Dérive 2 - le rire du Klone
Chapitre XXIII · TiborD descendit de voiture, devant le monument…
TiborD descendit de voiture, devant le monument consacré au souvenir des pionniers de l'espace. À cette heure matinale, l'endroit était désert.
Il poussa une petite porte au pied du monument. Elle céda sans difficulté. DoganD avait tenu parole, au moins sur ce point. Dédaignant l'ascenseur, le jeune clone prit l'escalier, par prudence. Il ne voulait pas qu'un ordinateur quelconque détecte l'activité insolite de la cabine et donne l'alerte.
Par précaution, il sortit le lance-aiguilles qu'il avait eu soin de conserver. Bientôt il atteignit le quai conduisant au sas d'entrée de la navette.
DoganD et TanelaD l'y attendaient. La porte du sas était ouverte, une faible lueur orangee brillait à l'intérieur.
En le voyant TanelaD se précipita dans ses bras. Ils s étreignirent passionnement
DoganD toussota discrètement.
Les deux amants s'écarterent l'un de l'autre.
— Tout est là ? demanda TiborD. Aucun pro blème ?
— Tout est en ordre répondit la Jeune femme.
— Bien. Monte à bord.
Elle l'embrassa à nouveau et se glissa dans le sas.
TiborD braqua son arme sur le policier qui palit.
— Je n'ai aucune confiance en vous. Désolé mais la situation m'oblige à être très prudent. Je n'ai pas le choix.
— Que voulez vous
— Je vais embarquer et vous tenir en joue tant que je ne serai pas en sécurite à l'inténeur.
— Ce n'est pas ce dont nous étions convenus !
— Je sais. Disons que c'est un arrangement de dernière heure. Mais ne vous inquietez pas. J'ai juré de vous livrer Ghurdal, Je le ferai.
DoganD parut se détendre quelque peu.
Lentement, TiborD recula en direction du sas.
Quand il fut dans l'étroit couloir, il s'immobilisa, posa le pouce sur le bouton orange commandant la fermeture de la porte
—Ghurdal est à Manau Rue Gagarine dans un chalet à un étage Il est avec Sharon Ils sont armés mais seuls.
Il pressa le bouton, et la porte commença à s'abaisser lentement, avec un chuintement désagréable.
DoganD fit jaillir son arme et la braqua sur les jambes du clone, encore visible sous le panneau métallique;
Il ne tira pas.
— Ne faites pas ça ! cria-t-il. Ne partez pas ! Vous n'avez aucune chance ! La Terre est morte !
Sourd à ses exhortations, TiborD regardait la porte se refermer. Il venait de livrer Ghurdal et un profond dégoût le submergeait.
Il suivit l'étroit couloir aboutissant au poste de pilotage. De toute façon, se disait-il, Ghurdal ne pourrait pas mener éternellement cette existence. Tôt ou tard il tomberait entre les mains de la police, ou serait tué dans une opération comme celle de la nuit précédente.
Quant à TiborD, il devrait apprendre à vivre avec sa honte.
— Elle marche ! annonça TanelaD quand il la rejoignit. Le service d'entretien l'a maintenue en état !
Il essaya de sourire.
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