Dérive 2 - le rire du Klone
Jon
Jon assura le gourdin dans sa main. Les deux flics approchaient lentement. Leur uniforme sombre était à peine visible dans l'obscurité. Deux silhouettes anonymes.
Les autres membres de la bande s'étaient renfoncés dans l'ombre, en quête d'une illusoire sécurité. Leur excitation chargeait l'air d'électricité. Jon sentit une goutte de sueur couler sur sa joue.
Il songea que l'une des silhouettes qui s'avançaient était peut-être celle de son père, et secoua la tête pour chasser cette idée.
Matraque électrique au poing, casqués et bottés, les agents déambulaient sans trop de précautions. Le quartier était calme. Bien sûr, il arrivait que des bandes d'un autre quartier, ou même d'une autre ville, y fassent une incursion. Mais le phénomène était extrêmement rare et ne s'était pas produit depuis fort longtemps.
Sans méfiance, les deux hommes s'engagèrent dans le parc qui marquait la limite du territoire dont ils avaient la surveillance. La dizaine de gamins leur tomba dessus d'un coup. L'un des policiers réussit à lever son arme et à la mettre sous tension. Un coup de barre de fer lui brisa le coude. Il hurla, laissa tomber sa matraque qui, au passage, lui envoya une violente décharge dans la cuisse. Tétanisé, il bascula en arrière. Les gourdins s'abattirent, s'entrechoquant parfois dans leur frénésie meurtrière.
Son compagnon était déjà au sol. Ses doigts écrasés n'étaient plus qu'un magma sanglant.
Les gamins s'acharnèrent longtemps sur les deux corps inanimés. Quand ils quittèrent le parc, leurs victimes étaient inconscientes. Elles avaient gagné leur retraite anticipée.
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