Chouette, une ride !
3 h 07
Dix minutes s'écoulent, dans un silence bercé par le clapotis de l'eau qui tombe.
Plus personne ne dit rien, chacun est réfugié dans ses songes.
3 h 07
Dans un souffle, je prononce :
– Clotilde ?
– Hum ? dit-elle sans bouger.
– Je suis désolée, pardonne-moi.
Elle soupire, et me répond sur le même ton feutré :
– Non, moi aussi j'ai déconné…
– Oui, mais moi plus.
– C'est vrai, mes mini-nichons et moi, on te l'accorde.
– Arrête, tu as une poitrine sublime. Toi au moins tu n'as pas l'air vulgaire dès que tu mets un bustier.
– Absolument. Et je peux m'allonger comme je veux sur le ventre.
– Et les hommes connaissent tous la couleur de tes yeux.
– À propos de ce que j'ai dit sur tes poils, fait-elle avec malice. Écoute, quel que soit le temps qu'on passera coincés ici, sache que j'ai dans mon sac à main une pince à épiler, et qu'à compter de cette seconde, elle est tienne.
Je lui réponds sur le même ton :
– Non, tu peux la garder. Profites-en pour t'épiler le pudendum.
– Le quoi ?
– Le rien ma chérie, laisse tomber.
Assise près de moi, les genoux repliés contre son menton, elle laisse glisser ses doigts au sol, dans ma direction. Je les lui attrape et les serre affectueusement. Elle répond à mon étreinte, et s'allonge elle aussi. Ça y est, on est réconciliées.