Chouette, une ride !

Agnès Abécassis · Chapitre 16 sur 45

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Chouette, une ride !

17 h 50

 

Finalement, j'ai dédicacé avec à ma droite une auteur rigolote, avec laquelle je me suis si bien entendue que nous nous sommes amusées à convaincre nos lecteurs respectifs qu'il fallait absolument découvrir le livre de l'autre, et à ma gauche la présentatrice télé d'une grande émission de divertissement, qui n'a cessé de recevoir, telles de déférentes offrandes, les cartes de visite de tous les auteurs du voisinage espérant secrètement se faire inviter.

Excellente, cette manie de filer des bristols pour qu'on se souvienne de vous. J'ignore si ça marche, mais au cas où, j'ai fait pareil.

Sauf que j'ai enveloppé le mien dans mon dernier roman. Au moins il y aura plus à lire (pour son assistant).

 

18 heures

 

Fin des signatures, et navette jusqu'à l'hôtel, toujours quatre mètres plus loin.

J'ai deux heures devant moi pour faire un break.

Entre la pause pipi, l'exploration de la chambre, la douche, le remaquillage, le changement de tenue, les coups de fil au mari (pour lui promettre que je n'ai sympathisé qu'avec des femmes, des homos, ou des laids), aux enfants (pour les embrasser), à ma mère (pour lui raconter que j'ai pris un café avec son écrivain préféré et lui confirmer que oui, je suis bien couverte), à une copine auteur (pour une séance ragots débriefing sur la petite phrase de Machin ou la tenue de Trucmuche, avant de la rejoindre pour le dîner), il s'est écoulé facilement une heure et demie.

Il me reste royalement trente minutes pour décompresser, me détendre, et évacuer de ma tête le brouhaha dans lequel j'ai baigné toute la journée.