Chouette, une ride !
2 h 18
Sinon, on est fichus.
Recroquevillés sous nos vestes trempées, nous pénétrons dans l'antre peu profond à la suite de Jerry.
Basil, tout dangereux qu'il puisse être dans mon esprit (ou pas), s'arrête à l'entrée et nous laisse, avec beaucoup de galanterie (de couardise ?), passer devant.
Lui ne s'est pas protégé la tête avec son vêtement, aussi de l'eau ruisselle-t-elle en traînées sur son visage.
Comme si de rien n'était, il s'adosse à la paroi du renfoncement et, dans l'ombre, allume une cigarette. À peine a-t-il eu le temps d'exhaler une bouffée que Jerry lui pique son briquet des mains.
– Fallait le dire que tu avais ça sur toi !
– Eeeeh ! Fais gaffe, mec ! Ce briquet m'a été offert par Johnny Depp himself !
– Ben comme ça tu pourras dire que tu l'as prêté à Jerry Berdugo myself.
2 h 18
Mon cousin, efficace et rapide (on parle tout de même d'un type qui passe ses soirées à chatter avec ses amis virtuels, et à ouvrir la bouche uniquement pour que sa mère la lui remplisse de mets aussi traditionnels que caloriques), ne tarde pas à réunir quelques brindilles de bois encore sèches ainsi que de gros cailloux pour circonscrire le feu qu'il s'emploie à faire naître. Lorsque les flammes prennent enfin, Jerry se constitue une petite réserve de branches dont il retire les feuilles, et qu'il garde en petit tas, près de lui.
Puis, avec un soupir de contentement, il dénoue ses lacets et retire ses chaussures.
Et là, s'il avait voulu nous asphyxier, il n'aurait pas pu faire mieux.
Ses pieds, qui ont macéré un long moment dans une atmosphère moite (roulés dans la sueur, pour finir pétris dans l'eau de pluie), ont comme qui dirait moisi.