Chouette, une ride !

Agnès Abécassis · Chapitre 42 sur 45

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Chouette, une ride !

3 h 15

 

Basil s'approche, époussette le sol de sa main, observe le résultat, époussette encore, et s'assoit près de lui.

– N'empêche, ce que tu as dit sur ma caisse, c'était pas cool, mec.

Je sursaute.

– Mais, Basil… tu as une miette, là ?

– De quoi est-ce que tu parles ? demande-t-il nerveusement.

– Là, au coin de la bouche ! Qu'est-ce que tu planques, dans tes poches ?

Il s'essuie les lèvres d'un coup sec du revers de la main.

– Mais rien, lâche-moi.

– Attends, mon cousin nous offre l'hospitalité dans ses chaussures pour étancher notre soif, et toi tu planques un doggy bag dans ta poche sans nous le dire ?

Il se redresse, piqué au vif.

– Hé, ho, je vous dois rien, OK ? On a beaucoup marché, j'ai besoin d'absorber un taux constant de protéines pour ma masse musculaire. On parle d'un truc important, là. Chacun sa merde, vous n'aviez qu'à vous préparer votre propre casse-croûte.

 

3 h 20

 

Toujours allongée par terre, je me colle contre Clotilde et lui susurre à l'oreille :

– Ouf, maintenant je suis soulagée. Tu avais raison, ce type est rigoureusement normal.

– Ah, tu vois ?

– Il n'est pas dangereux, il est juste surhumain de débilité.

– Ouais, comme disait ma grand-mère, « trop beau, trop con ».

– À la rigueur, je préférais presque quand on pensait que c'était un taré.

– Tu rigoles ?

– Ben non, au moins on aurait pu l'éliminer, genre légitime défense.

– Ouais, alors que là, c'est lui qui va nous tuer à petit feu avec sa chiantitude.

– Et on pourra rien faire.

– Eh ouais…

 

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