Dérive 2 - le rire du Klone

Milan · Chapitre 28 sur 28

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Dérive 2 - le rire du Klone

— Il t'attend, souffla Kuntz à Yoreille de Kermarian.

ÉPILOGUE

 

— Il t'attend, souffla Kuntz à Yoreille de Kermarian.

Ce dernier acquiesça d'un battement de paupières et franchit la barrière sur laquelle un écriteau annonçait « Fermé pour travaux ». Il déboucha sur le quai, et pénétra dans la cabine du ferry Eden-A£rique. Les portes se refermèrent.

Ganoz était installé sur une banquette, seul, comme convenu.

— Vous avez voulu me rencontrer, déclara Kermarian, je vous écoute.

— Fantastique !

— Pardon ?

Fantastique ! J'ignore comment vous avez fait, mais être un clone et avoir les mains blanches, chapeau !

Kermarian ne répondit pas.

N'ayez crainte, Je ne dirai rien. Si nous parvenons à un accord bien entendu sinon...

Kermarian sourit Ganoz était un filou, Le marchandage serait difficile.

Ganoz lui rendit son sourire.

Au cas ou un « accident » m'arriverait pendant ce voyage J'ai laissé un enregistrement pour la presse. On n'est jamais trop prudent.

— Puisque nous en sommes au stade des amabilités, rétorqua Kermarian d'une voix doucereuse, si quelque chose m'arrivait — à n'importe quel moment — on retrouverait le corps de RISSI. Ce serait extrêmement désagréable pour vous, n'est-ce pas ?

Ganoz ricana

— Je vois que nous nous comprenons. Nous pouvons donc jouer cartes sur table, sans aucun remords.

—À vous la donne.

— Vous êtes membre d'un clone multiple. Ce n'est pas une question, mais une affirmation. Si cette nouvelle était connue, cela déclencherait une belle pagaille dans Eden. Vous êtes d'accord avec moi sur ce point ?

Kermarian regardait dans le vide

— Ou voulez vous en venir ?demanda-t-il.

— Je veux être sur que RISSI ne réapparaîtra pas un jour ou l'autre.

— Officiellement, RISSI a volé une navette spatiale pour fuir la justice. Il dérive actuellement dans l'espace et s abîmera tôt ou tard dans le soleil. En fait, ainsi que vous le savez des hommes de confiance se sont chargés du cadavre que vous leur avez confié. Il est congelé à présent. Au moindre écart de votre part, on peut le ressortir. Il porte de très vilaines bléssures...

— Dans ce cas je crache je morceau !

— Si nous en arrivons là, c'est que vous aurez déjà crach é le morceau ! Ecoutez cessons de tergiverser. Vous êtes une crapule, nous le savons tous les deux.

Vous n'aviez qu'un seul but en entrant dans les rangs des Pénitents : éviter de travailler après la mort de votre clone ! À force de ruse et d'intrigues vous êtes devenu le bras droit de Rissi. Au moment favorable vous l'avez tué.

— ll allait vous dénoncer !

— Je vous remercie de votre sollicitude. Dommage que vous n'ayez pas manifesté un tel sentiment auparavant : un homme aurait pu être sauvé si vous aviez parlé.

— Quand Rissi m'a forcé à attirer... Kermarian dans un guet-apens, j'ignorais que c'était pour le liquider. J'ai fait le maximum pour l'en empêcher, mais il était trop tard : la machine était lancée.

— Laissons le passé. Donc, vous tuez Rissi. Comme le cadavre vous gêne, et qu'il n'est décemment pas possible de demander à vos hommes de main de s'en débarrasser, vous faites appel à moi. Soit... Mais un service en vaut un autre. Grâce à moi, vous resterez à la tête des Pénitents, il faudra agir en sorte que je n'aie pas à regretter mon geste. - -

— Qu'attendez-vous de moi ? demanda Ganoz avec une certaine inquiétude.

— Que les Pénitents renoncent à leur croisade contre les clones.

— Mais c'est leur raison d'être !

— C'était celle de Rissi ! La raison d'être des Pénitents, c'est Dieu. À vous de leur expliquer que Dieu a changé d'avis, que le clonage est une bonne chose, et qu'il souhaite la survie de l'Humanité. Rissi se fondait sur la destruction de la Terre pour dire que nous devions tous mourir. Proclamez que l'avenir de l'homme est dans l'expansion, que l'univers s'offre à nous, et que nous devons l'accepter pour la plus grande gloire de Dieu. Au besoin, nos psychologues vous aideront à peaufiner vos arguments.

Ganoz réfléchissait, il ne semblait pas emballé par l'idée de Kermarian.

— Regardez les choses en face, Ganoz. Vous n'êtes pas un mystique. Le seul attrait des Pénitents, pour vous, c'est le pouvoir. En modifiant l'orientation de la secte, vous n'entamez en rien ce pouvoir.

Le Pénitent hésitait encore.

— C'est le mieux que je puisse vous offrir, poursuivit Kermarian. Je serais désolé d'avoir recours au chantage, mais c'est votre seule chance. Sinon...

— Sinon ?

— Je peux mourir, disparaître avec mon double dans une belle explosion comme celle de ce matin. Vous affirmez que je fais partie d'un clone multiple, mais qui sont les autres ? Où les trouverez-vous ? Si vous me barrez la route, je m'effacerai et continuerai à lutter dans la clandestinité. Et on ressortira un certain cadavre du placard.

Ganoz le regarda, franchement amusé. C'était le genre de langage qu'il comprenait.

— OK, dit-il. Je marche avec vous.

Il lui tendit la main pour sceller leur pacte, et Kermarian la serra.

Loin dans l'espace, le soleil allumait ses reflets sur l'armature métallique d'une Ile Spatiale encore inachevée.

 

OceanofPDF.com

Achevé d'imprimer en mars 1988

 

sur les presses de l'imprimerie Bussière

à Saint-Amand (Cher)

 

— N° d'impression : 3676. — 

Dépôt légal : avril 1988.

Imprimé en France

 

Alex epub

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