Chouette, une ride !

Agnès Abécassis · Chapitre 36 sur 45

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Chouette, une ride !

2 h 27

Et entre se prendre une averse sur la frange ou imprégner mes voies respiratoires de ce fumet immonde, la question se pose très sérieusement.

 

2 h 27

 

Basil vient enfin nous rejoindre et s'assoit lourdement près du feu.

Au loin résonne le cri effrayant d'un animal sauvage.

Clotilde, incommodée elle aussi par le parfum d'intérieur, se met à trembler.

La nuit est fraîche, et le petit feu de bois qui crépite met du temps à nous réchauffer.

– D… dis, copain, demande-t-elle au beau gosse. P… pourquoi ne retournerais-tu pas te poster à l'entrée de la caverne, prêt à retirer toi aussi t… ta godasse d'enfumage, au cas où une bestiole dangereuse voudrait approcher ?

Basil ouvre la bouche, mais c'est Jerry qui répond.

– Inutile. D'une part, parce qu'on ne craint rien tant qu'un feu est allumé. D'autre part, parce qu'on a beaucoup marché, qu'on va marcher à nouveau demain, et qu'à ma connaissance, il n'y a pas de rivière dans le coin.

– Et alors ? demande-t-elle en haussant les épaules.

– La déshydratation, tu connais ? Pas celle qui donne à tes pointes cet horrible aspect de fourches cassantes, mais celle qui risque de nous clouer ici si on ne boit pas suffisamment.

– Tu veux dire qu'il faut qu'on sorte essayer d'attraper des gouttes de pluie la langue tendue ? je demande, effarée.

– Nooon, dit mon cousin. C'est une méthode archaïque et insuffisante en termes de volume ingéré.

– Bon, tant mieux. Alors c'est quoi ton idée ?

Il sourit, et, sans un mot, agite son mocassin en cuir.

– Attends, ne me dis pas que tu veux qu'on utilise nos chaussures pour servir de récipients, quand même ? C'est non seulement dégueulasse, mais nos pompes à Clotilde et à moi sont ouvertes sur le devant, donc… (Je percute.) Oh mon Dieu, ahahaha ! (Rire nerveux.) Même-pas-en-rêve.