Dérive 2 - le rire du Klone
« La Réserve Animaliers d'Afrique est un
parc appartenant à la communauté. Les prome-
neurs sont invités à ne rien détériorer. La plus
grande prudence leur est également recomman-
dée, en raison du nombre d'animaux dangereux
que l'on peut y rencontrer. Bien entendu la
chasse y est interdite, et tout contrevenant... »
CHAPITRE XIV
RoyD s'arrêta, luttant pour maîtriser les battements de son cœur. Il venait de tuer deux hommes. Deux O.
Ils seraient une dizaine pour en témoigner s'il le fallait.
S'il était capturé, ils n'auraient même pas à le remettre à la police.
Rencontrer un fauve lui apparaissait à présent comme une aimable plaisanterie, en comparaison de ce qui l'attendait si ses poursuivants le capturaient.
Il tendit soudain l'oreille. Il ne se trompait pas.
Quelqu'un marchait sur ses traces. Il étudia rapidement les alentours, repéra un buisson aux feuilles énormes.
Silencieusement, il s'en approcha.
S'accroupissant, il se tassa sur lui-même et demeura rigoureusement immobile en priant le ciel qu'aucun insecte venimeux ne le pique.
Il attendit de longues minutes Puis il distmgua un mouvement dans le feuillage, à une vingtaine de mètres à peine. Comment le Pénitent était-il parvenu jusque-là sans qu'il le repère mystère. Il frissonna. L'homme était habile !
Il avançait avec lenteur, un peu à la manière d'un chat en territoire étranger. Il levait le genou reposait le pied bien à plat sur le sol après s'être assure de l'endroit où il le posait
Le clone regretta de ne pas être armé.
L'homme s'arrêtait souvent pour jeter un regard circonspect autour de lui. Parfois il se figeait un instant, pour mieux écouter. RoyD retenait son souffle, baissait les yeux. Il lui semblait que le seul poids de son regard aurait suffi à donner l'alarme à son poursuivant.
Pas à pas Lem s'éloignait du clone.
RoyD le regarda disparaitre Puis, il se redressa et commença à reculer prudemment. Il venait d'échapper à lun des Pénitents , il ne voulait pas à présent tomber sur les autres Soudain, une branche craqua sous sa semelle. Il s'immobilisa.
Lem s'était arrêté également. Lentement, il tourna la tête, balayant les sous bois du regard et du canon de son arme RoyD sentit une main de glace lui broyer le cœur.
Il était trop tard pour se dissimuler Le moindre mouvement le trahirait.
Le Pénitent fit demi tour, jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Et aperçut le clone.
lls restèrent ainsi de longues secondes, face à face, de part et d'autre de la trouée dans le feuillage qui formait comme un tunnel. RoyD comprit que l'autre tirerait au moindre geste. Et il n'aurait pas le temps de se mettre à l'abri.
Le Pénitent leva son arme.
— Tu vas mourir, clone.
Son doigt se crispa sur la détente.
Il y eut le chuintement d'une aiguille fendant l'air.
RoyD se jeta en arrière. Il savait pourtant n'avoir aucune chance.
Il s'écroula sur le sol sans ressentir aucune douleur. Il lui sembla qu'une image surprenante s'était gravée sur sa rétine : la tête de son poursuivant explosait dans une gerbe de sang et de matière cervicale.
Il se palpa. Non, il ne souffrait pas. Ses vêtements n'étaient pas tachés. Il se redressa prudemment.
Là-bas, dans le feuillage, il distinguait le corps du Pénitent. Son crâne n'était plus qu'une masse écarlate.
Une silhouette émergea soudain des fourrés et s'approcha du cadavre.
L'homme était grand, bronzé, il avait les cheveux blancs. Il considéra le mort en hochant la tête d'un air ennuyé. Il tenait un lance-aiguilles à la main.
RoyD soupira. Sauvé !
L'homme se tourna vers lui et braqua son arme dans
sa direction.
— Si vous bougez, je tire.
Déjà, attirés par le bruit, d'autres individus accouraient.
- Le clone a eu Lem, dit l'homme bronzé.
D'un signe, il leur désigna RoyD qu'ils encerclèrent rapidement. Menacé à présent par une dizaine d'armes, le clone ne songea même pas à réagir. Il n'avait plus aucune chance. Il leva les bras, en prenant garde de ne pas faire un geste brusque. Celui qui avait tué Lem s'avança.
— Qui êtes-vous ? demanda RoyD.
— Je m'appelle Ganoz. Je suis le bras droit de Manuel Rissi, Grand Maître des Pénitents, répondit l'autre avec un sourire.
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