Cybermenace et lune de miel (Les enquêtes de Lexi Carmichael) (French Edition)

Chapitre neuf

 

Je me levai de ma chaise d’un bond et courus jusqu’à la porte. Je l’ouvris d’un coup. J’eus tout juste le temps d’arriver aux toilettes pour femmes avant de vomir, vomir jusqu’à ce qu’il ne me reste plus rien dans le ventre.

Je ne sus pas quand il était entré, mais à un moment, Slash se retrouva à mes côtés. Il me tenait les cheveux et me murmurait des paroles apaisantes tout en collant une serviette en papier sur mon front. Quand j’eus terminé, il m’aida à me débarbouiller puis à sortir des toilettes.

Je vis Woodward et quelques autres dans le couloir, qui nous regardaient. Slash leur dit quelque chose, me conduisit dans le couloir, récupéra nos affaires dans l’entrée et se dirigea vers sa voiture.

Il me raccompagna à l’hôtel et me mit au lit comme si j’étais une petite fille.

— Ferme les yeux, cara. Repose-toi. Je suis là. Je ne te laisserai pas.

Il s’éloigna un moment et revint, m’apporta un verre d’eau et un comprimé.

— Prends ça, dit-il. Fais-moi confiance.

Sans rien dire, je pris le comprimé et l’avalai. Il s’assit à côté de moi, me prit la main et me murmura des mots en italien jusqu’à ce que je m’endorme. Quand je me réveillai, Slash était assis dans une chaise qu’il avait tirée à côté du lit et me regardait.

Je m’assis dans mon lit.

— Combien de temps j’ai dormi ?

Il s’assit sur le lit à côté de moi, me prit la main et me réconforta.

— Une heure. Cinquante minutes peut-être. Pas assez longtemps en tout cas.

— Que m’as-tu donné ?

— Un léger tranquillisant. Apparemment, il n’était pas assez fort. Tu étais en surcharge émotionnelle.

— Je me suis écroulée. Je suis désolée.

Il caressa ma main.

— Cela se comprend.

— Je n’aurais pas dû. Tu n’étais pas obligé de rester avec moi. Tu aurais pu régler des choses, faire autre chose.

— Honnêtement, je ne sais pas quoi faire. Je suis aussi choqué. Et je culpabilise.

— Pourquoi ?

— J’aurais dû prévoir que Broodryk ferait ce genre de choses. Qu’il cherche à se venger. Elvis et Xavier étaient à l’étranger. Sans protection.

— Je ne comprends pas. Broodryk n’était même pas au courant qu’Elvis était au lycée, lui aussi, à lui mettre des bâtons dans les roues.

— Il a dû le découvrir d’une façon ou d’une autre. Il te connaît, donc par extension toutes les personnes que tu connais sont en danger. Réfléchis. Je t’ai trouvée via les Zimmerman. Broodryk a pu les trouver facilement de la même façon. C’est ma faute. J’ai commis une erreur de jugement. Je pensais que Broodryk s’enterrerait profondément sous terre et ferait le mort. Bien au contraire. Il a sorti le grand jeu. Il a fait les choses en grand. Il réfléchit avec son ego parce que tu l’as humilié. C’est stupide et sacrément risqué pour lui. Le problème, c’est qu’Elvis est la variable inconnue dans tout cela. Pourtant, je ne vois pas comment cela pourrait tourner si nous arrivions à mettre Elvis en sécurité.

— Nous devons y réfléchir.

— Je travaille dessus.

— Je veux voir la vidéo. En entier, cette fois.

Il secoua la tête.

— Pas encore.

Il leva une main quand je protestai.

— Il y a de nombreuses raisons. La première étant que je n’y ai plus accès pour le moment. Elle fait l’objet d’un contrôle rigoureux au siège de la CIA où de nombreuses équipes, dont les meilleures du pays en criminalistique, en numérique et en réseau, travaillent dessus.

Il se leva et me rejoignit sur le lit, passa un bras sur mes épaules. Je posai ma tête sur son épaule.

— Je vais te faire passer une transcription. Comme cela, tu pourras te concentrer sur le message sans que les images te secouent ou te déconcentrent.

Je hochai la tête

— D’accord.

Il avait raison. J’avais besoin de temps pour me préparer émotionnellement et je ne pouvais pas le faire si j’imaginais Elvis ligoté à une chaise.

— Il faudra que je voie bientôt la vidéo.

— Je sais.

Il m’embrassa les cheveux.

— Nous allons trouver une solution, cara.

Je ne sais pas si c’était le corollaire biologique d’un stress extrême ou le désir de me débarrasser de la torpeur dans ma tête et dans mon cœur, mais je me glissai en dehors des couvertures, me mis à califourchon sur Slash et enveloppai mes bras autour de son cou.

Il me regarda d’un air interrogateur. J’étais émotionnellement et intellectuellement à la dérive, plus terrorisée que jamais. Je voulais plus que tout retrouver ma concentration, mais d’abord j’avais besoin du réconfort et de la libération que Slash pourrait m’offrir, je le savais.

Sans un mot, je l’embrassai. Vite, fort, en manque.

Il hésita, puis me rendit mon baiser.

Il glissa ses mains dans mes cheveux, sa bouche au-dessus de la mienne. Sans que je m’en rende compte, mon pull et mon T-shirt disparurent et ses mains étaient partout. J’attrapai sa chemise, ses mains refermées sur les miennes.

Ses yeux noisette brillaient d’un éclat de prédateur. Mais il y avait autre chose en eux. De l’inquiétude.

— Tu es sûre, cara ?

Je ne savais pas ce qu’il pensait, mais je savais que la connexion physique et émotionnelle que nous partagions m’offrirait aussi bien la stabilité que le soulagement que je recherchais.

Je portai ses mains à mes lèvres et les embrassai.

— Je suis sûre. Je ne sais pas très bien m’exprimer, mais la vérité, c’est qu’avant de te rencontrer, je ne comprenais pas le coût de la solitude. Maintenant que tu es là, je n’ai plus à payer ce prix. Avec toi, je ne suis jamais seule. Tu es mon ancre.

Il prit ma main et la colla contre son torse.

— Non, tu n’es pas seule.

Je pris son visage dans mes mains en coupe et baissai ma tête vers la sienne, ma langue goûtant sa bouche charnue.

Il me tira d’un coup brusque vers lui, me retourna et m’immobilisa sur le lit.

Il écrasa sa bouche sur la mienne, une attaque excitante de plaisir et de tourment.

Son corps brûlait d’une telle chaleur sous mes doigts vagabonds qu’on aurait dit qu’il était fébrile. Ou peut-être était-ce le mien. À ce stade, je ne savais pas où je commençais ni où il finissait.

— Cara, je t’aime.

J’ouvris les yeux. Il me regardait attentivement. Pourquoi n’avais-je jamais remarqué que ses traits étaient d’une symétrie parfaite ? Un chef-d’œuvre mathématique, créé par une collision aléatoire de gènes et d’ADN.

Il m’aimait.

Les yeux de Slash brûlaient d’une lumière féroce.

— Tu es tout à moi. Compris ?

J’acquiesçai. Il n’y avait pas de soumission, non, simplement deux personnes sur la même longueur d’onde qui se rejoignaient et la promesse de plus à venir.

— Compris.

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