sa promesse.
Ce n est pas quelques paroles menaçantes qui allaient me faire me pisser dessus, j avais plutôt envie de rire de ses conneries. Non ! Mais il faut être vraiment con pour croire à ses mensonges.
Pour le moment, j essaye de maintenir ma moto sur la route. Conduire avec quelqu un devant et qui tremble n est vraiment pas facile. Je dois maintenir cette
lle pour qu elle ne glisse pas et se rétame la gueule sur la route. Et je dois jouer avec
le guidon pour contenir la bécane sur le chemin qui est plein de trous. La pluie qui tombe depuis des jours n a pas arrangé ce bourbier. Bordel, je commence à ne plus sentir mes bras. Mais il n est pas question que l on s arrête. Je suis sûr que le mec qui prône de vivre au moyen-âge a des voitures cachées pas loin.
— Putain ! Arrête de gigoter ou je t assomme. Il faut que l on se tire le plus vite possible, alors cesse de remuer.
Mes paroles dures la font se tétaniser. Elle claque des dents, mais ne se trémousse plus. Tu me diras, elle ne porte qu une légère chemise de nuit déchirée. Elle doit se peler. Tant pis, elle se gèlera encore tant que l on ne sera pas en sécurité.
En n, la route, je bifurque à droite, accélérant à fond. Dans une centaine de kilomètres, il y a un petit hôtel avec garage au sous-sol, on sera à l abri. J y ai dormi il y a trois jours. Ce n est pas le luxe, mais on sera au chaud, et je pourrai téléphoner à Rider, car ce con a gardé mon portable. Il faut que notre hacker détruise les données.
Les lumières du bled me redonnent un coup de boost. Il était temps, car la nana commençait sérieusement à glisser, mes bras sont tétanisés. Pour le moment, on a de la chance, personne ne nous suit. Vu le temps, car la neige s est mise à tomber et le crépuscule nous enveloppe de sa noirceur, il n y a pas grand monde sur la route.
Lorsque j arrête mon bolide, il me faut un petit moment pour décontracter mes muscles, la lle n a pas bougé. Je n ose pas enlever mes bras qui la maintiennent.
— La miss ? On va aller dans une chambre se reposer et reprendre des forces. On avisera après ce que l on va faire.
Elle se redresse et n ose pas me regarder. Il ne faut pas que j oublie d où elle vient. À part son village, elle ne connaît rien du monde.
— Allez, viens, je ne te ferai pas de mal. Juste se mettre à l abri, se réchau er et manger un bout. Tu ne risques plus rien !
Je descends de ma bécane, elle ne bouge toujours pas, alors je la soulève. Elle gémit. Je préfère ne pas la poser, alors je me dirige vers la borne où je réserve une chambre. C est pratique, ce truc, dans certaines conditions. Personne n est là pour te juger, surtout que la miss est peu vêtue et a des hématomes un peu partout.
Une fois dans la chambre, je la pose sur le lit, laisse la porte ouverte et retourne chercher mes sacs. Je referme la porte de la chambre et j allume.
Elle pousse un cri et me regarde, e rayée.
— Comment tu as fait, c est de la magie ?
— De quoi tu me parles ?
— Il y a de la lumière et tu n as pas de bougies ou de chandeliers !
— J ai fait comme tout le monde, j ai appuyé sur l interrupteur.
— Le quoi ?
— Viens me voir, viens, je vais te montrer.
Elle s approche de moi, mais garde une certaine distance.
— Là, tu vois ce bouton, tu appuies, ça s éteint, tu appuies, ça s allume. Il n y a pas de magie. Essaye !
— Vraiment ! Je peux !
Elle pose rapidement son doigt et l on se retrouve dans le noir, puis le jour. Elle rit, son visage s illumine de joie. On dirait un enfant qui a découvert un nouveau jouet. Jour, nuit, jour…
— Pourquoi on n a pas ça dans notre village ? C est considéré comme le mal ?
— Non ! Tout le monde vit ainsi. C est ton mari qui vous met dans l ignorance de la modernité.
— Pourquoi ?
— Parce qu il a une emprise sur vous, qu il est fou, qu il se considère ainsi comme le roi. Bon ! On parlera de lui une autre fois. Tu grelottes, va prendre une douche bien chaude. Je te sors quelques-unes de mes fringues pour la nuit.
— Une douche ?
— Ne me dis pas que vous n avez pas de salles de bains non plus. Vous vous lavez au moins ?
— Oui ! Nous ne sommes pas des sauvages. On chau e l eau dans la cheminée pour remplir le baquet. L été, on va à la rivière. Tu as de drôles de manières, je ne suis pas débile.
— Je ne t ai pas insultée, je constate juste.
J ouvre la salle de bains, elle est très simple, des toilettes, un lavabo et une petite douche. Elle reste à la porte, regardant avec des yeux ébahis.
— Mais ça sert à quoi tous ces trucs ?
Tu fais ta vaisselle dans ce petit évier ? Et l eau, tu l as fait chau er où, je n ai pas vu de cheminée. S il faut aller dehors, ne compte pas sur moi pour porter les seaux, je suis fatiguée, je vais juste me débarbouiller.
Son petit visage est contrarié, elle est gênée et inquiète de n avoir aucune connaissance sur ce mode de vie.
Je ne peux m empêcher de rire devant sa mine embarrassée. Mon Dieu ! ue vais-je faire de ce petit lutin des temps anciens ?
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