Bons baisers de New York

Iris Visser · Chapitre 18 sur 35

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Bons baisers de New York

Chapitre 17

 

 

— Tu veux un bretzel ? demande Marcel.

Il désigne un endroit où on vend, outre des bretzels, des hotdogs et autres plats de streetfood. Même si une visite d’un contrôleur de l’hygiène mènerait sans doute à la fermeture du stand, la nourriture a l’air très appétissante.

Lorsque je réponds par l’affirmative, il se dirige vers le vendeur. Celui-ci a une grosse moustache broussailleuse et son tee-shirt est maculé de taches de sauce. Il ressemble un peu à mon oncle Ronald après le repas de Noël. Et ce n’est pas un compliment.

Peu après, Marcel revient avec un énorme bretzel, mesurant environ deux fois la taille de ma main, et deux gobelets de café. Il me remet ma commande, et juste au moment où il annonce « Fais attention, le bretzel est fou… », je mords à pleines dents dans la pâte saupoudrée de gros sel marin.

Je pousse un cri d’effroi :

— Non !

La confiture de fraises – à laquelle je n’avais pas pensé – dégouline sur mon manteau de laine couleur taupe. Dépitée, je baisse la tête pour évaluer les dommages. On dirait que j’ai été attaquée par Charlotte aux fraises et sa bande de la série télévisée. Tenant le bretzel et le café dans une main, je tente tant bien que mal de limiter les dégâts de l’autre main. Sans succès. Une grosse tache rose s’étend sur l’étoffe, bien que je frotte comme si ma vie en dépendait. Lorsque je me rends compte que je ne fais qu’aggraver la situation, je regarde Marcel qui écarquille les yeux. Stupéfait, il a mis sa main devant sa bouche.

— Merde ! C’est déjà la deuxième fois que ça m’arrive, dis-je, frustrée. Qu’est-ce que les gens vont penser de moi ?

— T’inquiète, tu n’as qu’à enlever ton manteau avant qu’on entre, propose Marcel. Personne n’y verra rien.

Nous traversons le Lower East Side à pied pour nous rendre à l’endroit où aura lieu la fête de Noël. Les ruelles douteuses et les immeubles anciens alternent avec des résidences et des magasins chics d’où l’on renverrait Pretty Woman. J’ai vu le local sur des photos que Patricia m’a montrées, et Lockhart & Cahill a déjà donné son accord, mais je ne l’ai pas encore vu en vrai – ce qui est important pour me faire une idée de ce que je peux y mettre comme décoration.

Le week-end dernier, Marcel a terminé l’événement sur lequel il travaillait. Maintenant, il peut donc m’aider pour l’organisation de la fête de Noël, ce qui me réjouit, car Patricia est presque aussi utile qu’un lance-flammes pour éteindre un feu de forêt.

Lorsque nous empruntons une nouvelle rue, au coin de laquelle un musicien chante devant quelques passants intéressés, je déclare fièrement :

— D’après les photos, la salle est magnifique. Elle donne sur l’East River et…

— Vous êtes arrivés à destination, annonce soudain la voix mécanique de Google Maps sur mon portable.

Mon regard passe de mon téléphone à l’immense grue, qui lève une grosse chaîne au bout de laquelle se balance mon pire cauchemar. À mon tour, je plaque ma main sur ma bouche de stupéfaction : je vois, comme au ralenti, une gigantesque boule de démolition frapper l’immeuble qui s’écroule comme un château de cartes. Le bruit assourdissant du béton qui s’écrase au sol et le vacarme du métal froissé remplissent mes oreilles. Pour une raison ou une autre, le musicien de rue décide que c’est le moment d’ajouter à son répertoire le morceau « Wrecking Ball » de Miley Cyrus.

Je jette un regard courroucé à l’homme en question, qui livre une performance impressionnante. Puis je reprends mon portable, en espérant que Google vient de me faire une blague. Mais non : c’est la bonne adresse.

— C’est ça, ta magnifique salle ? demande Marcel, pince-sans-rire. Je ne crois pas que notre service juridique donnera son aval. Peut-être à cause d’éventuelles poursuites judiciaires parce que nos clients risquent de se faire massacrer par des gravats qui tombent… ?

Furieuse, je m’écrie :

— Ce n’est pas drôle ! C’est mon job qui est en jeu ! D’abord, il y a l’annulation d’Ed de Vries et maintenant, on n’a plus de salle non plus ! Et on est déjà fin octobre ! As-tu la moindre idée de la difficulté que j’aurai à trouver autre chose ?

Quand il se rend compte de mon désarroi, le malin plaisir qu’il affichait jusqu’alors se mue en sincère compassion. C’est du sérieux.

— Tu as raison. Excuse-moi, se reprend-il.

Il arbore un air encore plus désolé quand, effondrée, je m’assois sur le bord du trottoir. Je dois faire appel à toutes mes ressources pour ne pas me mettre en position fœtale et éclater en sanglots.

— Je vais demander à l’un des ouvriers depuis quand ils ont commencé, propose Marcel. C’est bizarre, on a réservé il y a un mois à peine, et maintenant ils rasent tout.

Je garde le silence. Assise sur le trottoir sale, je regarde Marcel se diriger vers les hommes casqués. J’avale une dernière gorgée de café en m’appuyant contre le mur du bâtiment derrière moi. Voilà où j’en suis : affublée d’un manteau taché, que je ne pourrai sans doute pas remplacer parce que j’aurai bientôt perdu mon job, tenant un gobelet vide à la main.

Les jambes des piétons zigzaguent devant moi. J’ai l’impression de toucher le fond : installée sur un trottoir couvert de chewing-gums écrasés, avec en perspective l’obligation de tout confesser à Karen. Mais je n’atteins le vrai fond qu’au moment où un passant dépose un billet de cinq dollars dans mon gobelet vide en marmonnant quelque chose du style « payez-vous un bon dîner ce soir ». Bouche bée, je suis du regard l’homme qui se retourne un instant et lève le pouce, pensant probablement que mon étonnement est le fruit de sa générosité.

Vite, je me relève en époussetant mon derrière.

C’est alors que Marcel revient en courant.

— J’ai compris ce qui s’est passé, déclare-t-il.

— Alors ?

— Ils ont décidé de démolir l’immeuble plus tôt, explique-t-il.

J’écarquille les yeux et m’exclame :

— C’est insensé ! Mais on pourra au moins réclamer des dommages et intérêts conséquents. C’est comme ça qu’ils font ici, non ? Si quelqu’un ne respecte pas ses engagements, on le traîne devant les tribunaux, pas vrai ?

— Waouh ! Du calme, tigresse, répond Marcel en levant les bras comme si je pointais un pistolet sur lui. Les gars m’ont affirmé aussi que la date était déjà fixée depuis un mois. Il est donc exclu que ce soit l’endroit qu’on ait loué.

— Mais, mais… comment… ?

Marcel m’entoure de son bras et me pousse prudemment en direction de la station de métro.

Lorsque nous sommes de retour au bureau et que j’ai repris mes esprits, j’ouvre mon ordinateur et consulte les derniers courriels reçus.

Quelques instants plus tard, je m’écrie :

— Ce n’est pas croyable !

Marcel, qui vient aussi de s’installer à son bureau, m’interroge du regard.

Effarée, je m’exclame en pointant mon écran du doigt :

— Le manager d’Ed de Vries nous réclame des indemnités d’annulation, alors que c’est lui qui a décommandé !

— Mince, c’est le Grinch qui est à l’œuvre, ou un truc comme ça ? demande Marcel en secouant la tête. Tu n’as vraiment pas de chance !

— Les choses ne vont pas en rester là ! dis-je en attrapant le téléphone.

Je compose le numéro du manager d’Ed.

Je patiente un moment avant que quelqu’un décroche, mais je tombe tout de suite sur la bonne personne, en l’occurrence une femme, Andrea Van Vliet. Nous tenons un interminable dialogue de sourds, et au cours de cette désagréable conversation, je vois apparaître un nouveau message dans ma boîte mail – de la même dame. En parlant de multitâche…

Je lis le courriel et n’en crois pas mes yeux.

Chère madame Van Vliet,

À notre grand regret, nous devons annuler le spectacle de monsieur

De Vries le 23 décembre. Notre client a préféré faire appel à un

autre artiste. Nos excuses pour le désagrément.

 

Bien cordialement,

Patricia Gellar

 

— Vous voyez ? assène la femme, légèrement essoufflée par notre échange verbal musclé. C’est le message que vous nous avez envoyé pour annuler le concert. Et ne vous avisez pas de nous accuser. Nous nous réjouissions de notre collaboration, mais votre attitude ne me convient pas du tout !

Merde !

Je garde le silence pendant une bonne minute, puis j’entends :

— Madame ? Madame ?

— Oh, je suis désolée. Vous avez entièrement raison, excusez-moi de m’être emportée, dis-je en fixant toujours le courriel de Patricia. Je vais demander des comptes à la personne en question. Les frais d’annulation vous seront bien évidemment versés. Ed serait-il encore disponible le vingt-tr…

— NON !

La réponse est claire et nette.

La conversation est terminée depuis un moment, mais j’ai toujours les oreilles qui sifflent.

C’était donc l’œuvre de Patricia !

Je recule vivement ma chaise à roulettes et m’élance vers Patricia, qui lève la tête avec stupeur quand je frappe un grand coup sur son bureau.

C’est la première fois depuis notre rencontre que je lis une espèce d’inquiétude et d’angoisse dans ses yeux.

— Patricia ? Puis-je te parler un instant ?

Je pose ma question le plus gentiment possible. Pourtant, j’ai l’impression que de la lave coule de ma gorge.

— En fait, euh…

— MAINTENANT ! dis-je d’un ton si autoritaire que même Karen irait me chercher du café.

Je suis furieuse. Tellement furieuse que je me moque de ce que Patricia pense de moi. Mon besoin irrépressible de plaire aux gens a ses limites, et Patricia vient de les atteindre.

Avec l’entrain d’un labrador qui doit retourner chez le vétérinaire pour la première fois depuis sa castration, Patricia me suit. Nous entrons dans un bureau vide. Je baisse les stores, plante mes mains sur mes hanches et la fixe d’un regard si courroucé qu’elle baisse les yeux. J’ai comme l’impression qu’elle sait de quoi je veux lui parler.

D’une voix tremblante, je lui assène :

— Pourquoi te donnes-tu tant de mal pour faire foirer cette fête ?

Patricia soupire en s’essuyant sans cesse les mains sur sa robe. Ses yeux passent des stores fermés, qui empêchent les collègues curieux de nous observer, à la vue que nous avons sur les gratte-ciel de New York – elle regarde partout, sauf dans ma direction.

— Je suis désolée, souffle-t-elle d’une voix chevrotante quand elle ose enfin poser les yeux sur moi.

Elle semble sincère. Je crois même apercevoir quelques larmes.

— Je suis tellement désolée, répète-t-elle.

Elle se prend le visage dans les mains et éclate en sanglots.

De toutes les réactions auxquelles je m’attendais, celle-ci est bien la dernière. Je pensais qu’elle se mettrait en colère, qu’elle nierait les faits et même qu’elle me sauterait à la gorge. En prévision de ce dernier scénario, j’avais pris mes précautions et enlevé mes boucles d’oreilles. Mais non, au lieu de cela, elle se tient devant moi, secouée de spasmes nerveux. Alors, sans réfléchir, je lui propose d’aller lui chercher un verre d’eau.

Elle secoue la tête en m’adressant un sourire mouillé.

— Je t’ai baisée à fond, et tu m’offres un verre d’eau ? s’exclame-t-elle. Tu es vraiment beaucoup trop gentille !

Sur ces paroles, ses pleurs redoublent.

— Allez, assois-toi, lui dis-je, mal à l’aise, en désignant une chaise et ne sachant comment mettre fin à ces torrents de larmes.

Lorsque ses sanglots cessent enfin, elle lève la tête et me regarde, les yeux rougis.

Alors, je réitère ma demande, cette fois d’un ton normal :

— Pourquoi, Patricia ?

Gênée, elle change de position sur sa chaise et se passe la main dans les cheveux.

— Je suis enceinte, marmonne-t-elle. On m’avait promis cette fête. Pendant des années, j’ai travaillé comme une folle, j’ai fait des heures supplémentaires, j’ai négligé mon mari. Tout ça, pour pouvoir un jour organiser un grand événement pour un gros client. Une fête de Noël !

Elle secoue la tête et poursuit :

— La veille de ton arrivée, j’ai eu de terribles nausées. J’ai dû aller vomir – la huitième fois ce matin-là – et quand je suis sortie des toilettes, une collègue que je connais bien était en train de se laver les mains. J’ai eu une peur bleue.

Patricia pousse un soupir tremblotant.

— Elle m’a demandé si je me sentais bien. Elle semblait soucieuse, alors je l’ai rassurée en lui expliquant que j’étais enceinte. Peu après, j’ai entendu quelqu’un tirer la chasse et j’ai vu Karen sortir des toilettes. Elle n’a rien dit, mais elle m’a lancé un regard si calculateur que… que j’étais sûre qu’elle m’avait entendue.

— Ah, mince, dis-je, car j’ai déjà une vague idée de la suite.

— Le lendemain, Karen m’a convoquée dans son bureau où tu te trouvais, continue Patricia. Peu auparavant, elle m’avait demandé de mettre « la nouvelle recrue néerlandaise » au courant du planning des festivités à New York. Au lieu de ça, elle t’a confié le job et m’a laissée les bras ballants. Adieu ma promotion et adieu mon augmentation de salaire dont j’ai tant besoin avec la venue du bébé.

— Oh, Patricia…, dis-je doucement. Mais c’est punissable par la loi, non ? Pourquoi ne portes-tu pas plainte ?

S’il y a une chose que j’ai apprise de Donald Trump, c’est bien qu’aux États-Unis, on peut accuser n’importe qui. Et qu’un bon coiffeur n’est pas un luxe superflu…

— Mais avec quelle preuve ? demande Patricia, démoralisée. C’est sa parole contre la mienne. Non, ça n’aboutirait à rien.

Elle pose la main sur son ventre qu’elle a su parfaitement masquer avec des vêtements amples, mais qui, à présent qu’elle tire un peu sur l’étoffe, affiche un petit ballonnement qui n’a rien à voir avec un abus de plats à emporter. Pire : apparemment, sa grossesse est à un stade avancé.

— Je suis désolée que tu aies été victime de ma rancune, s’excuse-t-elle. Tu ne l’as vraiment pas mérité. Quand Karen t’a confié ce boulot, j’ai cru que vous étiez de mèche. À tort, je t’ai, toi aussi, rendue coupable du fait que j’étais privée de promotion par pure discrimination. J’en suis sincèrement navrée.

Je me laisse tomber sur une chaise et me frotte le visage. Je n’ai aucune idée de comment je dois gérer la situation. D’un côté, je compatis avec Patricia : une grossesse ne devrait pas être une raison pour priver quelqu’un d’une promotion. La nature a décidé une fois pour toutes que ce sont les femmes qui portent les bébés pendant neuf mois, avec tout ce que cela comporte – des vergetures et des nausées jusqu’à l’instabilité pelvienne et l’incontinence, comme Mariana l’a si délicatement rappelé il y a peu. En plus, la société le leur fait payer. La période pendant laquelle on peut avoir des enfants correspond, par hasard, à la période où l’on peut construire sa carrière. C’est tout simplement injuste que les femmes soient les seules à en endosser la responsabilité, alors qu’elle devrait être partagée avec les hommes. Mais les hommes n’ont pas besoin de prendre des jours de congé, ni à cause d’une grossesse ni pour se remettre d’aplomb pendant six semaines après avoir poussé vers la sortie un être humain !

C’est tellement… tellement injuste !

D’un autre côté, je dois reconnaître que Patricia m’a joué un sale tour. Comment puis-je encore lui faire confiance ?

À cause d’elle, nous n’avons ni salle de réception ni groupe de musique. Et je n’en ai toujours pas parlé à Rudy. Je ne connais même pas le nom de son groupe. Je sais juste qu’ils jouent très bien.

Patricia me voit réfléchir. Son visage est de plus en plus sombre.

— Tu vas en parler à Karen, c’est ça ? murmure-t-elle, la voix tremblante. Le pire, c’est que je ne t’en voudrais même pas. Merde, j’ai foutu un sacré bazar !

Ses yeux se remplissent de nouveau de larmes. Elle a l’air si abattue que je dois réprimer l’envie de la prendre dans mes bras.

Bon sang, que dois-je faire ?

Mon regard glisse de ses épaules affaissées à son ventre proéminent. Soudain, je vois bouger quelque chose sous son large pull-over. La main de Patricia se dirige aussitôt vers l’endroit en question. Un faible sourire apparaît sur son visage.

— Il a donné un coup de pied, déclare-t-elle en caressant son ventre.

Elle regarde son enfant à venir avec tant de tendresse que même moi, je suis émue.

Merde !

Je ne peux pas la laisser se faire virer. Impossible ! Je pousse un grand soupir et me racle la gorge. Patricia est tout de suite sur le qui-vive, m’implorant presque du regard.

— Je n’en parlerai pas à Karen, dis-je après un court silence. Mais si jamais tu me refais un coup pareil… Bon, je suppose que tu as compris. Il ne faut pas que ça se reproduise !

Patricia se mord la lèvre.

— Je crois qu’il faudra peut-être aussi annuler les sculptures de glace, chuchote-t-elle, tandis que ses yeux partent de nouveau dans tous les sens.

— Pourquoi ?

— Savais-tu qu’ils fabriquent aussi des sculptures de glace en forme de chippendale ? On peut les modeler comme on veut. Par exemple, avec un bonnet de Noël au lieu d’un caleçon devant leur…

Je laisse échapper un petit rire en m’imaginant le décor, mais je reprends aussitôt mon sérieux.

— Nom de Dieu, Patricia…

— Je le fais tout de suite, ajoute-t-elle rapidement, visiblement inquiète que je change d’avis.

Je soupire pour la énième fois, puis déclare :

— OK. Maintenant, il faut réussir à trouver une nouvelle salle et un nouveau groupe. Je ne connais pas très bien New York, et pour cause. Alors pourrais-tu chercher des endroits qui seraient encore disponibles à si court terme ?

— D’accord. Je connais quelques personnes susceptibles de pouvoir nous aider… On y arrivera, c’est sûr. Mais comment trouver un autre groupe de musique ?

— J’ai une petite idée, dis-je. Il y a un excellent groupe qui joue régulièrement dans un bar dans la rue où j’habite. As-tu un moment de libre vendredi ? On pourrait peut-être aussi demander à Sebastian et à Lewis de nous accompagner pour qu’ils nous donnent leur avis. Ils ne savent pas encore qu’Ed de Vries a… annulé.

En prononçant ce dernier mot, je fais le signe des guillemets avec mes deux index et majeurs.

— J’ai déjà un truc de prévu, vendredi. Mais je pourrai sans doute me décommander. Faisons comme tu as dit. Et maintenant, je vais modifier la commande chez Crystal Creations, annonce-t-elle en se levant.

Elle se dirige vers la porte, puis se retourne. Elle me lance un regard empli de gratitude.

— Merci, Emma.

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