Chouette, une ride !
2 h 27
Et entre se prendre une averse sur la frange ou imprégner mes voies respiratoires de ce fumet immonde, la question se pose très sérieusement.
2 h 27
Basil vient enfin nous rejoindre et s'assoit lourdement près du feu.
Au loin résonne le cri effrayant d'un animal sauvage.
Clotilde, incommodée elle aussi par le parfum d'intérieur, se met à trembler.
La nuit est fraîche, et le petit feu de bois qui crépite met du temps à nous réchauffer.
– D… dis, copain, demande-t-elle au beau gosse. P… pourquoi ne retournerais-tu pas te poster à l'entrée de la caverne, prêt à retirer toi aussi t… ta godasse d'enfumage, au cas où une bestiole dangereuse voudrait approcher ?
Basil ouvre la bouche, mais c'est Jerry qui répond.
– Inutile. D'une part, parce qu'on ne craint rien tant qu'un feu est allumé. D'autre part, parce qu'on a beaucoup marché, qu'on va marcher à nouveau demain, et qu'à ma connaissance, il n'y a pas de rivière dans le coin.
– Et alors ? demande-t-elle en haussant les épaules.
– La déshydratation, tu connais ? Pas celle qui donne à tes pointes cet horrible aspect de fourches cassantes, mais celle qui risque de nous clouer ici si on ne boit pas suffisamment.
– Tu veux dire qu'il faut qu'on sorte essayer d'attraper des gouttes de pluie la langue tendue ? je demande, effarée.
– Nooon, dit mon cousin. C'est une méthode archaïque et insuffisante en termes de volume ingéré.
– Bon, tant mieux. Alors c'est quoi ton idée ?
Il sourit, et, sans un mot, agite son mocassin en cuir.
– Attends, ne me dis pas que tu veux qu'on utilise nos chaussures pour servir de récipients, quand même ? C'est non seulement dégueulasse, mais nos pompes à Clotilde et à moi sont ouvertes sur le devant, donc… (Je percute.) Oh mon Dieu, ahahaha ! (Rire nerveux.) Même-pas-en-rêve.