Chouette, une ride !
23 h 47
En caressant avec rudesse l'épaule du fils de mon oncle, je réponds à ma copine :
– Ouais, vas-y, avance, je n'ai qu'une envie, c'est d'aller me coucher.
Elle regarde à droite, puis à gauche, et encore devant elle, avant de se tourner vers moi.
– Oui, mais j'avance où ?
– Ben… par où on est arrivées. Je ne vois pas ce que tu n'arrives pas à comprendre.
– C'est difficile, il y avait la lumière des phares de la voiture, pour nous servir de repère, mais là… eh bien… on dirait qu'ils sont éteints.
– Ah ouais, c'est vrai, je ne les vois plus dis donc…
Nos regards se croisent, je devine ce qu'elle pense, et je sens que maintenant, elle le trouve un chouia moins attirant, son beau musicos.
23 h 47
Des bruits se font entendre dans notre périmètre, que nous identifions rapidement comme étant les craquements des pas de Basil qui nous cherche.
– Bon, vous êtes où, là ? ! crie-t-il, agacé.
Ma copine et moi nous regardons à nouveau, et nous serrons instinctivement l'une contre l'autre. Jerry lance, en agitant la main :
– Par ici, mec !
Le voilà qui apparaît, agité et de mauvaise humeur.
– Ah ben quand même ! Vous vous cachiez, ou quoi ?
Clotilde, d'une toute petite voix, lui demande :
– Non, mais… pourquoi as-tu éteint les phares de la voiture ?
– Ça me paraît évident, dit-il, cassant. C'est pour que la batterie ne se décharge pas.
– Ça c'est judicieux, d'économiser sa batterie. Il y en a qui devraient en prendre de la graine.